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Serfs et mainmortables en France au XVIIIe siècle

De
386 pages
A la veille de la Révolution, le droit seigneurial de mainmorte, principale survivance du servage médiéval, est encore le lot de plusieurs centaines de milliers d'individus, dont il affecte la capacité successorale et la vie quotidienne. Mais, à partir de 1719, la condition mainmortable fait l'objet de vives polémiques. Cette offensive aboutit à l'édit d'affranchissement partiel d'août 1779 puis, avec la nuit du 4 Août et les décrets antiféodaux consécutifs, à son abolition.
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Serfs et rnainrnot aœs en France au XVIIIe siècle

@ L'HARMA TT AN, 2007 5-7, rue de l'Écle- P~t echnique; 75005 Paris

http:.www.limirieharmattan.cm diffusion.harmattan@wanadoo harmattan 1@wanadcfr

fr

ISBN: 978-2-296-083-6 EAN : 97822960836

Thierry BRESSAN

Serfs et mainmo tab es en France au XVIIIe siècle
La fin d'un archaïsme sEge

rial

L'Harmattan

Lgiques histoiqu es Clle cio n diigé e par Dinique

PulD

La cb etio n s'attache à h coscince histri que dg cutu rg contm pmin g. Elè accuœ dg travaux cosacré s au po ds de h durée, au ~ d'événements-cés, au façon ID n t de modèk u de sourCg histri qUg , à I invn tio de h traditio u à h co structio de gné ag ies. Lg anayse s de h mémoire e de h cm mémoration, de

Ihi storig raphie e de h patrimonialsation sont privié 15 ég, qui montrnt cm ment dg rI' résentationsdu passé peuvnt faire figre s de g iqug histri qUg.

Déjà parus Hug~ COCARD, L 'odr e de la Mec i fI France, 2007 Chu de HARTMANN, Char il-Hé lion,2007. Rb It CHANTIN, Pac u E singulies de cm mlist il ésist ant de Bône -é LiE , 2007. pli tqu il du Libun ais de ChristpheLuc ROBIN, Lil hm Deaze s à LuquD , 2007. Hugu~ MOUCKAGA, Vivre é m ur r à Rm e é dans le Made Roni n, 2007. Janine OLMI, Ose la parié syndicale,2007.
Jan-Chude DELORME, MarieChud e GENET-DELACROIX e JanMichel LENIAUD, Reconst uci a, e staun ta, in se fI valeur. HistD icism é m den ité du patim b ne 11p éen aux XIX é XX' sièclrç 2007. Gavin BOWD, Le DfIie r Ccmad . Adte n Lj une,2007. David MATAIX, L'Eupe dil évl11tas nataalil 1940-42,2006.

Paul TIRAND, Éin le DIOEON (1822
d'un cm m nad, 2006.

-

1894). L'itnénie

singulie
-

Hug~

MOUCKAGA, La Rm

ancifIne,

r

siècle avoJ.-c.

r

S. ap.

J.-C.,2006. Jean-Pierre GRATIEN, Maiu s Mu/? un soialis é à l'u t em ,2006. Jan-Rém y BEZIAS, OeD ges Bidault é la politique étm gèe de la Fnnce , 2006. Céciè BERL Y, Mat eA nD inet e é Sil biognp hil, 2006. Antn in GUYADER, La pue Idé~, 1941-1944. Dil na-caffBil fI Révl11t ia nat aal e, 2006. Jacques LELONG, Le Boage bubanais sus l'AncifI Régim ,2006. Rb t PROT, Ja n Tadi 11 é la nuv Il e ndio , 2006.

NtE I minaire.

arege e actual sée d'une thèse de L'ovrag présnt g t h vesio dot rot d'Histoire sote nue n 1996, sos h directio du Pr&se ur Jan Nicb as, à 1Uni vesi té Paris VII-Dn is Diderot, sur I:: suje suivant: «Le Proès de h codi tio mainlllD tab n France e dans k États vŒi ns (16611798) ». Plus précisémnt , k prm ière e dtlxièm e partig de h thèse initiale (vbme sIe II) ot été cosi déraln nt résumég, ah; que h 8 (vbme III), qui étudiait I::proès puh: de h servitude résidul:: à partir de 1760, a été cosev ée quasi intacte e même compe tée Égln n t, dans lovrag présnt, 1aire étudiée gt gS ntil:: ment Igpace français, k États vŒins ne sot évqués que de manière seodaire e n laiso aye h France Tout au b ng des pag s qui suivent, so t uti1iség un cet:ain nm re d'abréviations, cocmant principal::ment k indicatio s de so rce e de lID gtphie (au sin dg nts de bs de pag 0 dg Anmîg). En vici h lste Pur k roue s : AHRF : AnnalE histJ iqUE de la Révadu fimçais e. MlilDB : Mémir E de la 8 iéé pu r l'histJ ie du do it t des inst tt tus des ancia s pays bug uignons, ctB t rmds RHD, NRHD : Rvu e histJ ique de do itfn nçais t ét ange, qui g t dvnu~ ntre 1877 e 1921, h Nuvlle vue hisilJue dalii fnnçais t étmge Pour k dépôts d'archivg .
AN : Archivg Natioa1 g (Paris). AAE : Archivg du Ministère dg Affairg étrangre s (Paris). AD : Archivg départm ntak (Franc~ AC : Archivg communal:: s (Franc~ (ou AM : Archivg municipal:: s).

5

AGR: Archivg gné raI::s du Ryaume (Bruxk). AE : Archivg d'État (Bmu~ Suiss~ AS : Archivio di Stato (Archivg d'Etat, n Ital~ GLA: Gne ahndgarch iv (Archivg d'Etat, n AI:: mag~ Por k ID iothèqug : BN : Bihhèque Natioal:: (Paris). BM : Bib iothèque municipal:: . BU : Biblo thèque universitaire. BPU : Biblo thèque pub que e universitaire. BFD : Biblo thèque de h Faculté de Drit de Paris. BOAP : Bib iothèque de IOrdre dg avoats près h Cor d'appl:: de Paris (étab issement non pub ic). Ms : Manuscrit.

Enfin, il va de soi que sans I:: coc ors, sov nt actif, dg nm ID Sg pesong - prŒsurs, archivistg, co se vaturs 0 autrg - sb icitég durant ce b ng travaiJ lov rag n'aurait vraisembhlnn t pu vir I::jour, du moins g n soient doc totg vivm n t rID e ciég, n sous cette forme Qu'el particul e M. Jan Nicos, dot k cos it m'ot été dg phs préciux. ÉgI m n t, j'associe à Cg reme cim nts k diffémts rgnis mes 0 particul es qui m'ot autD isé gtciusme nt à rprdu ir~ e parfn; même m'ot forni, k diffémtg ihstratios du 1vre, à savo r h Municipalité de h vil e de Saint-Chu de (Mme ArnoH ), I::s Éditions du Pe ID (à Lièg~ , I::s Archivg Départm ntak de h Mus~ IAssoia tio «Prt-Ve ndrg d'abJ » (MI:: Quintih) e k NUg Histir et Siéés ur alE ainsi que MémiE de la SiM pur l 'histr e du dit t dE insttit ins dE ancias pays bugu ignons, cm t rmds (précédemmnt aœgs n MSHDB).

6

Introdcti

D. Un thème à reoco uvrir.

Aux peso ng k miux infl1ll ées, k te mes de «mainrnrte » e de «sevag » applqués à h France du XVIIIe siècle évoquent presque immédiatm n t dux nms. D'une part chi d'un écrivain céèl:issi m~ Vmir~ qui y cosacra I:: tot dmie combat humaniste de so ~dst nce . Et d'autre part, chi d'une tffe motage us~ véritab e lu de mémo re n h matièr~ h te re jurassin ne de Saint-Chud~ vaste seigurie ecè siastique dotée d'importants privilèg (jusqu'n 1789) e cib dg attaqug vol airin nes. D' aihrs, n 1878, à locasio du cntnai re de h mort du philf» p he, il fut décidé de h i érige dans h cité sanclaudin ne une statue commémorativ~ ave, ncastré dans I:: piédgtaJ I:: bste de so fidèle comtur n ctte affair~ lavoat Christin. Ouvre d'un scuptur baJ Marge rite Gage ur, I:: e ne dvait être inaugré e que nuf ans phs tard, dans un ci mat dg phs pém iqug. Cpndant n 1942 I:: fut démo tée sur rrlre du g uve nement de Vichy, à h rem che de métal e surtot pu favmb àh pnsée dg Lumièrg (dot totg k tracg disparurent ah; dg panmmx de rue baux) ; h phme tn ue par I:: rnze de Vmir e tm b à te r~ échappant ainsi à Ipératio e, récupérée par un hahant puis dépf>ie à h mairi~ I:: demeure symlqum nth sul:: pièce cosev ée de ctte prmière statue Il fal ut attendre I::s annég 1990 pour qu'nf in, après ln dg démarchg, une nove I:: ev re vienne cm bel:: vide hissé par h S eode GUffe mondial:: Inaug rée n 1998, h deuxième statu~ réalsée n gmde partie - novau cin

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tmés sur h vil e de Sarajevo e d'autrg Ji: s miltairg, gt due à un artiste miaq u~ Braco Dimitrijvic 1. N' gt-o pas ICIn présnce d'un témo gag particul èrement sigifiant ? Un témig nag d'un événm n t trp peu conu e néanmin s imprta nt de h fin de IAnci n Rég me français, à savir h mise n cause dg survivances servilg ,survivancg dont Igsntie se réduisait ab rs prg que to jo rs à une conditio mainlllD tab phs 0 moins b urde Mais ce proès de h mainmorte ne se lm ita pas à h stle actio de Vmir~ ni aux stlk campagg du haut Jura, ni ncœ à so abtisse mnt, fameux, de h Nuit du 4 Aôt. D'autres perso nag s, d'autrg Itlx, d'autrg événm nts dwnt impérativm nt hi être assoiés. À commnc e, ntRmm n t, par une b capitae: lédit nekérie n d'aôt 1779. Ainsi au débt du XXe sièce k historin s Arho se Auhr d e Piff e Cam re va in t-ik, au se n d'écrits diffémts, h nécg sité de débte tote étude du progs us révb utionaire d'ahio du rég me se gtlr ial n France par un «ame n attn tif de cet édit e de ses incidncg 2. Examen auque 0 porrait cosœ d'adjindr e létude d'un ce tain nombre d'épisdg pionies e inspiré. préparatire s, dot e eg; httlr de 1779 s' gt fit vrais embhlnnt Mah tl reusm nt hr avis ne fut gère suivi. Et si 10 «cpte h thèse de Jan Mil b sur e rég me féda I n Franch€ Cm té, pub iée n 19J, force g t de cos tate que ctte b so vnt mntio nné~ e a ftiJ k mgurg 0 événements qui lot précédée 0 inspiré~ n'o t suscité aucune voatio notab e

d'if

à Ihis tire - aye dg bs

Il «i sta doc un pro ès de h mainmorte s(gtlr iae e phs gnéramn t dg survivancg sevik n Franc~ e ceh dès h fin du Myn Âg Un proè s qui ne prit vraimn tune dimnsio importante qu'à partir dg dmièrg décennies du XVIIe s., date à h que e il cmmnça à conaître une prm ière pub icité e à suscite un intérêt cro ssant, h mise n phce de h monarchie a}"b ue hi squatœi nne n'étant pas étrangre à ce phénm ène Mais de fait, jusqu'à h fin dg annég 1750, e proès de h mainmorte dmtlfa g sentie e ment cofiné à h haute administratio, aux ceck judiciairg e à h lttérature spécialsée Et ma~ que qug su}"tantie s e prm tt tlSg avancég - h phpart inspirég, vire réalség, par e povir étatique -, e co servatisme seig tlr ial n h matière se révéhi t tojors dm inant, trovant même de tahtutlx port€parb n h pesone de quqUg juristg b urgig os e comtŒ.
I Sur tote s B péripétig autur dg dux statug vtair inn g (patrick) è Vuilm0 (André), VltlieChist in é la l'linm é p. 71-101. La statue actuè f ce! e de 1998, g t 11'r ésn tée n cov 2 A. Auhrd, «La fédalté française sos Lois XVI », La Révb p. 97-114 ; è P. Caron, Le di!; fédaux. Insùcto n. Reu Imprimeie Natinaf 1924, p. 5-6. 8 de Saint-CllUd~ vir Simn l! HaufJur a, CaMita, 1998, t'ture è p. 11. uta fança ise, 1. XIV, 191~ il de kt e é no e , Paris,

À partir dg annég 1760, h situatio se modifia nmlne nt, lédifice nun atif ftti autor du sevag résidue subissant ab s de pl: n fo e une prm ière b rdée d'importance. Sur e phn purmnt factue, dux épisdg g marqunt h transitio, 0 plutôt è tomant : il s'ag du cos idérab Nire ment - acte capital à maints égrd s - de h jurisprudence parlm ntair e parisinne sur lépi neux suje du drit de suitel e, n seod lu, de lédit sarde d'affranchissm n t de 1762 (por h Savoie ducal~. S'ajoute à ce te trame événm ntie ~ n arrière-phn, un pr6 od chang ment structur~ à savir Iavènm nt d'un cosidér ab mov B u inti:: etu~ cgitif, aye h prm b ion des Lumièrg. En France participèm t à ce mouvmnt Iém fB ce de 1«Enc yc1pédisme »(k prm res vbme s du célère diction aire virent e jor n 1757), h fun uhtio pém ique du ross Buis me (e Cunt soial parut n 1762), Iédio d'une nove écriture historique phs scin tifique e plus ambitiuse (nmmmnt glce aux uvrg de VtRir9; nfin - sosns m b e gsntie - h naissance de h prm ière dotrine écomique modme aye h physiora tie (à h suite dg traités pion res de QU8lla y). Cg divesg mutatios, acquisg d'm b ée à h htte cotre k survivancg servik, pe mirnt rapidmnt une lîtnsio e une amplficatio du proès de h co ditio mainmortab : ce dmit; dépassant h sue sphère du juridique, éhrg ah; considérab mnt so champ d'lîprgs io e dvint, à part ntièr~ pub ic. Il rejoignit même Iintérê t gv me mental crissant por k mimités soiju ridiques, c'gt-à -dire k ppuht ions sofITant d'incapacités de drit intérêt qui dvait s'lîpr ime aye fœe sos e rège de Lois XVI. À so tor, infun cée par Cg dynamiqug de fod, h dotrine 2 se révéh moins intransig ante, davantage humanist~ e un nm re crissant de juriscnsutg n'hésitèmt gèr e à s'élve r cot re h main morte.., d'autant qu'une attitude de ce type n trait parfaitm nt dans h vbté cotm pmine gmdissante d'unifre, vi>re de cdifit; e dri>t privé lîistant. Lg réprcus sions pratiqug ne dvai nt gère se faire attendre: h jurisprudnce e h eg;htio n (ave Iédit d'aôt 1779) abndon èmt PIW sivm n t, au fil dg annég, h cause de h sevi tude résidue e pour favD ise de plus n plus ovet:m nt ce de h 1b rté civie . No sans résistances de tot g srte s e à quqUg lîcptios irréductibe s près, notammn t au sein des deux parlm n ts b urgig non e comti> s. Aussi e s mesures abb itivg finak de 1789-1792 ne surg nt- k pas E nihilo: k vinmt - cet: g de manière lu tae e radicae - cor on e un progsus déjà sécuhir~ cosidérab ment accéléré dpuis une tmtaine d'annég .

