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Matricule 246

De
186 pages
Trente ans après sa libération, l'auteur aborde ici, d'une plume vigoureuse mais non sans humour, de façon dépassionnée, le thème de la mémoire sans excuser pour autant les responsables de son enfermement. Si, en tant qu'ex-militant tupamaro et compagnon d'infortune d'une grande partie de l'actuel gouvernement uruguayen, Marcelo Estefanell reconnaît certaines erreurs dans ses anciens choix, il ne se renie pas. Cet ouvrage tendu vers l'avenir clôt cette période de dictature qui brutalisa tant d'Uruguayens.
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Marcelo Estefanell
MATRICULE 246
Douze ans six mois et quatorze jours au Pénitencier de Libertad
traduit de l’espagnol (Uruguay) par Violette Faro Hanoun
MATRICULE 246
L'Autre Amérique Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin  Cettecollection de littérature latino-américaine, du Mexique et des Caraïbes au Brésil, à l’Argentine ou au Chili, a pour vocation de faire connaître en France des écrivains latino-américains de talent, poètes ou prosateurs, rarement ou jamais traduits en français. Elle accueille des textes en français ou bilingues, espagnol-français, portugais-français, langue-amérindienne-français. Dernières parutions BEDOYA Esteban,Les mal-aimés, 2013. COURTHÈS Eric,Le voyage sans retour d’Aimé Bonpland, explorateur rochelais, 2010. OÑATE Iván,La hache enterrée, 2009. ALTAMIRANO Ignacio Manuel,Le Zarco, trad. Françoise Léziart, 2009. FINZI Alejandro,La peau ou la voie alternative du complément (théâtre), 2008. LABROUSSE Alain,La mort métisse. Récits fantastiques d’Amérique du Sud, 2008. ROA BASTOS Augusto,Métaphorismes, 2008. MIGUEL Salim,Brésil avril 1964. La dictature s’installe, trad . L. Wrege et J.-J. Mesguen, 2007. CAVALCANTI DE ALBUQUERQUE M. C.,Jean-Maurice de Nassau. Prince et corsaire.Roman historique, 2007. ROJAS BENAVENTE Lady,Étoile d’eau. Estrella de agua, 2006. BUSTAMANTE MÉJICO Catalina,Mot non dit. Poèmes bilingues espagnol (Pérou) – français, 2005.AGUIAR Cláudio,Complainte nocturne, 2005. DE FRANCISCO,Le nain et le trèfle. El enano y el trébol. Bilingue français-espagnol, trad. Michel Falempin, 2005.FIALLO Fabio Rafael,Fin de rêve à Saint-Domingue, 2004. LARBIN Mario,Rio tranquilo, histoires de Patagonie, 2004.
MARCELO ESTEFANELL MATRICULE 246 Douze ans six mois et quatorze jours au Pénitencier de Libertad Traduit de l’espagnol (Uruguay) parVioletteFAROHANOUN
Titre original Marcelo Estefanell, e El hombre numerado2013).(8 édition Autres publications Don Quijote a la cancha, 2003. El retorno de Don Quijote,caballero de los galgos, 2005 (Prix Bartolome Hidalgo). © L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03890-2 EAN : 9782343038902
DÉDICACE Je veux tout d’abord dédier ces textes aux 2872 prisonniers qui séjournèrent au pénitencier deLibertadlorsque c’était un camp de concentration. À tous, sans exception, même si certains se comportèrent de manière indigne. Je veux, de plus, rendre hommage à ceux d’entre nous qui souffrirent le plus, ceux qui supportèrent dix ans durant d’être des otages : Raúl Sendic, Jorge Manera Lluvera, Julio Marenales, Adolfo Wasem, Henry Engler, Mauricio Rosencof, Jorge Zabalza, Huidobro «Nez plat» et «Pepe» Mujica, lesquels, dans le vrai ou dans l’erreur, sont mes frères pour toujours. Je veux ensuite dédier ces mémoires à tous ceux qui m’ont aidé à redevenir un homme libre : à ma femme, mes fils, ma mère, mes frères et sœurs, neveux, cousins et mes amis, par delà le temps. Depuis Maria Laura Bulanti qui m’enseigna mon métier, jusqu’à tous les médias qui m’aidèrent à consolider ma profession, je me réfère aux hebdomadairesLas Bases,Brechaces seize dernières et années, à la revueBusqueda/Galeria.Je veux enfin dédier ces chroniques à mon ordinateurApple Macintosh aveclequel j’écris depuis 1987, objet décisif dans ma reconversion professionnelle, et acteur le plus significatif en ces temps de révolution technologique.
EN MANIÈRE DE PROLOGUE À toi, Lecteur désœuvré,  Jete livre des souvenirs d’un temps fort heureusement révolu. Les premières chroniques surgirent au gré de motifs très divers, depuis les nécessaires éclaircissements pour enrichir une anecdote pauvre en détails, jusqu’à mon entourage qui m’invitait à m’embarquer dans cette entreprise. C’est ainsi que j’écrivisLa prise de courantpour fournir davantage d’éléments à Mauricio Rosencof et que, plus tard, je fis de même pour Virginia Martinez dans un texte intituléLapeine, pour illustrer un fragment de son livreTemps de dictature. Le reste était là, enfoui dans quelque coin de mon cerveau, attendant une occasion dont on ignore, à coup sûr, la nature et que, peut-être, on n’espère jamais.  J’écrivis,ensuite, de nouvelles chroniques avec d’autres intentions et avec l’espoir de les réunir sous un titre représentatif. Pour cela, ce qui était parfaitement clair pour moi, depuis le début, c’était que je me limiterais à conter mon expérience personnelle du pénitencier de Libertad, ce que j’y vécus, ce que j’endurai dans ma propre chair, délaissantex profesoce dont j’eus connaissance tout par des tiers. Si je raconte quelque chose qui est arrivé à d’autres, c’est uniquement parce que j’en fus témoin. C’est pourquoi, cher lecteur, tu ne trouveras ici rien sur mon arrestation, rien sur les casernes, rien sur la torture ni sur d’autres centres où je fus détenu ; je préfère me borner aux douze ans six mois et quatorze jours pendant lesquels je fus prisonnier dans ce qui s’appelle officiellement :Établissement de réclusion militaire n°1, plus 1 connu à travers le monde comme Pénitencier de Libertad .  Pourterminer, permets-moi de souligner un fait curieux: j’avais vingt et un ans lorsque je fus capturé par l’armée le 12 août 1972. Je n’étais pas innocent, tant s’en faut. J’avais pris les armes comme mes compagnons du MLN Tupamaros, pour affronter un gouvernement despotique et autoritaire que je voyais comme l’antichambre inévitable de la dictature, qui arriva alors que nous
1  Libertadest le nom du bourg où est implanté le pénitencier (toutes les notes sont de la traductrice).
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