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LE DUCHÉ DE NORMANDIE

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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-56085-8

 

© Edilivre, 2013

Première époque :
Le duché de Normandie

 

Avant-propos

« La société humaine a sa raison d’être dans la nature humaine. »

(Confucius :
Origine de la société humaine)

…« la fin de la société humaine, en tant qu’empire universel, a pour fin de faire briller et fleurir la vertu et de conduire l’humanité à la haute perfection. »

(Tse Chang)

Dans le Tchouen Tchou, Confucius met en évidence que… « gouverner, c’est rectifier le peuple »… et c’est ce que va faire pendant plusieurs décennies Guillaume le Conquérant en qualité d’homme d’État, et homme de guerre, grand rassembleur dans une Angleterre pas tout à fait encore un « Royaume uni ».

Pour bien appréhender l’histoire fabuleuse de la Normandie en général et de Guillaume le Conquérant en particulier, il est nécessaire de parler succinctement du contexte historique si riche de cette époque, il est primordial de se plonger dans l’histoire des Vikings devenus ducs de Normandie et dans la naissance de l’Europe de l’an mille. De tout cela, sortira notre histoire actuelle et de Guillaume viendront les grandes dynasties royales régnantes jusqu’à nos jours en Europe.

 

En 842, nous sommes à la naissance de ce qui va devenir l’Europe. C’est le serment de Strasbourg cosigné par les petits-fils de Charlemagne.

Le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petits-fils de l’empereur Charlemagne, se prêtent serment d’assistance mutuelle.

Les deux frères sont en guerre contre leur frère aîné Lothaire, qui a hérité du titre d’empereur de leur père Louis le Pieux, mort deux ans plus tôt.

Louis le Germanique prononce son serment en langue romane (l’ancêtre du français) pour être compris des soldats de son rival et associé. Charles le Chauve fait de même en langue tudesque (l’ancêtre de l’allemand).

Leur serment est repris par tous les soldats dans leur langue habituelle. C’est que les habitants de l’empire de Charlemagne ont oublié le latin et commencent à se distinguer par leurs idiomes, selon qu’ils vivent à l’ouest ou à l’est de la Meuse.

Les premiers textes en langues modernes vont faire leur apparition avec les serments de Strasbourg ; ce sont les premiers documents où le latin va céder la place aux langues vulgaires, le roman pour la partie occidentale de l’empire et le tudesque pour la partie orientale.

Le mot tudesque vient de l’adjectif germanique tiudesc, qui signifie « populaire ». Cette racine se retrouve aussi dans le mot tiudesc-Land qui signifie le « pays du peuple ». Au fil du temps, il se transformera en Deutschland, nom actuel de l’Allemagne. La désignation « langue tudesque » désigne aussi parfois l’ancienne francisque ou le vieux haut-allemand.

Les serments de Strasbourg aboutissent l’année suivante à un compromis signé à Verdun et au partage en trois de l’Empire carolingien.

Lothaire va conserver le titre impérial, qui sera purement honorifique, et se contentera de la partie centrale de l’Empire, mais par contre ses domaines feront l’objet d’un nouveau partage entre Louis le Germanique et Charles le Chauve.

Sur les ruines de l’Empire carolingien émergeront deux grands ensembles nationaux distincts, la France et l’Allemagne, ce qui vous laisse présager déjà qui vont être les deux grands acteurs de l’Europe moderne.

Les serments de Strasbourg marquent l’existence d’une langue différente du latin qui donnera la langue française, la « lingua romana rustica », et sont une des premières attestations écrites d’un dialecte germanique.

21 janvier 842 : c’est le début du règne de Michel III, âgé de six ans, empereur byzantin (fin de son règne en 867) sous la régence de sa mère Théodora (fin en 856). Celle-ci gouverne en s’appuyant sur ses frères Petronas et Bardas et l’eunuque Theoktisos. Michel III, dit l’Ivrogne, est né le 19 janvier 840, et est décédé le 23 septembre 867 après avoir régné de l’an 842 à 867 sur cet Empire byzantin.

9 février 842 : Nominoë se fait proclamer princeps de Bretagne dans le cartulaire de Redon. Il est né vers l’an 800 à l’époque du couronnement de Charlemagne en tant qu’empereur, et décédera le 7 mars 851 près de Vendôme. Il fut souverain de Bretagne de 845 à 851. On lui attribue fort justement d’être à l’origine de la naissance d’une Bretagne unifiée et très indépendante, d’où le qualificatif honorifique de « Père de la patrie » (Tad ar Vro) que lui attribue l’historien Arthur de la Borderie au XIXsiècle.