I Sg prérogtivg sevie Le dri:t de suite 0 de purs uite perne ttait au sfgur d'«ecc il crativg à I «t ériur de sa se g urie. 2 Entt1d Ii: sos ce terne gnér ique usuè I flse mbè de It I ttérature juridiqu~ c'gt-à-d ire des prd uctions écrites des juriscnsutg.

9

Ls quatre dmièrs décanis du XVIIIe s. Nêtat doc une imprtance primrrliaè : k fu ment è cœur, lépicatre du proès de h main morte., e par co séqua t è suje sse ntiè de notre étude Afin de miux a CID!: k dive s aspe ts, è s dwe nt aussi être av isage s, mais sse ntiè mat à titre comparatif, par k airs phiqus cotigës à h Francel. Cocr ètmat, k puve nt se divise a quatre tm ps, qui fimmt autant de chapitrs distincts. Le premie, covrant une phase ds phs imprtante s, ù partisans e détracteurs de h mainmorte se Ivr èm t un vif cmbt, s'arrête à lannée 1771 avec h signature par è sov ea in sarde du céé b e édit de rachat des dm ts seigneuriaux a Savoie. La g ande affaire des «sefs du Mot Jura» ocupe de manière incontom ab h péride sptnnaè suivante (1772-1778); è e coféra au proès du se vag résiduè une puissante impukio, ntRmmat quant à sa pukité . Dm inée par h persnnalté écrasante de Vb taire e riche d'événm ats e d'idés, è nécssit~ ma~ sa rehtive l:ièvœ, une étude attntive Une trisième étap~ s'ov rant sur h prmugtio n de léd it français d'aôt 1779 e abtiss ant au débt des événm ats révbtio nnairs, anayse une décani e qui atéri ne h défaite de h coditi 0 mainmorta~ achvant de hi aliéne, du moins dans hr glnd e majrité, k élts pasants e gvmants. Enfin un quatrième e demie ~ compmant h péride 17891798, me un te me final e lutal au proès a faisant disparaître par une série de msurs eg;hti vs tot sevag résidu~ d'abJ a France puis, par cotaW révb utionnair~ dans h phpart ds États Imitrphe s.

I

Il s'ag ici principain nt dg Pays-Bas méridionaux (pays de dri:t co tumier), dg Etats

mose -rhénans frnta I es (ave hrs «tnsin s françaisg) è nfin des pays sahudo -rman ds (à cmmnce naturinnt par le duché de Savo ,. 10

Clché

Municipalté

de Saint-Clmde

La novel ~ statue Vh1 ire à Saint-Ckud e Inscriptions sur ~ piéds tal (sur tro s dg quatre faces). «Vb taire 1694-1778. Christin. 1741-1799 ». « A Vb tair~ e s citye ns de Saint-Ch ude 0 t vult consacre ce monumn t comme un vivant témo g ag de h reo naissance des petits-m des set's du Mot-Jur a. Le peu que nu s gagnons par not e sbi' été t le t avail de tJ s les p us n 'e tp iJ nt à nous. C'estjt siee que nous dm andus . Christin (Lg Déance s) ». « A Christin, maire de Saint-Ch ude, avo at au Pare ment de Bwnço, membre delAs sm b ée natioae , col ab rater de Vb taire pour laffranc hissm n t des set's du Mot-Jura. On vus du nell une plus bé le fêt l1 FllncheCtn é, quand vu s aure hi' sé pour pms le fi de cib yens l1 chaînés par le in e. Vb taire (Utrg) ».

Il

Chapitre I. Mainmorte et servitud dns le space français.

tarif ve

A. Un cmpl exe juriÜJ.ue partieul èrement dos e.

Loin d'être une survivance rare e archaïque cantnnée à quqUg cntrég montaguse s 0 à quqUg réfps fIDtal ières tardivemnt anmïég, clch é que ln put mahurnse ment tojors ire dans d'assf/: nombrnx manuk e autrg ovrag s gné rai stg, I:: seva g résidu~ que ce fût à h fin du rège de Loi s XIV 0 à h vi: I:: de h Révoht in, cncmait dans I::ryaume de France une vingtaine de «pays », phsiurs cn taing de mil iers d'individus e b n davantag ncre d'arpnts. Ctte zoe d'ombres de h soiété rural:: d'Ancien Rég me, mal étudiée ma~ quq Ug mongtphig de qualté -, n' gt dnc nuln n t sendair e e rprésnte même un champ d'invgtigtio n d'un g and intérêt, sole itant to tg k discipin g ,0 pu s'n faut, de Inquête histriqu e Mais d'atrl il gt nécgsair e de passe par quqUg dévppme nts juridiqug, qui, dfrièr e hrs appam tg austérité e compacité, reèht une vraie richg se. Du moins ivmt-ik de nm msg e indispnsab s cE; por compmdre k diffémtg pém iqug autor du suje

13

Et déjà il faut s'ntnd re sur è s te mes. De serfs de CqJS, attachés à h gb 1e physiqumnt somi s au bn sig tlri aJ tk qu'il n «ista n France de manière imprtante jusqu'aux XIV€XVe s., il n'n su1mstait ab s phs gère Cet:g , ququ g cotume s ffici è mnt rédigég 0 quq Ug teri es baux hr consacraint tojurs dg articè s ; mais il s'ag;s ait ah; è phs sovn t de t«t g ancins, rID ota nt au XVIe s. 0 au tot débt du XVIIe e ne corrg pondant à aucune réal té un siècle e dm i phs tard, 0 ah; è nm œ d'individus cocmés était réduit e é néficiait d'aménag ments pratiqug cosidé rab s. En fait, dans k proincg toch ég, h sev itude avait ass!/: tôt conu une évoht io do b : è è avait, presque partot, ptl à ptl quitté è CqJS e h vie qutid inne de lindi vidu pur se cantone à Sg b ns e à Igpérance de sa succession. Dg drit s sev ik traditione k que è Myn Ag tardif avait egés, è drit de mainmorte2 s'était impsé e avait è mitlx résisté à lu sure du tm ps, trouvant même n de nmb tl x n dm ts une dtlxième jeungse D'à un g;se mnt sémantique e kicaJ très ne au XVIIIe s.: aux dénm inatios issug du vitlx mot htin Sf! VUS, h hnge préférait ah; m pye è mot de « mainillD tab» e Sg dérivés. Il n'n dme ure pas moins que sove nt, n Franc~ à côté de h mainmorte e à un niv6u d'imprtance
moindre - sauf dans quqUg ZOg h'aing, akaci nng, brriJ;g e 3 champnŒg -, au sin de nm œ de rég mes tardifs e sos dg fimg e des termin~ très divesg , povaint survivre dg taxg 0 sevicg régies spécifiqum n t sevik (capitatios, taik, clJVég particulèrg), un drit de fl1lla riag pénalisant h lhé matrimoia~ 0 ncœ un drit de fi:fuy ance (0 de rachat) sanctionnant une b gtio n de résidnce 4. Mais Ne nos à Igsnti~ au drit seviè gné rainnt è phs hcratif e doc è plus recheché, du moins n France: è drit de mainmorte Il s'ag;sait, rappè 0 s-~ d'un drit pem ttant au seig tlr én éficiaire de récupérer h successio, phs 0 moins compêt~ de lindividu assujtti 5. Sh Piffe PtQ h mainmort~ rID otant au phs tard au déb t du XIe siècl~ décorait du statut dg gchve s affTanchis à 1épque franque; jusqu'au débt du XIIIe s., è s'applqua églnnt à cet:aing vil g e doc à dg ppuhtio s liB ;è
C'g t-à-dire attachés à hrs terg 0 «pl 0 tatins, ne pouvant !b ID nt se déplice. L'«prgs in, née sos sa time litin e par Ii plume du jurisconsulte ita! n Ime ius à Ii fin du XIe siècè puis francisée è «ppuliri sée» spt cnt s ans phs tard par Mntgqui6, dvint d'usag cm mun à Ii fin du XVIIIe s. è au siècè suivant (Rime histJ ique, 1921, p. 220-242). 2 A ne pas cnfn dre ave I apphtin hmnyme dnnée à Ii même épque au régne dg « pesnng mmk » : cmmunautés re!g i6Sg , coeg, hôpitaux è autrg crp mtins. 3 En fait, passé è prm ie tiers du XVIIe s., Ii sevitud e avait pratiquID n t disparu dg hi! ag champenois, de même au débt du siècè suivant pur è Barrœ. 4 Le timariag était aSSii:rare dans Ii France du XVIIIe s. ; è n Borge ducaf ù il n'était té ré que s'il était cnsigé dans k teri es è autres titrg seig6ri aux, il rpr ésntait à I évide ce un d~ suppèm ntair e dans Ii sevitud e En otre , dans k si:g 6rig de I Est, il était so vent difficiine nt dissoiab è de Ii frfuy ance 5 P. Ptt) «L'orig ne de Ii mainmorte sevil e », RHD, 19 (4e série), 1940-1941, p. 275-JO. 14
I

dvint nsuit~ ass!/: vite (et n commençant par h réw pansmne dès I::XIIe s.), une charg étroitm n t associée à h rural té e au servagel. En même tm ps apparut, aussi, sur h gt nde majrité du sb français e commença à se fixer une échappatir~ n d'autrg tern g une évn tualité qui prévn ait h prise de h successio par I:: siger: h présnce h; du décès, sh k ndrits ,sit d'au moins un dgcndant, sit d'au moins un héritie communie (c'8t-à-d ire vivant n communauté ave I:: défunt)2, sit, situatio h phs lfual:: ,de lun dg dux - h communauté 0 cm munio nécgsaire ici étant I:: phs sovnt d'hahati 0, de Ins e de dépnsg 3.
Une fu; ce te définitio psée, quI::qUg mots sur une sorc e fécode de

pb émique s'avèmt nécessairg : létymo g du mot même de «mainmort(}) - mot prgq ue tojors rthg aphié, jusque dans k dmi èrg annég du XVIIIe sièc~ ave un trait d'unio (<< main-mrte »). En ffe, ctte étymog vit b ngtemps s'affTnte dux thèsg. Cet:ains auturs éminnts, tk Ihistrie n Guichno 4, I:: kicgtphe Furetièré, larrêtiste Brih, lavoat Bay 0 1« Encycpédiste »Boche d'Arg s, évq uent, por ri g ne p&Si~ vire prab ~ une ancinne pratique particul èrmnt arbre qui aurait été n vigur au sin de quI::qUg proincg septn trional::s. «Ce mot de mainmort~ précise ainsi I:: SavŒin Bay, sembI:: avir pris so riWe de ce que quelju g se ge urs après h mort de lITs mainmrtakl, avaient drit de retire hrs raki e k chœ k phs préciusg de h maiso ; que s'il ne se mcotrait rin dans k Ins du mainmorta~ ah; 0 hi copait h main drit~ qu'o tITait au sIgur por marque de sev il:: cod ition: ce qui s'kevait n quantité d'ndrits »6. Ctte thès~ rpr ise e amplf iée dans h secode moitié du XVIIIe s. par lavoat gnéral Ségie (h; d'un fameux réquisitir ~ e, à sa suite, par ln sembI:: des détracteurs de linstitutio seve (à lim ag de VtRir9; ave I:: desse n évidn t de jte sur ctte dmière un discrédit moral suppem ntair~ apparaît rapidm n t cmme pu réalst~ vire fantaisiste En ffe, cmme lot tôt
Ca: e spécifité mutipe suffit, dans It Franced g XVIIe XVIIIe s., à distinge It mainmrte d'autrg préêvmnts SUCCgS ux pavant présn te ave e dg ressmb ancg time B , œ cm me e droit d'auhin e (ab rs n ne décln) a e drit de otard ise 2 La cmmunauté a cmmunin mainmrtab était, n g néra) «tacitô> (tern g synn ymes: «taisib »,« nature »), c'gt-à-dire qu'à I riWe e n'avait pas b soin de contrat pour se fnnc ; cI' nd ant, n cas de dissbtin (a séparatin), e ne pavait se rtime r qu'ave I assntimn t si:ge uria) e e devenait aIrs conventionne e . 3 Principae «ce ptin à ca: e règ : n te re de dra savyard, I rig ine de It cmmunauté mainmrtab ne pavait être qu'une indivisin succgsœe (d'où B nm s de «cdivis6rs »a «cndivis6r s» donés ici aux cmmunies), elhahatin cmmune n'était pas n:]uise . 4 Guichenn (Samue), HislE de Bese é de Bugy, cutJant ce qui sy et passé de fmbl e {..] Divisée l! quat e liVE, Lyn ,1650. 5 Dans It prm ière éditin ,p&thume ,de sn céê œ Diet unaie (1690). 6 Bay (Gaspard), Tn ité de tÛllable é l'linm tlble s..., Anney, 1699, p. 15 (dans crtains textes e nm de laut6r gt parfois rthgtp hié« Baiy »). 15 1

