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Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1

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55 pages

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !


Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.



Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1


Retour sur les débuts rugissants d'une époque pleine de bruit et de fureur qui bouleversa radicalement la face du monde culturel.



LLes Petites Chroniques, c'est aussi :


Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur


Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Drame, People et Progrès


Petites Chroniques #3 : Destins de Femmes — Marilyn Monroe, l'éternelle


Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long


Petites Chroniques #5 : L'Année 80


Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1


Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix


Hors-série #1 : Napoléon Bonaparte — La chute de l'Aigle



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Les Années Folles

Le Renouveau culturel – 1

Éditions Chronique

1920 : Point de départ des années folles

Après la Première Guerre mondiale, la population réapprend l’art de s’amuser conduisant à l’émergence de mouvements artistiques à travers le monde mais également à l’apparition de grandes figures qui révolutionnera le monde de la Culture.

L’Art

Ce n’est pas seulement le monde de la bohême de Montparnasse qui est en deuil, mais bien le monde de l’art : Modigliani est mort. Victime de son existence misérable à laquelle il chercha un dérivatif dans l’alcool (il était tuberculeux), ce grand peintre avait réussi la synthèse des influences de sa jeunesse (Siennois du Trecento, expressionnisme…) avec un certain cubisme ainsi qu’avec l’art africain et océanien. Son style élégant et assuré, délimitant des formes sinueuses, prête un charme mélancolique à ses effigies de femmes et d’enfants, fidèles à une harmonie tonale fondée sur une gamme réduite de couleurs. Ce grand peintre et dessinateur a connu le succès trop tard. Il est décédé jeune, dans une effroyable misère. Sa compagne, Jeanne Hébuterne, qui fut souvent son modèle, s’est suicidée au lendemain des obsèques. Le frère de Modigliani, député de Livourne, leur ville natale, au Parlement italien, avait télégraphié : « Enterrez-le comme un prince. »

La Science

Max Weber, le grand sociologue et homme politique allemand, est mort le 14 juin. Il était né le 21 avril 1864. Parmi ses ouvrages les plus célèbres, on retiendra l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, parue cette année. Le trait dominant de cette œuvre est la critique de la conception matérialiste de l’histoire. Selon Weber, ce ne sont pas seulement les intérêts économiques qui seraient à l’origine du développement historique, mais aussi et surtout des faits à caractère psychologique et même religieux. Cette position générale a conduit Weber à rechercher dans l’histoire des religions les origines du capitalisme. Il fut un observateur critique et éclairé de la politique allemande durant la guerre et plus particulièrement de Guillaume II.

La Danse

Le festival de musique de Paris a consacré cette année la gloire d’une danseuse : Isadora Duncan. Anticonformiste et « bâtie comme la Vénus de Milo », ce qu’elle souligne en se produisant vêtue seulement d’une tunique grecque, elle est apparue en public à Paris et à Berlin dès 1900, est revenue à New York en 1907, puis à Paris où les concerts Colonne ont assuré son succès. Lors d’une tournée dans les deux Amériques pendant la guerre, elle a déchaîné l’enthousiasme en dansant sur la Marseillaise. On sait que son habitude de danser pieds nus a influencé des chorégraphes aussi connus que Michel Fokine.

La Mode

L’année 1920 marque un véritable tournant dans la mode. Une raison majeure explique le phénomène : la femme s’émancipe. La principale caractéristique des tenues, c’est la simplicité, le dépouillement, le refus de la fanfreluche et du superflu. Si le tailleur, en 1920, reste classique, la grande innovation est dans la robe pour danser. La danse fait fureur et tout particulièrement le tango, le charleston et, depuis peu, le fox-trot. Pour pouvoir pratiquer ces danses modernes, on porte deux types de robes. Soit une robe droite, fendue sur le côté avec un corsage souple, un décolleté carré ou en bateau ; la ceinture est basse et on adjoint à cette tenue une écharpe large et très longue. Soit une robe issue de la crinoline de guerre avec jupe évasée, mais le corsage est ajusté et généralement sans manches.

La Littérature

Voici un fort joli poème en prose dû à Henry de Montherlant et intitulé la Relève du matin. Profondément inspiré par son enfance, période de pur été et d’innocence, Montherlant chante ici la gloire du collège et glorifie la noble camaraderie, la guerre, la mort et l’amour-propre. Avec son roman Chéri, Colette nous donne peut-être l’un de ses meilleurs livres. Elle nous conte l’histoire de Léa de Lonval, courtisane d’une cinquantaine d’années, encore belle, et qui est depuis plusieurs années la maîtresse de Frédéric Peloux, fils de l’une de ses amies. L’adorable Fred, dit Chéri, a grandi au milieu des vices et des cajoleries, dans une ambiance de luxe, sans jamais exprimer un grand intérêt pour la vie. Mais Léa sent toute l’amertume de cette passion et comprend que Chéri est son dernier amour. Puis Chéri se marie sur les conseils de sa mère, et Léa se met à voyager. Enfin, tous deux se recherchent. Mais, fatigué, Chéri s’éloigne définitivement de Léa.

Il y a, on s’en doute, plus de gravité dans la Confession de minuit, un roman de Georges Duhamel. Il était connu jusqu’à présent comme poète unanimiste et aussi comme auteur de deux témoignages bouleversants sur la guerre, issus de son expérience de médecin militaire : Vie des martyrs (1917) et surtout Civilisation au titre courageusement antinomique (1918). Duhamel nous intéresse ici au sort d’un petit employé falot dont les aventures médiocres débouchent sur une sorte de fantastique dans la vie quotidienne, des désirs refoulés et absurdes, de l’ambition morale toujours impossible à satisfaire. Un ouvrage plein de compassion, dont la limpidité des analyses transporte le lecteur vers une complexité bien cachée : celle des conduites d’échec et de solitude.

