Ma passion pour Sainte-Anne du Congo

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Il y a des monuments qui constituent des repères mémoriels pour l'histoire de certaines nations. Au Congo-Brazzaville, la basilique Sainte-Anne est le symbole du ralliement, le 28 août 1940, du Congo à la France libre du général de Gaulle. Ce ralliement a sonné le glas du régime colonial. Dans cet ouvrage nourri de révélations et d'anecdotes, l'auteur mène le lecteur au centre des épisodes de la conservation de ce prestigieux édifice.
Publié le : mardi 1 mars 2016
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EAN13 : 9782140003172
Nombre de pages : 150
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Ma passion pour
Sainte-Anne du Congo
Ma passion pour Une basilique du souvenir
Il y a des monuments qui constituent des repères Sainte-Anne du Congo
mémoriels pour l’histoire de certaines nations. Au
COLLECTION
Congo-Brazzaville, la basilique Sainte-Anne est le
CROIRE ET SAVOIR symbole du ralliement, le 28 août 1940, du Congo à Une basilique du souvenirEN AFRIQUE la France libre du général de Gaulle. Ce ralliement a
sonné le glas du régime colonial de l’indigénat pour
Benjamin Sombel Sarr le régime de la France d’outre-mer et celui de la
communauté franco-africaine qui, en 20 ans, ont conduit Georges MABONA
le Congo à la proclamation de la République le 28
novembre 1958 et à l’indépendance le 15 août 1960.
Dans cet ouvrage nourri de révélations et
d’anecdotes, l’auteur mène le lecteur au centre des
épisodes de la conservation de ce prestigieux édifi ce.
Georges Mabona, ancien cadre de la
société nationale de distribution pétrolière
Hydrocongo, est membre du conseil paroissial de la
paroisse Sainte-Anne du Congo à Brazzaville.
ISBN : 978-2-343-08148-9
15,50
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Ma passion pour Sainte-Anne du Congo - Une basilique du souvenir Georges MABONA








Ma passion pour
Sainte-Anne du Congo

Une basilique du souvenir


Collection « Croire et savoir en Afrique »
dirigée par Benjamin SOMBEL SARR et Claver BOUNDJA


Cette collection veut être un lieu d’analyse du phénomène
religieux en Afrique dans ses articulations avec le social, le
politique et l’économique. L’analyse du phénomène religieux,
ne saurait occulter les impacts des conflits religieux dans la
désarticulation des sociétés africaines, ni ignorer par ailleurs
l’implication des religions dans la résolution des conflits
sociaux et politiques. L’approche religieuse plurielle de cette
collection a comme objectif d’une part, d’étudier les
phénomènes religieux à l’œuvre dans les sociétés africaines
dans leurs articulations avec les grandes questions de société, et
d’autre part de procéder à une étude scientifique et critique de la
religion dans le contexte africain. Elle essaiera de déceler dans
la religion non ce qui endort le peuple, mais les énergies
créatrices et novatrices capables de mettre l’Afrique debout.
Ainsi veut-elle montrer que si la religion peut être un frein au
développement, elle est aussi acteur de développement. Le
relèvement de l’Afrique doit se fonder sur des valeurs, et la
religion est créatrice et fondatrice de valeurs.


Dernières parutions

Benjamin SOMBEL SARR, Vie consacrée et prophétisme en
Afrique, 2015.
Jean-Maurice GOA IBO, Spiritualité incarnée, 2015.
Gustave MAKAYA, Les enjeux de la nouvelle évangélisation
en République du Congo, 2015.
Claver BOUNDJA, Le Pape François et l’année de la vie
consacrée en Afrique, 2015.
Claver BOUNDJA, Oralité et souveraineté politique en
Afrique, 2015.
Emmanuel MBOUA, Le déterminisme génétique et la liberté
humaine. Bioéthique, 2015.
Augustin KOUAME, Restauration des fondements ancestraux
face aux défis de la vie, 2014. Georgges Mabona








Ma passion pour
Sa ainte-Anne du Congo

Une basilique du souvenir












































© L'HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-08148-9
EAN : 9782343081489


À la mémoire de Monseigneur Félix-Prosper Békiabéka,
Prélat de Sa Sainteté.

À la mémoire de François Djemissi, Michel Ehouango,
Évariste Epomongouala, François Gandhou, Joseph
Makaba, Abel Mamaty, Bernard Mambéké-Boucher,
Jacques Ndinghat, Firmine Malékat pour leur immense
dévouement à la Basilique Sanctuaire Souvenir
SainteAnne du Congo.
À Félix Blaise Marie Malékat qui a, dès sa jeunesse,
intimement mêlé son existence à l’histoire de Sainte-Anne
du Congo.






