Pointe-Saint-Charles

De
À la Pointe, comme on dit couramment, cohabitent d'abord des Irlandais catholiques, des protestants d'origine britannique et des francophones venus des campagnes environnantes, rejoints au début du XXe siècle par des immigrants d'Europe de l'Est.
À l'échelle du quartier et à travers le parcours des Mullins d'Irlande, des Turnbull venus d'Écosse et des Galarneau mariés à L'Assomption, on découvre les lieux de travail issus de l'industrialisation, à commencer par les ateliers ferroviaires près du pont Victoria, de même que les églises, les écoles, les rues commerciales et, surtout, les maisons où l'on habitait, une approche qui permet de conjuguer découvertes patrimoniales et connaissances renouvelées sur les conditions de vie.
Les joies et la confiance en l'avenir y occupaient certainement autant de place que les malheurs et les moments de découragement. Sommes-nous si loin d'eux ?
Diplômé en architecture de l'Université de Montréal et en histoire de l'Université du Québec à Montréal, Gilles Lauzon a travaillé dans les domaines de l'habitation communautaire, de l'histoire sociale et de l'histoire du patrimoine. Devenu un spécialiste du Vieux-Montréal, il a maintenu un intérêt marqué pour les quartiers ouvriers anciens.
Avec la collaboration de la
Société d'histoire de Pointe-Saint-Charles
Publié le : mardi 18 novembre 2014
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EAN13 : 9782896648863
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Gilles Lauzon
-POINTE
-SAINT
CHARLES
L’urbanisation d’un quartier
ouvrier de Montréal,
1840-1930-POINTE
-SAINT
CHARLESGilles Lauzon
-POINTE
-SAINT
CHARLES
L’urbanisation d’un quartier
ouvrier de Montréal,
1840-1930
SEPTENTRIONPour efectuer une recherche libre par mot-clé à l’intérieur de cet ouvrage,
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d’impôt pour l’édition de livres. Nous reconnaissons également l’aide fnancière du gouvernement
du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Avec la collaboration de La Société d’histoire de Pointe-Saint-Charles.
Illustrations de la couverture : Plan d’une partie du secteur de Pointe-Saint-Charles en 1907,
comprenant les ateliers du Grand Tronc. A.R. Pinsonneault, Atlas of the Island and city of
Montreal […], 1907, planche 22. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, collection
numérique de cartes et plans.
Sauf indication contraire, les photographies récentes non datées ont été prises par Gilles Lauzon
en 2010, 2011 ou 2012.
Chargée de projet : Sophie Imbeault
Révision : Fleur Neesham
Maquette de couverture : Olivia Grandperrin
Mise en pages : Pierre-Louis Cauchon
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nationales du Québec, 2014 Distribution du Nouveau Monde
ISBN papier : 978-2-89448-793-8 30, rue Gay-Lussac
ISBN PDF : 978-2-89664-886-3 75005 ParisI N T R O D U C T I O N
n 1856 s’ouvraient à Pointe-Saint-Charles sera question au fl du texte des francophones,
les ateliers de la compagnie du Grand des catholiques irlandais et des protestants. Le
Tronc, l’année même où l’on inaugurait le quartier ouvrier de Pointe-Saint-Charles a donc E premier lien ferroviaire entre Montréal et été un milieu de cohabitation culturelle
imporToronto. Les ateliers de fabrication et de répara - tant et singulier.
tion des locomotives et des wagons, qui consti- Point St. Charles occupe, avec Verdun sa
voituaient l’un des premiers grands complexes sine, une place particulière dans la mémoire
industriels du Canada, se trouvaient à deux pas collective des anglophones de vieille souche, en
du chantier du pont Victoria, la clef de voûte du tant que quartier ouvrier largement anglophone.
réseau que la compagnie mettait en place entre L’attachement de la communauté irlandaise à ce
les Grands Lacs et l’océan Atlantique. Ainsi pre- quartier est d’autant plus grand que des milliers
nait place à Pointe-Saint-Charles le premier pont de ses membres ont connu dans les années 1840,
à franchir le feuve Saint-Laurent. Les ateliers du à Pointe-Saint-Charles même, la misère des
Grand Tronc allaient quant à eux demeurer long - grands baraquements de quarantaine avant
temps la plus grande entreprise industrielle de l’industrialisation du secteur, et de nombreux
Montréal, avec des centaines d’ouvriers à l’œuvre. Irlandais ont aussi travaillé à l’aménagement du
À proximité de ces installations, les abords du canal de Lachine. Pour rappeler le passé ouvrier
canal de Lachine devenaient à la même époque des Canadiens français dans le sud-ouest de
un berceau industriel majeur de Montréal, voire Montréal, on évoque plus généralement le
quardu Québec et du Canada. Le quartier urbain de tier voisin de Saint-Henri, en oubliant toutefois
Pointe-Saint-Charles, né avec le canal industriel que de nombreux catholiques francophones
habiet les installations du Grand Tronc, ne pouvait taient également à Pointe-Saint-Charles. Enfn,
eque devenir un secteur ouvrier d’importance. les premières décennies du xx siècle sont
marAprès quelques décennies de développement, quées par l’arrivée de nombreux immigrants
eà la fn du xix siècle, le quartier de Pointe-Saint- d’Europe de l’Est qui ont remplacé, et c’est là
Charles présentait également la particularité une surprise de notre recherche, une bonne
parunique à Montréal d’être constitué à parts tie de la communauté irlandaise qui essaime alors
presque égales par les trois grandes communau- hors de la Pointe, plus que les protestants et les
tés culturelles de la ville : les catholiques franco- francophones.
