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Racialisations dans l'aire anglophone

De
268 pages
Parler de "racialisations", c'est d'abord rappeler, si besoin était, que la "race" n'existe pas. La seule race dont on puisse parler à notre propos est la "race humaine". Ce qui en revanche existe, c'est le regard porté par certains sur une catégorie d'êtres humains partageant un même phénotype, comme le taux de mélanine à la surface de la peau. Ces racialisations sont des processus sociaux et historiques, qui tous usurpent la légitimation biologique.
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RACIALISATIONS DANS LAIRE ANGLOPHONE
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Sous la direction de Michel Prum Groupe de recherche sur l’eugénisme et le racisme
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    Racialisations dans laire anglophone
Co l ection Racisme et eugénisme Dirigée par Michel Prum  La collection "Racisme et eugénisme" se propose d'éditer des textes étudiant les discours et les pratiques d'exclusion, de ségrégation et de domination dont le corps humain est le point d'ancrage. Cette problématique du corps fédère les travaux sur le racisme et l'eugénisme mais aussi sur les enjeux bioéthiques de la génétique. Elle s'intéresse à toutes les tentatives qui visent à biologiser les rapports humains à des fins de hiérarchisation et d'oppression. La collection entend aussi comparer ces phénomènes et ces rhétoriques biologisantes dans diverses aires culturelles, en particulier l'aire anglophone et l'aire francophone. Tout en mettant l'accent sur le contemporain, elle n'exclut pas de remonter aux sources de la pensée raciste ou de l'eugénisme.  Déjà parus :  Sophie Geoffroy et Michel Prum (dir.), Darwin dans la bataille des idées , 2012. Marie-Claude Mosimann-Barbier, Un Béarnais en Afrique australe ou lextraordinaire destin dEugène Casalis , 2012. Sous la direction de Claude Carpentier, La rencontre des cultures : un défi pour lécole, 2012. Michel PRUM, Sexe, race et mixité dans laire anglophone , 2011. Marius TURDA, Modernisme et eugénisme , 2011.  Michel PRUM, Métissages, 2011. Amélie ROBITAILLE-FROIDURE, La liberté dexpression face au racisme. Etude de droit comparé franco-américain , 2011. John WARD, Le mouvement américain pour lhygiène mentale (1900-1930) ou Comment améliorer la race humaine , 2010. Catherine UKELO, Les prémices du génocide rwandais. Crise sociétale et baisse de la cohésion sociale , 2010. Claude CARPENTIER et Emile-Henri RIARD, Vivre ensemble et éducation dans les sociétés multiculturelles , 2010. Dominique CADINOT, Michel PRUM et Gilles TEULIE (dir.), Guerre et race dans laire anglophone , 2009. Michel PRUM (dir.), Ethnicité et Eugénisme , 2009. Michel PRUM (dir.), La Fabrique de la « race ». Regards sur lethnicité dans laire anglophone , 2007.
Sous la direction de Michel Prum  Groupe de recherche sur leugénisme et le racisme     Racialisations dans laire anglophone                 Ouvrage publié avec le concours de lUFR EILA de lUniversité Paris Diderot         LH ARMATTAN
 
 
 
 
 
 
 
                  © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-00480-8 EAN : 9782336004808
 
