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Qu'a-t-on appris sur la répartition du revenu en macroéconomie depuis les années de haute théorie ?

234 pages
Au sommaire de ce numéro : Bowley's law : The diffusion of an empirical supposition into economic theory / From Austrian economics to the Swedish welfare state : Wicksellian views on money and income distribution / Income distribution and the trade cycle in the "years of high theory" / Kaldor et la théorie keynésienne de la répartition / Education, growth and distribution : Classical-Marxian economic thought and a simple model / Public expenditure composition and growth : a neo-Kaleckian analysis.
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C A H I E R S
D’ÉCONOMIE POLITIQUE
PAPERS
IN POLITICAL ECONOMY
Histoire de la pensée et théories 61History of Thought and Theories
Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en
macroéconomie depuis les années de haute théorie ?
What have we learned about income distribution in
macroeconomics since the Years of High Theory?
2011
Publié avec le soutien du CNRS, de l’université de Paris Ouest
et de l’Institut d’études politiques de Lille





































© L'HARMATTAN, 2011
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55691-1
EAN : 9782296556911 mp CEP-59_Mise en page 1 16/11/11 15:39 Page2
Rédaction • Editorial Board Depuis 1974, les Cahiers d’économie politique sont un lieu privilégié pour les
discussions théoriques qui prennent en compte toute la dimension historique de la
Rédacteur en chef • Managing editor discipline économique. Considérant que l’étude des auteurs passés et les débats
actuels en analyse économique peuvent mutuellement s’enrichir, ils publient desClaire Pignol
articles qui relèvent de l’histoire de la pensée économique, de la philosophie
Rédacteurs adjoints • Assitant editors
économique, ou qui se situent à l’intersection de l’histoire de la pensée et de la théorie
Michaël Assous économique contemporaine ou de l’histoire économique.
Fabrice Tricou Les Cahiers d’économie politique publient deux numéros par an, généralement en juin
et décembre. Un de ces deux numéros est thématique. Les numéros thématiquesSécrétaire de rédaction • Editorial secretary
publient des sélections d’articles proposés dans le cadre de colloques ou de journéesJulien Mendez
d’étude. Ces manifestations sont organisées par la revue ou par des institutions
Comité de rédaction • Editorial Board universitaires sur le principe d’un appel à communication. Pour envisager qu’un
Andrés ALVAREZ (Universidad de los Andès) colloque soit publié dans la revue, il est nécessaire que le responsable prenne contact
Michaël ASSOUS (Université Paris I) dès l’organisation de la manifestation avec le comité de rédaction des Cahiers.
Richard ARENA (Université de Nice)
Carlo BENETTI (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
Since 1974, Papers in Political Economy have published and participated to the mainNathalie BERTA (Université de Reims)
theoretical discussions by paying a particular attention to the historical aspects ofArnaud BERTHOUD (Université de Lille I)
economic analysis. Considering that the study of past authors and present debates areMarie-Thérèse BOYER-XAMBEU (Université Paris VII)
Jean CARTELIER (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) complementary, the PPE publish papers on history of economic thought, economic
Ghislain DELEPLACE (Université Paris VIII) philosophy, or papers overlapping fields of history of economic thought and
Daniel DIATKINE (Université d’Evry) contemporary economic theory or economic history.
Franco DONZELLI (Università degli Studi di Milano) Papers in Political Economy is a biannual journal, usually published in June and December.
Gilles DOSTALER (Université du Québec) One of the two yearly issues is thematic and includes papers presented at a workshop
Jimena HURTADO-PRIETO (Universidad de los Andès) or conference and selected among responses to an open call for papers. For proceedings
Benoît LENGAIGNE (Institut d’Études Politiques de Lille)
to be published in this form, conference organizers are invited to contact the journal’s
Patrick MARDELLAT (Institut d’Études Politiques de Lille)
editorial board at a very early stage.Catherine MARTIN (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
Arnaud ORAIN (Université de Bretagne Occidentale)
Claire PIGNOL (Université Paris I)
Antoine REBEYROL (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
Nicolas RIEUCAU (Université Paris VIII)
Annalisa ROSSELLI (Università degli Studi di Roma “Tor Vergata”)
Adresse • AddressFabrice TRICOU (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
Hélène ZAJDELA (Université Paris Nord-XIII) Site Web : http://www.cahiersdecopo.fr/
Éditeur : Éditions L’Harmattan, 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 ParisComité Scientifique • Advisory board
Tél. : 01 40 46 79 10 : http://www.editions-harmattan.fr
Mauro BOIANOVSKY (Universidad de Brasilia)
Éditeur électronique : CAIRN. http://www.cairn.info/Rodolphe DOS SANTOS FERREIRA (Université de Strasbourg I)
Olivier FAVEREAU (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
Roger GUESNERIE (Collège de France)
Instructions aux auteurs • Notes for contributors
André LAPIDUS (Université Paris I)
Marc LAVOIE (University of Ottawa) Les Cahiers d’économie politique acceptent les articles en français et en anglais. Normes
Maria-Christina MARCUZZO (Università di Roma) de publication disponibles sur le site internet : http://www.cahiersdecopo.fr/
Marcello MESSORI (Università di Cassino)
Papers in Political Economy accept papers in French and in English. For a full and completeAndré ZYLBERBERG (CNRS)
guide for authors, please go to: http://www.cahiersdecopo.fr/
Correction éditoriale. Joëlle Cicchini
Maquette & mise en pages. Arnaud Frossardmp CEP-59_Mise en page 1 16/11/11 15:39 Page2
Rédaction • Editorial Board Depuis 1974, les Cahiers d’économie politique sont un lieu privilégié pour les
discussions théoriques qui prennent en compte toute la dimension historique de la
Rédacteur en chef • Managing editor discipline économique. Considérant que l’étude des auteurs passés et les débats
actuels en analyse économique peuvent mutuellement s’enrichir, ils publient desClaire Pignol
articles qui relèvent de l’histoire de la pensée économique, de la philosophie
Rédacteurs adjoints • Assitant editors économique, ou qui se situent à l’intersection de l’histoire de la pensée et de la théorie
Michaël Assous économique contemporaine ou de l’histoire économique.