14 février 842 : Les serments de Strasbourg, prononcés par Charles le Chauve et Louis le Germanique contre leur frère aîné Lothaire annoncent le traité de Verdun. Charles et Louis se partagent l’Empire en laissant l’Italie à Lothaire.

6 décembre 842 : Les Vikings s’emparent et mettent à sac Quentovic, qui est l’un des plus grands ports de l’époque, situé sur la Canche (Étaples). Ses habitants payent un gros tribut pour éviter l’incendie de la ville.

13 décembre 842 : C’est le mariage de Charles le Chauve avec Ermentrude d’Orléans, reine franque de la dynastie carolingienne qui est née le 27 septembre 830 et qui décédera le 6 octobre 869 à l’abbaye de Hasnon, dans laquelle elle avait choisi de se retirer après la séparation d’avec son mari en 867 mais non répudiée.

9 août 870 : C’est le partage de la Lotharingie entre Louis le Magnifique et Charles le Chauve.

28 février 888 : Eudes devient le premier roi de France, il est couronné à Compiègne le 28 février et de nouveau à Reims le 13 novembre 888. Il reçoit en outre les titres de roi de Francie occidentale, de comte de Paris, de comte de Troyes, de duc des Francs et de marquis de Neustrie.

24 septembre 911 : Conrad de Franconie est élu roi de Germanie à la mort du dernier des Carolingiens directs d’Allemagne, Arnoul (ou Arnulf) de Carinthie. C’est ainsi que naît l’État allemand sur les ruines du royaume des Francs fondé par Clovis et relancé par Charlemagne auparavant.

23 décembre 918 : C’est Henri 1er de Saxe, Henri 1er de Germanie, qui devient roi de la Francie orientale (la Germanie). Il va régner de 919 à 936 et il sera à l’origine des deux grandes dynasties qui vont régner sur l’Allemagne et sur la France au cours d’une grande partie du IImillénaire puisqu’il est le père d’Otton 1er qui est le premier empereur germanique, et aussi le grand-père d’Hugues Capet qui sera le fondateur de la lignée capétienne. Henri 1er de Saxe est également l’arrière-grand-père de Louis V aussi roi de France.

922, le duc de France Robert est sacré roi de France à Reims, après s’être dressé contre Charles III le Simple. Va s’en suivre un affrontement majeur. De son côté, Charles III le Simple fait appel en renfort et soutien aux troupes normandes de Ragnvald le chef des Normands de la Loire. C’est la bataille de Soissons le 15 juin 923 durant laquelle Robert est tué. Quant à Charles III le Simple, lui, il est fait prisonnier par Herbert de Vermandois et il va finir sa vie en captivité à Péronne où il meurt en 929.

923, Raoul qui est duc de Bourgogne devient roi de France et entre en guerre avec la Normandie. Il y aura un danegeld, un paiement qui va mettre fin au conflit et c’est le roi de France qui paye.

L’Empire carolingien prend fin définitivement avec la mort de Bérenger de Frioul en 924. Rollon fait reconnaître l’ouest de ses terres normandes et entre autres le Bessin et l’Hiesmois.

925, les Vikings normands de la Seine font une tentative pour libérer Charles III le Simple et en profitent pour entrer dans le Beauvaisis et l’Amiénois. La contre-attaque du duc de France Hugues le Grand se passe dans le Vexin et dans le Talou, mais face à l’armée normande et au risque d’attaque de Paris il demande un armistice en sage stratège. Pour lui, il est inutile de risquer sa capitale.

928, Guillaume dit Longue-Épée succède sur le trône de Normandie à son père Rollon. Il est earl des Vikings de la Seine.

