//img.uscri.be/pth/5c645436856f59a97f2b256fa921e222f984b399
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Retour à la source

De
411 pages

Le voyage de Grèce entrepris par Pausanias au IIe siècle de notre ère est une expérience concrète qui fait de chaque lieu parcouru, de chaque monument croisé, lorsqu’ils sont choisis à cette fin, une parcelle de l’identité grecque. Le système religieux dont le visiteur rend partiellement compte, en assumant fermement ses choix, est un ensemble de comportements et de représentations imbriqués dans tous les aspects de la vie des Grecs. Dès lors, le voyage à la source de la culture grecque dont témoigne la Périégèse se trouve continument alimenté par un tel matériau. En marchant sur les traces de Pausanias, les historiens de la religion grecque, à leur tour, collectent des fragments de cette vie religieuse en érigeant son œuvre en source de leur enquête. Mais ils sont tributaires des choix qui ont été opérés il y a presque deux millénaires par cet érudit venu d’Asie Mineure. Tenir compte de ces choix et replacer les données dans l’ensemble de l’œuvre qui les porte sont deux impératifs essentiels qu’analyse ce « Retour à la source ».


Voir plus Voir moins
Retour à la source
Pausanias et la religion grecque
Vinciane Pirenne-Delforge
Éditeur : Presses universitaires de Liège Année d'édition : 2008 Date de mise en ligne : 22 mai 2013 Collection : Kernos suppléments ISBN électronique : 9782821829084
http://books.openedition.org
Référence électronique : PIRENNE-DELFORGE, Vinciane.Retour à la source : Pausanias et la religion grecque.Nouvelle édition [en ligne]. Liége : Presses universitaires de Liège, 2008 (généré le 09 novembre 2013). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782821829084.
Édition imprimée : ISBN : 9782960071733 Nombre de pages : 411
© Presses universitaires de Liège, 2008 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Le voyag e de Grèce entrepris par Pausanias au IIe siècle de notre ère est une expérience concrète qui fait de chaque lieu parcouru, de chaqu e m onum ent croisé, lorsqu’ils sont choisis à cette fin, une parcelle de l’identité g re cque. Le systèm e relig ieux dont le visiteur rend partiellem ent com pte, en assum ant ferm em ent se s choix, est un ensem ble de com portem ents et de représentations im briqués dans tous les aspects de la vie des Grecs. Dès lors, le voyag e à la source de la culture g recq ue dont tém oig ne la Périég èse se trouve continum ent alim enté par un tel m atériau. En m archa nt sur les traces de Pausanias, les historiens de la relig ion g recque, à leur tour, col lectent des frag m ents de cette vie relig ieuse en érig eant son œuvre en source de leur enquête. Mais ils sont tributaires des choix qui ont été opérés il y a presque deux m illén aires par cet érudit venu d’Asie Mineure. Tenir com pte de ces choix et replacer les données dans l’ensem ble de l’œuvre qui les porte sont deux im pératifs essentiels qu’analyse ce « Retour à la source ».
