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Suppiluliuma et la veuve du pharaon

205 pages
L'auteur de ce livre retrace une aventure extraordinaire survenue au 14e siècle avant notre ère : une reine d'Egypte, identifiée d'après l'auteur à la veuve de Toutânkhamon, a écrit au roi hittite dont elle voulait épouser le fils. L'échec de cette tentative de mariage et la mort du prince hittite ont entraîné une véritable guerre de cent ans entre les deux familles dont la bataille de Qadesh a été l'épisode le plus fameux. Une réconciliation a suivi ce conflit et Ramsès II a épousé la fille du roi hittite Hattusili II. Seul le texte hittite parle de ces événements.
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SUPPILULIUMA ET LA VEUVE DU PHARAON
HISTOIRE D'UN MARIAGE MANQUÉ Essai sur les relations égypto-hittites

Collection KUBABA Série Antiquité V

JACQUESFREU

SUPPILULIUMA ET LA VEUVE DU PHARAON

HISTOIRE D'UN MARIAGE MANQUÉ Essai sur les relations égypto-hittites

Association

KUBABA, Université de Paris I,

Panthéon

-

Sorbonne,

12 Place du Panthéon 75231 Paris CEDEX 05

L' Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Hannattan Hongrie
Konyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L. LL14-16

L'Harmattan
ITALlE

Italia

Via Degli Artisti 15 10124 Torino

HONGRIE

Reproductions de la couverture. La déesse KUBABA (Dessin de V. Tchemychev), Archéologie X (lM. Lartigaud)

Directeur de publication: Michel Mazoyer Directeur scientifique: Jorge Pérez Rey

Comité de rédaction Trésorière: Christine Gaulme Colloques: Jesus Martinez Dorronsorro Relations publiques: Annie Tchemychev Directrice du Comité de lecture: Annick Touchard

Comité de lecture Olivier Casabonne, François-Marie Haillant, Germaine Demaux, Frédérique Fleck, Hugues Lebailly, Eduardo Martinez, Paul Mirault, Anne-Marie OehlschUiger, Nicolas Richer, Francisco de la Rosa, Germaine Servettaz Ingénieur informatique
Patrick Habersack (rn<l92addv(à)frc(:":. fr)

Comité scientifique Dominique Briquel, Gérard Capdeville, René Lebrun, Florence Malbran-Labat, Michel Mazoyer, Nicolas Richer Avec la collaboration artistique de Jean-Michel Lartigaud et Vladimir Tchemychev Ce volume a été imprimé par cg Association KUBABA, Paris cg L'HARMATTAN, 2004 ISBN: 2-7475-7595-0 EAN: 9782747575959

La parution du premier numéro de KUBABA est due à l'initiative de plusieurs enseignants et chercheurs de Paris I. Etant amenés à collaborer régulièrement en tant qu'enseignants, il leur a semblé qu'il pourrait être intéressant de s'associer en tant que chercheurs. La création de cette revue est née de plusieurs constatations: il existe peu de civilisations anciennes et modernes faisant une large place aux langues et aux alphabets divers. Il est apparu aux fondateurs de KUBABA que par leurs formations et leurs recherches individuelles ils pouvaient être à même de créer une publication originale, qui tenterait de répondre à ces objectifs. Le nom de cette revue est emblématique, puisque la déesse KUBABA, qui sera évoquée dans le prochain numéro, est à la jonction de plusieurs civilisations et qu'elle symbolise la volonté de rapprocher des langues et des croyances séparées dans le temps et l'espace. (Kubaba I, février 1999, p.2).

Bibliothèque Kubaba Sélection d'ouvrages publiés Cahiers Kubaba (chez L'Harmattan) Fêtes et Festivités. Rites et célébrations. La campagne antique: espace sauvage, terre domestiquée. La campagne colonisée. Collection Kubaba Série Antiquité Le forum brûle, Dominique Briquel (Paris IV, EPHE 4e section), 2002. Télipinu, le dieu au marécage, Michel Mazoyer, 2003. Histoire du Mitanni, Jacques Freu, 2003. Eloge mazdéen de l'ivresse, Eric Pirart, 2004. Série Monde moderne, Monde contemporain Un homme de désirs. Le poète islandais Einar Benediktsson, Patrick Guelpa, 2003. Jon Oskar, Toi qui écoutes, Régis Boyer (Traducteur) Série Actes (Ed. Mazoyer, Pérez, Malbran-Labat, Lebrun) L'arbre, symbole et réalité, Actes des lères Journées universitaires de Hérisson, Hérisson, juin, 2002, Paris, 2003. Ville et pouvoir: origines et développements. Le pouvoir et à la ville à l'époque moderne et contemporaine. Actes du colloque sur la ville au cœur du pouvoir, Premier Colloque international de Paris organisé par les Cahiers Kubaba et l'Institut catholique de Paris, Paris, décembre, 2000, Paris, 2002 (2 volumes). Ouvrages en cours de publication (publication prévue en 2004) Cahiers Kubaba Barbares et civilisés (2 volumes). Collection Kubaba Série Antiquité La Tête, les Seins, le Graal, Claude Sterck:x. La vie quotidienne du dieu hittite Télipinu, Michel Mazoyer. Les Grecs et l'au-delà, Catherine Cousin. Série Monde moderne, Monde contemporain Histoire et histoires de Russie, Annie Tchernychev.