Entre 931 et 933, Guillaume Longue-Épée entre en Bretagne pour porter aide aux Normands de la Loire, et le comte Bérenger de Dol reconnaît la souveraineté normande sur Dol. Le Cotentin et l’Avranchin sont rattachés aux possessions normandes. Entre-temps, en 932, un conflit éclate entre les comtes Herbert II de Vermandois et Herluin II. Non content de cela, le comte de Flandre et d’Artois Arnoult 1er qui est l’allié d’Herbert II prend par trahison le château fort de Montreuil et, de ce fait, prend le Ponthieu. Herluin II demande de l’aide à Guillaume Longue-Épée qui lui envoie des troupes scandinaves pour reprendre Montreuil-sur-Mer. Le comte de Ponthieu devient vassal du duc de Normandie ce qui a pour effet de positionner les pays de Ponthieu et de Vimeu sous la protection de la Normandie. Cent trente quatre ans plus tard, c’est de cette région que partira la flotte d’invasion de Guillaume le Conquérant.

En 934, Rioulf, grand jarl scandinave du Cotentin, se rebelle contre le duc de Normandie qui est son earl, son suzerain à qui il reproche d’avoir abandonné ses coutumes scandinaves et de s’être trop rapproché du roi de France. Il est battu à Rouen au Pré-la-Bataille.

936, Louis d’Outremer — qui est le fils de Charles III le Simple et d’Edgiva la sœur du roi du Wessex Athelstan — est couronné roi de France le 19 juin 936 avec le soutien de la Normandie.

Entre 936 et 939, Alain Barbetorte le comte de Rennes débarque en secret en Bretagne et organise le soulèvement contre les Normands, après la bataille de Trans à une dizaine de kilomètres de Pontorson vers le sud-est ; il devient duc de Bretagne. Durant cette période, en Angleterre, le roi du Wessex arrête l’expansion danoise.

L’année 939 est aussi très riche en événements. Otton 1er, le roi de Germanie, franchit le Rhin en aide à ses alliés le duc de France Hugues le Grand et Herbert II de Vermandois, qui viennent tous les deux de se révolter contre le roi de France.

En bon souverain, Guillaume Longue-Épée ne voit pas d’un bon œil la France grandir à ses côtés et pressent le danger à venir s’il laisse faire. Il envoie, courant 940, des renforts en soutien aux révoltés devant Reims et peu de temps après, une paix relative est signée entre les belligérants.

Courant 941, le roi de France doit s’enfuir parce que battu par les comtes révoltés.

Courant 942, le puissant comte de Flandre rejoint les comtes révoltés contre le roi de France, et ce dernier demande la médiation de Guillaume Longue-Épée dans le conflit, ce qui aura pour effet le retrait d’Otton 1er, roi de Germanie, du conflit et la conséquence directe sera l’arrêt dudit conflit. C’est aussi la même année que Guillaume Longue-Épée va confier la défense du Cotentin et de l’Avranchin à Harald 1er dit à la dent bleue roi du Danemark face aux Bretons et aux Manceaux. Le duc de Bretagne va renoncer à ses prétentions sur ces régions. Cette année-là aussi un complot contre Guillaume Longue-Épée va voir le jour, organisé par le comte de Flandre Arnoul et le duc de France Hugues le Grand. Le principe étant d’éliminer physiquement l’iarl normand qui les empêche de manœuvrer contre le roi de France. Le piège va fonctionner et Guillaume Longue-Épée est tué le 19 décembre 942 à Picquigny dans une île de la Somme. La Normandie a presque atteint sa taille actuelle à cette époque, vu le nombre de colons scandinaves arrivés dans cette période. Plus tard, viendront s’ajouter le Séois et le Perche. Les sept diocèses de Rouen sont réunis à cette époque sous l’unité scandinave en coutume et justice et tous les dirigeants sont vikings.

Richard 1er, fils de Guillaume Longue-Épée, devient à dix ans le nouveau iarl (duc) de Normandie. Louis IV, le roi de France, va tenter de prendre la Normandie mais la régence scandinave efficace qui est autour du jeune duc va y mettre fin en capturant le roi de France et un serment sera signé en 945 pour ne jamais remettre en question l’indépendance de la Normandie. Le roi de France sera libéré après. Et les serments étant faits pour être bafoués à cette époque, le roi de France va aller attaquer Rouen et il sera battu à plate couture près de Fleury-sur-Andelle.

9 septembre 954, Lothaire succède comme roi de France à son père qui est mort. Il va continuer la folie de son père en attaquant régulièrement les frontières de la Normandie, il va aussi tenter de faire assassiner Richard 1er de Normandie le iarl ou earl viking.

10 août 955 : les Hongrois sont battus au Lechfeld par Otton 1er qui est le fils d’Henri 1er de Saxe.

2 février 962 : Otton le Grand devient empereur à Rome.

