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Médecins et infirmières dans la guerre de Crimée

De
144 pages
La guerre de Crimée, qui dura de mars 1854 à mars 1856, fit un demi-million de morts, et fut la première guerre moderne par l'ampleur des moyens militaires. Du point de vue médical, le plus grand nombre de victimes fut causé par des épidémies, cinq fois plus meurtrières que les blessures de guerre. De nombreux progrès furent accomplis dans la prise en charge des malades et des blessés, avec la présence d'infirmières sur le front, création d'une médecine de l'avant, la première utilisation généralisée de l'anesthésie au chloroforme, la prise de conscience de l'importance de l'hygiène, l'organisation des transports vers les hôpitaux de l'arrière et la nécessité d'individualiser le corps de santé de l'intendance.
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profitant de la déliquescence de l’Empire ottoman. Cette guerre, qui fit un demi-million de morts, fut la première guerre moderne
de guerre, touchant généraux comme simples soldats, infirmières
d’infirmières sur le front, la création d’une médecine de l’avant, la
des actions humanitaires, prélude à la création de la Croix-Rouge.
infirmières.
Philippe Scherpereel
MÉDECINS ET INFIRMIÈRES DANS LA GUERRE DE CRIMÉE 18541856
Médecins et infirmières dans la guerre de Crimée
Médecine à travers les siècles Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand pu-blic » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins connus, de l’Antiquité à nos jours. Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre ou les dérives de la science médicale. C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le cas. Dernières parutions Mélanie DECOBERT,médico-légale et Seconde Guerre Odontologie mondiale, 2016. François RESCHE,Le papyrus médical Edwin Smith, 2016. er XavierRIAUD,Napoléon I et ses dentistes, 2016. PhilippeSCHERPEREEL,Albert Calmette. « Jusqu’à ce que mes yeux se ferment », 2016. PhilippeSCHERPEREEL,Pietro d’Abano. Médecin et philosophe de Padoue à l’aube de la Renaissance, 2016. e BernardDEMARSANGY,La Psychiatrie vécue auXIXLettres à siècle. Louisa, 2016. e Isabelle CAVÉ,siècleEtat, santé publique et médecine à la fin du XIX français, 2016. Julien MARMONT,L’Odontechnie ou l’art du dentiste. Poème didac-tique et descriptif en quatre chants, dédié aux dames, 2016. Patrick POGNANT,La Folle Clinique sexuelle du professeur P***. De la Belle Époque aux Années folles, 2016. Michel CHAUVIN,Le Geste qui sauve. L’étonnante histoire du défibril-lateur cardiaque externe, 2016. Henri LAMENDIN,Docteur Albert Calmette (1863-1933). Pasteurien et co-inventeur du BCG, 2016. Xavier RIAUD(dir.),Médecine à travers les siècles. Entre rencontres et découverte, 2015. Xavier RIAUD,Et si la Seconde Guerre mondiale nous était racontée autrement…, 2015. Mathieu RAYSSAC,Les médecins de l’assistance médicale en Indochine (1905-1939), 2015.
Philippe Scherpereel Médecins et infirmières dans la guerre de Crimée
1854-1856
Du même auteur Pietro d’Abano. Médecin et philosophe de Padoue à l’aube de la Renaissance,L’Harmattan, 2016.
Albert Calmette. « Jusqu’à ce que mes yeux se ferment », L’Harmattan, 2016.