Fabrice Tricou Les Cahiers d’économie politique publient deux numéros par an, généralement en juin
et décembre. Un de ces deux numéros est thématique. Les numéros thématiquesSécrétaire de rédaction • Editorial secretary
publient des sélections d’articles proposés dans le cadre de colloques ou de journéesJulien Mendez
d’étude. Ces manifestations sont organisées par la revue ou par des institutions
Comité de rédaction • Editorial Board universitaires sur le principe d’un appel à communication. Pour envisager qu’un
Andrés ALVAREZ (Universidad de los Andès) colloque soit publié dans la revue, il est nécessaire que le responsable prenne contact
Michaël ASSOUS (Université Paris I) dès l’organisation de la manifestation avec le comité de rédaction des Cahiers.
Richard ARENA (Université de Nice)
Carlo BENETTI (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
Since 1974, Papers in Political Economy have published and participated to the mainNathalie BERTA (Université de Reims)
theoretical discussions by paying a particular attention to the historical aspects ofArnaud BERTHOUD (Université de Lille I)
economic analysis. Considering that the study of past authors and present debates areMarie-Thérèse BOYER-XAMBEU (Université Paris VII)
Jean CARTELIER (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) complementary, the PPE publish papers on history of economic thought, economic
Ghislain DELEPLACE (Université Paris VIII) philosophy, or papers overlapping fields of history of economic thought and
Daniel DIATKINE (Université d’Evry) contemporary economic theory or economic history.
Franco DONZELLI (Università degli Studi di Milano) Papers in Political Economy is a biannual journal, usually published in June and December.
Gilles DOSTALER (Université du Québec) One of the two yearly issues is thematic and includes papers presented at a workshop
Jimena HURTADO-PRIETO (Universidad de los Andès) or conference and selected among responses to an open call for papers. For proceedings
Benoît LENGAIGNE (Institut d’Études Politiques de Lille)
to be published in this form, conference organizers are invited to contact the journal’s
Patrick MARDELLAT (Institut d’Études Politiques de Lille)
editorial board at a very early stage.Catherine MARTIN (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
Arnaud ORAIN (Université de Bretagne Occidentale)
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Mauro BOIANOVSKY (Universidad de Brasilia)
Éditeur électronique : CAIRN. http://www.cairn.info/Rodolphe DOS SANTOS FERREIRA (Université de Strasbourg I)
Olivier FAVEREAU (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense)
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Instructions aux auteurs • Notes for contributors
André LAPIDUS (Université Paris I)
Marc LAVOIE (University of Ottawa) Les Cahiers d’économie politique acceptent les articles en français et en anglais. Normes
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Papers in Political Economy accept papers in French and in English. For a full and completeAndré ZYLBERBERG (CNRS)
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Correction éditoriale. Joëlle Cicchini
Maquette & mise en pages. Arnaud FrossardSOMMAIRE
Michaël ASSOUS Présentation ............................................7
Hagen M. KRÄMER Bowley’s law: The diffusion of an empirical
supposition into economic theory .........19
Hans-Michael TRAUTWEIN From Austrian economics to the Swedish
welfare state: Wicksellian views on money
and income distribution ........................51
Michaël ASSOUS Income distribution and the trade cycle
in the ‘years of high theory’ ...................91
Alain BÉRAUD Kaldor et la théorie keynésienne
de la répartition .........................................113
Amitava K. DUTT Education, growth and distribution:
Roberto VENEZIANI Classical-Marxian economic thought
and a simple model ..................................157
Pascuale COMMENDATORE Public expenditure composition and
Antonio PINTO growth: a neo-Kaleckian analysis .........187
Index des noms propres .......................223CONTENTS
Michaël ASSOUS Introduction ............................................7
Hagen M. KRÄMER La loi de Bowley : la diffusion
d’une hypothèse empirique
dans la théorie économique ...................19
Hans-Michael TRAUTWEIN De l’économie autrichienne
à l’État-providence suédois.
Les conceptions de Wicksell sur la
monnaie et la répartition du revenu .......51
Michaël ASSOUS Répartition du revenu
et cycles économiques ............................91
Alain BÉRAUD Kaldor and the Keynesian theory
of distribution ..........................................113
Amitava K. DUTT Éducation, croissance et répartition :
Roberto VENEZIANI la pensée économique classique marxienne
et un modèle simple ...............................157
Pascuale COMMENDATORE Composition des dépenses publiques et
Antonio PINTO croissance : un modèle néo-kaleckien ..187
Index ...................................................223Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-économie…
QU’a-t-on appris s Ur la répartition
d U reven U en Ma Cro -é Cono Mie
dep Uis les années de ha Ute théorie ?