Avec l’écrivain britannique David Herbert Lawrence (Femmes amoureuses) nous ne changeons pas tout à fait de sujet. Il met en scène deux couples, en Angleterre et au Tyrol : Ursule et Gudrun Brangwen, deux sœurs, liées respectivement à Rupert Birkin et Gerald Crich. Soit quatre façons de comprendre l’amour, ou, en dépassant ce terme, de saisir le mystère de la liaison homme-femme dont le secret ultime est l’un des tourments de l’auteur. Liaison intellectuelle, liaison charnelle, liaison totale même. Chaque couple tente son aventure et se trouve emporté, le premier vers la fatalité de la destruction, le second vers un accord provisoire que peut-être la vie ne maintiendra pas.

Sinclair Lewis, dans Main Street, s’attaque de front à la bourgeoisie américaine. Carol, l’héroïne, est une jeune fille vive et charmante qui achève ses études universitaires. La réalité a quelque peu entamé ses illusions. Elle se marie avec Westlake, médecin dans un gros bourg. Carol sent alors qu’elle est entrée dans une prison inexorable. Elle va essayer d’en sortir, mais en vain. Écrivain « engagé », au style lourd mais puissant, Sinclair Lewis éclaire brutalement son héroïne, broyée par une bourgeoisie enfermée dans son puritanisme et ses conventions.

Ouvrages d’acier est l’œuvre d’Ernst Jünger, un jeune auteur allemand, qui, sous ce titre, entend résumer sa propre expérience de la guerre. Un ouvrage surprenant mais également inquiétant, la guerre y étant exaltée comme un moment de force libératrice, qui participe de l’immense mouvement évolutif de l’humanité. Cette apologie est aussi nourrie de considérations esthétiques des plus discutables.

La poésie retrouve ses droits avec un livre, autrement stimulant, signé par deux de ces écrivains que l’on commence à qualifier de « surréalistes », André Breton et Philippe Soupault. Les Champs magnétiques groupe des poèmes d’inspiration encore dadaïste, mêlés à de splendides proses d’allure romantique. Son originalité tient à sa structure et à sa méthode de composition. Les poètes pratiquent ici l’« écriture automatique », ils obéissent à la seule dictée de leur subconscient, sans souci de composition, d’amélioration logique ou esthétique ou de quoi que ce soit qui pourrait ralentir le flux de cette parole intérieure qui, selon eux, est le vrai nom de l’inspiration.

 

Henry Millon de Montherlant.

 

Sidonie Gabrielle C., dite Colette.

Le Cinéma

Une surprise nous vient cette année des États-Unis avec Dr. Jekyll et Mr. Hyde, d’après le roman de Robert Louis Stevenson, réalisé par John Stuart Robertson et superbement interprété par John Barrymore, qui joue le rôle du docteur Jekyll avec une retenue plutôt insolite, comme par exemple lorsqu’il se déplace, plein d’affection, parmi les pauvres enfants qui forment sa clientèle. Il parvient à devenir Mister Hyde avec peu de maquillage, se contentant de déformer ses traits pour exprimer la possession diabolique. Une autre surprise vient de Suède avec Vers le bonheur, du réalisateur Mauritz Stiller. L’épouse d’un entomologiste s’ennuie et hésite entre son mari, un sculpteur et un play-boy de la noblesse. Son mari, pour sa part, choisit sa jolie nièce. Bien que la subtilité et l’humour très fin de Mauritz Stiller aient rendu son immoralisme assez anodin, le public suédois, habitué à la plus austère des traditions, a été profondément choqué par ce film.

1920

La Parisienne change de style

Quatre années de guerre ont contribué à modifier considérablement la silhouette féminine. L’obligation pour la femme de se déplacer souvent à pied, parfois pour travailler, l’a amenée à repenser sa façon d’être. Plus de corset (on respire !), plus de longs cheveux si difficiles à coiffer (on les coupe !), plus de longues jupes qui entravent les jambes et l’allure (on les raccourcit !)… Toutes ces nécessités, dues aux circonstances, ont conduit les couturiers à se plier aux désirs de leur clientèle, et les nouvelles collections le reflètent bien. S’ils font des robes qui dégagent la cheville et libèrent les bras, ils n’ont pas renoncé aux tissus et broderies donnant à cette mode nouvelle un subtil parfum de luxe. Les perles et les paillettes vont recouvrir les tissus légers formant parfois des dessins très stylisés. Une autre grande nouveauté apparaît : le décolleté très bas dans le dos.

1920

Considéré de son vivant comme « le chef de file de l’école du laid », Gustave Courbet, mort en 1877, est réhabilité, après ses éclats durant le Second Empire – il refusa la Légion d’honneur – puis la Commune. Condamné à payer le rétablissement de la colonne Vendôme, Courbet était depuis honni de la presse parisienne. Ici, « la Fileuse endormie ».

1er janvier 1920

Paris

Développement du dadaïsme avec l’arrivée de l’écrivain roumain Tristan Tzara.

4 janvier 1920

Naissance

Robert Lamoureux, comédien français.

5 janvier 1920

Naissance

Friedrich Dürenmatt, écrivain et dramaturge suisse. (†14/12/1990)

New York

Fondation de la Radio Corporation of America (RCA) avec un capital de 20 millions de dollars.

20 janvier 1920

Naissance

Federico Fellini, metteur en scène italien. (†31/10/1993)

24 janvier 1920

Paris – Mort de Modigliani

Atteint de tuberculose depuis son enfance, vivant dans la plus terrible misère, abusant d’alcool comme de drogue (ce qui a contribué à forger son personnage de...

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