Papa s'appelait Fossi Jacob

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Pour nos contemporains aussi bien que pour la postérité, il était nécessaire de rétablir au Cameroun la vérité sur certains événements ayant marqué la fin officielle de la "colonisation" et la naissance du néocolonialisme. Le devoir s'imposait de lever le voile sur un héros méconnu, Fossi Jacob, et de porter certains actes historiques et certaines positions politiques à la connaissance de tous.
Publié le : dimanche 1 mai 2011
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EAN13 : 9782296805859
Nombre de pages : 160
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Papa s’appelait Fossi Jacob

Abraham SIGHOKO FOSSI







Papa s’appelait Fossi Jacob


Itinéraire d’un martyr
de l’indépendance du Cameroun




























































© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-54619-6
EAN : 9782296546196













Nos remerciements à TAGNE Henri,
alias MEWE, pour nous avoir transmis
un cahier d’où a été tirée la
"matière première" du présent ouvrage.

































Papa, tu avais gravé dans le cœur de ton fils un conseil :
"Tu n’auras pour amis que des gens plus intelligents que toi ".

















« FOCCART a joué un rôle déterminant dans cette affaire.
Il a maté la révolte des Bamiléké avec AHIDJO et les services
spéciaux. C’est la première fois qu’une révolte d’une telle ampleur a
été écrasée convenablement ».

Pierre GUILLAUMA, ministre français des Armées en 1960, cité
par F. X. VERSCHAVE dans La Françafrique, Editions Stock, 1998.




« La plupart des officiers français qui font partie du corps
expéditionnaire sont d’anciens tueurs de la guerre d’Indochine. Ils ont
été recasés au Cameroun, en raison, croit-on savoir, des Accords de
Défense militaires passés entre M. AHIDJO et Charles De
GAULLE. Le Cameroun n’est pourtant pas, si l’on se réfère à ces
fameux Accords de Défense, sous la menace d’un pays étranger. Le
Ministre de la Défense de M. AHIDJO, un certain SADOU
DAOUDOU, dont le nom devrait entrer dans le registre sinistre des
criminels de guerre, n’aura pas de mal à convaincre son homologue
français, Pierre GUILLAUMA. Jacques FOCCART, le RAMBO
français des tropiques, est favorable à l’extermination massive des
Bamiléké, que des rapports des services de la SDECE – dont ceux
d’un certain Jean LAMBERTON – présentent comme une
dangereuse menace pour des intérêts français au Cameroun. Sur place
à l’ouest du pays, dans le champ des opérations, se trouve ANDZE
TSOUNGUI, ministre aujourd’hui retraité ».



Mathieu BADILOTIN, Nouvelles de Turquie,
Agence d’Information Européenne sur la Turquie,
18 Février 2005.








« Parmi les officiers du corps expéditionnaire, figure Max
BARDET, pilote d’hélicoptère. Comme beaucoup d’autres, il a pris
une part active aux bombardements. Il a survolé et bombardé, avec
une cruauté qu’il n’a jamais niée, le pays Bamiléké. Voici un
Ok témoignage édifiant qu ‘il a fait en 1988 dans un livre intitulé
Cargo. BARDET sait très bien de quoi il parle. Voici sa déclaration :
« En deux ans, de 1962 à 1964, l’armée régulière a complètement
ravagé le pays Bamiléké. Ils ont massacré de 300 000 à 400 000
personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race.
Sagaies contre armes automatiques, les Bamiléké n’avaient aucune
chance. (…) Les villages avaient été rasés, un peu comme ATTILA ».

Mathieu BADILOTIN, Nouvelles de Turquie, Agence
d’Information Européenne sur la Turquie, 18 février 2005.









« Je n’ai pas de conscience, ma conscience s’appelle Adolf
HITLER ».
GOEBBELS (idéologue du parti nazi).







« Tu ne veux pas être député ? Mais viens me voir et sache qu’il y
a beaucoup d’autres qui attendent ».
KAME Samuel
(Seul Secrétaire permanent à la Défense, poste prévu
par les accords de coopération du 31 Décembre
1958).