 
INTRODUCTION  Michel Prum   Parler de « racialisations », cest dabord rappeler, si besoin était, que la « race », au sens intra-humain, nexiste pas. La seule race dont on puisse parler à notre propos est la « race humaine », que lon appelle plutôt en français le « genre humain » ( human race en anglais). Le choix de la couleur de la peau pour diviser la population mondiale est purement arbitraire et ascientifique ; un Noir et un Blanc peuvent être plus proches lun de lautre par leur ADN que deux Noirs ou deux Blancs. Et le caractère et les facultés intellectuelles nont bien sûr rien à voir avec la coloration de notre épiderme. Ce qui en revanche existe, cest le regard porté par certains sur une catégorie de la population mondiale partageant un même phénotype comme le taux de mélanine à la surface de la peau. Donc il existe des groupes « racialisés ». Ces racialisations sont historiques, elles nont pas toujours existé et ne sont pas éternelles et immuables. Létude de la « race » est létude dun processus social daltérisation, cest-à-dire de fabrication de l« Autre ». Ce volume sintéresse donc à plusieurs « racialisations » dans laire anglophone : Grande-Bretagne, Afrique du Sud et région des Grands Lacs (Ouganda actuel), Australie et Canada. Le XIX e  siècle, et le XIX e  siècle britannique en particulier, se sont intéressés de façon presque obsessive à la « race ». Cette hantise a fait lobjet de nombreuses études. En revanche le lien entre phrénologie et race, phrénologie et colonialisme n avait pas été vraiment exploré. Neil Davie sattache ici à combler ce vide historiographique. Il sintéresse entre autres aux travaux de lÉcossais George Combe, fondateur de la première société phrénologique au monde, l Edinburgh Phrenological Society.  Combe relie le caractère national au cerveau. Mais la phrénologie britannique ne parle pas dune seule voix, et laffirmation de la malléabilité du cerveau ou au contraire « la
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vision déterministe et immuable des inégalités cérébrales »  sont le sujet de vives polémiques qui ont pour enjeu le bien-fondé du colonialisme. Neil Davie souligne que lon peut trouver, dans la phrénologie britannique, un discours anticolonialiste et abolitionniste. Mais la nouvelle génération des ethnologues et anthropologues qui succèdent aux phrénologues dans les années 1860 abandonnent les références mélioristes et anticolonialistes pour ne retenir que limportance des indicateurs craniométriques de la taxonomie raciale. On retrouve un projet mélioriste dans le combat dAnnie Besant (1847-1933) en faveur de la maîtrise de la fécondité, comme le montre Marie Terrier. À la suite des avancées scientifiques de Charles Darwin, lêtre humain est perçu non plus comme immuable mais comme susceptible dévolution. Or le fait de considérer lhumanité comme une espèce capable de progresser ouvre la voie à ce que Francis Galton, le cousin de Darwin, appellera en 1883 l« eugénisme ». Les néomalthusiens, qui veulent agir sur le taux de natalité, trouvent sur leur chemin les eugénistes, qui veulent, eux, agir sur la qualité de la race humaine. Néomalthusienne, Annie Besant voit dans le contrôle des naissances un moyen daméliorer la « race britannique » et donc il est possible de trouver chez elle des accents eugénistes. Mais ses motivations sont avant tout socialistes (éradiquer la pauvreté) et féministes (permettre lépanouissement des femmes en réduisant le nombre des grossesses). En outre elle insiste « plus sur linfluence de lenvironnement que sur celle de lhérédité » et elle conçoit la maîtrise de la fécondité « comme un acte volontaire » quil nest pas souhaitable de réglementer, alors que les eugénistes visent à promouvoir des politiques démographiques. Doù une distance très grande dAnnie Besant vis-à-vis de leugénisme, distance qui ira croissant, comme le précise Marie Terrier, quand la socialiste néomalthusienne se convertira à la théosophie et ira sinstaller en Inde. Le combat féministe quAnnie Besant mène en Angleterre jusquaux années 1890 se poursuit au XX e siècle et se concentre en particulier sur le droit des femmes à exercer une activité salariée. Or, comme le montre Florence Binard  à propos des enseignantes dans lentre-deux-guerres, nombreux sont ceux qui assignent aux femmes le seul rôle de mères (et dépouses) et soutiennent les marriage bars dans lenseignement (interdiction
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professionnelle des femmes mariées). La vogue de la phrénologie est abandonnée depuis longtemps et plus personne, en ce milieu de XX e siècle, ne défend la thèse dune infériorité cérébrale des femmes. En revanche il y a bien une forme de racialisation de « la » femme, à laquelle on attribue, en raison de son corps, un destin social déterminé, celui de lélevage des enfants. Lessentialisation des femmes est un processus tout à fait identique à celui qui est en uvre dans la démarche raciste. Le Noir, comme « la Femme », se voit reconnaître des qualités morales et des défauts qui lui seraient naturels. Il sagit dans lun et lautre cas de lenfermement de personnalités riches et multiples dans un « stéréotype », cest-à-dire, pour reprendre létymologie du mot, dans un cliché rigide (e«m cplriceihnét eob 1 tenu  pstaér récootulage de plomb  rdiagnisd ifuinc atfiloann  (ocue sut nlee  » ). Le ype est donc une sens du mot grec στερεός ) dune réalité psychologique mouvante. Cest le stéréotype de lIrlandais quétudie John Mullen au travers dun corpus bien précis : les chansons de music hall des deux premières décennies du siècle dernier en Angleterre. Il faut se rappeler que durant des siècles les rapports entre lIrlande et lAngleterre furent des rapports coloniaux. Les Irlandais étaient stigmatisés en tant que colonisés, population famélique inféodée à lobscurantisme papal et dont on disait aimablement quils se reproduisaient comme des lapins (on les caricaturait aussi en singes). Maurice Goldring explique bien cette « racialisation », qui survint lorsque la loi démancipation des catholiques de 1829 permit aux Irlandais daccéder au pouvoir politique 2 . Dès lors que la barrière religieuse ne fonctionnait plus et que certains catholiques senrichissaient suffisamment pour ne pas être arrêtés par les critères du cens, on recourut à lexclusion raciale ; on inventa, comme dernier rempart, une « race irlandaise » ; on la caricatura dans Punch ;  on la moqua pour se protéger de ces sauvages celtes. Au début du XX e  siècle, il reste quelque chose de ce racisme dans le stéréotype du Paddy , être stupide, ivrogne et querelleur. Mais                                                  1  Définition de 1803. « Imprimé avec des caractères stéréotypés », dit le Journal de Paris du 3 vendémiaire an V. Voir le site cntrl.fr (consulté le 15 08 2012). 2  Maurice Goldring « Racialisation des Irlandais » in  Michel Prum (dir.), Exclure au nom de la race , Paris, Syllepse, 2000.
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