rm arqué cetains juristg kicge Si e comme la définitivm at démotré un érudit b g du siècè dernre, è bra de Riffu b rg2, ce usag fut diffusé par une chronique médiévaè anoyme (e no dénuée d'invraism b ancg), è Magnum ChfJicfJ Blg ii, qui laègait por e pays léS; avant un prétendu afITanchissme nt b al décrété par I évêque Adab ém II ves 1126. De Il, il avait passé dans k écrits d'un nm re non némb e d'auttlrs, b g g puis français. Ph s sérieusmat, è voab de« mainmorte », a htin ln nusm tua, sm b e chirm a t pnmir de h sigificatio n altraite du mot «main» (anus ), à savir h puissanc~ h maîtrise d'une ch~ - a quque srt~ comme è note Jean Bart, « I équivaht de h prp riété »3. Au miltl du XVIIIe s., rpre nant ce qu'avaient déjà «po sé d'autrg cmm ata ttlr s brg uig os (te Pie re Taisand), è pr6 g seur dijonais Bannie résumait Ipini 0 majrita irmat admise a so tm ps, de h srte :« Le terne de mainmorte sigifie que h main, qui g t è symbb de lautrité, n'a phs h même vigtlr, n' gt plus aussi ag;san te por k dives actg de h soiété civi~ que chI/: k hmm g de franche cod itio »4. Ptl de tm ps avant h Révbtio , Ihistrie n Chud~6p h Pereiq portant hftiè aux survivancg sevik, faisait un sort définitif à h thèse de h main copée :« Si ce hmmag dégtant e b>:arre a jamais tl ltl, jamais du moins il n'a été ID commun. Cpa dant è mot anus-tn ua étant gnéraln a t répandu, il gt évidat qu'il ne dérive pmt de ctte cérémoie, 0 ré~ 0 suppf>ie »5. Il gt aussi à solgI; comme è fim t è même Pffeib e quqUg autrg érudits du XVIIIe s., à lim ag de lavoat Mirbk, que è mot francisé (<< main-lllD tt;» , « mainmorte») gt rhtivmat tardif: ainsi a pays cm to s, il ne paraît gère antéritlr à h seode moitié du XVIIe siècè Quittos è domaine kical por è domaine juridique Et rapphs , a préambu~ qu'avant h codificatio napoèoiane de 1804, lanci a drit privé français différait d'un bil lag vire d'une sigtlri~ à lautr~ car il était réparti atre de nm b tlSg cotume s généraè s diffémtg , prgque totg rédigg aux XV € XVIe s. e comprtant à hr tor dg cotume s bak phs

I NtRmme nt Ducang (Charlg Dufrg ne, si6r) ,Glœaiu m ad scipt e riiae é infirœ laini ùis ,1. IV (éditio yon aise de 1688 Q éditio parisinne de 17"$, co! 486. 2 Ru:qu e sur dflX acé s de HBt II é de HBt III, ducs de Babant (12 p.), dans Nuvllux inn b e s de l'AcadéiB v yale de sciB ces é de bUe -lé e s de Bn xé le , vbme VI, 18B . 3 J. Bart, La libt é U la t La mntn B Buggn e au siècle de LuœH , Univesité de Dijo-CNRS, 1984, p. 7. 4 DavtJ (Gan è) è Banne! e (Jan), Taié s sur dive ses rdè e s de diJ fançais à l'usage du ables). Duché de Boug gn e ..., Dijo, Sirt) 1. 1,1751, p. 105 (dans Sg Né s surles mntn 5 C!- J. Pe recit) De l'éùt civil de pHune é de la cu ditu de t dans le Gaule, dès le é f'8 cé iqu e jtsqu'à la éda etu de CUÙ 81 s, Paris, 1851,1. l, p. 500-501. 16

l, sans ote qu'une ptite moitié méridioae du teritire o moins fficik était de «drit écrit », c'gt-à- dire rég par e drit romain. Dans h fret de Cg règ, h mainmorte sIguriae , quand e apparaît, présnte une gmde variété sur de nm re ux aspets. Ainsi h mainmorte était-ee dite« peson e »0« de CqJS », lsqu 'e e se transme tait héréditairm nt e ne pov ait être quittée que par un co trat d'affi'anchissm n t cosn ti par e sIgur . Ee était dite «rée », lsqu 'e ne se transme tait pas héréditairme nt e ne fTappait à 10 rig ne que dg fnds spécifiqug , qu'il suffisait doc de rgtitue pur ne phs être inquiété. Dans e prm ie cas, lind ividu povait être pl: nement qualfié de« mainmortab », e e sIgur pur faire vair Sg drits SUCCgS roux «cptionk quand so dépndant murait à I«t ériur povait use du« drit de suite»; dans e second cas, c'était gsntiln nth tffe 0 Iha b tatio qui était mainmortab L'étndue d e 1« échute », tern e brg uignon cmm de désigant h successio cofisq uée par e sIgur n vetu de so drit de mainmort~ povai t églnnt varie d'une cotume 0 d'un tero ir à lautre Ainsi povaite prte sur Insm b e du patrimine , sur tot 0 partie du patrimine moUe (<< mainmorte de meuh ») 0 sur k suk ms-f ods sevik (<< mainmorte d'héritag »f Dux rpèrg simplg, cpndant, sot visih. Tot d'abJ , dans h France du XVIIIe s., hnn is e sul cas ntR b de h LlI'aine e - à un moindre d~ - de quqUg fifs de bss e Akace, h mainmorte pesone affetai t de manière quasi systématique Insm b e de h SUCCg sion (mU ière e immUèr9; ù qu'e se trove De mêm~ lm mis h Marche (e nco re un important arrêt de 1693 m du par e parIDnt de Paris W mait n partie ct! e «ce ption marchi> s9; h mainmD te rée e ne frappait que k te ns-fonds spécifiqum nt re onu s cm me mainmortah, hissant ainsi tranquil e h SUCCgS moUère ion La situation se cm plique lsqu e h main morte gt à h fu; pesone e rée : 0 ntre als dans laire des deux Burg g ne cotumi èrg (Duché e Cm té)3, Ù 10 mcotrait k phs fiig cocntrat ios d'individus e de terrg mainmrtah. Là, h mainmorte était dite «mixte»: n ffe, no seulm nth fil ation (patm e ) mais aussi Ihahatio pndant une année révbe sur un« me x »4 tnu pour mainmortab suffisaint à md re ququ' un mainmorta~ e doc suscptib à so décès de Nes e h ttRlté de sa SUCCg sio à so s(gur. Afin de répare ce préjudic~ h cotume ne hissait au novau main mortab que dux pasiU tés de se Œn; sit
I Le pint de départ de It rédactin dg cotumg n France fut It gtnde rrlnnan ce de MntU es -To rs de 1454. 2 L'ancin terne juridique d' «héritag »gt synn yme de «I:n -fonds ». 3 Lg tong de« Cmté de Borge », «Cmté »è «Franche-Cmté »désignt It même pro ince. 4 Terne brgig aye sa résidnc e Sa I hahatin ruraf nn usue désigan tune «pl:tatin lM ie 0 nn, è B ter g dépn dantg.

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laffranc hissmn t cotractu~ tojo urs somi s au b vob ir du sig tIT, sit une proédure judiciaire particulèr~ à h fu; vb ntaire e oéms ~ nmmée « désaveu ». Par e désaveu, e mainmortab abndonait à so s(gur so me x e ses autn~ autn~ fonds sevik baux, ainsi qu'une partie de sa fifune motière 1; ce n'était qu'à ce prix qu'il ggait une pme 1Tanchise Dans Igpace brg igo e cmtis, h mainmorte s'était même à partir dg XIIIeXIVe s. étendue à dg b altés e à dg sIgur ig ntièrg, tant e si ln que de nm hi Sg communautés vilhg ë Sg connais saint ici h «gnéralt é de mainmorte », ncœ appee çà e fi «mainmorte univese »: dans Cg ndrits, tot In-fn ds était présumé mainmortab à défaut de titre 0 d'usag co traire, e c'était au tnancie de faire h preuve de h 1Tanchisede sa terre Ce qui transfu mait doc h tffe brg ignonne e cm tise n une mosaïque compe x~ compsée de zo g de Ihé e t de ZOg de sevitud e; il gt à nte que parœ institutio se mcotrait égln nt, mais à moindre éch~ n BIry, n Ved unis e n «LlI'aine amande »2. Qu'il sit peson~ rée 0 mixt~ qu'il 1TappeInsm b de h SUCCgS io o su e ment une parti~ qu'il accpte 0 no que h présnce de dgcndants 0 de col atéraux communie s hi fasse b stac~ e drit de mainmort~ quand il était avéré, n traînait un résBu de charg e d'incapacités, phs 0 moins br dg sb n k ndr it s e ayant un jI:tif cmmun: h prtetio de léchu te prévisib . Prmi ère toch é~ h capacité cotractue e (alénatio n, donatio n tre vifs, hypothèqu~ capacité tgt amentaire) du mainmorta~ qui s'n trovait ln sûr cos idérab ment diminuée De fait, 0 atte gait ah;, gnérae mnt, h p8antur h phs brd e du régne sIgur iaJ pgantur no su e ment écoo mique mais aussi psychb g que C'était particulèrm n t net n Bo rg ge e Franch€ Cm té, Ù dpui s e milu du XVe s. une shie armature nnnative 3, rhyée par h Itt érature spécialsée e h jurisprudnce pare mentair~ s'était tissée autor de h mainmorte e de sa défnse : h « mainmorte mixte» sm b e doc ln avir représn té I atteinte h plus fife au «dmaine utie »4 du tnancie r sur sa tnure Por pmv~ lactio « en vidmain »n Borg ge ducae : e pem t'tait au sig ur de cotr aindre tout acquém r forain, c'gt-à-dir e étrang à h sIgur i~ d'un ln
I En Cmté, e s deux tiers de ses Ins meuJ>, ,que e que fût e ur b cal satin; n Duché, It ttRl té dg Ins meuJ>, situés dans It Sfg urie cn cm ée. 2 Nm de It Lrr aine g rmanph n~ ce qui crr g pond à I actue départm n t de It Mosel e (ou pu s'n faut). 3 Pur e t«te dg articB de It coutume comto se re atifs à It mainmrte (titre 0 chapitre XV de It cotum" se reprte à IAnn«e II. 4 Rapphs que It prpriété d'une tnur~ rifant (par définitin) d'une Sfg uri~ n'gt jamais cmpête Sh It thérie dite du «dob domaine », qui rég ctte matièw au« dmaine dire t» (à It «dire te ») du seignur se supepe e e «dm aine utie »(0 «prpriété utie ») du tnanc ie : même si dans It phpar t des cas à It fin du XVIIIe s. sn domaine utie gt très étndu è quasi pepétu e (porvu qu'il acquittât B droits sfge uriaux), ce qui e faisait assimie r à un quasi prpriétair ~ e tn ancie D dinaire n'a qu'une prpriété diminuée au regrd du droit rID ain. 18

mainmortab de e vndre dans e déhi d'un an à un sef bal sos pine de confiscatio pure e simp~ e ctte action était impn~criptib 1
Possos lanayse phs avant. Un «ame n attnti f du vaste cq:ms dg cotume s du ryaume montre que 57 cotume s terÏtD iak, homogég par e pov IT royaJ dot 24 cot umg gnérak 2, mentionaint ptl 0 pro - ch povait aè d'un stll artice à un chapitre n tie - h survivance d'une mainmorte 0 d'un autre rlquat sevie dans hrs ressrts 3. Au XVIIIe s., une bn e partie de Cg ressrts cot umie s ne cona issaient phs cocrètm nt de se vag résidu~ à!im ag par «m pe du Brrlhis, des pays hndais 0 du Béarn, à e s de nièrg indicatio s de sefs (0 disait Il dg «qUg taux ») remontaint au phs tard au mil tl du XVIIe s. e à aucune fu me de mainmD te rée ne s'était fixée Égè ment, il faut ajote à Cg tffg de drit coutumre, quqUg tffg de drit écrit, à e sevag e résidue était toj ors mntioné. Et 0 mait ah; un vaste gpace dmi- circuhire ahnt du Massif cntral à h Savo e eaux Ardnne s (accompagé de quqUg ZOg linng ), gpace majritaire ment cn tral e rintal à e régne sIgtlrial était déjà, n dhœ de tote réminiscnce sevi~ particulère mnt want. La mainmorte pesone sévissait ainsi n bs Bery 4, dans e Mnvan nivmais, h réw de LuxtliJ e Ve dunis, h LlI'aine francophoe (surtot n ses te rg v~ng e jusqu'à laffranchissmn t de 1719), h Savo e (à e se nmmai t h «tail aH té pesone e ») e, à un d~ moindr~ h Cm b ai~ e Barris e h bsse Champage Sans être marquée par h prédm inance de h mainmorte (ici dépassée n imprtance par lattache à h