CONTEXTE POLITIQUE
Pour nos contemporains aussi bien que pour la postérité, il était
nécessaire de rétablir au Cameroun la vérité sur certains événements
ayant marqué la fin officielle de « la colonisation » et la naissance du
néocolonialisme. A nous s’imposait le devoir de soulever un coin du
voile sur au moins un héros digne de ce nom, un héros méconnu
quand il n’est pas inconnu de vous autres. Evoquer ses faits et gestes,
c’est dévoiler un sens inédit de la mort après celui de la vie. Car, il
était une fois, bien en chair, un homme d’une dimension telle
qu’aucun théoricien du racisme ne l’aurait par exemple taxé d’idiot.
L’entreprise alors nous a conduit à découvrir que « les barbares »
d’un côté, et « la race civilisée » de l’autre, n’étaient pas ceux que le
monde entier croyait. Une fois notre camp (que vous devinez) choisi,
nous avions le devoir de porter certains actes historiques et certaines
positions politiques à la connaissance de la communauté
internationale, afin que les enseignements en fussent tirés par les
générations montantes.
Notre philosophie personnelle, à laquelle nous restons fidèle, se
veut une philosophie de la libération des victimes et de leurs
bourreaux à la fois, dans un monde en proie à l’assujettissement, à la
colonisation et au terrorisme. Elle nous commande, s’agissant du
militantisme politique, de devenir un exemple, tout en orientant (avec
l’aide du Très-Haut) notre cité vers des horizons nouveaux ; là où la
devise est : Amour, Vérité, Justice. Une terre où ces trois valeurs sont
acceptées et respectées par tout le monde n’est-elle pas déjà un
monde de juste Paix ?
Nous avons donc mission de fonder une patrie débarrassée de la
peur et de la corruption, et de créer les conditions de la visite de notre
passé collectif. Il est grand temps de faire le bilan de nos rapports
avec les colonialistes blancs. Il est question de dire publiquement et
ouvertement des choses telles qu’elles se sont passées, de les
reconnaître dans le but d’aboutir publiquement et ouvertement à un
sincère pardon mutuel. Tel est l’esprit dans lequel le présent
document, ainsi que ceux qui suivront, sont rédigés : sans tricher
aucunement, au risque de choquer parfois la conscience humaine.
À la fin des années 1930, fière de sa montée vertigineuse sur les
plans économique, politique et surtout militaire, sûre de ses alliés
(l’Italie de Benito Mussolini et le Japon de l’empereur Hirohito),
l’Allemagne du chancelier et président Adolf Hitler semble n’avoir
qu’un seul désir : tenir les commandes de toute la planète. Joli mobile
de la vengeance du tort fait auparavant au pays et au peuple du
« Führer » par d’autres Européens. L’Allemagne se dépêche
d’endormir l’ancienne Union Soviétique par la signature d’un accord
de dupes, avant de s’emparer pratiquement de toute l’Europe, la
France avec.
En effet, grâce à la tactique dite de la guerre éclair (Blitzkrieg en
allemand), les troupes françaises ont été bombardées et désorganisées
si bien que, dépassées et désemparées, elles ont fui vers…
l’Allemagne ennemie. C’est la victoire en 1942 de la « Wehrmacht »
(nom de l’armée allemande) sur les soldats français. Le maréchal
Philippe Pétain signe l’armistice, plusieurs officiers de l’armée
française se réfugient en Angleterre, seul pays non conquis. Parmi eux
se trouve un général, le grand Charles de Gaulle, qui va prendre la
tête de « la France libre » (zone non occupée par les Allemands) et
rompre avec le gouvernement collaborationniste de Vichy dont
s’accommode Pétain devenu chef de l’État.
Il s’est raconté que monsieur Leclerc, pas Charles Leclerc, encore
moins Félix Leclerc, mais bien Philippe de Hautecloque a porté le
grade de colonel sur les berges du Wouri, juste pour pouvoir donner
un ordre au commandant français déjà en poste au Cameroun, où il
n’a débarqué qu’au lendemain de l’appel du général de Gaulle. Il a
néanmoins créé le tout premier embryon de l’armée de la France
libre, en enrôlant un nombre considérable d’Africains, sur la base de
la promesse solennelle que les pays africains vivant sous la
domination française, recouvreraient leur indépendance sans délai ou
presque. Et des milliers de Camerounais de rêver de liberté, d’égalité
et de fraternité.
A la même époque, le Premier ministre de la Grande-Bretagne, Sir
Winston (Léonard Spencer) Churchill, a engagé des pourparlers avec
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