phones, les catholiques d’origine irlandaise et les Bien avant de devenir un quartier urbain, « la
protestants d’origine britannique (anglaise, écos- Pointe » a connu des millénaires de présence
améesaise et irlandaise) – pour simplifer les choses, il rindienne sporadique. À compter du xvii siècle, 8 pointe-saint-charles
les Français y ont créé de grandes propriétés agri- Adopter le point de vue de ceux qui ont vécu
coles qui ont occupé les lieux pendant deux siècles, au jour le jour l’urbanisation de l’intérieur ne
non loin de Montréal. C’était la Pointe-Saint- peut qu’apporter un éclairage diférent. Le quar -
eCharles rurale. Du milieu du xix siècle jusqu’à la tier de Pointe-Saint-Charles peut réapparaître
fn des années 1920, le quartier industriel a pro - ainsi comme le milieu de vie qu’il a été pour ces
gressivement été mis en place. Ensuite, soit de ménages, avec ses bons et ses mauvais côtés. Ni
1929 à aujourd’hui, il a subi de graves crises et paradis ni enfer. Cette approche se refète dans
connu d’importantes mutations, dont la désin- l’ensemble de ce livre illustré, mais plus
particudustrialisation, c’est-à-dire la fermeture des usines, lièrement dans les troisième et cinquième
chane fut pas la moindre. La capacité d’organisation pitres, consacrés à trois familles qui ont
réellecommunautaire des gens de Pointe-Saint-Charles ment vécu à Pointe-Saint-Charles. Nous suivrons
a fait de ce troisième temps une période remar- les ménages de David Turnbull et Jane Neilson,
quable de résilience communautaire. Les deux presbytériens d’origine écossaise, de Patrick
siècles de la Pointe agricole constituent en eux- Mullins et Catherine Tolan, catholiques d’origine
mêmes un sujet d’intérêt, tout comme la résilience irlandaise, d’Onésime Galarneau et Estelle
communautaire des quelque 80 dernières années. Raymond, catholiques francophones mariés près
Le présent ouvrage porte quant à lui sur la période de Montréal, de même que les enfants mariés de
médiane, celle de l’urbanisation ouvrière. ces trois couples. Dans les trois cas, le père de
Pourquoi « ouvrière » ? D’abord parce que ce famille de première génération a longtemps
traquartier a été construit et habité en grande majo- vaillé pour la compagnie ferroviaire du Grand
rité par des familles ouvrières. Ensuite parce que Tronc, ces ménages ouvriers proftant ainsi d’une
nous avons voulu aborder cette histoire complexe stabilité qui n’était pas donnée à tous. Les
et fascinante en adoptant le point de vue de ceux Mullins, les Turnbull et les Galarneau ne sont
qui l’ont vécue au jour le jour, dans la mesure du donc pas représentatifs de tous les ménages
possible. Au cours des dernières décennies, les ouvriers de leur temps. Ils ne sont pas
exceptionchercheurs se sont généralement penchés sur le nels pour autant. Leurs drames et leurs moments
passé des quartiers ouvriers sous l’angle de de joie ressemblent certainement à ce qu’ont vécu
l ’histoire sociale ou par le biais du patrimoine des centaines d’autres ménages de
Pointe-Saintbâti, deux approches très diférentes. Pour les Charles. En les suivant, nous découvrirons leurs
premiers, il importait souvent de faire ressortir lieux de travail et d’habitation, ainsi que les
les aspects les plus lourds de la vie ouvrière églises, les écoles et les rues commerciales qu’ils
montréalaise d’autrefois, au point où le quotidien ont fréquentées.
dans ces quartiers semble avoir été essentielle- Les installations industrielles du Grand Tronc
ment sombre et profondément pénible. Sans occupent une place centrale dans l’ensemble du
remettre en cause l’existence de telles situations, livre comme dans la vie de ces trois familles, bien
les spécialistes du patrimoine cherchaient pour que tous les secteurs industriels soient abordés.