g~
bsse

h servitude peso ne «istait ége ment n «LlI'aine al mande », n Akace e, de manière cofidnti~ n Pethis ; quant au «drit de

mote », vesio lin ne du sevag de CqJS cantonée à h prgqu' îe de CrI(!0 , e dernier témoigag cocrt de so «istnce smb date de 17125. La mainmorte rée était phs tnace e sov nt mitlx cosidér ée 0 pm ge par k t« tg no matifs, ph s disets sur Cg diffémt s régimg. C'était particul èrmnt ne n matière de prove n ffe, n laooce de lévntue titre co stitutif (cas de b n e plus cm mun), auttlf s e tribn aux dg XVII€
I Un procédé quasi idntiquœ xistait dans e s seigneuries servik b rrichnng è voouni:J>g . 2 Dans e ctpus dg cot urnes te rito iae s rédigég , une cotu me bae ,0 «usement », ne cncm ait qu'une aire rgtre inte (e plus souvnt une simpe sfge uri" une 0 quqUg matièrg précisg è se définissait tu jo rs par rapprt à une coutume gnéraf au tEte è au rgsrt Itucop phs imprtants. 3 Pur It Iste è It cartog aphie de Cg cot umg, se rprte à IAnn«e 1. 4 Apprni mativme nt ntre actue départme nt de I Indre Au déb t du XVIIIe s., k principak seige uries servg Its- kichn ng étain t du nn:! au sud: e marquisat de Châtaun6f, It Itrnnie de Lignièrg, It Itrn nie du Châd; e cmté de Châtaummnt, It Itrnnie de Sainte-Sévère è nfin It Itrnnie de Bossac. 5 Espinay (Gab iel d'), «L'ancin drit SUCCg soral n Basse-Brtag e », NRHD, 19, 1895, p.288-289. 19

XVIIIe sièce s se cot nta ient, n gnéraJ de simpk éèmnts distinctifs 0, à défaut, d'une sue reo naissance por h mainmrte purm n t ré~ tandis qu'ik dm andaint au moins dux reconaiss ancg raison amnt gpacég por h mainmD te peso ne (e mixt~ 1. Sur h cart~ h mainrnrte rée se montrait ln présnte n Nivmais , gS ntie mnt dans e pht pays (ave e « trlhg »), n Borbnais (ave h «taie rée b), n bsse Auvrg ne (avec 1 «emphytése conditionée »), n Marche (ave h «coditio mortaihh e h «sevitu de cotumi èrt» 2, n Savœ (ave h «taih Hté réel e »), n Franche-Cm té (à dux édits de 1549 e 1606 avaint institué une mainmorte purement rée ~ e, de manière phs «cntré~ n bsse Brtage dans e TrégTI; e autor dg monts d'Arrée (avec h «quévaise»). Un autre rég me bs-b rtn présntait égè ment une r8Se mbhnce certaine ave h mainmorte ré~ tot n s'n éb g ant par d'autrg aspets: c'était e «dmaine congab » rohannais (sb n lusm nt de Rhan) 3. La phpart de ces rég mes foncies étaient nés aux XIII €XIVe s., sovnt d'aie urs à h suite d'affTanchissm n ts de se fs de CqJS. Enfin, n'm t'tos pas h mainmorte mixt~ prpre au Duché de Borg ne e à h Franch€ Cm té. Dans e Duché, il sm b ~ sh k travaux de larchiviste Jsph Garnie, que e tie s dg balt és co naissaient ncre h mainmorte à h fin du XVIIIe siècl~ ce!p s rei quat s'avérant très marqué sur un hrg arc ocidntaJ déhissant e s partig centrak 0 rintak de h pIVinc e (Dijonais e ahtors) 4. Quant au sb cm to s, h sevitude y était m niprésent~ sauf autour de Bgan çon ainsi que dg ZOg de vigb Il cost ituait ab s e prm ie pôe sevi e du ryaume : put-être 200 000 sefs à hi suJ cmme semb raint lindique diversg sorc g, n particule rune nquête fiscae hncée par lin tnd ance provinciale n 1755 (e do t mahuft1s mnt k résutats n'o t été conservés que partiel m n t)5. Ave
totm que dans e bal tés soumises à à gnéralt é de mainmrt ~ nul è in pur è seiger de p68éde dans Sg archivg de te papies, puisque à présomptin joait n favur de à sevitude è que à charg de à prey e incm oit ab rs au ma ncier. 2 L'appè Min de« sevitude cotumi ère» s'appl quait aux seigeri g àïqug ,è cel e de «mrt ail e» aux sfgerig eel ésiastiqug (à cnditio n «mortailà be» était n fait moins rig ure s,. 3 De tus I g régimes à caractère mainmo ta\) c'était è seuil é à un 0 il à court te me, d'à une gt nde spécificité: à à différe ce dg autres expl:tants cnce més par ntre étud~ è dmanie (0 ch) rh annais était autant, vo re davantag b cataire que prpriétaiw puisqu'il ne pôssédait que è s édificg è superficg, nn è fonds même Autre particuàri té de ce régn~ que partag ait aussi à quévaise : è drit de juvè g erie, qui avantagit SUCCgSO am n t è phs jen e dg fi); n hi résevant I «pl:tatin (soit n quque srte un drit d'aîng se à Inve rs). 4 ~21 bal tés sur 9J (n s'appuyant sur un ren SIDn t de 1781) : Garnie (1) è Champaux (Emgt) (cntin uamr) ,Chat de cime é d'affnnchi sseen nt l! Baggn e lntduct iu, Dijn, 1918, p. a 6. 5 AD Do& ,1 C 844 è 1 C 847-857. Enquête «pb itée sur è sujet, par Eric Thiou, dans Le signe UK é le tgien signe urial l! FnnchéCtn de la cuquêé à la Révéutu (16781789) ...,1995, p. 49-56. 20 1 Rapphs

ntRmmnt de ~g concntrati os dans e hi 1 ag d'Amont (ntre actue départm nt de h Haut€S aône 0 pu s'n faut) e, à un moindre d~, dans h réw db œe t e haut Jura. Sans ID tUe e comté sove ain de Motélar d, pt ite «nc hve »indépndante pas édée par k ducs de Wurtm fg t conaiss ant ncre au XVIIIe s. h coditio mainmortab comtœe 1. D'ailh rs, aux Is ières du royaume, k États vœins affichaient églnnt, de manière plus 0 moins impliant~ des survivances sig uri ae s à caractère mainmo tab 0 sevi~ pu g:antg 0 particulè rID n t brdg . Cet:aing étain to iginalg , à I image de h co ditio dg «voeig » (Vgigüt ) dans e Luxemburg !Pl anophoe 2, de h «flID liure » dans e NamurŒ 0 ncre du « hestox »n vigtlf dans h principauté ahtiae ardnnais e de Staveb- Main édl. Mais h phpart avaint dg prbWnts 0 dg paretés évidn tg avec dg régimg sévissant dans k régions fTançaises prohg, à !im ag de h Leibi: genschaft mose hne t rhénane4 pur h LlI'aine spt ntri oae t h hss e Ak ac~ 0 ncre de h «tailh b 1té » savoyarde pur h Brg se t e Bug y. En tot, pour Insm b e du ryaume (dans k fmtièrg de 1789), ntre un dm i-milo t un milo d'individus étaint cocmés par h mainmorte tes autrg survivances servilg , e seod chiffTe étant vrai sm b am nt phs proh e de h réalté 5. Surtot si 10 y incht, à h manière de nombrtlx cot m pm ins, tos k individus soumis au paiement d'un simple drit mortuaire sIgurial 6, drit ncre fTéqunt n Hainaut (<< drit de mœ ur cati:: »0 «mortm ain»), n Fhndre (bEt hft ), n Lo raine (drit de« che
I Cmme dans h suite de lovrag de nmrox «mpk srot puisés dans k richg archivg de I Etat montél ardais, se reprte ,pur une définitin précise de ce demie è de Sg prb n ments français, à IAnn«e IX. 1'1 2 Ca: e cnd itin assoiait une sevitude pesn ne e de type rmaniqu~ une Ubi? genschafl 1'1 (vir nte ~ gnéral sée à des vihg sn tie s, ave une sevitude rée e fn te - k vueig étant des tenures, 0 plutôt des fermg héréditairg, servik présntant de nm rose s è importantg 3 La« fon rture »è e «hes tux »étain t dtlx «mainmortg de meull » assez sembhll è frappant dg balté s ntièr g (au XVIIIe s. rgpetiv mnt 44 dg 29 balté s du cmté de Namur è 16 des} «mayt1rig »de h principauté stave tain,. Dans h fun rtur~ léchut e cncm ait Ins m b e 0 h moitié du patrimin e moHe seh que e défunt était célb ataire 0 nn ; dans e herstux, phs sévèr~ Insm\) sauf si e défunt hissait dg nfants à charg 4 Le ttme de Ubig B schafl gt e ttme gnériqu~ curant à I épq ue dans k tere s g manophong, po r désig e e se vag résidue Cntrainnnt à hrs hmb Qg « français », I élémnt e phs rigrex dans h cnditin dg Li?big BB n'était pas e drit de mainmrt~ réduit à ptl de ch6e (quand il n'avait pas tot simpe ment disparu), mais Ib Igtio n fone de résidnce è dnc e drit de rachat qui n décoh it, dra équivahnt sovnt à h dixième partie du patrimine du candidat au départ. S Quant à I gtim ation de 1,5 milns hnc ée n 1789 par un prêtre cmtœ, I ab é Pifre -Françœ Ce rg (vo r infra dans e chapitreV), e e sembe b n «Cg sive 6 Prélèvm n t d'un seul e fet moHe ,le me I tir 0 e send n vahr, de h succe ssin ; à nte que e mn tuaire povait, asse sovnt, être cnve ti n une smme d'arg nt. 21
astrin tg

.

d'hôte »), n Motélardais (<< dow »), n bsse Akace (Tdfal l, BBna upt, Haupt eh t) e dans e Sundgu (fal). Sur ce ttRJ no nég g a~ suk k individus soumis à une authn tique servitude de CqJS, cux conaissant une mainmorte persone 0 mixte (e no réduite à un unique préêvm nt mortuair9; ainsi qu~ aye cet aines réservg, cux somi s à h mainmorte rée marchise étaient qualfiab g e étaient € fetivm nt qualfiés (dans k t~Üg) de «sefs »; n 1789, au moins k deux ties, e très vrai sm b am nt k tris quarts, de Cg serfs« régi cb g », c'gt-à-d ire suje; du ryaum~ résidaint dans k dux Borg ne (Duché e Cm té)l.
To too is, gr do s ici à 19prit dux réalté s g sentie g . En prm ie le u, e

serf du XVIIIe siècle français, n particule e sef brg uig 0 0 cm tis, était concrètement b n plus proh ~ à de rarg «ce ptios près, du cnsitaire franc que du sef oci dnt al médiéval 0 nco re du sef gt-e urpé n de lépque moderne En efe, sous k réservg cotu mièrg, il était gnérae mnt teu pour« prpriétaire »incommutab de sa tnure ; il pov ait gte TInmainnt, dvnir prêtr~ cotracte un mariag vah~ acquérir 0 revir d'un franc (e a ftiJ d'un autre serf de h même sig uri ~ ; il dispœit de lintégtlté dg drits de famie (puissancg patroe e maritae); il joissait, à quqUg «cptios bak près2, d'une compete llié de déphcmnt ; n fin, n présnce d'une cotradicti 0 sime (por Igsntie un rms à une dm ande sig neuriae de recnnaiss anc~ h pratique cora nte hi concédait, dpuis e XVIe s., une prgcrip tio lérato re tmtnai re o quarantn aire3. Le compke juridique lé à ces survivances servik était parfn; tin nt toffu qu'il pouvait sevir e s intérêts immédiats dg dépn dants : ce que montre ln I«m pe très single d'un certain Simo Michel Lg ux, né franc, qui, au cors d'une sue e même année (1768), phida por se faire reonaître sef dv ant e bilag de Sm ur puis e pam nt de Dijo (ù il tint gin de caus9; succéda doc à so père (un marchand mainmortab récmme nt défunt), vndit aussitôt h successio (no né!g B~ s'affranchit par désavu (abndonant por ce faire dg €fu; dérisirg) puis cotracta un bu mariag aye h fie d'un avoat 4.
I

Por

un tabu

cm paratif dg différe

tg compoontg

dg principaux

rég mg de sevitude

0

de mainmrte à caractère persn ne, dans It France de It fin du XVIIIe s., vir 1Anmœ III. 2 La phs ntRb ~ n Cm té, était ce e des dm aing de I ab aye de Luxui) ù e désaV1:1n'était pas reo nnu e ù e se f candidat au départ devait I:n ir It pem issin de I ab é por quitte It sèg nur ie (sous pm e de cnfisca tin de Sg fnd s). 3 Lg mainmrtab g «vivn t comme Ib res, e muret cmme set's », répétaint vhties B autt1r s dg XVIIeX VIIIe s. (vivunt UbF, iunù r sui ), à I imag de I avo at savyard Bay o du pr6 gsur brgign DavtJ 4 Nos n'avns cpe ndant truvé qu'une sue affaire de ce type au cors de ne rehechg. Vir, unique so rce sur e suje : Saint-Gn is, «Un borg; de Smur n 1768 plaidant por être seL », Bullin de la Biéé de sciace histv iques é naù f! lies de fil U/"B- AUXŒ, 1901, p. 169-178 (mahurt1sm n t B doume nts d'archivg utilsés par lautt1r sm b n t prous) - à nte r, por comprendre I affair~ qu~ seh It cotum e du duché de Borg g~ un franc ne povait pas succéde sulà un mainmo tab. 22

ÉgIn nt, r épétos- ~ e mot« mainillD tab» régait pn~que partot n maître e était dwu une appht io quasi gnériq u~ même si dans quqUg g (surtout mose ang) e sevag résidue igœit h mainmD te 0 ne sig uri con aissait n ce domaine qu'un préevm nt très édulcœ . Il avait été n fait répandu, tôt, par h riche Ittéra ture brg uig one e comtœe sur e sujt; une 1ttérature née au XVIe s. aye e s avo ats Barthéln y de Chassnuz e Antin e Cm b t e qui al ait conaître so apBe au XVIIIe s. aye k écrits de Dunod e de Bohre (que nos évqums Intôt). Le voabhire spécifique lé à ce te «mainmortg: »brgndEX:m to se très active (à hque h jurisprudnce pam ntaire proinciae ajotait de nm rex témo gag pratiqug) s'impœ doc à Insm be du royaume, e même à h Savo e ducae 1.

