Mémoires du Père Abbé Boulos Naaman

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Alors que l'étau risque de se fermer sur le Liban à la fin des années 1960, le Père Abbé Boulos Naaman, supérieur général de l'Ordre Libanais Maronite, tente de contrer les problèmes politiques et existentiels guettant son pays. Il rejoint le Front libanais qui soutient le régime légal installé par le mandat français. Dans ses mémoires préparés et rédigés par Antoine Saad, l'Abbé Naaman dévoile plusieurs secrets de la guerre du Liban et nous fait part des efforts qu'il a déployés pour éviter plusieurs tragédies.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
Lecture(s) : 26
EAN13 : 9782336396354
Nombre de pages : 386
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AntoineSAAD
Mémoires du Père Abbé Boulos Naaman Des accords du Caire à l’assassinat de Bachir Gémayel
Liban 19681982
Éditions SAËRALMASHREK
MÉMOIRES DU PÈRE ABBÉ BOULOS NAAMAN
 Cet ouvrage a été publié en arabe en 2009  par Saër Al-Mashrek sous le titre : L’homme, la patrie, la liberté, Mémoires du Père Abi Boulos Naaman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com Diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07704-8 EAN : 9782343077048
Jdeidé, Liban info@entire-east.com www.entire-east.com
Antoine SAAD
MÉMOIRES DU PÈRE ABBÉ BOULOS NAAMAN
DES ACCORDS DU CAIRE À L’ASSASSINAT DE BACHIR GÉMAYEL
Je souhaiterais adresser un remerciement particulier au docteur Issa Farkh pour le minutieux travail de traduction de cet ouvrage, qu'il a effectué en signe de fidélité à l'Abbé Naaman et à la cause qu’il a défendue.
Préface du traducteur
C’est poussé par deux motivations que je me suis proposé de traduire les Mémoires du R.P. Abbé Boulos Naaman. C’est d’abord parce que j’ai été frappé par plusieurs types de vérités qui y sont révélées comme rarement dites jusqu’à ce jour. Elles concernent pour commencer les origines des maronites et leur relation viscérale avec le Liban expliquant leur enracinement, leur acharnement et pourquoi, pas plus demain qu’aujourd’hui ou hier, il ne peut y avoir de Liban sans maronites ni de maronites sans Liban. Elles concernent ensuite le pourquoi de la guerre libanaise avec les différents facteurs qui, de longues années auparavant, lui préparaient un terrain propice : éléments étrangers, issus de la présence palestinienne et des intérêts et convoitises étrangers et régionaux ; facteurs internes également qui, sous le couvert de la religion, mettaient en jeu ses implications culturelles, sociales et claniques, les ambitions dévoilées ou cachées des uns ou des autres, les divers sentiments d’appartenance divergents, les alliances et les différents attachements régionaux et internationaux ainsi que les perspectives d’avenir souvent contradictoires. Finalement, elles concernent le déroulement de cette guerre avec ses faiblesses avouées, ses peines, ses douleurs, ses tribulations, ses misères et ses déceptions, mais aussi avec le dévouement et les héroïsmes de tout un peuple qui, guidé par des personnalités marquantes et par d’autres restées dans l’ombre, s’est mis à rêver d’un vrai pays et d’une vraie nation avant de voir son rêve momentanément écroulé. Ces vérités ne doivent pas tomber dans l’oubli et doivent faire partie de la mémoire d’un peuple. Il s’agit d’un testament destiné aux générations montantes et futures qui les ignorent ou en ont une image déformée. De même que nous devons tirer une leçon et profiter du labeur et de la lutte de nos aïeux, eux aussi ont le devoir de ne pas sombrer dans la désillusion, baisser les bras et abdiquer, mais de poursuivre le rêve et se donner les moyens de le faire aboutir. Elles sont également destinées à un public non arabophone, public ami et soutien qui nous est cher, mais aussi public ignorant et mal informé qui a parfois mal compris notre cause et notre lutte. C’est également une manière
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de remercier tous ceux dont l’aide politique, matérielle ou morale nous a été précieuse dans les moments difficiles, et de leur rendre justice. La deuxième des motivations qui a enclenché cette traduction est celle de rendre hommage à un grand homme que j’ai connu depuis mon enfance et accompagné de près ou de loin. Homme grand qui a su allier spiritualité et combat, politique et valeurs humaines, rêve et réalisme, fermeté et souplesse, mais sans jamais transiger sur ses principes. Je l’ai aussi vu dans ses moments de doute, d’impuissance, de peine et de désillusion, mais aucune adversité n’a jamais réussi à abattre ce chêne fier du Liban ou son rêve d’un Liban libre réellement indépendant, patrie définitive pour tous ses enfants. Homme de l’ombre ou en première ligne, respecté par ses amis et ses adversaires, en religion comme en politique, il a et continue à marquer son époque par ses qualités de meneur et de bâtisseur, que ce soit dans la résistance, la politique ou dans l’impulsion donnée à l’Université Saint-Esprit de Kaslik, impulsion génératrice de futures générations éduquées dans la foi et le respect des valeurs. Au R.P. Abbé Boulos Naaman, toute mon affection et mon admiration.
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Issa Farkh
Introduction
Mémoires centrés sur l’homme, le sol et la liberté Il n’est pas dans les habitudes des moines d’écrire leurs Mémoires : tels les premiers chrétiens, « ils n’ont pas de point ici-bas de cité permanente » (Hébreux 13/14) et se considèrent comme « étrangers à ce monde et simples passants sur la terre comme Abraham » (Hébreux 11 : 13-16). De plus, une certaine mentalité soufie les incite à se considérer comme « serviteurs sans mérite particulier » (Luc 17/10). Cela étant dit, et même s’ils n’ont pas de cité permanente, ils n’en ont pas moins, comme le dit saint Paul, une mission terrestre et éternelle à mener jusqu’au martyre. Cette mission ne se limite pas uniquement à la contemplation, la prière et l’ascétisme, mais elle comporte également dans son essence le service dans tous ses aspects, le soutien, l’aide et le secours à autrui, notamment lorsque des dangers menacent les vies et les existences. Il n’y a pas de christianisme réalisé et vécu sans chrétiens, et pas de chrétienté maronite réelle sans maronites. Quand j’ai pensé écrire ces Mémoires, je suis parti de mon maronitisme parce que le maronitisme tel que je le perçois est dans son essence incarnation, comme le Christ, porteur de deux natures : il est Esprit et chemin de sainteté, mais il est également « homme, patrie, sol et liberté ». Cette identité a été définie dès sa naissance et pour toute son histoire et jusqu’à la fin, comme le dit si bien le P. Michel Hayek. Pendant les événements du Liban, nous avons été, individus ou collectivités, dans des situations très dangereuses qui nous ont poussés, dans un climat de vide étatique, à défendre l’homme, la patrie, le sol et la liberté… Ces valeurs qui se sont incarnées au Liban et ont donné un sens à son existence. Ces valeurs, ou ce trésor, comme l’appelle le P. Michel Hayek, se seraient sans doute disloquées et auraient disparu si elles n’avaient pas rencontré le Liban pour s’y installer. Sans le maronitisme, la terre libanaise aurait suivi les autres pays d’Orient dans leur sécheresse et infertilité. Inversement, sans cette terre du Liban, le maronite aurait réagi comme les autres populations de la région qui ont perdu toute leur entité. Entre l’histoire de cette terre forteresse et l’histoire de ce peuple lutteur et têtu, il existe un contrat indélébile de mariage et de cohabitation.
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