leur part à souligner l’intérêt fonctionnel, voire Cette importance accordée aux installations
feresthétique, des formes et des objets-témoins du roviaires tient à l’histoire du quartier mais aussi
passé, et ce, jusqu’aux fns détails architecturaux. à l’historique de cette publication qui remonte
En somme, une histoire tragique dans un décor au début des années 1990. La compagnie
ferrointéressant. viaire du Canadien National (CN) appuyait alors introduction 9
dans chaque province canadienne la préparation pouvoir couvrir. Un groupe-échantillon de près
d’un ouvrage devant couvrir un aspect de l’his- de 300 ménages du recensement de 1921 a
toire du CN – ou du Grand Tronc l’ayant pr-é notamment pu être constitué, ce qui a permis de
cédé. Au Québec, à l’instigation de l’historien porter un nouveau regard sur certaines questions
Brian Young, l’histoire de Pointe-Saint-Charles et de faire des comparaisons avec les conditions
et de ses ateliers ferroviaires était proposée par de vie observées en 1891. Or, de profonds
chanGilles Lauzon et Jane Greenlaw, et le sujet était gements ont eu lieu, chez les francophones en
retenu par le CN. Le projet pancanadien ayant particulier, en matière de logement surtout. En
ensuite été abandonné, le manuscrit est demeuré somme, la préparation de cet ouvrage a été
l’oclongtemps en attente. casion d’une recherche scientifque originale.
La Société d’histoire de Pointe-Saint-Charles Nous remercions Denis Tremblay qui a contribué
a pris le relais du CN au cours des années 2000 à ce travail de recherche et d’analyse, en plus
en parrainant la mise à jour du manuscrit en vue d’avoir généreusement apporté son aide de
de sa publication. Nous tenons à souligner tout diverses façons dans l’élaboration du manuscrit.
spécialement la contribution et le soutien des La publication en 2012 d’un ouvrage
imporeregrettées Gisèle Turgeon et Irène Dionne. Une tant sur la population de Montréal au xix siècle
brochure de visite autoguidée du quartier a aussi a aussi joué un rôle marquant dans cette seconde
permis de découvrir le patrimoine de la Pointe phase de recherche. Le livre de Sherry Olson et
1avec la première génération des trois familles, Patricia Tornton constitue la synthèse d’un
une réalisation rendue possible par la contribu- long et vaste processus de recherche ayant donné
tion fnancière de la Ville de Montréal et du lieu à la publication de nombreux articles. Leur
ministère de la Culture, des Communications et démarche accorde une grande place aux
compade la Condition féminine dans le cadre de l’En- raisons entre les mêmes trois grands groupes
tente sur le développement culturel du Québec culturels retenus au début des années 1890 pour
(2008-2011). choisir nos trois familles. À bien des égards, les
Lors du lancement de la brochure, en 2013, conclusions des chercheures, à la fois éclairantes
était présente Hélène Galarneau, une descen- et stimulantes, nous ont aidé à mieux
comedante directe des Galarneau arrivés au xix siècle. prendre ce que nous observions. Elles nous ont
Elle nous a mis en contact avec sa sœur Dianne aussi amené dans certains cas à approfondir des
Galarneau-Denis qui a dressé l’arbre généalo- questions et même, pensons-nous, à clarifer ou
gique de la famille. Elle en conserve aussi les rectifer certaines choses grâce au fait que nous
souvenirs. De cette rencontre est née une colla- abordions un seul quartier et que nous ajoutions
boration qui a relancé la recherche sur la famille au portrait historique les premières décennies du
eGalarneau, tout en nous incitant à poursuivre le xx siècle. Or beaucoup de choses changent au
travail sur les Mullins et les Turnbull. Ce faisant, tournant du siècle.
les listes nominatives de recensement ont été D’autres recherches et publications antérieures
mises à proft de façon plus poussée qu’aupara - ont été mises à contribution, portant sur les
vant, et ce, jusqu’au recensement de 1921 rendu quartiers ouvriers de Montréal, à commencer par
disponible en 2013. L’occasion était trop belle ;
des analyses statistiques ont été menées qui nous 1. Sherry Olson et Patricia Tornton, Peopling the
ont amenés au-delà de ce que nous croyions North American City : Montreal 1840-1900, 1992.10 pointe-saint-charles
la Pointe elle-même, sur les conditions de vie en logements. La mise en lumière des standards du
général dans les quartiers montréalais (Sainte- milieu en cette matière permettra de situer les
Anne et Sainte-Marie en particulier), incluant la ménages les uns par rapport aux autres, à l’échelle
mortalité infantile et la consommation du lait, du quartier, mais aussi à l’intérieur de chaque
sur l’habitat et les principaux types de maisons, communauté culturelle, celles-ci étant loin d’être
sur les équipements urbains (l’eau courante et les homogènes.
égouts en particulier), les implantations manu- Ce portrait nouveau d’un quartier ouvrier
facturières, sur les paroisses, les églises et les nous a même amenés à revisiter la lourde et
réseaux scolaires, travaux sans lesquels cette étude difcile question de la mortalité infantile, ce que
ne serait pas ce qu’elle est. On trouvera notam- nous avons cherché à faire dans l’esprit du livre
ment au fl du texte et dans la bibliographie des tout en mettant à proft les données et les ana -
renvois aux travaux de Joanne Burgess, Luc lyses les plus à jour, puisées notamment dans les
Carey, Terry Copp, Lucia Ferretti, Dany ouvrages de Denyse Baillargeon et dans celui de
Fougères, France Gagnon, Jason Gilliland, Sherry Olson et Patricia Tornton. Des données
2Robert Gagnon, Peter Gossage, David Hanna, anciennes, colligées en 1896 par Herbert Ames
Réjean Legault, Robert Lewis, Paul-André ont également été mises à profit, dans une
Linteau, Roderick Macleod, Mary Ann Poutanen, approche renouvelée.
