7 500 signes

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«Ton regard, aussi bien celui du romancier que celui du journaliste, sur tout sujet qui t'intéresse, chaque semaine. Tu as 7 500 signes pour le faire. Tel est le contrat. Un signe, c'est aussi bien une virgule, un blanc entre deux mots, qu'un guillemet ou un point d'exclamation, et, naturellement, des lettres qui forment des mots, lesquels traduisent une pensée ou proposent une image.
On prend des notes, on interroge, on fouille des archives, on consulte plusieurs ouvrages, on e-maile à des correspodants (amis et contacts aux États-Unis, en province, en Asie), on rencontre tel ou telle, on voyage. La plupart du temps, on dépasse le compte : 9 000, voire 10 000 signes. Alors, on rabote, on essaie de conserver ce que l'on croit être l'essence même d'un papier, et on n'oublie pas la phrase qu'un vieux routier prononça à l'adresse du grand écrivain Tom Wolfe, lorsqu'il faisait ses débuts dans la presse du New York des années 60 : Arrête-toi quand ça devient emmerdant.
En vérité, pour bien exercer ce métier, il ne faut jamais être emmerdant. Jamais.»
Publié le : jeudi 14 octobre 2010
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EAN13 : 9782072304750
Nombre de pages : 478
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Philippe Labro 7500 signes chroniques
Gallimard
D U M Ê M E A U T E U R
Aux Éditions Gallimard
o U N A M É R I C A I N P E U T R A N Q U I L L E (« Folio »,n 4171). o D E S F E U X M A L É T E I N T S (« Folio »,n 1162). o D E S B A T E A U X D A N S L A N U I T (« Folio »,n 1645). o L ' É T U D I A N T É T R A N G E R (« Folio »,n 1961). o U N É T É D A N S L ' O U E S T (« Folio »,n 2169). o L E P E T I T G A R Ç O N (« Folio »,n 2389). o Q U I N Z E A N S (« Folio »,n 2677). o U N D É B U T À P A R I S (« Folio »,n 2812). o L A T R A V E R S É E (« Folio »,n 3046). o R E N D E Z  V O U S A U C O L O R A D O (« Folio »,n 3344). o M A N U E L L A (« Folio »,n 3459). o J E C O N N A I S G E N S D E T O U T E S S O R T E S (« Folio »,n 3854). o L E S G E N S (« Folio »,n 5092).
Dans la collection « À voix haute »
M O N A M É R I Q U E .
Aux Éditions Albin Michel
T O M B E R S E P T F O I S , S E R E L E V E R H U I T , 2003 (« Folio », o F R A N Z E T C L A R A , 2006 (« Folio »,n 4612).
Aux Éditions Denoël
T O U S C É L È B R E S .
Aux Éditions JeanClaude Lattès
C E N ' E S T Q U ' U N D É B U T (avec Michèle Manceaux). D E S C O R N I C H O N S A U C H O C O L A T .
Aux Éditions Nil
o n 4264).
o L E T T R E S D ' A M É R I Q U E (avec Olivier Barrot) (« Folio »,n 3990).
7 5 0 0
S I G N E S
PHILIPPE LABRO
7 500
S I G N E S
c h r o n i q u e s
G A L L I M A R D
Il a été tiré de l'édition originale de cet ouvrage trentecinq exemplaires sur vélin pur fil des papeteries Malmenayde numérotés de1à35.
©Éditions Gallimard, 2010.
À Tom Wolfe
Avantpropos
C'est cela, le contrat : 7 500 signes, une fois par semaine. Heure limite : 17 heures, le vendredi. Parution, le lundi. En journalisme, pour paraphraser Léonard de Vinci, « toute contrainte m'est grâce ». J'ai toujours aimé le car can du journalisme : on vous donne un jour, une heure, un espaceà vous d'obéir et de faire entrer dans cette enveloppe votre « regard ». Car c'est cela, aussi, le contrat, passé en 2008, avecLe Figaro: « Ton regard, aussi bien celui du romancier que celui du journaliste, sur tout sujet qui t'intéresse. 7 500 signes. » Alors, ça se passe comme ça : une bonne partie de la semaine, on prend des notes, on interroge, on fouille des archives, on consulte plusieurs ouvrages, on « emaile » à des correspondants (amis et contacts aux ÉtatsUnis, en province, en Asie), on rencontre tel ou telle, on fait un saut à l'étranger, bref on picore, on engrange, on noircit « le moleskine », l'indispensable et irremplaçable carnet de notes. On renifle l'air du temps, ou bien on décide de ne pas du tout subir l'emprise de l'actualité et de choi sir un thème différent, éloigné des « news » chaudes et
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immédiates. Ce faisant, on s'instruit, on s'enrichit, on réfléchit. En écoutant le fils d'un grand résistant, ou un ami intime de Camus, ou en correspondant avec Simon Leys, en recueillant les propos d'Edgar Morin, en relisant, parce qu'on cherche une citation, du La Fontaine ou du Balzac, en obtenant des infos inédites parvenues d'Iran, de Birmanie, de Washington, on se dit que ce métier demeure une providence, un bonheur : à tous les coups, on apprend. À tous les coups, on gagne. On gagne en connaissance de l'époque, en réflexions sur le passéle sien propre, ou celui du siècle dernier, en projection sur le présent et l'avenirle sien propre, e ou celui duXXIsiècle, en tentatives de réponse aux éternelles questions : de quoi donc sont faits les hommes et les femmes ? Ensuite, il est temps de classer, éliminer, « peigner », parce que, bien souvent, quarante pages de notes peuvent vous encombrer. Il a fallu beaucoup tra vailler. Maintenant, il est nécessaire de construire, afin d'obéir à la « contrainte » qui est une grâce : 7 500 signes. Un « signe », c'est aussi bien une virgule, un blanc entre deux mots, qu'un guillemet ou un point d'excla mation et, naturellement, des lettres qui forment des mots, lesquels traduisent une pensée ou proposent une image. La plupart du temps, on dépasse le compte : 9 000, voire 10 000. Alors, il faut sarcler, faire la chasse aux adjectifs inutiles, aux effets répétitifs, à la tentation du mot d'auteur ou de la recherche d'un vocabulaire qui veut provoquer ou intriguer le lecteur. On rabote, on essaie de ne conserver que l'essentiel, ce que l'on croit être l'essence même d'un « papier », on n'oublie jamais la jolie phrase qu'un directeur de rédaction prononça
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