1Présentation
l e partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail est au cœur des
2débats de la fn des « années de haute théorie » [1926-1939] . Keynes
conjecture dans la Théorie générale l’existence d’une corrélation négative
entre salaires réels et monétaires fondée sur une double relation emploi-
salaire : croissante, en ce qui concerne les salaires monétaires, et décroissante
en ce qui concerne les salaires réels. l ’invalidation de cette conjecture par
d unlop [1938] et t arshis [1939] constitue le point de départ d’un important
renouvellement théorique.
s oucieux de conserver la relation positive entre salaire monétaire et
emploi, centrale dans la démonstration keynésienne des effets déstabilisants
des réductions généralisées des salaires monétaires sur l’emploi, les
protagonistes de cet épisode se sont principalement concentrés sur le sens
de la relation salaire réel-emploi issue de la demande de travail en présence
de coûts croissants [d os s antos Ferreira, 1999]. d ès lors, la question du
partage de la valeur ajoutée entre salaire et proft passe au premier plan.
d eux observations statistiques font à ce moment-là l’objet d’une attention
toute particulière : l’étude d’a rthur Bowley [1937] consacrée au r oyaume-
3Uni et l’étude de paul d ouglas [1934] consacrée aux é tats-Unis, qui,
chacune, attestent de la remarquable constance à long terme du partage de
la valeur ajoutée.
pour expliquer ce fait stylisé, connu sous le nom de « loi de Bowley »,
deux grandes approches sont développées. d ’un côté, il s’est agi d’analyser
les effets des imperfections de la concurrence sur les déterminants de court
1. l es textes rassemblés dans ce numéro « Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-écono-
mie depuis les années de haute théorie ? » sont issus d’une conférence organisée par les laboratoires led
(université de paris viii ) et phare (université de paris 1, Cnrs ) les 6 et 7 mars 2010, en collaboration
avec les Cahiers d’économie politique.
2. par le choix de cet intitulé, nous avons voulu rendre hommage à l’ouvrage d’histoire de la pensée éco-
nomique de s hackle [1967] Les Années de haute théorie [1926-1939].
3. d ans son ouvrage, Wages and Income in the United Kingdom since 1860, Bowley établit la constance de
la stabilité du partage de la valeur ajoutée sur près d’un siècle.
Michaël a ssous
terme, voire de moyen terme, du partage primaire. d e l’autre, des travaux
fondés sur la fonction Cobb-d ouglas se sont intéressés aux déterminants de
long terme de la répartition du revenu.
e n faisant jouer un rôle explicite aux imperfections de la concurrence sur
le marché du travail et le marché des produits, des auteurs tels que h arrod
[1936], d unlop [1938], t arshis [1939] et Kalecki [1938], ont renouvelé
l’analyse des déterminants de court terme de la répartition du revenu.
d ifférentes conceptions du partage de la valeur ajoutée sont compatibles
avec des hypothèses de concurrence imparfaite soit parce qu’elles permettent
de tenir compte de rendements internes non décroissants, soit parce qu’elles
autorisent à moyen terme une variabilité du facteur de marge avec le volume
de l’activité.
l a voie la plus simple consiste à supposer à court terme, dans le cadre du
modèle de concurrence monopolistique, la constance des coûts et du degré
de concurrence. C’est la voie explorée par Kalecki en 1938. d eux hypothèses
caractérisent cette analyse : 1) la courbe de coût variable moyen de la frme
représentative tant que le point de pleine capacité n’est pas atteint (courbe
de coût en forme de L inversé) est plate ; 2) le taux de marge appliqué par
l’entreprise, aussi longtemps que les « données fondamentales » de l’économie
ne varient pas, est supposé constant, de sorte qu’un changement dans la
demande globale entraîne des déplacements iso-élastiques des courbes de de chaque entreprise. a u point d’équilibre de la frme, la part
relative des profts dans le produit réel est dès lors directement déterminée
par le degré de monopole de l’économie lui-même égal à l’inverse de
l’élasticité de la demande. l a part des salaires dans le produit réel aurait
donc deux déterminants principaux : l’élasticité de la demande et la valeur
4des matières premières rapportée aux salaires . À moyen terme, les variations
contracycliques du degré de monopole seraient ainsi exactement compensées
par les variations du rapport des prix des matières premières au salaire
4. d ans sa réponse à d unlop [1938] et t arshis [1939], Keynes souligne l’originalité
de cette approche. r appelant qu’il avait demandé aux économistes présents à Cam-
bridge de se pencher sur le problème des relations entre production et salaires réels,
il note :
« l a seule solution a été avancée par M. Kalecki dans son brillant article publié dans
Econometrica. d r Kalecki développe ici une analyse très originale du problème de la
répartition du revenu entre facteurs de production dans des conditions de concurrence
imparfaite, qui pourrait s’avérer être une contribution importante dans l’avenir. »
[Keynes 1939, p. 49]
Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-économie…
résultant de la décroissance du produit marginal du travail dans le secteur des
5matières premières .
pour fonder cette explication, Kalecki se réfère au comportement
oligopolistique des entreprises sans toutefois en proposer, à cette époque,
une quelconque formalisation. d eux raisons sont alors avancées pour rendre
compte de la contracyclicité du degré de monopole : la rigidité des prix des
entreprises, qui conforte leur pouvoir de marché en récession et le réduit au
contraire en expansion, et l’incitation à respecter des conduites collusives,
6faibles dans la phase haute du cycle et se renforçant au bas de la conjoncture .