En 964, après l’échec de la tentative d’assassinat contre le duc de Normandie Richard 1er, Lothaire va faire marcher ses troupes et prendre la ville d’Évreux, puis il va marcher sur Rouen. Son entreprise va s’arrêter là parce que les troupes normandes l’écrasent et c’est le retour forcé pour Lothaire en France. Au passage, les Normands ravagent la Beauce, le Chartrais et une partie de l’Île-de-France en représailles. Le conflit armé prendra fin avec le traité de Gisors et un nouveau serment est fait par le roi de France de ne jamais remettre en question l’indépendance de la Normandie.

En 965 vont apparaître les premiers documents de chancellerie et vont débuter aussi les restaurations de quelques abbayes normandes.

3 juillet 987 : Hugues Capet est sacré roi de Francie occidentale, l’ère des Capétiens commence, la paix entre la France et la Normandie sera préservée par lui car il a été élevé à la cour de Normandie. Il y veillera jusqu’à sa mort.

L’année 990 va voir le Mont-Saint-Michel tomber dans l’escarcelle normande à la suite du don de ce lieu par le comte de Rennes qui, menacé, s’était placé sous la protection normande contre les comtes d’Anjou et de Nantes. Cela aura pour effet de placer tout l’ouest de la Bretagne sous la protection normande.

Les diocèses ont des évêques résidents sauf celui de Coutances, les monastères retrouvent leurs possessions extérieures ce qui va permettre l’extension culturelle normande.

Pendant toute cette période, en général, la Normandie garde ses relations privilégiées avec toute la Scandinavie et développe le commerce extérieur avec le Danemark, la Norvège et les différentes colonies vikings de Grande-Bretagne.

Les Français ne reconnaissent dans le duc normand qu’un chef pirate viking. Tous les grands de Normandie, à cette période, sont de descendance directe scandinave. Les escadres vikings régulièrement vendent leur butin dans les ports normands, marchandises et esclaves pris. C’est là aussi que les Vikings recrutent souvent leurs hommes et c’est aussi dans les ports normands qu’ils hivernent et radoubent.

En 992, le duché de Normandie noue de nouvelles alliances avec la famille de Bellême menacée par la famille d’Anjou après le protectorat établi sur le Maine. De ce fait, la région du Passais et la ville de Domfront deviennent position défensive de la Normandie face aux Manceaux et aux Angevins et de là va naître l’animosité légendaire entre la Normandie et l’Anjou. Cependant, la Normandie de Richard 1er s’ouvre petit à petit à l’Occident tout en gardant ses relations avec la Scandinavie.

966, c’est le décès du duc de Normandie Richard 1er, son fils Richard II lui succède. Il est le fils de Gunnor et de Richard 1er à la mode « more danico ». Il est le nouveau earl ou iarl normand.

Le duc breton Geoffroi Bérenger fait alliance avec le duché de Normandie suite aux menaces de l’Anjou et du comte de Chartres et épouse Hedwige, la sœur de Richard II duc de Normandie.

997, la révolte paysanne à la mode scandinave est durement réprimée.

2 avril 999, le pape Sylvestre II est élu au pontificat.

Durant l’année 1002, le 23 janvier, Otton III meurt.

On considère dès lors que l’Europe moderne est née réellement en l’an mille. Le monde actuel que nous connaissons puisque nous y vivons et l’Europe actuelle ont été modelés par la civilisation occidentale, et les États, en Afrique, en Amérique et en Asie sont issus des conquêtes coloniales européennes dans la grande majorité des cas.

L’Europe a engendré de gigantesques mouvements de populations, des transferts importants vers le Nouveau Monde de l’Ancien Monde. Les langues se sont transférées aussi, comme l’anglais autour de la planète, le français longtemps langue mondiale, le latin et l’espagnol, le portugais et d’autres. Les savants, les entrepreneurs, les commerçants surtout avec les marins sont à l’origine d’une amélioration sans précédent de l’espérance de vie dans le monde, et des conditions actuelles de cohabitation et d’existence pour la majorité des êtres humains sur terre.

Cette grande aventure sans précédent prend sa source dans le courant et les remous d’une Europe agitée et vivante, autour du bassin méditerranéen et autour des bassins du nord de l’Europe, il y a à peu près mille ans ; l’aventure de l’Europe est loin d’être finie puisqu’elle est en fin d’adolescence seulement au XXIsiècle.

