Martinique napoléonienne (1802-1809)

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La signature de la paix d'Amiens en mars 1802 permet au premier consul Bonaparte de récupérer les colonies occupées par les Britanniques depuis 1794-1796. La Martinique accepte d'entrer dans l'Empire français tout en conservant sa société hiérarchisée : l'esclavage et la traite négrière se maintiennent. L'île est éloignée de la tempête révolutionnaire mais plongée dans le blocus britannique. Les luttes politiques et économiques se multiplient fragilisant le pouvoir français dans la colonie.
Publié le : jeudi 15 mai 2014
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EAN13 : 9782336348216
Nombre de pages : 422
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Lionel Trani
La Martinique napoléonienne 1802-1809 Préface deBernard Gainot
ENTRE SÉGRÉGATION, ESCLAVAGE ET INTÉGRATION
Éditions S.P.M.
LA MARTINIQUE NAPOLÉONIENNE 1802-1809
ENTRE SÉGRÉGATION, ESCLAVAGE ET INTÉGRATION
Illustration de couverture Une plantation de cacao aux Antilles, parAlexandre Soldé (Paris, 1822-1893) e Huile sur toile, milieu du XIX , 50 x 70 cm
Alexandre Soldé est un artiste peu connu du grand public. Il expose entre 1844 et 1868, des œuvres variées au Salon. On y recense des scènes d’intérieur, des toiles de genre sur fond de paysages, etc. Le sens de la composition de ses œuvres le rattache à l’école romantique. Dans cette toile s’équilibre au premier plan, la répartition esthéti-que des personnages. Le peintre veut offrir aux spectateurs une idée romancée des liens unissant les esclaves et leurs maîtres à travers la représentation de la récolte du cacao dont les étapes sont rapidement évoquées de gauche à droite. Nous pouvons apercevoir des esclaves agiter les cabosses de cacao, les ramasser, les transporter dans des paniers de corderie, puis les éplucher pour en extraire les fèves. C’est avec la fermentation des fèves que se développe l’arôme, puis on mélange celles-ci avec de la terre pour en accélérer le séchage, avant de les mettre dans des sacs qui portent les initiales du propriétaire. En arrière plan nous apercevons les « cases à nègre » qui se rapprochent de la forme de la hutte à l’indienne, et faisant référence aux premiers habitants des Caraïbes ainsi que le paysage accidenté qui allie l’exotisme de sa végétation à une conception très romantique d’un paysage montagneux. Nous ignorons si l’œuvre est antérieure à 1848, date de la seconde abolition de l’esclavage dans l’espace colonial français, ou postérieure à celle-ci. Nous remarquons malgré l’aspect idyllique de la scène, la présence d’un commandeur blanc qui tient dans sa main un fouet. Le sentiment romantique qui prédomine dans cette œuvre semble avoir fait passer au second plan la condition des esclaves évoquée bien modestement par la présence du fouet. La peinture justifie la colonisation et l’esclavage comme nécessaires à tout acte se rapportant à une volonté d’apporter la « civilisation ».
Document J+M Musée d’art et d’histoire de la Rochelle
N° inv : MNM.1984.5.2
Lionel Trani
LA MARTINIQUE NAPOLÉONIENNE1802-1809
ENTRE SÉGRÉGATION, ESCLAVAGE ET INTÉGRATION
Préface de Bernard Gainot
Ce volume est le soixante-quinzième de la collection Kronos
fondée et dirigée par Eric Ledru
SPM 2014
© SPM, 2014 Kronos n° 75 ISSN : 1148-7933 ISBN : 978-2-917232-11-8
Editions SPM 34, rue Jacques-Louvel-Tessier 75010 Paris Tél. : 01 44 52 54 80 - télécopie : 01 44 52 54 82 – courriel : Lettrage@free.fr - site : www.editions-spm.fr
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 – site : www.harmattan.fr
Remerciements
La réalisation de cette recherche n’aurait pu se faire sans le soutien de nombreuses personnes. Je remercie mes parents, qui malgré des moments difficiles ont toujours su me soutenir dans mes études. Un très grand merci à Monsieur Bernard Gainot, maître de conféren-ces à l’université Paris 1, qui m’a donné l’opportunité de pouvoir faire ce mémoire, et de la confiance qu’il m’a accordée. Grâce à ses qualités de chercheur dans le domaine colonial, et à l’attention qu’il porte à ses élèves, il a su me transmettre sa passion. Je tiens aussi à remercier Monsieur Pierre Serna, Directeur de l’Institut Historique de la Révolution Française, qui m’a fait confiance dans mes travaux et m’a accordé son soutien. Je remercie également Monsieur Régent, Mademoiselle Seveno et Monsieur Lesueur pour leurs conseils avisés. Un grand merci à Monsieur Jean-Pierre Bat pour m’avoir aidé à consolider mes connaissances depuis ma première année d’histoire. Aux personnels des Archives Nationales, de l’Outre-Mer et départe-mentales de la Martinique, ainsi qu’aux personnels de la Bibliothèque Schœlcher, pour leur accueil, leur gentillesse, leurs disponibilités, et leur professionnalisme, je leur exprime toute mon affection. Merci à mon oncle Jean-Pierre Alamelle pour son hospitalité lors de mon séjour à Aix-en-Provence. Une attention particulière à Madame Simone Péreau pour son accueil chaleureux lors de mon séjour à la Martinique. Pour finir, je tiens personnellement à remercier Cécilia Elimort pour sa grande patience à mon égard et son aide quotidienne dans la réali-sation de ce projet.
Préface
La présente étude de Lionel Trani sur la Martinique napoléonienne comble une lacune manifeste dans l’historiographie antillaise. Soit on privilégie l’approche par les structures, et le temps long de la production esclavagiste semble imposer ses logiques à un événementiel révolu-tionnaire, dense et complexe, mais décidément peu propice à changer l’ordre des choses. Soit on met résolument l’accent sur les incidences de la Révolution française dans l’espace antillais, et la Martinique sort bien vite de l’orbite, les bouleversements opérés à Saint-Domingue, et à la Guadeloupe dans une mesure moindre, mais non moins profonde, focalisent l’attention. Il y a bien une spécificité martiniquaise dans la décennie révolution-naire, avec l’occupation britannique qui, contrairement à Saint-Domingue ou à la Guadeloupe qui connurent également cette occupation, ne suscita pas de résistance armée de grande envergure. De fait, la Martinique est sortie en 1794, pour une période de huit ans, du champ d’application du décret du 16 pluviôse an II sur la liberté générale. Pas d’abolition de l’esclavage, donc pas de nécessité de rétablisse-ment en 1802. Pas de prise d’armes des noirs et des hommes de couleur, donc pas de lourdes et périlleuses opérations de désarmement dans le contexte de la Paix d’Amiens, prélude au retour au travail des champs et à la servitude. La volonté affichée par le nouveau régime issu du coup d’État de brumaire, de restaurer l’ordre des choses tel qu’il existait avant 1789, et de placer les colonies endehors de l’ordre constitutionnel, semble convenir parfaitement au cas martiniquais, qui rentre dans le régime commun, au moment où son parcours singulier est légitimé. Il est dès lors tentant de considérer cette réintégration comme une simple péripétie ; la Martinique a connu et connaîtra d’autres oscillations semblables de souveraineté, en 1762, puis de 1810 à 1814. L’important est que, sous une écume institutionnelle fort peu entamée – les dynasties installées au Conseil souverain se perpétuant dans la Cour d’Appel, par exemple, si on suit l’étude prosopographique convaincante d’Émile Hayot – se perpétue l’ordre quasi immuable des rangs et des préjugés,
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