Jean-Claude Robert, André Sévigny, Martin Peut-être pouvons-nous risquer d’avancer que
Tétreault, Rosalyn Trigger et Brian Young, en si la présente publication sur
Pointe-Saintréservant pour la fn de cette énumération les Charles apporte un éclairage nouveau sur diverses
contributions de Denyse Baillargeon et de questions, elle le doit à la conjugaison inédite de
Bettina Bradbury à qui nous devons beaucoup. l’histoire urbaine, sociale, architecturale et
patriIl faut ajouter les publications sur Saint-Henri moniale avec de grandes sagas familiales
permetpar l’auteur du présent ouvrage ainsi que les tant d’entrer dans l’intimité du quartier, et ce,
travaux déjà difusés par la Société d’histoire de sans masquer la misère ni chercher à la voir où
Pointe-Saint-Charles. elle n’est pas. Dans une telle approche, les
illusL’historien Robert Sweeny, professeur à Saint- trations prennent autant d’importance que le
Jean de Terre-Neuve et codirecteur à Montréal texte. Le portrait historique et patrimonial qui
d’un groupe de recherche sur l’histoire de la ville en résulte se trouve constitué à la fois d’ombre
et des Montréalais, a mis à notre disposition des et de lumière, de constats troublants et de
pardonnées déjà colligées et numérisées sur la pro- cours individuels et collectifs enthousiasmants.
priété à Pointe-Saint-Charles en 1903 tout en Avant de plonger dans l’histoire du quartier, il
nous donnant accès à ses conclusions prélimi- convient de préciser certaines choses quant à son
naires sur cette question, à l’échelle de Montréal. territoire et à son appellation. Situé au sud-ouest
Cet apport a permis d’enrichir encore la vision du centre-ville actuel, du Vieux-Montréal et de
historique d’ensemble. Nous l’en remercions Grifntown, il est délimité par le canal de Lachine
chaleureusement. et, à l’opposé, par la berge du feuve Saint-Laurent
Il sera beaucoup question dans ce livre de longée par l’autoroute Bonaventure, cette dernière
revenus et de stratégies économiques des ménages, complétant aujourd’hui son encadrement à l’est,
ainsi que des conditions d’habitation, notamment
2. Herbert Ames, Te City below the Hill, [1897].grâce à l’analyse des modes d’occupation des introduction 11
alors qu’à l’ouest se trouvent une voie ferrée suré- Lemoyne-Primot, de quelque 90 arpents,
forlevée et une autre autoroute (15). Pointe-Saint- mait une demi-lune en bordure du feuve, là où
Charles est aujourd’hui un quartier identifié serait plus tard aménagée l’entrée du pont
comme tel dans l’arrondissement Le Sud-Ouest Victoria. Au cours des décennies suivant la
de Montréal, ce qui constitue une reconnaissance concession de la terre, l’appellation
Pointe-Saintde sa réalité géographique et historique. Charles attribuée à cette propriété était adoptée
Paradoxalement, il n’y a jamais eu de quartier dans l’usage courant pour désigner également
administratif montréalais portant l’appellation de les terres voisines, jusqu’à inclure le domaine
Pointe-Saint-Charles. Pendant les années 1870 et Saint-Gabriel des sulpiciens, lui-même traversé
1880, la municipalité de banlieue de Saint- ensuite par le canal de Lachine. Ce dernier est
Gabriel recouvrait une partie de son territoire devenu une nouvelle limite naturelle, avec le
tandis que les premières zones urbanisées de « la feuve Saint-Laurent au sud et à l’est, et la rivière
Pointe » faisaient partie du quartier montréalais Saint-Pierre au sud-ouest – le cours de cette
de Sainte-Anne (des plans sont présentés et expli- rivière se trouvait approximativement là où passe
qués dans le corps du texte ; fg. 1, 5, 42 et 43). maintenant l’autoroute reliant l’échangeur
Cette division en deux zones administratives est Turcot au pont Champlain. Il faut souligner
demeurée en usage après que la municipalité de également que, pour les anciens du quartier, il
Saint-Gabriel eut été annexée et qu’elle fut deve- y a toujours eu deux quartiers en un, de chaque
nue un quartier de Montréal. Bref, pendant toute côté de la « track », la voie surélevée du CN
la période d’urbanisation couverte par le présent traversant la Pointe de part en part avec
seuleouvrage, le territoire de Pointe-Saint-Charles ment quatre lieux de passages. L’un de ces côtés
n’avait pas d’existence administrative. Il était a longtemps été plus anglophone et protestant
pourtant bien réel et « la Pointe » possédait d’évi- que l’autre.