Les grandes migrations venant d’Europe centrale, comme les migrations marines de la mer du Nord et des régions alentour vont donner naissance à cette Europe de l’an mille, et certaines conquêtes comme celle de l’Angleterre vont unifier les royaumes, leur donner une ascendance et une descendance généalogiques et conforter les alliances qui vont être indispensables à un équilibre européen.

Avec l’apparition de la féodalité, et du droit féodal qui s’y rattache, la mise en ordre des sociétés féodales du Moyen Âge peut se concrétiser.

Après la chute de l’Empire romain et de la culture hellénistique, le monde méditerranéen va se diviser en trois grandes parties, qui vont s’opposer avec virulence et cela va tourner autour de l’Empire byzantin qui va rester proche du modèle antique et hellénistique, de l’Empire arabo-musulman qui va se positionner en rupture franche avec le passé chrétien de l’Occident et l’empire de Charlemagne qui va arborer une vague ressemblance avec l’Empire romain disparu et restera marqué par des racines profondes germaniques mais avec une coupure nette de l’Orient antique du fait des conquêtes arabes.

Après le décès de Charlemagne, le chaos arrive très vite dans l’Empire carolingien, ses héritiers vont s’affronter après leur division, et surtout après constatation de leur manque de pouvoir. Ils vont très vite montrer leur inaptitude à rassembler, unifier et gouverner l’empire et les forces de l’empire face aux nouvelles invasions venant de l’Europe centrale (les barbares).

Alors, les nouveaux Européens vont entrer dans une période troublée et instable, période transitoire et évolutive. L’Europe est dans son enfance et va être secouée par une enfance très turbulente, mais progressive et constructive malgré tout.

Au printemps 1002, Ethelred II, roi d’Angleterre, épouse Emma la sœur de Richard II. Cela va contribuer à la présence permanente normande en Angleterre, car Emma va faire venir de nombreux courtisans et hommes d’église ou de loi. À l’intérieur de ses biens (son douaire), elle leur distribue biens et titres. Ce sera sur les villes d’Exeter, Winchester, et dans les régions du Devon, du Hampshire et de Leicestershire. Le commerce va se développer sous sa volonté et le négoce va être permanent sur la côte sud et sud-ouest de l’Angleterre.

En Normandie, l’arrivée des Scandinaves continue. La plupart des comtés créés entre 1000 et 1020 seront essentiellement militaires. La volonté ducale est de renforcer sa sécurité aux frontières et de favoriser la concentration du pouvoir selon la dynastie de Rouen. Il y a quatre comtés : Ivry, Eu, Mortain et Évreux. L’institution vicomtale se généralise selon les lois de la féodalité, et en bons vassaux les vicomtes doivent assurer la protection aux frontières du duché en commandant les troupes ducales mises sous leur commandement. Ils sont administrateurs et officiers de justice, et collecteurs de l’impôt.

1008, le duc de Normandie Richard II épouse la sœur de son beau-frère Geoffroi Béranger, Judith, et les alliances vont se faire selon les règles de la diplomatie secrète normande. À la mort de Geoffroi Bérenger, c’est son épouse Edwige qui va régenter en attendant que le nouveau duc de Bretagne Alain soit mature. Le comté de Mortain sera créé un peu plus tard comme zone défensive entre la Normandie et la Bretagne.

1011, la décision est prise de construire une forteresse de pierres à Domfront face à la frontière avec le Maine par sécurité territoriale.

La guerre sera déclarée contre le comte de Chartres après la mort de sa jeune épouse et plus jeune sœur du duc de Normandie et surtout après le refus de restitution du douaire (les biens assignés par le comte de Chartres à son épouse). Le conflit durera jusqu’en 1014.