Une autre voie susceptible d’expliquer les modifcations de la répartition
du revenu consiste à supposer que la productivité marginale est une fonction
croissante plutôt que décroissante de l’emploi. s i l’on s’en tient à une analyse
de courte période, une telle hypothèse nécessite de se placer sur le terrain
5 . Concernant l’évolution du rapport du chiffre d’affaires global aux dépenses en
matières premières, Kalecki écrit :
« [l es] coûts marginaux des entreprises dans l’agriculture, comme dans les industries
minières, industries complètement différentes des autres industries de l’économie,
augmentent fortement. e n outre, les salaires dans l’agriculture fuctuent plus forte-
ment pendant le déroulement du cycle que dans les autres industries de l’économie.
l ’augmentation (ou la baisse) du prix des matières premières relativement aux coûts
du travail provoque, comme nous l’avons vu précédemment, une augmentation (ou
une diminution) de la valeur du rapport [rapport du chiffre d’affaires global au T Y
produit national]. par conséquent, la valeur de doit augmenter en expansion et T Y
baisser en récession. » [Kalecki 1938 (1990b), p. 18]
6. s ’inscrivant en faux vis-à-vis de l’argumentation de h arrod [1936] et lui préférant
celle de Joan r obinson [1936], il écrit :
« M. h arrod a récemment admis que le degré de monopole s’élève en expansion et
baisse en récession, les consommateurs durant la récession ‘n’apprécient pas’ et ‘résis-
tent’ à la baisse de leur bien-être auquel ils ont été accoutumés’. [Cependant] il existe
d’autres facteurs qui agissent sur le degré de monopole dans une direction opposée.
par exemple, en récession, les cartels sont créés pour la défense des profts et cela, sans
aucun doute, élève le degré de monopole, et sont ensuite dissous en expansion, les
perspectives de proft des entreprises indépendantes étant plus élevées. il faut ajouter
que les entrepreneurs rechignent à « répercuter » sur les consommateurs la baisse du
prix des matières premières et ceci, bien sûr, accroît le degré de monopole. e t on peut
affrmer, en référence aux données citées précédemment, que l’infuence de ces fac-
teurs, en élevant le degré de monopole lors d’une récession est plus forte que la baisse
des imperfections du marché. » [Kalecki 1938 (1990b), p. 18-19]
s i cette voie est encore envisagée par t arshis [1939, p. 153], c’est surtout d unlop
[1938] qui lui accorde une grande importance (conjointement avec celle des chan-
gements procycliques de la productivité, induits par les variations du degré d’utilisa-
tion des équipements) [d os s antos Ferreira, 1999].

Michaël a ssous
de la concurrence imparfaite. C’est la voie suggérée par h arrod [1936] et
empruntée par Keynes [1939], du moins lorsque les entreprises disposent
d’une forte capacité excédentaire (courbe de coût marginal en U). d e même
que dans l’analyse de Kalecki, la constance de la part des salaires résulterait
de l’effet opposé de la variation des coûts unitaires et du taux de marge, à la
différence près que les coûts unitaires et les taux de marge seraient maintenant
respectivement contracycliques et procycliques. C’est le cas si l’on admet que
les consommateurs, selon la « loi de l’élasticité de la demande décroissante »
[h arrod 1936] tolèrent des hausses des prix en expansion mais s’y opposent
dans les phases de dépression, en sorte que le degré de concurrence s’élève en
expansion et baisse en récession.
e n ce qui concerne les analyses de long terme, le recours à une fonction
de production de type Cobb-d ouglas s’est révélé une explication plausible
de la constance de la part salariale. Quand l’élasticité de substitution capital/
travail est unitaire, l’« effet quantité » contrebalance exactement l’« effet
prix » : une hausse de 1 % du coût de l’un des facteurs se traduit par une
baisse de 1 point de la demande de ce facteur, si bien que la répartition des
revenus reste inchangée. e n l’absence de rigidités sur les marchés des biens
et du travail, une fonction de production avec une élasticité de substitution
unitaire donne ainsi une part constante à chacun des facteurs.
Une telle approche n’est cependant pas incompatible avec une analyse de
plus court terme. l es rigidités dans le choix des techniques de production
(le capital investi s’amortit sur plusieurs périodes), peuvent freiner la
substitution d’un facteur à l’autre. a ussi les évolutions de prix relatifs des
facteurs sont-elles susceptibles d’affecter la répartition du revenu à court
terme [s amuelson 1965]. Quand les facteurs de production à court terme
sont complémentaires (élasticité de substitution proche de zéro), une hausse
du poids du travail dans les coûts induirait une hausse de la part du travail
dans la valeur ajoutée. À long terme cependant, à mesure que les facteurs de
production seraient davantage substituables (élasticité proche de l’unité), la
part des salaires dans le produit réel retournerait à son niveau normal.
Cela expliquerait ainsi la hausse de la part des salaires dans les années
1970, puis sa baisse dans les années 1980 : à mesure que les entreprises
auraient eu recours à des techniques plus intensives en capital, la part
des salaires aurait baissé. Cette explication s’est cependant révélée peu
convaincante pour expliquer le déclin de la baisse des salaires dans les années
1990, qui correspondent à une période d’austérité salariale et de hausse des
taux d’intérêt réel. À moins de supposer que les entreprises aient anticipé une
Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-économie…
forte hausse des salaires réels pendant cette période, il est diffcile d’expliquer
pourquoi un retour plus massif aux techniques plus intensives en travail n’a
pas eu lieu.