Un secret bien gardé. TheBookEdition, 2014
Tout a son contraire. TheBookEdition, 2014
Enigme du temps et de l’espace. TheBookEdition, 2013
Les plumes du paon. TheBookEdition, 2013
Au-delà des sens : l’énigme de la beauté. TheBookEdition, 2012
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10108-8 EAN : 9782343101088
UNE GUERRE HORS NORMES La Guerre de Crimée débuta officiellement le 27 Mars 1854, avec la déclaration de guerre de la France et de l’Angleterre à la Russie, et se termina le 30 Mars 1856, avec la signature du Traité de Paris. Ses prémices remon-tent en fait à 1850, par la querelle engagée avec la Turquie par la Russie à propos des Lieux saints de Palestine, pré-texte à la volonté de la Russie d’imposer à l’Empire otto-man sa protection aux chrétiens de rite orthodoxe grec, sujets de la Sublime Porte. La France et l’Angleterre y virent surtout le désir de la Russie de démanteler un Em-pire ottoman décadent et impuissant, en s’emparant des principautés danubiennes, de s’ouvrir l’accès à la Méditer-ranée et peut-être même de prendre Constantinople, reje-tant les Turcs en Asie. Cette guerre fut à la fois la dernière guerre chevale-resque et la première guerre moderne. Chevaleresque, elle le fut par le respect des adversaires, de la parole donnée, la présence des officiers supérieurs à la tête de leurs troupes et de multiples épisodes de folle bravoure incons-ciente, dont un exemple parmi tant d’autres, fut la charge de la brigade légère. Moderne, elle le fut par l’ampleur des moyens militaires, l’importance de la logistique et le dé-ploiement d’armes de plus en plus vulnérantes et destruc-trices, l’apparition du rôle des médias avec la presse et la photographie. Elle se caractérisa par une intrication étroite
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de la diplomatie et des armes, à l’origine d’atermoiements et d’erreurs stratégiques. La volonté des gouvernants de diriger les opérations de Paris, de Londres et de Saint-Pétersbourg, à des milliers de kilomètres de distance, les divergences de vues entre alliés, les jalousies entre gradés sont à l’origine des déboires que rencontrèrent chacune des armées en présence. Les campagnes du Premier Empire avaient contribué à structurer le Service de Santé aux armées, sous l’impulsion notamment de Pierre-François Percy et de Dominique-Jean Larrey. La prise en charge des blessés sur le champ de bataille, les postes médicaux avancés et les transports ambulanciers avaient été organisés. L’armée d’Orient fut donc dotée d’un service de santé où s’illustrèrent, en particulier, Gaspard-Léonard Scrive, Mé-decin Chef du Corps Expéditionnaire Français, et les Mé-decins Inspecteurs Généraux Michel Lévy et Jean-Baptiste-Lucien Baudens. Dans saRelation médico-chirurgicale de la campagne d’Orient, Scrive rapporta avec une grande précision le déroulement des évènements du débarquement à Gallipoli jusqu’à la prise de Sébastopol et les statistiques mensuelles des effectifs tués, blessés et malades, tout au long de cette guerre effroyable. Baudens effectua en 1855 une mission d’expertise du service de santé en Crimée, qu’il relata dans un livre,La guerre de Crimée, les campements, les ambulances, les hôpitaux. Scrive apporta de nombreux perfectionnements à la prise en charge des blessés, en particulier la généralisation de l’anesthésie au chloroforme. La guerre de Crimée vit l’arrivée pour la première fois d’infirmières aux armées, avec la présence de Sœurs de la Charité du côté Français, de Florence Nightingale du côté Anglais, d’Helena Pavlowna du côté Russe, tandis que Valérie de Gasparin alerta l’opinion dès 1854, par l’intermédiaire de la presse, sur les malheurs des soldats
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de Crimée et fut, par la suite, à l’origine de la création de la Croix-Rouge, avec Henri Dunant. L’héroïsme des soldats des deux camps préfigurait ce-lui des soldats des tranchées de la première guerre mon-diale, tandis que spontanément les services de santé don-naient leurs soins aux blessés, y compris ennemis, sans aucune distinction. Cette guerre fut un effroyable carnage atteignant près de 500.000 morts sur l’ensemble des belli-gérants, en y incluant ceux qui décédèrent au cours de leur transfert et de leur séjour dans les hôpitaux de l’arrière. La plupart moururent de maladies : choléra, scorbut, typhus, dysenterie. Sur les 95.000 morts Français, seuls 20.000 furent tués au combat ou moururent des suites de leurs blessures. Sans le dévouement et la compétence des ser-vices de santé, le bilan aurait été encore beaucoup plus lourd.
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