À cette époque, les Normands rayonnent aussi partout, leur soutien est souvent sollicité car leur réseau diplomatique est très étendu. Ils ont tissé des liens avec l’Europe de l’époque et leurs émissaires vont dans toutes les cours occidentales dans un but diplomatique, mais aussi dans un but de renseignement conformément à leurs traditions scandinaves et ils vont tirer parti de tout ce qui va se présenter. Dans les années 1015 à 1017, on les voit en Sicile et dans le nord de l’Italie contre les Byzantins et quelques rivaux des princes italiens. En 1018, une partie des troupes normandes sous le commandement de Roger de Tosny est partie en Espagne pour prêter main-forte aux Espagnols contre les Maures, les Normands s’illustreront jusque dans la libération du Portugal. Quelques années plus tard, après une présence militaire, ils obtiennent des titres et biens italiens comme Renouf de la Carelle qui est devenu comte d’Aversa en 1028. Il y aura le duché d’Apulie avec Melfi comme capitale. Son premier duc, Guillaume de Hauteville, reproduira à l’identique d’ailleurs le modèle normand en tout point avec fiefs, vicomtés, abbayes et cathédrales. Le duché d’Apulie sera reconnu internationalement après la défaite des troupes byzantines et papales, le pape de l’époque ayant été fait prisonnier n’a eu d’autre issue que de donner légitimité et investiture à ce duché normand. En 1057, c’est Robert de Hauteville qui devient duc et la Sicile sera investie dès 1061 avec la chute de Messine par les troupes de Roger, frère de Robert de Hauteville et Palerme sera prise en 1072.

Devant l’échec de la prise de la forteresse de Tillières par le comte de Chartres et ses alliés les comtes de Meulan et du Maine mis en déroute par les troupes scandinaves commandées par Olaf Haraldsson (futur saint et roi), le Chartrais et le Drouais sont saccagés et pillés. C’est le roi de France qui va mettre un terme au conflit armé. La nouvelle frontière normande est maintenant à l’Avres.

Concernant les avancées diplomatiques de Richard II, il marie sa fille avec le comte de Flandre Baudouin dit Belle-Barbe, ce qui protège une paix relative entre le duché et le comté de Flandre. Mais, en prévision d’un changement, le duc de Normandie fait de Talou un comté de protection septentrionale.

Richard II décède en 1026, son fils Richard III devient duc de Normandie la même année. Sous son court règne ducal l’aristocratie militaire se développe en concert avec la politique, et l’Église chrétienne est de plus en plus présente dans le politico-militaire. Les ducs de Normandie tour à tour se servent de l’Église dans la gestion de leur duché. L’année suivante, c’est son jeune frère le comte Robert après la mort par empoisonnement de Richard III qui devient duc de Normandie sous le nom de Robert 1er, juste après avoir épousé Herléva la mère de Guillaume le Conquérant à la mode scandinave à Falaise.

1028 est l’année où Alain III, duc de Bretagne, se rebelle contre son suzerain Robert, qui en répression dévaste le pays de Dol.

En 1029, le duc Alain passe avec son armée le Couesnon mais vers la Croix l’Avranchin ; il se heurte aux Normands et il est battu. La paix reviendra entre la Bretagne et la Normandie qu’avec l’intervention de l’archevêque de Rouen et le traité de paix sera signé au Mont-Saint-Michel en 1030 entre les deux parties.

La question intéressante est : qu’en est-il des Normands, appelés aussi Vikings ou Varègues ?

La situation est celle-ci, les Vikings venant des terres nordiques sèment la terreur le long des côtes de l’Europe de l’époque, les incursions se font de plus en plus brutales et rapides, le long des fleuves comme la Seine en France ils remontent jusqu’à Paris. Ils débarquent avec Odon, ancêtre direct de Guillaume le Conquérant, en Angleterre entre autres. Ils visitent aussi le Groënland actuel (par le Viking Gunnbjorn) et l’Amérique du Nord ensuite.

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Les Normands (ou Vikings ou Varègues) sont des Danois, Norvégiens et Suédois. Au VIIsiècle, ils sont maîtres de tout le commerce de la Baltique, de la mer du Nord.

Poussés par différentes raisons (dont la surpopulation et l’invention du bateau à quille), ils se lancent à partir de 793 dans des expéditions de pillage aux dépens des pays de la façade atlantique (les îles françaises sont touchées à partir de 799) et de l’ouest de la Méditerranée. Les Normands longent les côtes et remontent les grands fleuves. Ils pillent villes et monastères puis repartent vite avec le butin.

À partir de 840, ces expéditions deviennent de vraies campagnes militaires menées par de véritables armées redoutables et bien équipées. La France est durement touchée à plusieurs reprises, en particulier de 856 à 861 et de 879 à 892. Les incursions se font rapidement et avec une force de frappe précise et forte, les objectifs sont déterminés par avance et rien n’est fait au hasard pour ces navigateurs guerriers du nord, en effet, c’est une tradition chez...