Une explication avancée serait l’existence d’un progrès technique biaisé.
e n pénalisant fortement le travail peu qualifé, le progrès aurait
déformé la répartition du revenu en défaveur du travail. t outefois, cet effet
sur la répartition des revenus doit être nuancé. s i l’élasticité de substitution du
capital physique et du travail peu qualifé est forte, celle du capital physique
et du travail qualifé ou du capital humain est faible. a ussi l’élévation du
stock de capital humain devrait-elle en principe se manifester par une hausse
de la productivité moyenne du travail, des rémunérations salariales et la
modifcation in fne de la répartition primaire des revenus.
l es différents thèmes de ce numéro spécial des Cahiers d’économie politique
ressortent déjà. il s’agira d’abord de jeter un regard sur les contributions
de h arrod et Kalecki qui se sont intéressés aux déterminants de court et
moyen terme de la répartition du revenu et celles de h icks et d ouglas qui
se sont centrées sur les explications de long terme. il faudra ensuite s’arrêter
sur la place de ces contributions au sein des modèles de cycle développés
par les économistes keynésiens tels que h arrod, Kaldor et Kalecki ou des
économistes de l’école suédoise tels que Myrdal et l undberg. o n le fera
notamment en considérant la place des effets de répartition au sein des
premiers modèles de cycle accélérateur-multiplicateur. o n abordera dans un
troisième temps la question de la répartition du revenu dans des modèles de
croissance. t rois types de modèles seront étudiés : les modèles d’inspiration
kaleckienne, postkeynésienne et classique.
n ous entrons dans le vif du sujet avec la contribution de h agen Krämer
« Bowley’s l aw: the d iffusion of an e mpirical s upposition into e conomic
t heory ». l ’article revient en premier lieu sur la manière dont la loi de
Bowley mettant en évidence la constance du partage de la valeur ajoutée
s’est lentement diffusée et imposée aux économistes aussi bien néo-classiques
que keynésiens. l es contributions de d ouglas [1934, 1967] et h icks [1932,
1963] aussi bien que celles de Kaldor [1956] et Kalecki [1938] sont ainsi
examinées. pourtant, rappelle l’auteur, les estimations économétriques dont
disposaient à l’époque ces économistes pour attester de la stabilité de la
part des salaires dans le produit réel étaient fragiles et n’autorisaient pas en
réalité à parler de fait stylisé ou de loi fondamentale. s elon h agen Krämer,
à court terme comme à long terme, le partage de la valeur ajoutée a connu
des fuctuations importantes qui supposent d’abandonner l’idée implicite ou
Michaël a ssous
explicite qu’il existerait un partage naturel refétant un équilibre du confit
capital/travail.
a vec le deuxième article « From a ustrian e conomics to the s wedish
Welfare s tate: Wicksellian views on Money and income d istribution » de
h ans-Michael t rautwein sont abordées les analyses de la répartition du
revenu des économistes suédois et autrichiens. Comme le rappelle l’auteur,
Wicksell, h ayek et Myrdal accordaient une place centrale à la question de la
répartition du revenu. Chacun d’eux en effet a analysé les effets redistributifs
engendrés par les déséquilibres entre épargne et investissement résultant des
écarts entre taux d’intérêt réel, taux d’intérêt monétaire et taux d’intérêt
naturel. l ’article révèle cependant que la question de la répartition du revenu
est évoquée chez ces auteurs essentiellement d’un point de vue normatif
et par l’intervention d’un deus ex machina susceptible de mettre un terme
au processus cumulatif d’infation et de surinvestissement. e n vérité, c’est
seulement à partir de l indhal, l undberg et h ansen, que se développe dans
cette tradition une analyse explicite des interactions entre effets de répartition
et dynamique monétaire.
l e troisième article, « income d istribution and the t rade Cycle in the
‘Years of h igh t heory’ » de Michaël a ssous étudie la place des effets de
répartition au sein des premiers modèles de cycles développés à la fn des
années 1930. r ejetant le modèle de concurrence parfaite, plusieurs auteurs,
principalement sous l’infuence de h arrod [1936] et de Kalecki [1936,
1937], ont avancé des arguments importants pour établir un lien entre
macroéconomie et concurrence imparfaite. e n 1938, en référence à la théorie
de Chamberlin [1933], Kalecki propose de lier explicitement les déterminants
du partage de la valeur ajoutée au degré de concurrence. l ’argument reposait
sur deux propositions. e n présence de capacités de production excédentaires,
les coûts marginaux réels sont constants. e n concurrence monopolistique, le
proft est maximum lorsque la recette marginale est égale au coût marginal.
e n conséquence, à l’équilibre de courte période, la part des profts dans le
piB est déterminée par le degré de monopole égal à l’inverse de l’élasticité
de la demande. Quand l’élasticité de la demande est constante, la part des
salaires dans le revenu réel est stable.
a u sein d’un modèle à deux classes d’agents – les capitalistes titulaires des
profts et les travailleurs salariés –, cette analyse a de fortes implications sur
la théorie du multiplicateur de revenu. l a propension sociale à consommer
dépend désormais de la part des salaires et des profts dans le piB. Kalecki
et h arrod ont très vite perçu ce point. Convaincu de la stabilité de la part
Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-économie…
des salaires dans le piB à court terme, Kalecki conclut à la constance de
la propension globale à consommer et à la constance du multiplicateur.
a u contraire, h arrod admet que la répartition du revenu et la valeur du
multiplicateur sont susceptibles de varier au cours du cycle. l es implications
sur la dynamique de moyen terme sont importantes. d ans le modèle de
Kalecki, les fuctuations endogènes résultent seulement des propriétés de
la fonction d’investissement supposée être non linéaire et de forme en s .