PRÉFACE


eEn célébrant le 70 anniversaire de la basilique
SainteAnne, les chrétiens du Congo et d’ailleurs furent heureux
de connaître le passé de ce haut lieu dont la symbolique
dépasse la simple relation affective ou religieuse que
chacun peut avoir avec lui. Parmi ceux-ci, il y a eu
Georges Mabona. Ainsi, l’ouvrage dont il me fait
l’honneur d’être sans nul doute, le premier des lecteurs,
s’inscrit dans la logique de ce souvenir commun qui reste
présent dans les cœurs et dans les esprits, notamment chez
les vétérans de Poto-Poto, ce premier village indigène et
chrétien de Brazzaville.
L’histoire de la basilique Sainte Anne du Congo est
intimement liée à celle de Brazzaville, capitale de la
France libre, cet élan patriotique qui permit au général de
Gaulle et ses hommes de relancer militairement la France
dans la Seconde Guerre mondiale. Au moment où les
travaux de l’imposante église sont lancés, Brazzaville est
une modeste cité urbaine, étirée sur la rive droite du fleuve
Congo, telle que le voyageur André Gide en traçait une
petite carte de visite saisissante et pittoresque. Cette ville,
déjà capitale de l’AEF depuis 1910, est flanquée de deux
grandes agglomérations indigènes titrées : village
PotoPoto au nord-ouest et village Bacongo, au sud.
Alors que la ville de Brazzaville (la cité européenne)
dispose de deux imposantes églises, la Cathédrale
SacréCœur et Saint-François-d’Assise, la construction de la
basilique Sainte-Anne au village Poto-Poto, apparait
comme un luxe inutile en ces moments de vaches maigres,
imposés par les difficultés de la Grande Guerre. Puis, le
quartier est peuplé de ressortissants de l’Afrique de
l’Ouest qui sont essentiellement des musulmans. Grosso
modo, la zone mérite bien son nom de Quartier sénégalais,
même si par la suite, l’expression connaitra une définition
plus réduite. Voilà le premier paradoxe de cette basilique.
9 Toujours sur le site, d’autres éléments de réflexion ne
manquent pas d’intérêt. Lieu de grande piété, la basilique
Sainte-Anne est bâtie sur un lieu où l’on prépara la guerre.
Ce fut sur le terrain vague longeant le principal affluent de
la rivière Mfoa (aujourd’hui, Madukutsiékélé) que le
capitaine (et plus tard commandant) Colonna d’Ornano,
aidé par une quinzaine d’aspirants, lancèrent les premiers
entrainements des jeunes gens recrutés à la va-vite dans
des casernements montés non loin des décharges d’ordures
bordant le marché du village Poto-Poto (Zando ya Imbwa),
lieu où les chiens errants du secteur venaient pour
chercher leur pitance.
Ce fut encore là, sur ce même terrain, que les jeunes
soldats du premier contingent se mirent en colonnes
serrées, avant de regagner le bateau Alphonse Fondère qui
les attendait sur la berge du fleuve Congo pour les
eemmener vers l’inconnu où ils allaient former la 2
Division blindée du général Leclerc. C’était le 3
septembre 1939.
Parmi les figures marquantes de ce grand départ, on
pouvait noter celle du Père Raymond Defosse de la
Congrégation des Pères du Saint-Esprit, supérieur de la
Mission de Brazzaville, Capitaine de réserve. Il avait déjà
fait la Grande Guerre de 1914-1918 avec le grade
d’aspirant et fut cité à l’Ordre de l’armée, après la terrible
bataille de la Marne. Le Père Raymond Defosse fut l’un
des premiers Compagnons de la Libération. Ce jour-là, la
grande musique de la Garde indigène joua la Marseillaise
pendant que le bateau s’éloignait peu à peu au milieu du
1fleuve, avant de reprendre sa marche vers le haut. Le
troisième paradoxe de Sainte-Anne du Congo est celui de
son existence même.
Alors que Brazzaville comptait en ce temps-là quelques
architectes de renom, comme Michel Athanassiades, un
ingénieur des Arts et Métiers, à qui la capitale de l’AEF