dentes limites quasi naturelles. L’usage populaire a voulu, et veut encore, que
L ’appellation « Pointe-Saint-Charles » apparaît l’on élude l’article « la » devant l’appellation du
dans le texte de l’une des premières concessions quartier, tout en l’utilisant dans son diminutif.
de terre. Le 23 juillet 1654 étaient concédées à On habite « à Pointe-Saint-Charles » ou « à la
Charles Lemoyne et Catherine Primot « les terres Pointe », et non « à la Pointe-Saint-Charles ».
appelées la Pointe-Saint-Charles proche la Nous respectons cet usage populaire et nous
Grande Anse […] situées entre la Grande Rivière utiliserons souvent le diminutif « la Pointe » si
[le feuve Saint-Laurent] et une concession […] cher aux gens du quartier. Enfn, nous suivrons
appartenant [depuis 1651] à Jean de Saint- l’usage nord-américain, et montréalais par
consé3Père ». Cette propriété concédée au couple quent, pour le décompte et l’identifcation des
étages des bâtiments, le rez-de-chaussée étant
3. « Les Quartiers municipaux de Montréal depuis considéré comme un étage. Il sera beaucoup
1832 », Archives de la Ville de Montréal, 1973 ; « Histoire question de maisons de deux ou trois étages dans
du quartier de la pointe Saint-Charles », vol. 1, 7. Pour plus cet ouvrage.
de détail, le site Web Les Premiers Montréalais, créé par
Yvon Sicotte (consulté en 2012), ofre un relevé analytique
Gilles Lauzon et Jane Greenlaw , chercheursdétaillé de l’origine de toutes les terres de
Pointe-SaintNathacha Alexandroff et Richard Labrosse , Charles :
http://lespremiersmontrealais.com/intro-base-dedonnees/analyses-et-commentaires/. Société d’histoire de Pointe-Saint-CharlesCHAPITRE 1
LES ANNÉES 1840:
GRANDES FERMES,
GRANDS PROJETS,
GRANDES MISÈRES’histoire ouvrière de Pointe-Saint-Charles Saint-Gabriel, un domaine seigneurial établi dès
ecommence dans les années 1840. Le canal le xvii siècle et appartenant aux sulpiciens,
2de Lachine, inauguré en 1825, ne répond seigneurs de Montréal . Les bâtiments de ferme L à ses débuts qu’à des objectifs de transport – aujourd’hui disparus – se trouvent alors à
commercial – et potentiellement militaire – entre proximité du canal et de la première écluse
le port fuvial de Montréal, encore embryonnaire, Saint-Gabriel. À compter des années 1820, les
et le Haut-Canada (future province d’Ontario). employés de la ferme doivent franchir un pont
La construction dans le port des premiers quais pour circuler d’un côté à l’autre du canal. Une
de pierre et l’ouverture de la douane à Montréal, autre voie d’eau, plus étroite et beaucoup plus
au cours des années 1830, contribuent forcément ancienne parcourt également le domaine de part
à l’augmentation du trafc sur le canal, sans pour en part, en passant même sous le canal encore
autant en changer la fonction commerciale. Le peu profond en 1840. Il s’agit sans doute d’un
ecanal constitue néanmoins une nouvelle barrière ancien ruisseau, canalisé dès le xvii siècle par
qui, avec le feuve Saint-Laurent et la rivière les sulpiciens, et relié à la rivière Saint-Pierre au
3Saint-Pierre au sud-ouest, va délimiter le secteur sud-ouest . On prévoyait à l’origine rejoindre
industriel et ouvrier de Pointe-Saint-Charles ainsi le lac Saint-Louis en évitant les rapides de
(fg. 1). Lachine, mais la section proche du lac
SaintCouvert de champs en culture et de pâturages, Louis n’a jamais pu être complétée avant
l’ouverce secteur fait encore partie en 1840 de la cam- ture du canal de Lachine en 1825. Le ruisseau
pagne montréalaise tandis que le quartier canalisé a néanmoins servi à détourner une partie
Grifntown – ou faubourg Sainte-Anne – se des eaux de la rivière Saint-Pierre vers la Petite
4développe de l’autre côté du canal. rivière, au nord-est , dont le courant actionnait
un important moulin seigneurial avant de se jeter
dans le feuve à la pointe à Callière.
La Pointe champêtre
En 1840, quatre institutions religieuses montréa- 2. On peut voir à ce sujet Les cahiers de la Société
laises possèdent à Pointe-Saint-Charles de d’histoire de Pointe-Saint-Charles, vol. 1 : « Autour de la
ferme Saint-Gabriel des sulpiciens de Montréal », Montréal, grandes propriétés agricoles, de formes
irréguSociété d’histoire de Pointe-Saint-Charles, 2009, 29 p.lières, imbriquées les unes dans les autres. Le
3. Les cahiers de la Société d’histoire de Pointe-Saint-1chemin de la Rivière-Saint-Pierre (actuelle rue
Charles, volume 2 : « Rivière Saint-Pierre », Montréal,
Wellington) qui relie Montréal à Lachine,
traSociété d’histoire de Pointe-Saint-Charles, 2010, 40 p.
verse le secteur de part en part. D’un côté du 4. On dit aussi la Petite rivière Saint-Pierre. Le vieux
chemin, au nord-ouest, se trouve la ferme canal-ruisseau allait rester longtemps perceptible au
exix siècle dans le quartier de Pointe-Saint-Charles en cours
1. Ou Lower Lachine Road pour les anglophones. d’urbanisation.c h a p i t r e 1 • Les années 1840 : grandes fermes, grands projets, grandes misères 15
1. Plan-croquis de Pointe-Saint-Charles vers 1840, Gilles Lauzon, 1991. Reconstitué à partir de plusieurs plans et
cartes d’époque.