d ans l’analyse de Kaldor [1940] au contraire, inspirée du modèle de cycle
de h arrod [1936], les fuctuations endogènes résultent des propriétés de la
fonction d’épargne qui, en raison des effets de répartition, peut être non
linéaire. e n conséquence, alors que les effets de répartition n’ont pas d’effets
sur la dynamique dans le modèle de Kalecki, ces derniers jouent un rôle
central dans le modèle de Kaldor.
l ’article d’a lain Béraud « Kaldor et la théorie de la répartition du revenu »
expose la théorie de la répartition du revenu élaborée par Kaldor en 1955-
1956. s olow [1956] et s wan [1956] développent un modèle de croissance
dans lequel le coeffcient de capital est variable. s i la main-d’œuvre vient à
manquer, le taux de salaire réel augmente, ce qui incite les entrepreneurs
à choisir des techniques qui utilisent moins de travail. s i, au contraire,
les travailleurs sont en surnombre, le taux de salaire réel diminue et les
entrepreneurs choisissent des techniques qui emploient plus de travail. l a
substitution capital-travail assure ainsi à la fois le plein emploi et la constance
de la répartition du revenu quand l’élasticité de substitution capital/travail
est unitaire.
Kaldor rejetait leurs arguments en soulignant que l’idée que les parts
relatives des salaires et des profts dans le produit sont déterminées par le taux
marginal de substitution entre capital et travail n’est pas acceptable car le taux de entre et travail ne peut être déterminé que
si les taux de salaire et de proft sont déjà connus. pour résoudre le problème
de la détermination de la répartition du revenu, Kaldor propose une solution
qui repose sur l’idée que la propension à épargner des salariés est inférieure
à celle des capitalistes. s i la marge de proft est fexible, elle peut s’ajuster de
façon à ce que le taux de croissance assure le plein emploi du travail.
Comme le montre l’article d’a lain Béraud, le Traité de la monnaie [1930]
de Keynes et la « théorie des profts » [1942] de Kalecki constituent le point de
départ de la réfexion de Kaldor. Convaincu à la lecture de Keynes et Kalecki
que les investissements déterminent les profts, Kaldor entend compléter
l’analyse et démontrer que les investissements déterminent également la part
Michaël a ssous
des profts dans le produit. l a manière dont Kaldor s’appuie sur le principe
du multiplicateur pour expliquer la répartition du revenu entre salaires et
profts est ainsi examinée. l ’analyse suscita un débat. pasinetti [1962] crut
déceler dans l’argumentation de Kaldor une faille logique et il en proposa
une reformulation. a lors que Kaldor analysait la répartition du revenu entre
salaires et profts, pasinetti étudia sa répartition entre salariés et capitalistes.
il montra que, sur un sentier de croissance équilibrée, le taux de proft est
entièrement déterminé par le taux de croissance de la quantité de travail
effcace et par le taux d’épargne des capitalistes. l a propension à épargner des
salariés n’affecte ni le taux de proft, ni le partage du revenu entre salaires et
profts. l a discussion qui s’engagea alors porta sur l’existence d’un équilibre
« dual » et leur propriété de stabilité.
l ’article d’a mitava d utt et r oberto v eneziani « a Classical-Marxian
Model of e ducation, Growth and d istribution » examine les déterminants
de la répartition du revenu au sein d’un modèle d’inspiration classique.
l ’analyse commence par exposer les conceptions des effets de l’éducation sur
la croissance chez les grands auteurs de la tradition classique et la dynamique
de la répartition au sein d’un modèle classique intégrant des aspects de ces
différentes conceptions. l e décrit une économie de concurrence
parfaite à trois facteurs de production, le capital physique, le travail qualifé et
le travail non qualifé, travail non qualifé et capital physique étant supposés
substituables à la différence du travail qualifé et du capital physique qui
seraient complémentaires. l e modèle proposé suppose que le progrès
technique passe par l’accroissement du stock de capital humain résultant
de la croissance de l’emploi qualifé. d eux processus de détermination des
salaires réels sont envisagés. Un premier, conforme à l’analyse de l’armée
de réserve de Marx, et un second, inspiré de John s tuart Mill, déterminent
respectivement les salaires réels des travailleurs non qualifés et ceux des
travailleurs qualifés. d ans ce cadre, les auteurs sont en mesure d’étudier
les effets sur la répartition du revenu d’une hausse de la quantité de capital
humain. par une analyse précise de la dynamique des salaires réels des
travailleurs qualifés et non qualifé et de la part des profts, l’article met en
évidence une dynamique endogène originale.
e nfn, l’article de pasquale Commendatore et a ntonio pinto « public policy
and Growth r egimes: a neo-Kaleckian a nalysis » se propose d’analyser les
déterminants de la répartition du revenu au sein d’un modèle de croissance
néo-kaleckien. l ’originalité de l’analyse réside dans la distinction des effets
sur le taux de croissance de deux types de dépense publique : les dépenses
gouvernementales de consommation et les dépenses d’investissement. a lors
Qu’a-t-on appris sur la répartition du revenu en macro-économie…
que les premières sont susceptibles de renforcer le taux de croissance, les
secondes peuvent au contraire avoir un impact négatif sur celui-ci.
Ce numéro spécial montre l’étendue des domaines aujourd’hui tributaires
des travaux issus des débats des années 1930, tout comme l’ampleur
des connaissances acquises depuis cette période. il reste certainement
beaucoup à apprendre sur le thème de la répartition du revenu aussi bien
sur ses déterminants de court terme que de long terme. d e même que, très
probablement, beaucoup reste à apprendre des travaux de cette époque.
