À l'ombre des arbres millénaires

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Cambodge, 1975. Raami a sept ans et marche avec une attelle, séquelle de la polio contractée quelques années plus tôt. Elle vit une enfance choyée à Phnom Penh. Son père, poète reconnu, homme doux et raffiné, est un prince de sang royal et règne sur le clan familial. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges envahissent la ville. Aussitôt débute l'horreur, qui va durer presque quatre ans. Les soldats ordonnent à tous les habitants de quitter leurs maisons. L'exode est terrifiant : les malades sont chassés des hôpitaux, des femmes soldats abattent à bout portant des vieillards récalcitrants. Les Khmers rouges décrètent la séparation des familles et la chasse aux familles puissantes comme aux intellectuels. Un jour, l'un des commissaires politiques croit reconnaître le prince et ordonne à la petite Raami de dénoncer ce père qu'elle aime de toutes ses forces. Cette trahison forcée poursuivra Raami toute sa vie...
À l'ombre des arbres millénaires est l'histoire de Vaddey Ratner, un récit d'une force inoubliable, qui reste gravé dans la mémoire, non seulement par son style littéraire mais par la force de son message historique. À travers les liens indéfectibles d'une famille, on découvre la résilience, mais aussi la terreur et la lâcheté.
Publié le : jeudi 10 juillet 2014
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EAN13 : 9782207116050
Nombre de pages : 448
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À ’ombre des arbres mîénaîres
Vaddey Ratner
À ’ombre des arbres mîénaîres
roman
Traduît de L’angLaîs (États-Unîs) par ELsa Maggîon
Tître orîgîna :In the Shadow of the Banyan Édîteur orîgîna : Sîmon & Schuster © Vaddey Ratner, 2012
Et pour La traductîon françaîse : © Édîtîons Denoë, 2014
Pour ma mère En souvenîr de mon père, Neak Ang Mechas Sîsowath Ayuravann
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Ce Fut sans exposîons de roquettes et de bombes que a guerre pénétra dans mon unîvers d’enFant, maîs avec es pas Feutrés de mon père quî ongeaît e couoîr et passa devant ma chambre pour rejoîndre a sîenne. J’entendîs a porte s’ouvrîr puîs se Fermer avec un petît bruît sec. Je me gîssaî hors de mon ît, en prenant soîn de ne pas réveîer Radana endormîe dans son berceau, et sortîs sur a poînte des pîeds. Je coaî ’oreîe contre a porte et écoutaî. « Ça va ? » Maman sembaît înquîète. Tous es jours, avant ’aube, Papa partaît pour une petîte promenade en soîtaîre, et à son retour, une heure pus tard envîron, î rapportaît es îmages et es sons de a vîe, sources d’înspîratîon des poèmes qu’î me îsaît. Ce matîn-à, pourtant, î avaît sembé rentrer à peîne sortî, car ’aube venaît tout juste de paratre et ’atmosphère nocturne ne s’étaît pas encore dîs-sîpée. e sîence ’avaît suîvî comme son ombre, résîdu de rêve après e réveî. Je ’îmagînaî à présent aongé à côté de Maman, es paupîères coses, écoutant sa voîx, et je devînaî e réconFort qu’ee uî apportaît au mîîeu du tumute de ses pensées. « Que s’est-î passé ?
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— Rîen, ma chérîe. — Qu’y a-t-î ? » însîsta-t-ee. Un soupîr, ong et proFond, puîs î répondît : « es rues grouîent de monde, Aana. De gens quî n’ont pus de toît, afamés, désespérés…» ï marqua une pause ; e ît craqua ; î devaît se tourner vers ee, eurs joues sur e même traversîn, comme je ’avaîs sou-vent vu. « es maheurs… — Peu împorte toutes ces horreurs, ’înterrompît doucement Maman, je saîs que tu prendras soîn de nous. » Puîs un sîence sans même un souLe. Je ’îmagînaî, es èvres pressées contre cees de mon père. Je rougîs. « Voîà ! » s’excama-t-ee. e carîon însoucîant de sa voîx tîntaît de nouveau. Puîs ce Fut e battement de persîennes qu’on ouvraît, oîseaux de boîs reâchés prenant soudaîn eur envo. « e soeî est radîeux ! » s’écrîa-t-ee, enthousîaste. Et avec ces mots sîmpes, ee chassa a gravîté de ce matîn-à, ee jeta ce « Rîen » de ’autre côté du portaî comme un chat quî auraît grîmpé sur ’épaue de Papa en jouant des grîfes. Un raî de umîère Fondît sur a Façade de a maîson et se répandît depuîs e bacon dans e couoîr ouvert. Je ’îmagînaî, tapîs céeste précîpîté du Irmament par un ange, une dîvînîté céeste,tevodanégîgent. Je courus vers uî, encore îbre de mes mouvements sans ’entrave des chaussures et de ’appareî ortho-pédîque que je portaîs en temps norma pour corrîger e boîte-ment de ma jambe droîte. Dehors, e soeî se evaît à travers es Frondaîsons vertes et uxurîantes de a cour. ï bâîaît, s’étîraît, bébé dîeu passant ses nombreux bras très ongs entre es branches et es Feuîes. Nous étîons en avrî, à a In de a saîson sèche, et a mousson
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