1. Blanche Ackermann-Athanassiades, France Libre Capitale
Brazzaville, p. 50.
10 doit la construction de ses premières maisons européennes
(les premières belles villas de son histoire), ce fut à Erell,
un autre homme du métier bien connu, que l’Église confia
la tâche de faire les plans de l’édifice. C‘est un fait
apparemment banal ! Mais attention, Erell est un
protestant ! Oui, la plus belle maison de Dieu de l’Église
catholique du Congo est bel et bien sortie de l’imagerie
d’un architecte protestant. Quelle belle histoire de
tolérance et de compréhension ! Comme on peut le
constater, l’existence même de cette basilique avait
précédé Vatican II, lorsque ce Concile mit en avant
l’œcuménisme ; ce grand geste du dépassement
dialectique des catholiques et des protestants pour servir
ensemble ‘’Nzambe’’, Créateur de toutes choses.
Les dernières réflexions qui se cachent derrière la
présence altière de cette basilique sont d’ordre affectif.
Son nom de Sainte-Anne évoque le prénom Anne qui fut
celui de la très jeune fille du général de Gaulle, morte,
alors que son père venait de tout abandonner, y compris
son devoir familial d’assistance, pour se consacrer
entièrement au salut de son pays. Quelle leçon de
dépassement de soi !
Enfin, il existe un autre motif pour quiconque
contemple Sainte-Anne, comme Georges Mabona. Ce
motif, le voici. Sur son flanc gauche, il y a l’imposant
stade Félix Éboué. C’est un autre Temple ! En effet, c’est
là que le football avait véritablement pris pied au
CongoBrazzaville et donné aux deux rives du Congo,
l’engouement que les populations portent à ce sport
enivrant qui saoule autant les joueurs que les spectateurs.
Au stade Félix Éboué, les chauds supporters et les indécis
des différentes équipes de Brazzaville deviennent de
grands adversaires, sans jamais devenir des ennemis.
Làbas, plus que dans les constitutions, la République est une
et indivisible ! Lorsque le pays jouait au stade Félix Éboué
contre une autre nation du monde, toute la ville de
Brazzaville et tout le pays respiraient un air de
communion inexplicable avec une joie qui passait d’un
11 cœur à un autre de manière presque osmotique. Les
victoires ou les défaites étaient vécues dans les familles
comme des moments d’épanouissement ou de deuil.
Chacun voulait avoir un fils ayant le nom (souvent le
sobriquet) du meilleur marqueur de buts du jour.
Ainsi, on ne pouvait pas célébrer intimement
l’anniversaire de Sainte-Anne du Congo, sans évoquer le
stade Félix Éboué et la mémoire de ce Guyanais au corps
massif et au teint noir/ébène, Félix Éboué. Ancien ailier
gauche dans l’équipe de son École à Bordeaux, lors de son
passage à l’École coloniale, Félix Éboué aimait
passionnément le football. Ce sont là les témoignages de
tous ceux qui l’avaient connu et de tous ses biographes. En
Martinique comme en Guadeloupe où il passa quelques
moments de sa carrière avant de revenir en Afrique pour
prendre les hautes fonctions de gouverneur du territoire du
Tchad, puis de l’A.E.F, en décembre 1940, il laissa les
marques indélébiles de son amour pour l’épanouissement
de la jeunesse par le sport. Or, Félix Éboué lui-même était
un paradoxe. C’est au moment où le racisme était à son
apogée en Europe et même aux colonies que ce fils du
petit orpailleur noir de Cayenne en Guyane, ce grand
nègre à cocotiers comme on le désignait discrètement dans
les milieux coloniaux, était appelé à diriger l’effort de la
France en guerre. Sans sa réponse du Tchad qui fit
déclencher tout en AEF et au Cameroun, peut-être que
l’appel du 18 juin 1940, lancé par ce général inconnu,
serait-il resté un simple écho dans le désert. À Brazzaville,
capitale de l’A.E.F, Félix Éboué est maintenant le
Proconsul, mais un Proconsul noir qui doit commander
aux Blancs. Quel choc dans les esprits ! Quel espoir dans
les cœurs !
Si l’histoire de la basilique Sainte-Anne du Congo est à
écrire, elle ne sera pas celle des seuls historiens de
profession et de métier, mais celle de tout le monde. Ces
quelques lignes que nous présente ici Georges Mabona, à
travers ses premiers souvenirs naïfs d’enfance trouveront
bel et bien leur place dans les pages d’un tel ouvrage. Car
12 elles parlent mieux que n’importe quelle histoire écrite,
des péripéties de sa construction, des soucis divers des
missionnaires, comme le Père Lecomte devant les ruptures
des matériaux de construction, du manque de
professionnalisme des ouvriers, du découragement à
certains moments des uns et des autres quant à
l’achèvement de l’édifice. D’ailleurs, le pic de son unique
tour ne vit le jour que plus de soixante années plus tard.
Cela fait penser à la Sagrada Familia de Barcelone et ses
multiples tourelles toujours inachevées, depuis la mort de
son génial architecte, Garaudy.
Mais, si cette histoire était seulement à raconter, elle
serait bien celle-là que l’auteur nous présente ici. Car
Sainte-Anne du Congo n’est plus une simple Ndako ya
Nzambe, elle est un patrimoine du Congo et un symbole de
ce que les hommes peuvent faire ensemble pour la gloire
de Dieu (au Ciel) et pour leur propre salut (sur terre). Un
livre vivement conseillé à la lecture de tous !
Ambassadeur Jérôme Ollandet, historien


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