Michaël a ssous
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Bowley’s law: the diffusion of an empirical supposition into economic theory
BOWLEY’S LAW: THE DIFFUSION
OF AN EMPIRICAL SUPPOSITION
INTO ECONOMIC THEORY
1Hagen M. Krämer
La loi de Bowley : la diffusion d’une The share of labour income in national
hypothèse empirique dans la théorie product has declined in many advanced
économique.economies over the past 30 years or
La part du revenu du travail dans le produit so. However, many economists are still
national a baissé dans de nombreux pays convinced that the wage share remains
développés au cours des trente dernières années. more or less constant in the long run. This
Cependant, nombreux sont les économistes qui notion of the long-term relative stability of
demeurent convaincus que la part des salaires the wage share is considered to be a stylized
reste plus ou moins constante à long terme. La fact, or even sometimes referred to as a “law
stabilité relative de la part des salaires à long of economics”. This paper attempts to show
terme est considérée comme un fait stylisé, voire how the alleged stability of the labour share
comme une « loi de l’économie ». L’article tente of income became known as one of the
de montrer comment la stabilité alléguée de “great magnitudes in economics”. It also
la part du travail dans le revenu est devenue shows how this “law” made its way into
l’une des « caractéristiques centrales de la the three major theories of macroeconomic
science économique ». Il montre aussi comment income distribution, i.e. neoclassical, post-
cette « loi » a pénétré les trois principales Keynesian, and Kaleckian distribution
théories macro-économiques de la répartition theory. Since the data actually reveal strong
: néoclassique, post-keynésienne et kaleckienne. fuctuations of aggregate income shares over
Puisque les données révèlent des fuctuations time, the conclusion has to be drawn that the
marquées dans le temps des parts des revenus, major macroeconomic theories of growth
on peut en conclure que les principales théories and distribution are built around an invalid
macro-économiques de la croissance et de –or at least highly questionable– assumption
la répartition sont construites autour d’une about the real world.
hypothèse erronée – ou très discutable.
Keywords: Aggregate Factor Income Distribution. Wage share. Bowley’s Law.
Macroeconomic income distribution theories.
Mots clefs : Répartition factorielle des revenus. Part des salaires. Loi de Bowley.
Théories macro-économiques de la répartition.
JEL classification : B22, E25
1. Karlsruhe University of Applied Sciences, Department of Management Sciences and Engineering,
Moltke¬str. 30, D-76133 Karlsruhe, Germany. e-mail: hagen.kraemer@hs-karlsruhe.de.
I am grateful to Harald Hagemann, Heike Jöbges, David Simmonds, Hans-Michael Trautwein, Till Van
Treeck and participants in the History of Macroeconomics Workshop, 5-6 March 2010, Universities of
Paris I, VII and X for valuable hints and comments.
Hagen M. Krämer
1. Introduction
One of the oldest issues in economic literature is how the national income
is divided between wages, profts and rents. The development of the income
shares of the socio-economic classes played an eminent role in the writings
thof the classical economists. The economists of the early 20 century were
also deeply concerned with what determines the shares of national income
which the factors of production receive (functional income distribution).
In macroeconomics these days, this topic is hardly dealt with. On the
contrary, there is a vast amount of literature about income distribution from
2a microeconomic point of view (personal income distribution). This raises
the question: why has functional income distribution ceased to be a central
issue for macroeconomics –at least to the mainstream version of it?
There appear to be several reasons for this. One important consideration is
the apparent stability of the wage share (and the proft share, respectively) in
the long run. The alleged “relative stability” of the aggregate share of national
income that goes to labor over time has acquired the status of a stylized fact
3(Nicolas Kaldor) of economic growth. If income shares are stable, there
seems to be no need to further investigate which factors determine shares over
time. However, the discovery of share stability has dramatic implications: as
will be argued in this paper; the main schools of thought of modern growth
and distribution theory (neoclassical, post-Keynesian, Kaleckian) were built
on the highly questionable assumption that functional income distribution
does not vary in the long term.
The paper is structured as follows: In the next section the empirical
developments of wage shares (or labor income shares, respectively) in selected
advanced economies are briefy discussed. In Section III the dissemination
of the law of the constant wage share that now bears Arthur Bowley’s name
(“Bowley’s Law”) is considered. Section IV questions whether the tools and
methods that were available to Bowley and his contemporaries can justify calling
the constant wage share a “great or almost great magnitude in economics”
(cf. Simon 1990). This section will also portray how Bowley’s Law became a
major element of Kaleckian, neoclassical as well as post-Keynesian theories of
2. Few attempts have been made to link factor share developments with questions of personal income
distributions (cf. Ryan 1996, Atkinson 1997).
3. Since in the short run the wage share moves counter-cyclically with variations in national income, it
is obvious that –if at all– the wage share can only be stable in a long term tendency. Nevertheless some
economists (including John Maynard Keynes) believed they had also found short term stability, as will
be discussed below.
Bowley’s law: the diffusion of an empirical supposition into economic theory
income distribution. The frst strand of work to be examined in this respect
will be the rather microeconomic approach of Michał Kalecki in 1938. This is
followed by a brief examination of the neoclassical macroeconomic marginal
productivity theory of distribution. Finally, it will be shown how the constant
wage share idea became part of post-Keynesian growth and distribution theory
as a product of Kaldor’s paper from 1961. Section V summarizes the general
problems in calculating income shares in the pioneering works of modern
income distribution theories. In section VI some conclusions are drawn.
