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Va de bon coeur !

De
216 pages
Julien Cosmao Kerjulien, jeune breton né à Châteaulin, s'engage comme mousse alors qu'il n'a pas quinze ans. Rapidement promu officier, il poursuit sa carrière après la guerre d'indépendance américaine et aborde avec confiance la Révolution. Nommé capitaine de vaisseau en 1793, il commande alors de façon presque interrompue et avec succès des vaisseaux jusqu'à l'année 1805. Sa conduite pendant la campagne de l'amiral Villeneuve et à Trafalgar lui vaut d'être promu amiral. Sa carrière s'interrompt après les Cent Jours alors qu'il est Préfet maritime de Brest et vient d'être nommé Pair de France.
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VADEBONCŒUR!L’ C K (1761 – 1825) AMIRAL OSMAO ERJULIEN
Philippe COSMAO DUMANOIR
Va de bon cœur ! L’amiral Cosmao Kerjulien (1761 – 1825)
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19/04/201721:01
Va de bon cœur !
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
ISBN :978-2-343-12057-7 EAN : 9782343120577
Philippe Cosmao Dumanoir
Va de bon cœur !
L’amiral Cosmao Kerjulien (1761 – 1825)
Préface de l’amiral Rémi Monaque
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(1) Napoléon à bord duNorthumberlandle 15 août 1815
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« Mais quel est ce vaisseau, l’honneur de notre armée ? Il se couvre de feu, s’entoure de fumée ! C’est bien là le Pluton ! Ô vaillant Cosmao ! Comme un autre Jean Bart tu conduis ton vaisseau. »
Ces quatre vers de J. M. Chanard, poète toulonnais, sont tirés d’un poème en neuf chants consacré à la bataille de Trafalgar. Ils illustrent la gloire et les mérites d’un grand marin français, bien oublié de nos jours, et que l’un de ses descendants, Philippe Cosmao Dumanoir, a pris l’heureuse initiative de faire revivre. Point d’hagiographie dans l’ouvrage qui nous est proposé, mais une étude solide, enrichie par les documents inédits conservés dans la fa-PLOOH /D ¿JXUH GH -XOLHQ &RVPDR .HUMXOLHQ IRXUQLW DX OHFWHXU O¶XQ GH cesexemplasi précieux pour donner couleur et chair aux personnages de la grande histoire trop souvent perçus à travers la grisaille de la cor-UHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH © 9D GH ERQ F°XU ª FDU WHO pWDLW O¶DIIHFWXHX[ surnom que lui donnaient ses équipages, est un personnage particuliè-rement attachant par sa simplicité, son allant, son énergie et sa bien-veillance. Peu de grands chefs présentent un caractère aussi avenant. Beaucoup, en effet, semblent estimer que l’autorité ne peut s’exercer sans sévérité ni rudesse et s’enferment dans un isolement hautain qui les prive des initiatives, des idées et pour tout dire des meilleurs talents de leurs subordonnés : ils n’en obtiennent qu’une obéissance passive. Le mérite de Julien Cosmao est d’autant plus grand que sa carrière se déroule pendant la période la plus désastreuse de l’histoire de la marine française. Lorsque Julien entre au service du Roi en qualité de mousse, la ma-rine royale, est au faîte de sa puissance et de sa gloire. Elle est capable de faire jeu égal avec laRoyal Navyet joue un rôle déterminant dans l’obtention de leur indépendance par les treize colonies révoltées de la Nouvelle Angleterre. Le comportement du jeune garçon est si bril-ODQW TX¶LO ¿QLW OD JXHUUH HQ TXDOLWp G¶RI¿FLHU DX[LOLDLUH SRVLWLRQ TXL OXL donne très tôt l’avantage d’exercer de réelles responsabilités. Cosmao,
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dans cette aventure, a pu s’imprégner de tout ce qui faisait la force d’une marine souvent victorieuse : un matériel arrivé à un haut de-gré de perfection, une organisation des navires savante et bien rodée, un entraînement rigoureux favorisé par les longues périodes passées HQ PHU ,O JDUGH HQ PpPRLUH WRXV FHV DWRXWV ELHQW{W PRGL¿pV GDQV OHV ordonnances du Maréchal de Castries, ministre de la marine, qui a su tirer avec soin toutes les leçons de la guerre. Pour les hommes de sa génération, même pour ceux qui comme lui accueillent avec faveur les LGpHV QRXYHOOHV GH OD 5pYROXWLRQ OH UqJQH GH /RXLV ;9, UHVWHUD FRPPH une sorte d’âge d’or auquel on se réfère pour rappeler les bons usages de la marine. La chute de la royauté est pour Cosmao