Entre le chemin et le feuve s’étendent les religieuses de la congrégation de Notre-Dame,
champs appartenant à trois communautés, les vouée à l’enseignement. Les bâtiments (disparus)
Sœurs de la charité de Montréal (Sœurs grises), des Sœurs grises et des hospitalières se trouvent
vouées à l’aide aux démunis, les Hospitalières de en 1840 à l’ex trémité nord-est du secteur, près du
Saint-Joseph, responsables de l’Hôtel-Dieu, et les feuve et de l’entrée du canal. La ferme de la 16 pointe-saint-charles
e2. La maison et les bâtiments de l’ancienne ferme de Pointe-Saint-Charles, photographiés au début du x x  siècle. Carte
postale datée de 1907. Collection de Christian Paquin.
pointe Sainte-Charles, qui appartient aux reli- par la congrégation en un musée d’histoire, sous
gieuses de la congrégation de Notre-Dame, est le nom de Maison Saint-Gabriel – une
appellaesituée en bordure du feuve également, mais plus tion empruntée au xx siècle à l’ancienne ferme
6au sud que les deux autres. Ses bâtiments sont des sulpiciens (fg. 2 et 3).
groupés un peu à l’écart du grand chemin, à En plus des grandes propriétés
institutionproximité de la berge. De là, on peut se rendre nelles et de la terre Knox, située entre celle de la
en barque à l’île Saint-Paul (l’île des Sœurs) qui congrégation et la rivière Saint-Pierre, on trouve
appartient également à la congrégation fondée en 1840 l’ancienne commune Saint-Pierre
constipar Marguerite Bourgeoys. Elle avait vu à la mise tuée de basses terres situées près des bâtiments
en place de cette ferme de la Pointe-Saint-Charles de la ferme de la congrégation de Notre-Dame.
e 5dès le xvii siècle . La maison, déjà vieille de Ce pâturage commun, réservé à l’usage collectif
quelque 150 ans en 1840, est encore en place
6. Au sujet de la maison : E. Chicoine, op. cit., p. 11, aujourd’hui après plus de trois siècles, transformée
87-110, 121-142. La congrégation de Notre-Dame est
5. Emilia Chicoine, La Métairie de Marguerite toujours propriétaire d’une partie du site d’origine, de la
Bourgeoys à la Pointe-Saint-Charles, Montréal, Fides, 1986, maison et d’autres bâtiments. Une jetée et des remblais
359 p. Dès 1662, une terre était concédée à cet endroit à ajoutés au fl du temps ont fait en sorte que la maison se
Marguerite Bourgeoys, la propriété étant ensuite agrandie trouve aujourd’hui à une bonne distance du feuve alors
par d’autres acquisitions. qu’elle était près de la rive à l’origine.c h a p i t r e 1 • Les années 1840 : grandes fermes, grands projets, grandes misères 17
3. Maison Saint-Gabriel, transformée en musée, autrefois maison de la ferme de la Pointe-Saint-Charles. Le corps de
bâtiment principal a été construit en 1698 après qu’une première maison acquise en 1668 eut été incendiée. De cette
première maison, il resterait le petit corps de bâtiment de gauche ; l’adjonction à droite date de 1826.
des propriétaires des terres avoisinantes, sera des Moulins et Grifntown, ainsi que le cœur de
ensuite divisé entre eux, chacun obtenant la Montréal dominé par les deux hautes tours
pleine propriété d’une partie de cette zone de récemment construites de l’église Notre-Dame.
pâturage. Au nord-est se trouve enfn la pointe L’établissement temporaire représenté par dessin
7des Moulins , qui forme en 1840 une étroite possède des racines plus anciennes que celles des
bande de terre entre le feuve et le canal. Elle sera fermes institutionnelles du secteur. Lors du
toujours distincte de Pointe-Saint-Charles. recensement de 1842 huit familles amérindiennes
Un dessin réalisé vers 1842 nous permet d’ob- sont inscrites dans ce secteur, comprenant 14
8server un campement indien en bordure du adultes mariés et 17 jeunes , qui pourraient fort
feuve, probablement en contrebas de la ferme bien habiter ce camp. Pêchent-ils encore dans le
des sœurs grises. On voit en arrière-plan la pointe feuve à cet endroit ? Y sont-ils plutôt pour faire
des échanges en ville ? Ou ces deux activités à la
7. Ou Windmill Point en anglais. À l’origine, l’appel- fois ? Quoi qu’il en soit, il s’agit de la fn d’une
lation « pointe des Moulins » provenait de la présence de
très longue tradition. Cette image nous rappelle
moulins à vent. Il y a eu ensuite des moulins hydrauliques
en efet que l’usage humain des lieux remonte à industriels dont les turbines étaient alimentées par l’eau du
canal. De grands silos à grains désafectés occupent les lieux
eau début du xxi siècle. 8. Liste nominative du recensement de 1842.18 pointe-saint-charles
4. Campement indien à la pointe Saint-Charles, vers 1842. Probablement dessiné par Thomas Lyde Hornbrook ;
anciennement attribué à James Duncan. Bibliothèque et Archives du Canada, 1934-409-1.