2. A stylized fact reconsidered
Bowley’ Law: The diffusion of an empirical supposition
A considerable part of mainstream economics is still convinced by the idea of
Figua rlong es anterm d tablstability es to be iof nteincome grated isharn thes e te(cfxt. recently Feldstein 2008). However,
increasingly more literature acknowledges the long-term decline of the wage
Figure 1: Adjusted wage share in G7-countries in percent (we4ighted average) share in most countries in the last 30 years or so. Indeed, empirical data
show that wage shares have been subject to substantial changes over time in
many countries. In the G-7 economies the labor share of income has been
declining on average over the past decades (see fgure 1).
Figure 1: Labor share of income in G7 economies in percent (weighted average), 1970-2010.
Figure 1: Adjusted wage share in G7-countries in percent (weighted average), 1970-2010
Original data: EU-Commission (2011), Ameco Database, own calculations; Weighted with
number of employees.
4. See for instance Bentolila and Saint-Paul (2003), Bernanke (2007), Blanchard (2006), Carter (2007),
Guscina (2006), Orellana et al. (2005), de Serres et al. (2002) und Young (2006) as well as major eco-
nomic institutions like BIS (2006), IMF (2007), EU-Commission (2007).


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2008
2009
2010Hagen M. Krämer
Instead of focusing on the wage share, i.e. the share of national income
that goes to employees, the above fgure uses a broader measure in order
to account for all labor income. National accounts provide the share of
employees’ compensation in total income, but do not separately identify the
labor income of other categories of workers (self-employed, employers, and
family workers). The most common correction procedure is to augment the
employees“ compensation with compensation of other categories of workers
by assuming that other categories of workers earn the same average wage as
employees (Kravis 1959, Krueger 1999). Hence, total labor compensation
is the product of the compensation of employees (W) and the ratio of total
employment (E) and employees (L). Whereas the wage share ( ) is simply
Hagen M. Krämer W/Y, the labor share of income (l*) is then obtained by dividing labor
compensation by valued added of the total economy (Y):

Figure 2: Labor share of income in selected advanced economies I, 1960-2010.

United Kingdom
Germany
USA

Figure 2: Labor share of income in selected advanced economies I, 1960-2010.
Figure 2: Labor share of income in selected advanced economies I, 1960-2010.
Original data: EU-Commission (2011), Ameco Database, own calculations; before 1991: West-Original data: EU-Commission (2011), Ameco Database, own calculations; before 1991: West-
Germany.Germany.

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Boowwley’ Law: The diffusion oof f an empiricaal l suup ppospositioon n
compensation of employees (W) and the ratio of total employment (E) and employees (L).
Bowley’s law: the diffusion of an empirical supposition into economic theoryFigure 3:: LLaabboorr shshaarree ooff iinnccoommee iinn seselleecctteedd advanced economies II, 1960-22001100..
Whereas the wage share (λ) is simply W/Y, the labor share of income (λ*) is then obtained
by dividing labor compensation by valued added of the total economy (Y):
Insert figure 2 about here
Figure 2: Labor share of income in selected advanced economies I, 1960-2010.
Insert figure 3 about here
Figure 3: Labor share of income in selected advanced economies II, 1960-2010. Figure 3: Labor share of income in selected advanced economies II, 1960-2010.Sources : Original data: EU-CCCooommmmmmiiissssssiiiooonnn (((222000111111))),,, AAAmmmeeecccooo DDDaaatttaaabbbaaassseee,,, ooowwnwnn cccaaalllcccuuulllaaatttiiiooonnnsss.
Sources : Original data: EU-Commission (2011), Ameco Database, own calculations.

      (1)
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Looking at individual countries reveals that there are some cross-country differences in the Looking at individual countries reveals that there are some cross-country
differences in the behavior of the labor share, however, in all countries we behavior of the labor share, however, in all countries we observe substantial changes of
observe substantial changes of this magnitude over time (see fgures 2 and 3). this magnitude over time (see figures 2 and 3).
Between 1960 and 1990 the US exhibits the closest approximation to
Between 1960 and 1990 the US exhibits the closest approximation to this stylized this stylized fact of growth, with the labor share remaining on a relatively
stable level compared to other countries. However, in the last two decades fact of growth, with the labor share remaining on a relatively stable level compared to
in the USA the share of national income going to labor has also declined
other countries. However, in the last two decades in the USA the share of national income considerably. In the UK the labor share of income underwent sizable short-
going to labor has also declined considerably. In the UK the labor share of income term fuctuations and, as in the USA, has experienced a dramatic fall since
the beginning of the 1990s. In continental Europe the general picture underwent sizable short-term fluctuations and, as in the USA, has experienced a dramatic
shows a tendential rise in the share up to the 1970s/1980s and then a clear
fall since the beginning of the 1990s. In continental Europe the general picture shows a downward trend within the last 20-30 years. In Germany and France the
tendential rise in the share up to the 1970s/1980s and then a clear downward trend within labor share peaked in the early 1980s, while in other countries like in Austria
and the Netherlands it reached its highest point in the mid-1970s, and the last 20-30 years. In Germany and France the labor share peaked in the early 1980s,
fell after that. In some countries the decline was relatively mild (eg in the
while in other countries like in Austria and the Netherlands it reached its highest point in Netherlands), while in others it showed a steady (and rather strong) decrease
the mid-1970s, and fell after that. In some countries the decline was relatively mild (eg in
30

3