Série Actes La Fête dans l'Antiquité, la rencontre des dieux et des hommes. La Fête, de la transgression à l'intégration. Actes du Deuxième Colloque international de Paris, décembre, 2002 (2 volumes).

Jacques Gaume, Les Hittites, 1995. Huile sur toile

A mon éminent collègue et ami René Lebrun

SOMMAIRE
Avant-Propos pp.17-19 Introduction pp.21-33 : Les origines des relations égypto-hittites CHAPITRE I: Les Evénements pp.33-47 L'appel de la reine et les négociations matrimoniales pp.39-44 La chronologie des événements et du règne de Suppiluliuma pp.44-47 CHAPITRE II : Les personnes royales pp.49-72 1) Suppiluliuma pp.49-51 2) Le pharaon Nipbururiya pp.52-65 3) Dabamunzu pp.65-75 CHAPITRE III: Les autres protagonistes de l'affaire pp.73-90 a) ijaniy(a) pp.75-78 b) Pa'apu (?) pp.79-80 c) ijattusaziti pp.80-81 d) Les généraux hittites pp.82-84 1) Zida/Zitana pp.82-83 2) Lupakki et Tarbuntazalma pp.83-84 e) Zannanza pp.84-88 Conclusion pp.89-92 CHAPITRE IV: Systèmes politiques et diplomatie pp.93-122 La correspondance amarnienne pp.93-97 Le modèle égyptien pp.97-98 Le modèle hittite pp.98-1 03 Le modèle égyptien (2) pp.104-113 Les relations entre les Grands Rois pp.113-118 Les messagers des Grands Rois pp.118-122 CHAPITRE V: Les mariages interdynastiques et l'initiative de « Dabamunzu» pp.123-134 CHAPITRE VI: De la confrontation à l'alliance pp.135-166 Le pharaon Horemheb et les troubles en Syrie pp.135-142 Séthi I et Muwatalli II pp.142-145 15

Ramsès II et Muwatalli II: la bataille de Qades pp.l45-148 Ramsès II et Hattusili III: le traité de paix et d'alliance de l'an XXI pp.149-157 La lettre de Pudubepa et le mariage de l'an XXXIV pp.l57-163 La fm des relations égypto-hittites pp.163-166 CONCLUSION pp.167-171 BIBLIOGRAPHIE pp.172-199 ABREVIA nONS pp.200-205

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AVANT-PROPOS
Les relations séculaires qui ont existé entre la vallée du Nil et le lointain royaume des Hittites, situé en Asie mineure, ont été marquées par trois événements exceptionnels, qui sont bien documentés: 1°) L'appel d'une reine d'Egypte, veuve d'un « pharaon amarnien », au roi de Jj.atti, Suppiluliuma, qu'elle suppliait d'envoyer l'un de ses fils en Egypte afin de l'épouser et de monter sur le trône de ce pays. Episode extraordinaire et unique sur lequel les textes égyptiens ont observé un complet silence et qui nous est connu par la « septième tablette» de la Geste du roi hittite, rédigée sur ordre de son fils Mursili II et par quelques autres textes. La conclusion tragique de cette affaire a entraîné le déclenchement des hostilités entre les deux pays. 2°) La bataille de Qades qui a opposé, en Syrie, Ramsès II au fils de Mursili, Muwatalli II, en l'an V du souverain égyptien (1275/1274 av.J.C.), une cinquantaine d'années après l'appel de la reine. 3°) La conclusion du «traité éternel de paix et d'alliance» négocié par Ramsès II et le frère de Muwatalli, Jj.attusili III, en l'an XXI du pharaon (1259/1258 av.J.C.). Il a mis tin à une longue période d'affrontements (c.13241259/1258 av.J.C.), entrecoupée de négociations et de trêves plus ou moins durables. Soixante-cinq ans environ ont séparé les débuts de la crise de son heureux dénouement. Il est certain que l'appel de la reine a été un événement inouï et très improbable qui n'est explicable que dans le contexte particulier de la période amarnienne. Au cours de ces années de bouleversement, aussi bien dans le domaine religieux que dans la sphère diplomatique, les Hittites et les Egyptiens se sont affrontés d'abord par l'intermédiaire de leurs vassaux respectifs, sur le théâtre de la Syrie centrale et septentrionale. La défaite du roi de Mitanni, Tusratta, « beau-père» et allié du pharaon «hérétique », Akhenaton, vers 1341/1340 av.JC., avait 17