bien avant l’arrivée des Français, alors que les un programme pour améliorer le système de
Iroquoiens et les Algonquiens sillonnaient la transport par eau, ce qui comprend l’ouverture
vallée du Saint-Laurent, comme d’autres avant de nouveaux canaux à l’ouest de Montréal et le
eux. Les Amérindiens ont certainement établi au réaménagement de ceux déjà en service.
fl des siècles de nombreux campements à Pointe- L’élargissement et le réaménagement du canal de
Saint-Charles, bien avant que soit créée cette Lachine demandent de grands travaux qui durent
9 11appellation française . de 1843 à 1848 (fg. 5).
De nombreux immigrants arrivent d’Irlande à
Montréal au cours de cette décennie, dont
pluEn arrivant d’Irlande : sieurs s’installent à Grifntown, majoritairement
travaux et baraquements anglophone, un quartier qui était largement
protestant avant cette vague catholique
irlan12Après la création du Canada-Uni – le Bas-Canada daise . Le réaménagement du canal requérant
et le Haut-Canada réunis en une seule colonie
10– au début des années 1840 , on met au point fait suite à l’écrasement des Rébellions de 1837-1838 et au
rapport de lord Durham.
9. Atlas historique au Canada, des origines à 1800, Montréal, 11. André Sévigny, L’urbanisation dans le corridor du
eLes Presses de l’Université de Montréal, 1967, planche 33. canal de Lachine dans la deuxième moitié du xix siècle, p. 77.
10. Une loi votée à cet efet en 1840 entre en vigueur 12. On associe généralement le développement initial
en 1841. On se souvient que la création du Canada-Uni du faubourg Sainte-Anne, ou Grifntown, à l’arrivée des c h a p i t r e 1 • Les années 1840 : grandes fermes, grands projets, grandes misères 19
5. Plan-croquis de Pointe-Saint-Charles vers 1850, Gilles Lauzon, 1991. Reconstitué à partir de plusieurs cartes et
plans d’époque.
une large main-d’œuvre, ces nouveaux immi-Irlandais catholiques. Pourtant, en 1825, soit l’année de
grants y sont engagés massivement. Au plus fort l’inauguration du canal de Lachine, le recensement réalisé
sous la direction de Jacques Viger, qui donnait des infor- des travaux, on emploie 1 600 hommes, de
mations sur le pays d’origine et la religion des personnes Montréal à Lachine. On construit vers
1843recensées, révélait que dans le faubourg Sainte-Anne les 1844 des baraquements à Pointe-Saint-Charles
protestants formaient environ 60 % de la population. IIs
pour loger une partie des ouvriers, probablement
étaient nés au Canada, en Angleterre, en Écosse, aux
États13des célibataires . Ces bâtiments (disparus peu Unis et en Irlande. Les Irlandais catholiques formaient pour
après) se trouvent au sud de l’entrée du canal, leur part environ le quart de la population du quartier et
les « Canadiens », francophones et catholiques, 14 %. près de Grifntown et de la pointe des Moulins.
Jacques Viger, Dénombrement du comté de Montréal fait en
1825 […] ; on peut notamment consulter une copie aux probablement de façon accélérée dans ce quartier au cours
Archives de la Ville de Montréal ; pour une version publiée, des années 1840 avec l’arrivée massive des Irlandais
cathovoir Claude Perrault, Montréal en 1825, Groupe d’études liques fuyant la famine.
Gen-Histo, 1977. Le profil ethno-culturel changeait 13. A. Sévigny, op. cit., p. 77.20 pointe-saint-charles
Ce sont en quelque sorte les premiers logements quarantaine sur la terre des sœurs grises, près du
ouvriers de Pointe-Saint-Charles. Les baraque- feuve (voir fg. 5 et fg. 6).
17ments voisinent un bâtiment destiné à la fabri- Des milliers de personnes y meurent ; on
cation de cordages (également disparu), dont on aménage un cimetière à côté des baraquements.
sait peu de chose. Construit avant ou pendant Les sœurs grises participent activement avec
l’élargissement du canal, ce bâtiment serait quant l’aide d’autres communautés au soutien des
à lui le premier atelier de production du secteur. malades, des mourants, des orphelins survivants.