SOMMAIRE
Introduction
Retour à la source : panta ta Hellenika
Chapitre I. Ecrire unesungraphè 1. Sung raphè et historia 2. Entre Hérodote et Thucydide 3. « Ce qui convient à unesungraphè »
Chapitre II. Leslogoi: passé, mémoire et histoire 1. La structuration du passé 2. Les facettes dulegein/logos/muthos 3. La part du passé, de la mémoire et de l’histoire Conclusion
Chapitre III. Lestheôrèmata: le présent de la visite 1. L’axiolog ie relig ieuse et latheôria 2. Rituels et fêtes 3. La place de Rome Conclusion
À la source de la religion grecque
Introduction
Chapitre IV. La pratique sacrificielle 1. Une brève historiog raphie du sacrifice g rec 2. Un lexique g énérique :θύειν-θυσία/ἐναγίζειν 3. Sacrifier « comme à un dieu » ou « comme à un héros » 4. Des vieilles et des vaches à Hermione 5. Mang er ou ne pas mang er avec les dieux et les héros 6. Les sacrifices non sang lants et les Bouphonies Conclusion
Chapitre V. Le monde des dieux et des héros 1. La structuration d’un monde plus qu’humain 2. La représentation du divin : les statues Conclusion
Chapitre VI. Cultes à mystères et autres secrets
1. Le lexique des mystères 2. Les secrets de Déméter 3. La Mère, du Sipyle au Kabirion de Thèbes 4. La visite chez Trophonios 5. Chuchotements 6. Retour sur « l’expérience » arcadienne : autorité et tradition Conclusion
Conclusion générale
Abréviations et bibliographie
Index des sources
Index des mots grecs
Index général
1
2
3
4
Introduction
Ce livre porte le titre de « Retour à la source », parce que l’expression est am big uë et que cette am big uïté convient à la double perspective développée entre ces pag es. D’une part, la source est le fondem ent et l’assise de l’édifice pa rticulier qu’est le récit historique. Retourner à la source est l’exhortation presque incantatoire que reçoit tout historien dès le début de sa form ation. D’autre part, dans un sens plus larg e et m oins technique, le term e fleure bon la notion d’orig ine. Être à la source, c’est fonder, dans le sens de « com m encer », de « donner une im pulsion ». La source d’une inspir ation est son prem ier m oteur, son fondem ent entendu com m e orig ine, ce qu’est ég alem ent la source d’une culture1. L’am bivalence de la notion de « source » ainsi dég ag ée rend adéquatem ent com pte des deux aspects de m a recherche sur Pausanias dans son rapp ort à ce que l’on appelle conventionnellem ent « la relig ion g recque »2. Tout d’abord, laPériégèse de Pausanias est un voyag e à la source de la culture de son auteur, la culture étant notam m ent nourrie d’élém ents que nous qualifions de relig ieux. De sur croît, cette m êm ePériégèse est une source d’inform ation privilég iée pour les m odernes qui tentent de com prendre le systèm e relig ieux des Grecs. En opérant son « retour à la s ource », Pausanias a livré une source indispensable pour les m odernes. Il s’ag it dès lors de com prendre la nature m êm e de sa dém arche, en fonction du contexte qui l’accueille — le voyag e d’un Grec d’Asie Mineure en Grèce continentale sous l’em pire rom ain, — et d’éva luer en retour la portée des inform ations qu’il offre aux attentes de ses lecteurs d’aujourd’hui. L’expression « Retour à la source » reflète ce double m ouvem ent. Cette réflexion, eng ag ée il y a déjà quelques année s, est née d’un rem ords. Dans le cadre d’un travail de thèse sur les cultes et la fig ure de la déesse Aphrodite3, l’évidence s’est vite im posée : le texte de Pausanias livrait la m ajeure partie des inform ations disponibles et c’est par rapport à lui que les autres tém oig nag es se sont org anisés. Toute la partie analytique de cette thèse est devenue un parcours effectué « sur les traces de Pausanias ». Il s’ag issait d’un clin d’œil au titre français de l’introduction que Jam es Frazer avait donnée à son im pressionnant com m entaire de laPériégèseplications théoriques de ce choix,. Les im surtout dans une étude portant sur les périodes arc haïque et classique, ne m e sont pas im m édiatem ent apparues. Form ée à l’école de la critique historique de Léon-E. Halkin4, j’avais évidem m ent pris un m axim um de précautions d ans l’évaluation d’une source aussi éloig née des faits dont elle était censée porter la trace. Mais le rem ords n’en a pas m oins surg i et a fait m ûrir le projet d’une approche plus g lobale de laPériégèse, une m eilleure estim ation de sa portée, des buts de son auteur, un e étude intég rée des inform ations « relig ieuses » qu’il nous livre et un questionnem ent éventuel sur celles qu’il choisit de taire. Un tel souci, qui n’est pas seulem ent le m ien, loin s’en faut, s’inscrit dans une historiog raphie relativem ent récente de laPériégèse. Et il est sig nificatif que le travail d’édition, de traduction et de com m entaire du texte dans les deux prestig ieuses collections, celle des Universités de France, d’une part, celle de laFondazione Lorenzo Valla, de l’autre, ait grosso modo com m encé à paraître au m om ent où Christian Habicht faisait le point sur la