B. Seig eurs et seig euries mainmortab es.

À h fin du XVIIIe s., h direct~ 0 sIgur i~ mainmortab apparaissait comme h fime h phs élaœe e h plus prgtiwse du cplEum JudaIc 2. Ele était même sovn tune vahr me cantie de chiK, cmm e e montmt n Borg g ne k mentios de dmaing sIguriaux de ce type dans h rul:iqu e «Bins à Vfl dre e à be »dg AffichB de h pro ince. Ainsi dans e numéro du 15 févrie 1785, appmait-o h mise n vnte de h bmnie de Jors , « à dix lu g de Dijon, ntr e dux g andes ru tg », une sig nur ie titrée cos équn te qui témo gait, sembh-il assez ln, du cadre 0 phtôt du elm at gnéral dans que évbait h mainmorte brgig nonne En eft; otre dux fiiEs anmîg, il s'ag;s ait Il d'un shie nse m~ à n jug par e dg criptif doné :« [..] un châtau ntoré de fasés e d'au viv~ dans kquk tm b nt dux fntaing ; une b chap~ partff~ gind ptR!; bsse cour, ging, remise e écurie; un bu cm b e ln pupe, un Vq!; n très b rapprt ; nvim 22 soiturg de prés, 80 jomaux de terg, 84 arpnts de lE tail s, grTIIS au moins de 8 000 arb g , futaies 0 vie I g éCDces; dro ts honorifiqug ,
Le droit sevie savyard, y compris pur B te n~ anmrég par h France n 1601, avait été fixé, n parti~ au débt du XVe s. par deux statuts ducaux (en htin) , gn érainnt désig és par hrs prm ifS mots: Pluribus frati' bus è S qua nlie . L'auto ité do trinae majeure était e vbmim:1x CdE Fabirlnus... (Lyn-Gnèv~ 1606, aye de nrn b:1Sg rééditins jusqu'en pin XIXe s.), eyre du céêb re présidn t - annécin puis chambérin - Antin e Favre (qui cnsacra ici de hgg è savantg analyses à h tailhb !té). 2 Exprgs in htine gn ériqu~ due au gtnd juriste CharB Dumnl in (XVIe s.), désignant 16smb dg redvanc g è charg tant féd aB que sf!:! eri alg ; d'ailhrs, au XVIIIe s., e terme de « féda!té» ,quittant sn sns rig nel (limité au sel contrat de fie) , était curamme nt utilsé aye une accptin aussi hrg 23
I

haut~ moyn ne e bsse justice; drit de rtrait fédaJ mainmo t~ indir~ croég, chass~ rivièr~ e de novaux mariés, drit de fis gnéral ; h dîme sur to t e finag , à raiso de 12 g iii lu n~ de tot e gpèce de gtins ; taie sIge urial~ for bnal , e maiso por e grde ». Mêmes i hîm pe quasi idéal de h br 0 nie de Jours n'était évidm mn t pas h règ e cmm un~ fœe gt de cost ater qu'un dm aine fndé n mainmo te ne povait que vatise lautrité seiguriae Lg sIgur s comtis, è evait une h nge rqu ête manuscrite de 1788 demandant une I&tnsi 0 de lé dit royal d'aôt 1779,« rgrdnt h mainmorte dans e momnt présnt comme e drit e phs préciux , e phs bu t'hm de hrs tffe s» ; e d' «pIque , dans k 199 qui précèdnt :« h supéririté que h mainmorte hr done sur hrs suje;, h dépn dance que cux-ci ot à hr égrd» lm prtaint nttm n t sur hr désir d'imite laffTanchis smnt . 1 monarc hlque . Mais qui étaint vraimnt Cg sIgur s pas g seurs de diretg servik ? Prm ière qUgt io : por qu'un SIgtlf individue dispt,) ât d'un drit de mainmorte à caractère peson~ dvait-i J cmme e solg a lérudit cm tis Perrei b à h fin du XVIIIe s., 19tire ment appartnir à lu n dg dux prm ies ni rg de h soiété, ctg 0 nkse 2? Si une te affirmatio sm b e trp définitive e n'gt l'prise par aucun autre autur, avoos qu'au cor s de nt,) reh ech g nos n'avos renco tré que quqUg rarg cas, tos seod aires, qui pourraint linfirm e. Lo sque e sig ur était ch et if, h situatio se révéhit moins fige; quant aux rég mes mainmo tab grée s, e b ihr, qu'il fût un particul e 0 une communauté, povait être aussi ln nob ~ rei g u x que roturie h ïc : e s tnurg n trlhg du Nivmais 0 k m phythére s coditionée s de bsse Auve g e nous n fi ITn t maintes pm Vg. À vrai dir~ au XVIIIe s., k sIgur ig fndég n mainmorte étaint ass!/: fTéqumm nt dg domaing de lÉg;e Ce fait, pu marquant n Borg ne duca~ s'avérait surto t fhgtnt n Cm b ail ~ n March~ n SavQ:: n LlI'aine fTancphoe e n bsse Brtag~ sans ote h Franch€Cm té (ù h propo tion dvait avisine e ties). Quque s «m pk précis n ce sns, parmi de nombmx autrg. Ainsi e te rie de h cmmandri e marchise de Maiso nissg de 1698 révèh-i 1un tm pœ 1qui s'étndait sur pas moins de 63 b al tés, dont k cinq sixièmg étaient qualfiés de «mortaih iii » (appe atio h cale de h mainmo t~ ; miux, n bsse Brtag ~ il n'«istait alr:s aucun se ge ur quévaisier h ïque3. Imprtants dans e domaine de h
I

2

AN H,1772 3 (8~.

CI-J. Pereio t, p. cit.,t. I, p. 157-158: «L'al1!t [..] ne suffit pas parmi nos à avir dg

mainmortab s, il faut nécgsair met te ir au erg 0 à It nme [..] ». 3 A savir Jah ye ciste cien e de Bégrd, ce e du Re è It commandeie de La Fuil ée (La Fuil èr, (cm prtant huit cm mandeig sen dairg 0 «mm œ s ») ; cf, sur It quévaise, e s 24

mainmorte ré~ k tm pœ s ecl ésiastiqug jouaint un rôe ncre phs infunt pur h sevitud e pesone En ffe, à lépo qu~ h majrité dg ndrÏ1s de mainmorte à caractère peso nn~ t n particul e cux affichant k principaux ffetifs humains, rirait d'étab;se mnts monastiqug 0 capituhirg. Déjà, n Lo raine duca~ k dux se gurs k phs tochés par lab tin du sevag coutumie n 1719 furet k dux puissants chapitrg VOSw s de RID irm nt t de Saint-Dié. Cnstat ass!/: simihir~ mais à un moindre d~, dans h Sayre ducae à h ve e du rachat de 1762: Il, h tailh b 1té persn ne! e était monnaie courante dans de nm rex dm aing cléricaux, cmme cux dg chartmsg unig de Ripaie t de Vah, des cé~ k d'Anne y t de Sahnchg, 0 ncre de labye d'Hauteo mbe De mêm~ dans k Tris-Ev êchés, e chapitre cathédral de Vedun réussit à maintni r, à me de nm rex proè s dvant e parlnnt messin t ma~ e sih ce de h cotu me bil lagre sur e sujt; une imprtante direte sevie (cnce nant au moins size «bns »0 vilh g n 1722 t dix n 1776)1. Et n Cm té, es deux principaux pasgsurs de mainmrtakl furet jusqu'à h Révoh tin labye de Saint-Chude (sécuhrisée n 1742)2 t lab aye de LuxuiJ qui commandaint ah; rgpetivm nt à nvim 25 000 t 9 000 sefs, re vant d'une cnt aine de vihg n gnéralté de mainmorte Miux, au débt de lann ée 179~ ab rs que h même Révb ution avait sur e sb français dpuis phs de dux ans affranchi k mainmortakl t vnait de supprime 10 dre de Mat~ e principal vihg affeté par h main morte dans e comté souve ain de Mntélard e devait gsntie m nt à une ancinne commandei e hospitalè re comto se, ce e de La ViR iu (aujourd'hui La ViR iu-n -Fontnt te n Haut€Sa ôn~ , qui pasédait Il un fif d'imprtanc~ g âce auque e e récupérait k deux tiers des revenus servie s b caux, affranchissemn ts compris3. En fait, e ctg des chapitrg, abyg, priurés t autrg commandeie s apparaissait nttm n t, du moins sos e règne de Lo is XVI, cmm e un 9t:ace de taie à hü inctin de h cnditin mainmortab au sin du ryaume , comme un factur actif de maintin dg survivancg sevie s. Cm mnt justifie k fréquntg réticn Cg de ces communautés à satisfaire aux dm andg d'affranchissmnt, pint sur que k n'hésitaint gèr~ à Iocasin, à s'ppse aux préhts baux? L'étig: d'une te attitude gt b n d'être simpe Tot d'abo d, il ne faut pas nég ige k difficutés juridiqug 1ées au statut cnt raignant dg ln s d'Ég;~ statut ntRm n t refœé par
travaux de Jann e Laure t. I AD MGè e B 284 aV1:1 n01279. 2 Ee dona naissance à un évêché, ave so chapitre cathédral En 1789, !évêq ue è e chapitre pe sédain t, chacun, un et' e tif servie quasi similaire 3 Il s'ai9sait du viltg de Vae ntigy: AD Rhône 48 H 3 27, terrier de 1756-1757, è AN K
2099, lasse 1, rapprt du procureur

gn éral

du Cos è I de rég nce de Moth

lard (tot

débt

de

179~ ; e ties rgtant dg Nn us lés à It mainmrt e Nn ab rs, de fait, en p&Se ssio du séqugtre de ce fif 25

ait au cmt~ qui d'aibrs

se travait

hrlonance de 1749. Mais Cg difficuté s étain t atténuég dans h pratiqu~ e è e s furent même ff acég par lédit d'aôt 1779, qui coféra aux énéficie rs une nt ière capacité à affTanchir. Lg principak causes sembe nt doc demeure ailhrs e avir manifestm nt dépassé h seue sphère institutione 1e Cm me la soi gé Jan Imbet, k résidaint pur Igsntie dans un cosev atisme à h fu; viscéral e traditione J mfœé par une lîC pt ion e e cot inuité gt ion airel. II n'gt doc pas étonant, cmme nous aurons b n tôt 10 casio de e constate ampe mnt, qu'à h fin de IAncin Rég me (surtout à partir de h campage de Vmir ~ k attaqug contre h conditio mainmrtab se doube nt vob nties d'un puissant sntimnt antimoastiqu~ sntimnt qui n'était d'aihrs pas n dissonance aye e cotlîte phique e cuture 1du momnt 2.

C. La pratique soia~

I ée à h rnainrnote.

Après ce cort apfÇu dg sIgurs énéficia ires de drits se vik, qu'n était-il du duxième actur, b n plus nm rex, à savir k dépn dants uxmêmg, doc k individus e évntue ment k vihg somi s au seva g g à caractère peso ne 0 mixte sot ici à pmdre n résidue ? Suk k régn cosidér atio, k mainmortg purement rék n'affectant par définitio que k
fod s coc ené s

e

no

lin dividu.