Les conditions de travail sur le chantier du Survient en plus une inondation qui envahit
canal sont dures et les salaires très bas, surtout l’ensemble des bâtiments en hiver 1848. L’eau
18pour les journaliers. Les entrepreneurs qui monte jusqu’aux lits ; il faut évacuer .
reçoivent les contrats pour les canaux de Lachine Heureusement, l’épidémie de typhus régresse
et de Beauharnois emploient tous des travailleurs ensuite. Les baraquements sont réutilisés en 1849
irlandais et les exploitent de façon éhontée, de pendant une épidémie de choléra qui frappe
14l’avis même de nombreux témoins de l’époque . Montréal. Par la suite, les bâtiments restent vides
19Les tensions montent au printemps 1843 alors pendant plusieurs années .
que les ouvriers les plus revendicateurs se rebellent
contre les conditions qui leur sont imposées. La
grève de 1843 se termine cependant dans une Les conditions du boom
répression sanglante près de Beauharnois. industriel et urbain
Alors que ces travaux se poursuivent, en
Irlande une grave maladie ravage les plantations Les années 1840 marquent les débuts de l’histoire
de pommes de terre qui y constituent la base du ouvrière de Pointe-Saint-Charles, mais il s’agit
régime alimentaire. S’ensuit une famine qui d’installations temporaires, tandis que Grifntown
entraîne une recrudescence de l’émigration. On accueille les immigrants à long terme. Même la
fait état de 90 000 Irlandais arrivés au Canada au manufacture de cordage est démolie peu après
15cours de la seule année 1847 . Beaucoup de ces son utilisation pour les soins aux malades. Les
immigrants sont déjà afaiblis à leur départ et les conditions sont néanmoins mises en place au
conditions de traversée sont telles que le typhus cours de ces années pour le développement
indusse déclare sur plusieurs navires. triel et urbain qu’on connaîtra pendant les
décenLes baraquements construits vers 1843 pour nies suivantes. Au nord-est de
Pointe-Saintles ouvriers du canal sont utilisés pour les malades Charles, à la pointe des Moulins, l’aménagement
et la corderie voisine est bientôt transformée à du canal est réalisé de façon à utiliser les surplus
16son tour en hôpital . Mais cela ne suft pas.
17. Le texte du monument commémoratif érigé en
Pour répondre aux besoins, les pouvoirs publics
1859, le Black Rock, fait état de 6 000 morts à cet endroit
construisent d’immenses baraquements de en 1847-1848 ; un relevé des épidémies et des pointes de
mortalité, réalisé par Jean-Claude Robert, indique
14. Raymond Boily, Les Irlandais et le canal de Lachine : 3 860 personnes mortes du typhus à Montréal en 1847
la grève de 1843, passim. (J.C. Robert, Montréal, 1821-1871, p. 214).
15. Lacoursière et al., Canada-Québec, synthèse histo- 18. Sœur E. Mitchell, Mère Jane Slocombe, neuvième
rique. Montréal, Éditions du Renouveau pédagogique, supérieure générale des Sœurs Grises de Montréal, 1819-1872,
1970, p. 365. Montréal, Fides, 1964, p. 87-96, 105.
16. A. Sévigny, op. cit., p. 84. 19. Ibid., p. 105 : A. Sévigny, op. cit., p. 85.T A B L E D E S M A T I È R E S
INTRODUCTION 7 Les Mullins chez eux 117
Les Galarneau chez eux 124
CHAPITRE 1Les Mullins et les Galarneau dans
Les années 1840: grandes fermes, leurs paroisses 135
grands projets, grandes misères 13 Les Turnbull chez eux 136
La Pointe champêtre 14
En arrivant d’Irlande : travaux et CHAPITRE 4
baraquements 18 Le quartier à maturité, 1900-1930 143
Les conditions du boom industriel et urbain 20 Du Grand Tronc au CN 145
Les autres industries 155
CHAPITRE 2Le développement urbain jusqu’à
La formation d’un quartier maturité 161
ouvrier, 1850-1900 25 Nouvelles maisons – vieilles maisons 175
Le Grand Tronc à Pointe-Saint-Charles 28 La chute de la mortalité infantile 180
Le canal et les emplois industriels 42 Les ménages, leurs revenus et leurs
L’espace urbain et les groupes culturels 53 logements en 1921 184
La propriété 73
L’eau courante et les égouts 76 CHAPITRE 5
Les maisons 80 Les trois familles de 1900 à 1930
Le logement et les modes standard La deuxième génération 199
d’occupation 95 Les Turnbull 200
La mortalité103 Les Mullins 206
Les Galarneau 213
CHAPITRE 3
Trois familles de 1850 à 1900 Épilogue et conclusion 231
La première génération 111
Des arrivants qui s’installent112 Bibliographie 239cet ouvrage est composé en adobe garamond pro corps 11.5
selon une maquette de pierre-louis cauchon
et achevé d’imprimer en novembre 2014
sur les presses de l’imprimerie marquis
à montmagny
pour le compte de gilles herman
éditeur à l’enseigne du septentrion

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