5
6
7
Périégèse, d’une m anière très équilibrée, dans des leçons dé livrées à l’Université de Californie. C’était au tout début des années 19805. Rappelons toutefois que, dès 1890, W. Gurlitt protestait contre le traitem ent « atom isé » de laPériégèse6enbog en,et que O. Reg dans l’article « Pausanias » de laRealengclopädiedans les années 1950, appelait lui aussi de ses vœux un traitem ent g lobal de l’œuvre7. Pausanias est un auteur de plus en plus fréquenté, avec d’autres g rilles d’analyses, d’autres objectifs que la sim ple collecte d’inform ations pré tendum ent « brutes ». Plusieurs publications récentes sont autant d’étapes de la revitalisation des études sur cet auteur, que ce soit lesEntretiens de la Fondation Hardt surPausanias historienêm e, parus en 1996, la m année que lePausanias’ Greeceurg surKarim Arafat, le colloque de Neuchâtel et Fribo  de Éditer Pausanias en l’an 2000, paru en 2001, et le récentTravel and Memory édité par Susan Alcock, John Cherry et Jas Elsner8. Sans pouvoir encore rivaliser avec la bibliog raph ie consacrée à Hérodote ou à Plutarque, celle qu’a sus cité Pausanias a donc pris une réelle am pleur ces dernières années, sig ne incontestable, non d’une réhabilitation — elle est achevée depuis long tem ps — m ais d’une réorientation des intérêts. Un parallèle intéressant est l’approche ég alem ent réservée auBanquet des Sophistesd’Athénée. Publié en 2000, le fort ouvrag e intituléAthenaeus and his Worldarques qui conviennent à laponctué de rem  est Péri ég ès ed’Athénée estéclatée, l’œuvre tem ps trop long atom isée, tem ps : trop long désorm ais envisag ée dans son ensem ble et insérée dans l’esprit de son tem ps9. Tant Pausanias qu’Athénée ont bénéficié du renouvellem ent de l’intérêt pour la Grèce sous dom ination rom aine. Ces auteurs sont enfin entrés en lig ne de com pte dans la réflexion sur les questions d’identité que son appartenance à l’e m pire rom ain a posées à la Grèce10. L’« identité », et surtout l’identité « culturelle », est un concept à la m ode et, com m e pour toute m ode, surtout quand elle est érudite, on peut craindre que le term e ne finisse par trop em brasser, et de m anière trop lâche, pour être vrai m ent opérant11. Mais, au-delà de cette réserve qu’il faudra nuancer, la représentation que les Grecs avaient d’eux-m êm es a dû évoluer, tandis que se transform aient leurs rapports au pouvoir12. Un tel processus est antérieur à la dom ination rom aine im périale, dans la m esure m êm e Pausanias voit dans la g uerre du Péloponnèse le début des m aux de la Grèce, que la victoire de Philippe de Macédoine à Chéronée n’a fait que pr écipiter, jusqu’à l’installation du pouvoir rom ain13. Dans une perspective davantag e littéraire et inte llectuelle, le constat est parallèle. Ainsi, Philostrate fait rem onter le m ouvem ent qu’il a baptisé du nom de « Seconde Sophistique » à Eschine, l’opposant de Dé m osthène, em brassant de la sorte l’ensem ble de la période hellénistique et, du m êm e coup, les tem ps troublés de la perte prog ressive de l’indépendance politique des cités g recques. L’analyse de Philostrate associe im plicitem ent ces deux données, la Seconde Sophisti que et la perte de pouvoir. Les instrum ents rhétoriques de la Prem ière Sophistique étaient au service de la cité dém ocratique — athénienne, cela va sans dire, — les sujets abordés relevaient de la vie politique et sociale ; à partir d’Eschine, l’orientation aurait chang é, les discours devenant littérature, leurs sujets occasionnels et davantag e « historiques »14nous dirions — « culturels ». En passant presque sans transition d’Eschine à Nicétès de Sm yrne, qui vivait sous Vespasien et Dom itien, Philostrate associe cla irem ent « Seconde Sophistique » et iie siècle de notre ère. Mais en opérant, fût-ce sur un plan théorique, le lien avec la fin du ive siècle, il affirm e im plicitem ent la dépendance entr e le phénom ène intellectuel et littéraire qu’il veut décrire et l’affaiblissem ent politique d e la Grèce15. Le lien entre ces deux aspects, l’un culturel, l’autre politique, ne peut être nég lig é en lisant laPériégèse de
8
9
10