De fait, h ppul atio mainillD tab 0 «seve» était difficilnnt réductib à une queoq ue schématisation. Tout d'ab d, même si e cééœ
juriste Pthi e imawa au XVIIIe s., n so Traité dE pEfJnE t dE
chElE,

un quatrième !ppe soiaJ chi dg «sefs »( après cux dg ecèsia stiqug, dg nb g e dg « gns du ties-état »), e n'ntrait gère dans h chssifi catio usue de lépqu~ ce n« rrlrg »e n «états ». De mêm~ è e ne fu mait nuln n tune chsse soiae homog ne : n fft si h phpart dg mainmortakl étaint de ptits tnancies sov nt démunis, une faib mimité d'n tre ux pov ait flID e une« burs;ie »rurae aux rouus non g, vire appréciab g (tot dépendait n fait du tffir), e participant némtJ aux marchés fncies prprg à hrs vihg. Costitu ée de «hbmr s », d'al! ts se ge uriaux, de se l! ts ryaux, de maîtrg de pft~ d'artisans, de mun ies , de nb aires, d'avo és 0 de curés, ce teé lt~ par sa sue lîistnc~
I «Ququ gaspe ts juridiqug de It mainmrte seig6ri aè n Lrr aine (XVI-XVIIIe s.) nvisage spéciainnt dans ses rapprts aye B mainmortg brgignne è cmtœe », MBlDB ,1950-1951, p. 208. 2 Pur prove s, I «puj;in dg jésuites, 16vre de It «Cm missin des rég le rs »Q ncœ è to anticèrical de nmtnx « phi/;J>hg » cntmpmins 26

dit prévnIT cotre tote gnéralsat io hâtive. D'autant qu'il ne faut pas ore une seo de b urg;ie mainmorta~ qualfiab e d'lîBne 0 d' émig é~ car formée par k serfs no affranchis ayant quitté è ur résidnce d'riWe e s'étant états n ltl franc. Eux e hrs dgce ndants n'étaint pas à la l:i du droit de suit~ e lsqu'une b échute s'ovrait, k sIgtlrs co ce nés n'hésitain t pas à se hn ce dans de cô ttl x proè spour k récupére : e cas lîcptio ne e pb émique du Borgig no Jan-Guihume Mm u mort à Paris au débt du XVIIIe s., sur que nos Nindms Intôt, n gt lu ne dg ihstrati os k phs famtlsg. Pm 0 spaur Iî m pIe e vil age comtis de Pie rro ntaine, dans h se ge urie de Bh mont, une prpriété du comté de Moté lar d : 10 trouve n 1670 sur 20 ftlx rensés, au moins 12 fYe s mainmortakl. Lg écarts de frtune ntre tlX ne sot pas némkl. Ainsi, si e dénommé Piffe Vmie Hue t, «hb urer »mainmortab (de 56 ans) vivant ave sa femme e ses tris nfants (ntre 20 e 24 ans), pas ède une maiso «en b état» (ave chm iné~ g ang éta~ dg Vq!; s, dg prés (en franchise), une charrue pératione e , 27 jomaux de champs (prgq ue tos n mainmort~ e un étail no nég g ab (4 chvaux, 4 b tlfs, 2 vachg, lOth; e agaux, 3 cohos ), e maître d' éc~ « maître» Guénin Crrli e, mainmortab (de 52 ans) vivant ave sa femme e quatre n fants (ntre 17 e 24 ans), gt sigaè po r sa pauvreté (so maigre étail gt «de relUe »), ne hi pemtta nt pas de âtIT une« ptite gmg »dans sa maiso 1. Un sièce phs tard, dans h même terre de Blamont, k diffémcg de frtune transparaissaient n core nettm nt à traves k affranchissmnts individue s cocédés : ainsi, tandis qu'n mars 1758 e maire de Bondv al versait pour sa 1b rté (et cel e de son meix) h coque te somme de 650 1vrg 0 n août 1778 e maire de Vits payait 500 1, e maire de Rohe (janvie 1764) 0 e «rést d'écb »à Hérimoco rt (juin 1769) s'n tiraint ave 250 1, e - cas lîtrêm e - un cet:ain G~ Chasseb du vilhg de Mglèrg n'acquittait n avril 1773 que a 1 pur « I affranchissement de h mainmorte pes on è e do t il gt affecté [..] e de h braq ue qu'il pt,) sède audit vihg »2. Dans un reg stre pro he, ce ui des reh tio s ntr e francs e serfs, surtot dans k ltlx conaissant une gnéralté de mainmort~ h pratique qutidinne ajoutait même aux rig tlrs de h nun e d'autrg cotraintg ncre phs insiditlsg e phs sévèrg. En eft; h mainmorte pe sonne e 0 mixte plV q uait souvn t, au XVIIIe s., mépris e reje de h part dg sujets pm mnt ire s, qui h tnaie nt, no sans raiso d'ail tl rs, pour un deg é maximal
I 2

AN K 2210, lasse 2. AN K 1988-1989; B écarts de prix dans B affranchissementsso t nco re phs marquéspur

B dux si:g urig de Grangg è Passavant, égin nt possédég par B cm tg de Moté lar d. Rappe os que It monnaie de compte française était ai::8 It Ivre turniB (de 20 qualfié. sos è 240 dnies), qui 11' résnt ait apprnimativ mn te salaire quo idin de lovrie 27

d'inféririté sociae e s'n défiaint à cause de sa pssib cotag o. Dans e s textg d' épqu~ marqués sovnt par une cet: aine m phas~ h sevi tude était vhties qualfiée de« epre », «pgte »,« macule », «souih re» « fléau », « tache» 0 autrg te mes du même acah. Miux, sh e jurisco suIe comto sTaIb rt (seo nde moitié du XVIIe s.), lap pe atio no fodé e de «mainmortab »donée à un individu était une insule gwe suscp tib d'une réparatio judiciaire: n 1685, un ntRir e jurassin, un cet:ain Mil~ lappri t à Sg dépns, puisqu'il dut faire amnde hnmb e à h vie de Saint-Chude pur avir mahdritmnt cotgté h franchise de sa brg;ie La situatio bain nt povait même se complque ; ainsi, dans e cas particule du cm té soveai n de Motél iard, il «ista it même une condition intermédiaire n tre e statut de «mainmortab »e h pl: ne 1Tanchise qu'«prim ait e titre de « brg; (de Motéla rd) » : c'était h coditio de « taihb e clJVéab » (dont il était ps sibe égalm n t de s'af1Tanchir), qui résultait so vent d'une Ib ération de h mainmorte e qui cotraigait, ntre autrg, au paimnt d'un drit mortuaire n al1!t (au prix fixé par k autrités bak), e« dow », n cas de mort sans nfa nts 1. Concrètm n t, k b calités ù sévissait h g néral té de mainmort~ surtot si k vihg vŒins n étaient «m pts, nduraint une rée em ise à lécart. Le phénm ène gt vhties aègé dans e s traités d'affranchissmnt cbtif Pur pm v~ dans e préambue du proès-vebl d'affranchissmnt de Bn uv re (24 mars 1716), vilh g b rguigno nturé de bait és déjà émancipég, put-o ire que k hahants ot reo nnu que «ctte coditio dure e sevi e Cr gt très oére use [.. ] parce qu'e empêche que hrs nfa nts s' étatssnt dans k lux circovŒins, qui sot de co ditio 1Tanch~ e fi arc~ qu'aucuns dg hahants d8d its lux du vo sinage vin nnt s'étaIT dans cdit lu à cause de Mit e se vitud~ ce qui hr cause un ntR b préjudic~ tant dans Cr sins que dans e urs famik »2. La déanc~ que 10 rtrove dans d'autrg t«tg sm b ab g, gt chir e : k communautés sevg sm b nt avir conu une rhtive distte matrimoiae e une ndwnie anormalmn t év é~ rd ob h n h présnce d'un drit de fun ariag D'aihrs, k dispns g de cosang uinité s' avéraint sovn t néc8Sair g au XVIIIe siècle dans k vil ag mainmortakl, comme e solge Jan-Marc 3 Olvie pur h baité jurassinne de Mite Affe tés dans hr vie privé~ k sefs létaint aussi dans Cr vie pub ique. Par «m p~ ik se vyaint intedir~ du moins n Franch€ Cm té, Intrée dans h phpart dg CqJS de brB sie urb ine: ainsi la rtice 3 du statut municipal de h cité fitifiée d'Ornans (1602 e 1665) impœit à laspirant
I

2 J. Garnier,p. ci!, 1.III, p. 35 . 3 J.-M. OIvi e, De clu s, de hotge é de luné e. Le capugnads mills (1780-1914), Paris, Cmité dg travaux histo iqug è scintif iqug, 2004, p. 66.
28

Vir IAnnexe IX.

II induste

brS; d'être «de franche e Ire condition sans être attint d'aucune macuè de mainmorte ». Un 6tracis me simihir e se mcotrait quant à Intré e g pr&sionk, qu'il s'ag t de corps de métie 0 afom dans k rgnism de compagig d'fficies civik. Dans è cas dg cours soveaing, è préjug cotre k sefs paraît s'être églne nt étndu aux affranchis, vire aux fils d'affranchis: ainsi, n 1705 è parlnn t h;otin dm anda au rD hîchsio d'un co se 11; nov è è ment nm mé n so sin, sous prétexte de h franchise incet:aine 0 trp récnte de so pèr~ avançant que ctte nm inatio mdrait h compagie «méprisab à h nks e e à tote h pIVince »1. Cpndant, h sevitu d~ si è y appœit à lévidnce un très séritlx Itac~ n'lîchait pas ntièrmnt tote prm tio soiaè : 10 ptlt, de h srte , mc otre r pour è
XVIIIe s. e k dtlx sIgtlr ig de labye de Luxtlil

e

du pritlré

de

Mo the - cas rarg mais sig ificatifs d'une rhti ve ove rture - quq Ug se fs accéde à dg Itltnancg miltairg, à des charg d'avoat n parln nt 0 nCD ~ situatio lîtrême, un affranchi récnt dvnir jug au présidial de LosE Saunie 2 ! Il povait même arrive que Cg sef s parvnus à de iii situatios fussn t affranchis gÜ uitement pur «mérite pesonè », à lim ag n mars 1770 de Jan-FrançŒ Pirm, natif d'Ainvè (dans h tffe de Luxtli) e« Itlttlant au CqJS d'artiè rie rég ment de Bganço »3. Rn; de Franc~ h situatio n'était gère phs 1maè Au cotraire mêm~ pur k pays de drit savyard. Ainsi, pur è duché, lédit ducal de rachat d'otb e 1561 avait-il étab une vraie discrimination pr& sionè (pur k m plo s pub ics) e un certain nombre d'introits vgtimntairg vlîatirg à Incotre de CtlX qui préféraient grde hr taih Hté phtôt que de s'n Œre .« inhihs e défudos, prohmait-iJ auxdits taihlil [. .], à hrs femmg e nf ants mâè s 0 fik, n quque tm ps que ce sit, n'être ni sé s ni hardis, désl1ll ais prte n rb s, chaussg, chapaux, hne ts, hi s, bndag e autrement n quque faço que ce sit, aucune soi~ drap de cohr, e autre que de simple hrau e de drap de pays sans te nture »4. No b n de h, n répulIjue !!VŒ ~ un arrêt shnè du 24 mars 1671 roona que« k affranchis de h tailh b 1té, è urs m e è urs petits- m ne porr ot être r(fus au [.. ] Cos if dg Dtl x Cents» : il était donc cosidér é
BiBlse (A.M. d, (éd.), Cepfldance de cfl61uE génénux de finance ave Ie iné ndants de pruince, publiée d'apÙ les douftt cflsués aux Achi ve Nalflale Paris,t. II, 188~ p.23 ,e CUIT ye (penand), La sociéé é le idée sociale l! FnncheCtn l! 1789, Lyn ,1920, p. 50-52. 2 Augsti n (Jan- Mari, , «La mainmrte dans It te re de Muthe de It fin du XVIe s. à It Révb tion », MémtE de la Biéé d'én/al fl du Dubs, 1981, p. 82. 3 Affranchissm n t accordé par lab é de Luxuil e 24 mars 1770, à It sue charg pur e énéficiaire de faire nrg istre I acte sous huitaine e d'n faire une «pé ditin, e tot à Sg frais: AD HauteSa ône B 318 (4e e denie cahie). Dux jurs auparavant, e mêm~ I:n que sans nfants, avait été autris é à vndre un pré « d'nvim une vit me» à Ainve (ibiden). 4 Cité dans Bruche (Maximilin ), L'Abb ita n de di!; signuÏ'aux l! B vie (1761-1793), Anney, Hérissn, 1908 (pint 1979), p. 590. Ctte disp6liti n, si e fut un jur vraimnt applqué~ était n tot cas cmpêtmnt tmée n désuétude au XVIIIe siècle 29
I

qu'il fahit au moins tris gnératios sevie!

pour € face compêtmn

t h soihr

e

D'aihrs Intrée dans k dux prm ies nin~ de h saiété était-e compatib ave h mainrnrte peso nee? En ce qui cocmait e sacedoe o h cèricatur~ bun is quqUg cotumg (tè h cotume nivmais~ qui I interdisain t e quqUg réfps pur e squè k h jurisprudence décida qu'un ecèsiastique était affranchi de fait (à !im ag de h LlTaine ducae dpuis I70 I)l, un sef povait être vahln nt nio nné prêtre., dm ure dans h se vitude e doc faire échute : c'était par «m pe h règ n drit brgigo e comtŒ. À h vérité, h digi té de so ministère ne hi pem ttait gère que d'échappe aux charg peso nk, gsntiln n t k croég no focièrg . e ctte situatio rigre se s' applquait même à h préhtur~ contrairm nt aux précptg rmains (du Cde Justinin f Quant à h nb ss~ tos k auturs, à ququ g «cI' tios près (comme Tab rt), h tenaint po r naturel m n t incm patib ave tote srte de sev itude «Sef 0 homme de mainmD t~ déchrait lava at buvaisin Loise, ne peut être fait chvale »3. Totoo;, co crètmnt, e rD pov ant affTanchir un sef cotre e ~ de so sig ntlf (mynnant une juste indm nité)4 e e rD povant antr, h cojoctio de Cg dux prérw:ivg réglnng faisait qu'un anb 1ssm nt sigifiait fix:é ment un affTanchissmnt . Le cas était, n fait, dg phs théD iqug : suk e précédnt d'un qugtal éamais anb (difficiin n t) par e futur Hnri IV n 15785e un autre « m pIe donné par lavaat Cb t n h matière d'un arrêt du pam nt dijonnais du 17 mars 16626puvnt il ustre ctte règ Au fardeau du mainmortab s'ajotait mimité de réfps (LlTain~ Tris-Evêchés,
autre cotr ainte matérie e ce