en effet privé l'Egypte de son principal allié et laissé sans protection la frontière de son empire asiatique. Après plus d'un siècle de relations lointaines mais excellentes les zones d'influence des rois d'Egypte et de ijatti se sont trouvées en contact direct le long d'une ligne mal définie traversant la Syrie. Les deux souverains ont été confrontés à de difficiles problèmes de suzeraineté au sujet desquels ils avaient des notions et des pratiques différentes sinon opposées. Pharaon considérait par principe que tous les peuples étrangers étaient ses sujets. Les royaumes avec lesquels il entretenait des relations de bon voisinage sur un pied d'égalité étaient eux-mêmes présentés par ses scribes comme des dépendances de l'Egypte. Les « cadeaux» apportés par les envoyés des autres souverains étaient considérés par la bureaucratie égyptienne comme des « tributs». Les rois et les dignitaires hittites étaient, quant à eux, les héritiers d'une longue tradition juridique et fondaient leurs relations avec leurs voisins sur des traités aux clauses précises défmissant la nature des engagements souscrits par les parties contractantes. Nous avons conservé le texte de plusieurs actes diplomatiques négociés avec les vassaux du roi hittite, en Anatolie et en Syrie. Les traités conclus avec les princes du Kizzuwatna (les premiers étant des accords paritaires), du ijayasa, du Mira, du ijaballa, du pays de la rivière Seba et du Wilusa, tous pays situés en Asie mineure, ont été rédigés, à l'exception du traité «akkadien» conclu avec le Kizzuwatna, en langue hittite (nésite) par la chancellerie de ijattusa. Ceux négociés avec les vassaux syriens d'Ugarit, d'Amurru et du Nubasse l'ont été en akkadien, la langue diplomatique de tout l'Orient à l'âge du Bronze Récent, et aussi en hittite. Il faut mettre à part les accords conclus avec les «fils royaux apanagés », installés à Karkemis et à Alep, par Suppiluliuma, et plus tard à TarbuntaSsa par ijattusili nI et Tutbaliya IV. On peut rapprocher de ceux-ci celui imposé par Suppiluliuma à son gendre mitannien Sattiwaza. Quant au traité tardif conclu avec le roi d' Alasiya (Chypre), un correspondant de Pharaon à l'époque amamienne, il n'a fait qu'entériner la soumission de

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ce prince au Grand Roi Tutbaliya IV qui avait débarqué dans l'Île, exploit que renouvellera son fils Suppiluliyama (II). Les rois du ijatti avaient une notion précise des souverains qu'ils considéraient comme leurs égaux. Ils en ont dressé plusieurs fois la liste. Pharaon y figure au premier rang suivi par le roi kassite de Babylone (le roi de Kardunias). Le Mitannien en a été exclu après sa défaite alors que le roi d'Assyrie, d'abord dédaigné, a fini par être reconnu comme un «Grand Roi ». Ce titre a même été attribué, tout au moins pendant un temps, au lointain roi d'Abbiyawa, très vraisemblablement le souverain achéen de Mycènes. Il n'existe cependant pas de preuves que des traités en bonne et due forme aient été négociés avec plusieurs de ces «Grands Rois» qui entretenaient pourtant des relations diplomatiques, matrimoniales et épistolaires avec le souverain du ijatti. A notre connaissance seuls les pharaons ont conclu au moins deux traités avec des rois hittites. L'affaire de « l'appel de la reine» s'est produite alors qu'un ancien traité (dit de Kurustama) était encore en vigueur entre les deux pays. La violation de cet accord solennel placé sous les auspices des dieux a été aux yeux des Hittites l'une des causes de l'effroyable épidémie de peste qui s'est abattue sur leur royaume après l'échec du projet de mariage entre la veuve de Pharaon et le fils du roi de Hatti. La démarche de la reine a été le premier grand tournant des relations égypto-hittites, à la fin de l'époque amarnienne.

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