Pausanias. En effet, laPériégèse s’inscrit dans la période d’efflorescence de ce co urant, m êm e si elle n’en est pas une production caractéristique. Elle a long tem ps échappé à l’évaluation des œuvres littéraires de la période, à l’exception notable de l’ouvrag e de B.P. Réardon16sur lesCourants littéraires grecs desiie etiiie siècles après J.-C. paru en 1971. Il n’y a qu’une petite ving taine d’années que sa dim ension littéraire — au sens larg e du term e — a été prise en considération, avec une accélération ces derniers tem ps. Il faut reconnaître que ce fut la condition pour que le vœu de Gurlitt ou de Reg enbog en se réalise et pour échapper à ce que j’appellerai, d’une m anière im ag ée, « le syndrom e du fichier » ou celui « de la pioche ». De quoi s’ag it-il ? Le sérieux et la fiabilité de Pausanias ont depuis long tem ps été reconnus par les fouilleurs des sites qu’il a décrits. Mêm e si l’érudition allem ande du début du xxe siècle a pu douter qu’il fût autre chose qu’un com pilateur d e cabinet, le verdict des pioches a presque chaque fois soutenu la confiance que Jam es Frazer m ettait en lui17et la fiabilité que W.M. Leake pressentait déjà18. Mais cette utilisation de Pausanias sur le terrain n’a pas nécessairem ent favorisé une approche g lobale de son propos. Voilà pour le « syndrom e de la pioche ». Le « syndrom e du fichier » est dava ntag e lié à son utilisation par tous ceux qu’intéressent les questions relig ieuses : m orcelle m ent des inform ations, atom isation des références et, tout aussi problém atique, sinon dava ntag e, abstraction des données de leur cadre chronolog ique propre ou, com m e Claude Calam e l’a rappelé à plusieurs reprises, de leur cadre énonciatif particulier19. On peut s’interrog er sur la possibilité effective d ’échapper totalem ent à la lecture référentielle d’une œuvre com m e laPériégèseconservée et fait de. Elle est m iraculeusem ent son auteur un tém oin privilég ié de données aussi di verses que l’urbanism e, l’architecture, l’hydrog raphie, l’écosystèm e, les soubressauts poli tiques et m ilitaires de la période hellénistique, la vie relig ieuse et les traditions m ythiques20oisson pour. Quelle m l’historien de l’antiquité, plus que tout autre con fronté à une tradition m utilée ! Encore faut-il prendre un m inim um de précautions en évalua nt prudem m ent la portée de toutes ces inform ations, notam m ent d’un point de vue chron olog ique. Les certitudes de Jules Martha ne sont plus g uère d’actualité, lui qui écri vait, en 1881: «Lorsque Pausanias parcourait la Grèce, au iie siècle de notre ère, il retrouvait encore, en m ain ts endroits, les pratiques relig ieuses des tem ps antiques, vivantes et im m obiles »21. La vivacité des pratiques, certainem ent, leur im m obilité, c’est m oins sûr... La prem ière synthèse aboutie fut celle de Christian Habicht — parue presque en m êm e tem ps que la très belle introduction de Dom enico Mu sti à l’édition de laPériégèsela dans collection de laFondazione Lorenzo Valla22né l’im portance du travail. Tous deux ont soulig de Pausanias pour l’historien d’aujourd’hui, Dom eni co Musti fournissant m êm e une synthèse tout à fait rem arquable des présupposés m é thodolog iques qui articulent la dém arche historique du périég ète. À la m êm e période , au début des années 1980, Christian Jacob avait bien m is en évidence la part de l’im ag i naire dans la Grèce décrite par l’auteur. L’espace parcouru par le voyag eur est « un cham p d’expériences qui construisent le voyag e, la connaissance et l’im ag inaire des hom m es »23. Une étape supplém entaire a été franchie quand, dix ans plus tard, Jas Elsner a publié un article au titre un peu provocateur Pausanias : a Greek pilgrim in the Roman world24e de. Cette vision « pèlerine » du voyag Pausanias et l’analyse de son œuvre com m e une quête identitaire, fondée sur les données relig ieuses, ont séduit ou ag acé, selon les sensibilités de chacun. Et c’est là que se situe l’un
11
12
13
14
des défis de la lecture « g lobalisante » de laPériégèse: com éviter la subjectivité, lam ent surinterprétation et donc la projection dans ce tex te de préoccupations qui lui sont étrang ères ? La lecture référentielle a parfois atteint des som m ets en cette m atière, m ais l’option d’une lecture qui se veut plus g lobale — l ’œuvre dans son ensem ble et dans son contexte propre — ne perm et pas toujours d’y échapper25. De ce point de vue, l’ouvrag e de W. Hutton,Describing Greece. Landscape and Literature in thePerieg esisof Pausanias, paru en 2005, offre un antidote bienvenu26. Sa prudente synthèse dessine un arrière-plan g énéral sur lequel j’inscris volontiers m on propre chem inem ent, m êm e si nos préoccupations respectives ne se recoupent que de façon interm ittente.