églnnt, Champag~

«cpté dans une bsse Akace), une
famila

de h vie n

cm munauté

~

seul

moyn

pur lui,

rappb ns-~

d'ntrave

e drit

d'échute e h phpart dg

lAve un fameux arrêt nancéin de décm œ 1701 mdu à 10 casin d'une échute Itig use (vo r infn dans e Chapitre II). 2 A nte aussi dans B dux Borge qu'un prêtre nmmé n tere de mainmrte n'était pas assevi par résidn ce annae , sn dm icile n'étant pas cnsid éré cmme vbtaire 3 LiBe (Antin, ,Instùt e caùœH ..., Paris, A. L'An!!; 1608 (livre le, titre le «Dg persn nes », règ LXVI).
4 P6litio n cmmu némn t admise dpuis un arrêt pari sin céê be de 1571 : voir infra

dans e

Chapitre II. 5 Il s'ag ssait d'un qugtal de It pariBse d'Andrin, que e roi Henri de Navarre décida d'affranchir puis d'antr pur récmpnse de sa htvure au cmltt. La chamœ dg cmptg de Pau s'y ppoo vigmsmnt, argant que It qugtalté était un état trp «aj:Et » (sic), qui ne povait que soiè It purté de It nŒe b cae; e e ne dvait finae ment nrg-tre I acte qu'en décmœ 1579 après dux hre s de jussin . 6 Cb (Philb t), Explicatu de stlù/;, caùm é usage b sev és dans la ppince de Be sse, Bug, Val1Jfl é GE... , Lyn, 1698, Ivre III, p. 19. B

incapacités conlîg (cetains régne s Iî m ptain t cependant de ctte bIg tio ès dgce ndants). À h suite de lavoat nivmais Guy Cquiè (fin du XVIe s.), un nm re no ném ab e d'auturs n'hésitaint pas à vir dans ce mode de vie single, un idéal so iaJ sans ore une grantie préciuse pur lacquittm n t dg drits sIgur iaux e h pérennité de lag icuture n è décrivaint doc vb otie rs sos k phs aux traits: I arrêtiste dijonnais
Ravit> (début du XVIIIe s.) ne tm vait ainsi rin «de plus b au

e

de plus dig e

d'admiratio »1. Totfu, h réalté sm b ait ove tm nt k co trdire S'il gt vrai que par è mis de h communio, è «parson ie» (terne syno yme de «cm munie») povait prote de h soldarité dg sins e ore è phs chir dg cotr aintg se vik , c'était pur rtm b r dans k mail g d'un novau type de dépendance, égalm n t coe citive En ff e, h prm iscuité, due à I hab tation commun~ ne hi autrisait gère de vie privé~ il dvait se soumettre aux décisios de h communauté, aux lîi!!cg du « maître» de h maisoné~ renoce à h facuté de 1re mnt dispf» e du Nn u de so travail: n d'autrg tern g lindi vidu s'ffaçait immanquam n t devant è go pe, ce qui d'ailh rs se traduisait ln dans I ancin ne archite ture domestique jurassienne 0 nivmaise par llîistnce de gmds corps de fe me spécifiqug. À h fin du XVIIIe s., aID s qu'un prm ie sntim nt cojugl é~t très timidmn t n Occidnt dans un cotlîte de rgin de lin dividual sm~ è ressrt de Igprit cmmunautair~ qu'il s'ag de cmmunautés mainmortab s o non, paraissait déjà duramnt b isé. Pur prnvg, une désaffetio croissante, décè ab e à dives indices2, e surtot k nm msg critiqug dot Cg assoia tions firet ah; Ij:t, y cm pris au sin de ladm inistration ryaè : è tlîte accusatur è phs famux fut ici è rapprt sur lagicuture mchon e rm is n 1783 (par è chanme Vhrd) à h jeune assmhe provinciaè du Berry. Néanmo ns, cetain g réfp ns, n particule è Jura, è
Nivernais

e

è Thie nois, dvaint

co serve

dg maisonnég

poynucéaire

s

jusqu'n

pè in XIXe siècle

Ail; nàble du palm t de Dija ,eut !lis par M. FrançiJ; Pe te.., ave de bSlla/as sur chaque que/a, par M. Guillaume Ravit!. ,Dijn, 173, 1. I, p. 24. 2 Par «m Pf pur It Cm té: It mut ipl cation dg cas de mainmrtab g âg s è gsul és (c'est-à-dire sans cmmunies), n'ayant pur sue richg se que de maigrg tfre s servie s è se vyant réduits à It misèr~ faute de po vo r B travaiè 0 B aléne . :I

I

D. Le pœ éconmique ds survivances et héritags serviles.

Imprtantg spatiae ment, factur évidnt de complcatio de h vie privée e pub qu~ k survivancg sev ik 11' résnta int égae ment un préevm nt écoo miqu~ une pgée matérie no nég g ab Lg am us qu'e k 6!! draient - échutg (souvnt am dug aux pamts dg défunts), mortuairg (tarifés 0 non), dm ts de cosntm n taux alénatios, « soffrtg »1, rdvancg spécifiqug (taie s, capitatios, mtg 0 croég), fis additifs2, drits de rtnu~ drits de fu mariag autrisatio s de quitter h seigneurie 0 3 n core affTanchissmnts dives (phs 0 moins cm pIts) - fomissaint un appoint financre appréciab Nœm ment, k échutg : n ffe t, si dans hr g ande majrité k étaint modiqug 4, un prit nm b ~ diving surpriSg, se chiffraint n miles de lvrg, ce qui povait ab s 11'résn te jusqu'à h vahr de phsiurs annég d' «rcice dg drits sIgur iaux rrlinairg ,Par «m p1~ glce à h vnte de ios trœ ~ Sg SUCCgS sev g survnu g n 178~1 785, e priu ré jurassien de Johe gga phs de 8000 Ivre s, sit une préciuse rette suppemntaire 5; de 1787 jusqu'à h séditio b cae du 23 juit 1789, h cgsio de size échutg SUfVflUg dans h brnni e de Grang s, cgsio qui prtitait pur moitié au sIgur (e comte de Motélard) e pur lautre moitié aux fern ies sIgur iaux, s'élm à près de 44000 lvrg (dot cpndant a % n'étaint pas ncre vesés dux ans phs tard)6, Dans un rg;tre diffémt, k mtg foc ièrg co stitutivg de cetains rég mg de mainmorte rée e fomissaint dg
Pernissi os tmpo raires (donée s à dg francs) de réside n le u de mainmrte sans ncorir Ii sevit ude ; cettep ratique «istait ntRmme nt n Jura, cm me dans Ii ter e de Saint-Cliude ,è n Moté lar dais (sos d'autres nms) . En Savo ~ è tern e de « soffete »reov rait une réalté différe te 2 Pur preve, dans è Grandvaux (au sin de Ii tere de Saint-Cliude), k b ds étaint «au tiers dni e n mot ant» 0 «au ties motant », ce qui équivaliit à Ii mi:tié du prix de vnte et' eti f (ab rs qu'en zoe de franchise n Cmté k lis roinairg étaint au dozième dn ier). De même, dans è cadre du hl è ag niven ais. 3 Lg affranchissmnt s povaint ne cocen e que ce tains dri:ts 0 sevicg sevik particulièremnt wat 0 rg (et ij; étain tassez nmb ux !), è no Ii se vitude dans so intég alité. Ainsi, pur se Ib ére de Ii singlèr e è humilante b igtio faite aux mainmortab s du cm té de Montbél ard d'assiste, à Ii manière d'un service d'ror ~ à 1«écutio dg crimink, il pov ait n coûte jusqu'à 100 Ivre s (AN K 2244, lass e 2). 4 Un «m pè parmi une mut itude: sur une périd e b n naf portant favD ab e (1764-1766), aucune échute ne rappD ta au chapitre de Vmlp hs de 4G Ivrg (AD HauteSaô ne G 44). 5 AD Jura I H 986. 6 AN K 2275, lasse 2. Mais il s'ag ssait à d'une situation aSSii: «cI' tion è ; à titre cmpa ratif n 1758 Ii vnte dg échutg dans Ii même si:gurie n'avait rapprté qu'un pu phs de 3 GO Ivrg (ibidrn). ~
I

gins no némb s e régies: ainsi, il n'était pas rare qu'une rote bJœre annue atti:g ît 2 %, vo re davantag de h vahr dg IDS conce nés 1. Bo an mal an, h somme ~e de tos k gins ocasionés diretmnt par h sevitu de résidue s'avérait sovnt prfit a~ sans por autant lîcéde - n règ gnérae - un phfnd de 25-5 % du !Wnu tml annu~ une prprtio n ass!/: rrlinair~ sm b € t-iJ dans h tfTe de Saint-Ch ude e quelju g autrg se ge urig compara". De ctte manièr~ e n y inchant e sulta ntiel surcroît de cosi stance e de prg tig que h servitude ajo tait aux directg, 0 s'lîplque miux h ténacité de h phpart dg sIgurs baux à défendre e urs prérw:ivg servik. Ainsi, déjà phs 0 moins réticn ts au désavu - sauf dans cetains domaing, comme h tfT e de Saint-Chud~ Ù ctte proéd ure était ass!/: commune -, k sIgur s b urgig os e comtis se montraint parcimoiux dans h manumlsslO 2 vhtaire de hrs sefs, encre b n davantag dans ce dg vihg so mis à h gné raI té de mainillD te Por e XVIIIe s. e por h Borge ducal~ J. Garnie n'a trové que 28 affTanchissemn ts cbtifs (cotre 9 au XVIIe s.); e es prix impf» és aux cbt ivités étaint , dans hr gmde majorité, des plus élv és. De 1747 à 1770, labye de Luxuil ne proéda qu'à 41 affTanchissmnt s, tos individuk e pesonk 3. De mêm~ de 1748 à 1789, e comté de Moté la rd, qui se singh risait déjà par so hfti it é quasi déchrée à h proédure (portant ège car autrisée par h cotume) du désaveu4, n'affTanchit que quatre vihg parmi Sg dmaing français, qui étaint majritaire ment mainmorta". Miux dès e duxiè me tiers du XVIIIe s., h mainmrt~ surtot dans k deux Borg ge , ne fut pas épargée par e g and mouvmnt cotmpmin de co sold atio e d'accrŒs mnt, dans une dob final té de traditioa Ism e e de rentabilité, des dro ts seigneuriaux Iî istants - mouvm n t corammnt n!! épar k histDins, dpui s Phil ppe Sag ac, sous llîpr gsio gnérique de« réactio sIgur iae ». En ffe, n nID re d'ndrits, h sevitude mainmorta~ ID d'ag nisI; put cnnaître une seode jungse (rpérab dans e Duché brg uig 0 à h réactivatio de lactio n videmain). Lg sIgur s partisans de h main mort~ aidés n ceh
I

Bocmot

(Antin"

De

l'linm

t

pH ant

le é élie

II Nivllais

,Paris,

Lar~

1895, p. 75. Signe distinctif, e b deli g nive nais se définissait par e paime nt d'une ro te mutipe , «en arg nt, b é è plume Ç'gt-à-dir e voil e J, 0 dg trœ k deux» (cotume nivenais~ titre VI, artice ~; un p6 à lim ag des mainmo tg marchœe s, qui se caractérisaient ége ment par une rote cm pe it~ «al1!t à trois tailk ,payab e à trœ te mes, avine è g ln e chacun an ». 2 Te me ancin, syno yme d'« aflTanchissement ». 3 AD Haute-Saôn~ B 318. 4 AN K 2217, lass el: affaire de 175~175 5 autur de Ii dma nde n désaV6 de Jan-Christphe Mne gux , fils du phs riche hatta nt du viii g comtal mainmrtab de Damnœ. Pur Ii péri de 1748-179~ nos n'avns rtruvé pour Ii principauté motélard ais~ sur 93 affranchissmn ts individuk à caractère pes one (vir IAnn«e IX), qu'un s6l désaV6 cos nti, è nco re s'ag; sait-il d'une mainmortab e d'une seig 6ri e française du comté. 3

par cet:ains juriscnsult:~, justifiaient aID s vob ntiers sn «istence pérenn~ e ce de sn croire h communauté famil a~ par dg argmnts d'rore écnm ique Ainsi invquaint-il s parfn; h mauvaise qualté dg tffÏrs , dont h mise n cutur e nécgs ite ait pant sevit ude: mais un tel déterminisme g g aphique (dévppé par «m pè par è chapitre de Saint-Dié dans k annég 1710 0 sn hm b ge de Saint-Chude sÏKante ans phs tard), vérifiab e prbb ln nt pur quq Ug 1tlX montagtlx, ne résistait gère à g ande échè e à léprnv e dg faits. Tot au plus h mainmrt~ n lant shi m nt è paysan à sa tfT e e n nco urag ant k famik p~mucèair g, at-è pu favris e h phriactivité e, ce faisant, lém e !!ce à h fin du XVIIIe s. d'une véritab industrie ruraè dans cet:ain g ZOg d'économie pastm~ comme h réw jurassinne de Mm, récemmnt étudiée sos ce ang par Je n-Marc 01 vie 1. Autre al égt in, phs suli è : h mainillD te cnstitue ait une prtetin ff icace de h ptite prpriété paysanne, de h tnure rustiqu~ cntre un type différent d'asseviss mnt, qui seait b n phs insiditlx e néfast~ à savir h cnquête e è rassm IDn t dg tfT g par h b rgë sie urbain~ ave, comme suite immédiat~ h disparitin 0 h ruine dg mancies (dgtinés à être rID placés par de simpè s b catairg). En re f, ne vah it-il pas mitlx soff rir h mainmorte e dm tlre quasi prpriétair e que gge h uanchise puis dvnir un métaye , au statut écnm ique tojurs précaire? Ctte thès~ dévppé e par lh istri n brg uig n Saint-Jul ien-de-Balè ure dès è XVIe s., fut h rgm n t reprise n suit~ jusqu'à un nm re nn némb e d'histrins du XXe s. «Lg sig tlrs, écrivait Ravit> au débt du XVIIIe s. dans un célère re ue 1 d'arrêts dijnn ais, nt tD t d'affi'anchir hrs hahants. Qu'nt-ik fait ? sinn de k red re phs malhtlr tlX, e d'intrd uire chI/: tlX dg futins qui ruinn t è s paysans, e qui dans h suite dvinnnt tlx-mê mg k sIgtlr s. Autrefo s è mainmortab cutivai t un fonds qui hi appartnait, à présnt ce vil age is h bure è fonds d'autrui e manque sovnt du pain qu'il a fait critre dans è sin de h tfTe : n un mot, k paysans snt à présent phs misérakl, e k communautés sont moins peuph que du tm ps des mainmortg »2. Néanmi>ns, pant s assetins étaint sovnt crrigg par h réalté. En eft, si ce type de sevitud e cntri bait ~nt à grantir h tnure paysanne ba è (affirmatin cpe ndant à nuance pur maints ndrits ), è è dv ait autant, vi>re davantag à h répukin qu'è inspirait aux individus francs qu'aux ve tus intrinsèqug de Sg règ. Et surtot, «cpté ptlt-être
I

J.-M. OIvi e ,p . cil., p. 70-73 : laut6r

nnarq ue même, pur ce te région de prtrindustri~
chissm n t de certaing famie g âce aux activités nn

que It mainmrte n'm pêchait pas Inri agricoè s. 2 Op. cil, 1. I, p. 27.