une circonstance favorable qui va donner une puissante accélération à sa carrière. L’émigration PDVVLYH GHV RI¿FLHUV QREOHV FRQVWLWXH HQ HIIHW XQ DSSHO G¶DLU WUqV SXLV-sant pour tous ceux qui dans la marine de guerre ou dans la marine PDUFKDQGH SRVVqGHQW TXHOTXHV TXDOL¿FDWLRQV HW TXHOTXHV WDOHQWV /D FDWpJRULH GHV DQFLHQV RI¿FLHUV DX[LOLDLUHV IRUPpV SHQGDQW OD JXHUUH d’Indépendance est un gisement particulièrement riche à cet égard. Les DPLUDX[ 9LOODUHW -R\HXVH *DQWHDXPH 0DUWLQ $OOHPDQG 1LHOO\ SRXU ne citer que les plus célèbres, appartiennent tous à ce groupe où les gouvernements de la République et de l’Empire vont puiser les compé-tences indispensables pour diriger la marine française dans des condi-WLRQV H[FHSWLRQQHOOHPHQW GLI¿FLOHV La très imprudente déclaration de guerre faite par la Convention au er Royaume Uni le 1 février 1793, plonge en effet la France et sa ma-ULQH GDQV XQH VLWXDWLRQ LQH[WULFDEOH -XVTX¶j OD ¿Q GH O¶(PSLUH VL O¶RQ fait abstraction de la courte trêve procurée par la paix d’Amiens, la marine française va devoir combattre dans des conditions désastreuses un ennemi très supérieur acharné à sa destruction. «Annihililate the ennemy» ne cessait de répéter Nelson à ses capitaines ! Ces combats seront d’autant plus désespérés que la France, engagée dans de multi-SOHV DYHQWXUHV WHUUHVWUHV QH SRXUUD FRQVDFUHU j VD ÀRWWH TXH GHV PR\HQV ¿QDQFLHUV OLPLWpV 0DLV SOXV HQFRUH TXH OHV PR\HQV PDWpULHOV FH VRQW les hommes de mer qui vont le plus cruellement manquer à la marine. Très vite les grands malheurs que sont l’occupation de Toulon par les Anglais (1793), les combats de prairial (1794), la campagne du grand hiver (1795) vont épuiser le «stock» limité des gens de mer compétents
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dont un grand nombre sont morts au combat ou de maladie ou bien encore prisonniers dans les geôles britanniques. La bataille d’Aboukir (1798), la campagne très meurtrière de Saint Domingue (1802-1803), et SRXU ¿QLU OH GpVDVWUH GH 7UDIDOJDU YRQW DFKHYHU GH UHQGUH H[VDQJXH XQH PDULQH TXL j OD ¿Q GH O¶(PSLUH YHUUD XQH JUDQGH SDUWLH GH VRQ SHUVRQQHO composée de soldats sans aucune formation maritime et de matelots étrangers. &RPEDWWUH GDQV GH WHOOHV FRQGLWLRQV UHSUpVHQWH XQ Gp¿ WUqV GLI¿FLOH à relever, d’autant plus que les escadres, enfermées la plupart du temps dans les ports, n’ont pas la possibilité d’entraîner leurs personnels de PDQLqUH UpDOLVWH 4XHOTXHV RI¿FLHUV GRQW QRWUH -XOLHQ &RVPDR SDU-viendront pourtant à conduire des actions brillantes grâce à un charisme hors du commun et à une volonté opiniâtre. Leur mérite est d’autant plus grand qu’ils ne sont guère soutenus par le haut commandement. Le génie de Napoléon ne s’étend pas hélas à la conduite des opérations maritimes. Il a tendance à commander ses escadres comme il dirige sur WHUUH VHV GLYLVLRQV ,O QH WLHQW SDV VXI¿VDPPHQW FRPSWH GHV GpODLV GH transmission très longs et très aléatoires, ni des contraintes météorolo-giques très lourdes, ni même des réactions possibles de l’ennemi. Peu FRQ¿DQW GDQV VHV DPLUDX[ LO OHXU SUHVFULW DYHF XQ OX[H GH GpWDLOV WUqV nuisible les modes d’actions qu’ils doivent appliquer, sans même les LQIRUPHU GH OD ¿QDOLWp GH OHXU PLVVLRQ /H FRQWUDLUH GH FH TX¶LO DXUDLW fallu faire ! Il est très largement responsable du désastre de Trafalgar, une bataille inutile qu’il aurait pu éviter. Quant à l’amiral Decrès, mi-nistre de la marine depuis octobre 1801 et maintenu à son poste jusqu’à OD ¿Q GH O¶(PSLUH LO MRXH GDQV OD SURPRWLRQ HW O¶DIIHFWDWLRQ GHV DPLUDX[ de Napoléon un rôle pour le moins ambigu. Ce bourreau de travail, cet excellent gestionnaire semble vivre dans la crainte d’être remplacé à la tête de son ministère. Il a donc tendance à favoriser ses amis ou les ami-raux qui ne présentent pas un danger pour lui au détriment des person-nalités de talent dont la réussite pourrait lui porter ombrage. Il semble bien que Cosmao ait subi, comme le suggère cet ouvrage, l’antipathie et les injustices de son ministre. Cela n’enlève rien, bien au contraire, aux mérites éclatants de l’un des plus purs héros de la marine impériale.
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Rémi Monaque
Un pour Un
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