*
Tenter de définir la nature et les m odalités du « r etour à la source » qu’est incontestablem ent le voyag e de Pausanias et, ensuite, m ieux com prendre la nature et les lim ites de ce qu’il nous offre pour appréhender le systèm e relig ieux des Grecs — Pausanias com m e « source », — voilà donc l’am bition de m a dém arche, que reflète l’articulation de cet ouvrag e en deux g randes parties. Ces deux parties s ont traversées par des chapitres num érotés continûm ent car la structure en diptyque n’entend pas briser l’hom og énéité de la réflexion.
La prem ière partie, intitulée « Retour à la source :panta ta Hellenika », propose en trois chapitres une analyse des objectifs que poursuit Pausanias dans son œuvre et des m odalités de leur réalisation. Le prem ier chapitre s’interrog e sur le vocabulaire que l’auteur utilise pour désig ner le produit qu’il soum et à son lecteur, c’est-à-dire essentiellem ent la notion de sungraphècun l’une des g e chapitres analysent cha e et troisièm . Les deuxièm randes orientations explicitem ent form ulées par Pausanias pour définir son m atériau : leslogoi, les récits, les traditions, d’une part, lestheôrèmataonum ents et, plus g , les m énéralem ent, « ce qui est à voir », d’autre part. Toutefois, la juxta position de ces deux g randes catég ories de données connaît plus d’une intersection que l’on tentera de repérer27. La réflexion sur leslogoi du deuxièm e chapitre scrute la place du passé, de la m ém oire, de l’histoire, dans laPériégèse, afin de nuancer les étiquettes d’« antiquaire » o u d’« historien » qui sont souvent accolées à son auteur28. Le rapport de Pausanias au passé est com plexe et ce chapitre voudrait rendre com pte d’une telle com plexité. C’est là que sont ég alem ent posées les questions de son statut d’historien — selon le titre desEntretiensla Fondation de Hardt à son sujet — et de la portée m orale et relig ieuse de son œuvre. La question du « m ythe » surg it aussi dans ce cadre. La réflexion sur lestheôrèmata», c’est-g ie e chapitre part de la notion « d’axiolo du troisièm à-dire d’une expression récurrente de Pausanias sur ce qui est « dig ne d’un récit », « dig ne de m ém oire » ou « dig ne d’être vu ». Il s’ag it de m esurer la part du relig ieux dans l’intérêt qu’il m anifeste à l’ég ard des élém ents concrets de sa visite et les raisons de ce choix. Le « pèlerin » de Jas Elsner est ainsi m is à l’épreuve . Puis viennent les rites et les fêtes qui, à coup sûr, appartiennent au reg istre dutheôrèma. Leur ancrag e dans le présent de la visite est m esuré à l’aune du tem ps des verbes qui en exprim en t l’accom plissem ent et du cham p sém antique des m ots qui les désig nent. Tout n’est pas dit à ce stade, car une série de rituels, notam m ent sacrificiels, est traitée dans la deuxièm e partie du travail. Mais ce prem ier volet analyse déjà les m odalités et l’efficacité de l’évocation — à défaut, souvent, d’une description — de ces m ultiples rituels. Et com m e le tem ps de la visite est aussi celui de Rom e, c’est à