~

pur lévntu e majg:« brB isie» rurae dg pariss g se vik e pur quqUg isots Wphiqug, h mainmorte 11' résntait à lévid nce un 9 tacle de taile , un facttl r d'inrti~ vire de sos -dévppmn t, une prime fréqunte au morce mnt «cgsif de I«phatio paysanne, sans m ttre un statut au caractère ce citif, v«atir~ de moins n moins accI' té au fil dg annég . La plupart dg ba ltés se vie s étaient ab s, co trairmnt à ce que cet:ains écrits d'épque prohmaint ave comphis anc~ moins aisées que hr s homogg uanchg; e fardau dg drit s si:g tlfi aux s'y trovait n gnéral supéritl ri. Ainsi, cas «trêm~ e marquisat de Mgévi~ dans e «Barris mouvant» de h fin du XVIIe s., affichait un COpiE urn fa dale dg phs imprgsionants : rin n'y manquait 0 prgqu~ dI'uis h haute justice e Sg attrib ts, k cns rrlin airg, k «assisg », k capitatios, k pok de cotume , k dîmg, e tffag (pur k futins), k fis e vntg, k lmaltés e autrg monpkl écom iqug, k croég n nature, e gee g rd~ e s taxg commerciae s (<< jaug ag »,« hahg »,« minag »...), e «drit de jtl de quilk »( otgnt k hahants à paye pur y joe), sans m ttre k drits spécifiqum n t sevik (fimariag ~ forfuyanc~ mainmort~ - n tot pas moins de trnt€1:ris dm ts diffémts ! De mêm~ à une échee gg aphique plus conséquent~ n Comté, ù à h fin du XVIIIe s. il n'était pas rare qu'il «cédât e pids de h fiscalt é ryae Là, faute d'un crédit suffisant, k mainmD ta" participaint difficilnnt aux circuits usuk d'échang, du moins lm; de hrs vihg ; d'aihrs , lr:squ'une tere était afuanchi~ e gg ait de suite une phs- value cosi dérab e De façon aussi négtiv~ du fait de laspet résbto ire de hr drit de prpri été, ik n'p éraint gère d'amélmtio n, cuturae 0 autr~ sur e urs «phatios . «CtlX qui pas èdnt des fu ds de mainmort~ rapprtait n 1786 e curé de Saint-Bon e-d efox (n Charb ais), n'y fut aucune amélmtio : 1° dans h crainte qu'après s'être épuisés pur k amél œ ik ne fassnt échute au seigneur, 2° g ue] s'ik k amélmie nt e sIgtlr hr aUg1 nte ait hr affranchissmnt »2. Un costat simihir~ ente mes nco re phs durs, était aussi fu mué par cetains SIgtl rs savyards au mil tl du XVIIIe siècle3. En b €, autarcie re ative (au dg ré variab seb k ltlx), rotine agtir~ staga tio démogtphique (ave parfn; un rée mouvmnt d'émigttio n hr sin) sm b n t avir été e b cmmun d'un gtnd nm œ de vihg sevi k du XVIIIe s., ce qui ng ndra, e tm ps aidant, une mutip lcatio dg uaudg ... e, par h me dg chœ , dg pratiqug sIge urialg pur htt e cotre Ainsi e chapitre sanclaudien rétribait -il un véritab réseau d'infim attlrs , e mSIgant sur k échutg récn tg 0 imminntg 4; 0,
I Un céê b e arrêt parisin de 1699 dvait réduirœ e nmœ (vir infn dans è chapitre II). 2 AD Côte d'Or, C15 : répnse à une nquête de I intendance sur lag ricuture pIVinciaè 3 Brochet (Maximiln), L'Abb ita n , p. XLII-XLIII. 4 Bub (Rnaud), Cuditu sllile é da de l'lintn dans la Franche Cm é Bidiu 3

ale

autre «m pIe sigificati f: dans k «Quatre seigurÜ~ »motélardais g, ah; sos séqug tre français, lintndance comtv se dut pmd re n aôt 1747 une 0 donnance mnaçant k mairg, por m tire fin aux dissimuhtios pliant sur dg vnt g de ln s mainmo ta" 0 sur dg échutg, IXion ance aussitôt phc ardée (e mov ée d'ailhrs pu de tm ps après par è Cose 1de ré!!ce de Mot él iard)l. La situatio n!!dra égè ment un ne accrU; sement dg n particul e dg désaVt1x n dm andg individuè g d'affranchissmnt, Borge e Cm té passé è prmie ties du XVIIIe S.2, sans ore une prpnsi 0 crŒsan te à h cote statio. Por pft1V~ quant à ce demie aspet, laug1 ntatio du nm re de proès intntés aux se gurs , quitte à s'ndtir, nb amment à I 0 casion des rénv ations de teri e : ainsi, «m pè parmi b ucoup d'autrg, h communauté d'Arcy, dans h bmnie comtu;e de Grang s, contg ta-t-el e vainement, six annég durant, oze dg quinze articè s de h reonaissance cbt ive qu'è avait passée n 1751 à so sIgur, è comte de Mo télar d (duc de Wurtm it articè s dont è principal
co firmait h

gn érait
Rég me

é de mainmo te3. Il sm b e ait doc

ln

se dgsin r, tot une

particulèrmn
de IAncin

t n Borg

ge e Franch€C m té, dans è s dernières décennies
sur è thème de h conditio mainmorta~

e

« réactio paysanne» contm po aine.

à cotr€Cor

ant de h

« réactio

sIgur

iaè»

(thèse de droit dactyb gtphié, ,Facuté de Dijn ,1994, p. 457 sq. 1 AN K 2026, lasse 1; pur une présntatin des « Quatre si:g uri g », vir IAnn «e IX. 2 Ainsi Ii «grande judicature de Saint-Cliude », à Ii fois hil I ag royal è seiguri a) ne délvra pas mills de 3 1 sntncg de désaV6 ntre 1743 è 1788, cn cernant, il gt vrai, pur Igsntiè dg «émi~s »pu frtunés (d'à dg smme s récupérég suvnt médio res) : vir AD Jura 8 B 115~1157. 3 AD Du& EMC (Cmt é de Mntélard) 3,1 (I) ; è fut débuté e par arrêt du parinnt de Bgançn, n date du 2 sptm œ 1758. 6

Chapitre II. Une institutio cot estée mais coservée : ~s ilbts d proès (jusqu'au mil eu d XVIIIe s.).

De h dg criptio précédnte se dégg
o g t ici n présn ce d'un !ppe humain

un premie cntre d'intérêt évidnt :
à pmdre n cosidé ration, ne seait

sa

ce que par so
cote mpmin

imprtance

quantitative

(au mills

tris

fu;

I€fetif

de h nkse

!), lamp ltude de sa répartitio

g

graphique

e

singl arité soia I:: À ce co stat de départ s'ajot~ rapphs -~ un dtlxièm e pôl:: d'intérêt, aussi fhgmt : n efe, ln de dm t1re statique, h sevitu de suh n France dès h fin du XIIIe s. une mise n cause crissan te

A. Les prb gIè

Des: h périd

XIVe- mileu d XVIIe s.

Ainsi k te res uançaisg conum t-k aux XIV € XVIe s. dg mesurg d'affranchissement (ryak 0 princièrg), à léc hl:: e I:: ph s so vn t prvincial:: . À commnce par k ris Phil ppe IV (1299-IB 2), Loi s X (135 )

e

Phil ppe V (I:I 8), qui hncèmt J

dg campagg

de manumissio

dans

phsiurs réfps : e fameux« édit» de U5, qui conut une b e pmérité g âce à so préambue g nérnx (dû seh tote vraisembhnce à un ctc de chancèie inspiré) e à sa pukati 0 dans k céé l:E Odrmanc E dE iE de Fnnee de la iEièm nCf? pue illiE par dp chub gique... de lavoat Laurière (172~ 1, avait de fait, cmme la fri: ln montré Marc Bbh, une amphr très l mitée, que 10 a cos idérab ment «agrée 2 Ce tains g ands vassaux fimt de mêm~ ntRm met e dauphin Humba II po r e Dauphiné (1349), e duc de Borg ge Philppe e Bo por e cm té de Namur (14J) e e duc Piere II pour h Brtage (1486). Au cors de h Rnaissanc~ FrançŒ Ir, Heri II e Hen III rprimt e fhmb BU, por h Borg ne ducae (1544, 1554), e Borb onais (1547-1548), e Dauphiné e h Savœ (1552), nf in e Be ry (1579), sans ore k mesun~ anab gg prisg par dux sov eains vŒins, e duc EmmanuÈPh illt (por h Savo e n
1561-1565)3

e

Philppe

II (por

h Franch€ Cm té n

1582-158~

Mais k

raiso s de toutg Cg initiatives étaient gS n tie e ment fiscae s, e , à queq ues rares « ceptions près, k modaltés fixég s'étaint hurtég à Ippmtio dg povo irs baux e à une ne te indiffém ce dg ppuhtios intérgség. Autre lm ite égè mnt : Cg mgurg n'étaint gère cotraigantg por k sIgurs particul es. D'à un succès ln rhtif : au moins esse fs re \rant du prince, e doc du Dm ain~ dans Cg divesg pro incg avaient-ik majD itairme nt disparu à h fin du XVIe siècle Seue, de manière ln phs fficace , une ptite soveainœ vŒine (de drit savyard), e comté de Nuch ât~ rgnis a h l quidation de h tai1h b l té pesone n 1627-1M 4.
Lg critiqug n'émanaint pas sum nt dg ceck gym m ntaux

.

Ainsi, n 1560, aux états proin ciaux de Borg g ~ un mag;trat récmme nt co ve ti au cav inisme, Jacqug Bretage (lutna nt gnéra1 au bihg d'Autun), n'hésita pas à prpse r comme moyn de rég h dtte cosidérab du royaume une cofiscatio autri taire d'une hrg e partie dg Nn us du dg crg, aye ntRmmnt laffTanchis smnt de« tos k mainmo ta"
I Odunanc 8... ,t. I, Paris, Imprimei e royaf 172~ p. 583 (ave mntin d'une b Ib ératrice prou, ; ctte puœatin fut diretmnt à loW e de I intepr étatin «cgsive qu'on n fit, h phpa rt des auteurs dg XVIIe XVIIIe s. vyant dans Tacte de B 5 un affranchissme nt à léch è du royaume ntie . L'acte de B 8, ég me nt reprduit par Laurière (Ib., p. 65:?654 ), ne fait que rpmdre t«tu m nt ch ide B 5. 2 Ampè ur ne dépassant gère è cadre de h réj:p de Snls e du VemandiB ; vir B hrg g dévpp m nts cns acrés au suje par M. Bb ch dans sa thèse dom af Rif; é selS. Un chapit d'hisœ capétBn e (paris, Champin, 1920, rééd. La Bo tique de IRis tir~ 1996). A titre cm paratif, h campage d'affranchissm n ts hnc ée par Philppe IV n la 2 sm b avo r été m phs cn sidérab ~ puisqu'è e cn cm a au moins dux ml ag e six sénéchausség . 3 Il s'ag de trois édits succgsif s (otte 1561, janvie 1562, aû t 1565), cn firmés n mars 1582. Les taux de rachat fixés étaint nér ux, ahnt de 5 à 40 % du patrimine du p6tuhnt, sb B situatins (vir I Ann«e V); e pur tot affranchissm nt tfetué par un sfgt1r particule r s'ajot ait un droit de 0 quo (équivahn t à h moitié du prix initia) à vese par ce denie dans B caissg de !État. 4 La den ière trace n Nuch âtb is disparut, smh-i) n 1657. 8