A l'ombre du boudin solaire

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Une secte comme il y en a de nombreuses en France : L’Ordre du Boudin Solaire. Un suicide collectif dans une clairière près de Montségur et le corps d’un ancien agent de la D.S.T. parmi les victimes. Tels sont les premiers éléments de la nouvelle enquête du lieutenant Columbéchar. Ses découvertes surprenantes entraîneront sur la piste d’un trafic d’armes aux ramifications gigantesques... Malgré lui, il sera aidé par une ancienne adepte de la secte, Corinne Bocéros, bien décidée à venger la mort de son petit ami.
Publié le : mercredi 8 septembre 2004
Lecture(s) : 227
EAN13 : 9782748140866
Nombre de pages : 116
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A L'OMBRE DU BOUDIN SOLAIRE


Patrick Hébrard
A l'ombre du boudin
solaire


















Le Manuscrit
www.manuscrit.com















Éditions Le Manuscrit
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
ISBN : 2-7481-4086-9 (imprimé)
IS-4087-7 (pdf)

Patrick Hébrard


CHAPITRE I


Il était 8 heures 30, lorsque l’inspecteur
Columbéchar – pardon, lieutenant Columbéchar –
arriva à son bureau de la D.S.T. où l’attendait déjà son
collègue Lecoeur. Ce dernier s’entraînait à tirer aux
fléchettes sur un portrait de Lionel Jospin qu’il avait
épinglé au mur. Ce geste démontrait de quel côté
battait son cœur politique... En effet, il était
communiste !

Hop ! Hop ! Hop ! Il est déjà l’heure
d’intervenir afin d’éclaircir ce récit. En particulier
pour les quidam qui ne sont pas abonnés à la revue
mensuelle « Joie dans la police » ou qui n’écoutent
pas tous les soirs le canal du S.R.P.J. sur leur
scanner. En effet, depuis une certaine loi, dont tout le
monde se fout et dont je ne connais pas le numéro, ni
la date – j’ai autre chose à faire qu’à chercher ces
con… - les grades de la police ont été modifiés. Pour
quelle raison ?... No se ! Peut-être pour faire plus
américain et pouvoir faire tourner Roger Hanin dans
Starsky et Hutch. Je n’en sais rien, j’vous dis ! Bref,
l’important à savoir pour le reste de l’histoire et pour
les lecteurs – excusez moi, je rigole ! – qui ont acquis
le magnifique – excusez-moi encore, je m’esclaffe ! –
premier volume des aventures de l’inspecteur
Columbéchar, le grade d’inspecteur a été remplacé
par celui de lieutenant. Quant à celui de commissaire,
il a été remplacé par celui de… commissaire !! Ben
oui, les fonctionnaires de police, on ne va pas tout
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leur changer en même temps. Ils ne suivraient pas !
Bon, c’est pas tout ça, mais moi, je vous laisse parce
que j’ai le repas à préparer… A plus tard.

Columbéchar contourna le bureau et vint
s’asseoir sur sa chaise qui lui avait été remise à son
arrivée à la D.S.T. en 1989 et qu’il détenait toujours
depuis 13 ans. Le mobilier était également d’époque :
le bureau, lui-même, datait des années soixante ;
l’armoire, où l’on rangeait les dossiers, des années
cinquante ; le téléphone, branché sur Internet,
permettait difficilement d’obtenir le 22 à Asnières
grâce à une manivelle datant des années quarante ;
quant au squelette qui traînait par terre, il s’agissait
d’un collègue décédé d’une crise cardiaque en 1934,
lors des émeutes de février.
A l’inverse, sur le bureau de Columbéchar
trônait un superbe ordinateur disposant d’un
processeur Pentium 4 à 1,8 Ghz, de 2 Go de mémoire
centrale, d’un disque de 120 Go, d’un écran haute
définition 21 pouces, d’un lecteur DVD ainsi que d’un
graveur de CD-ROM, relié à un réseau disposant
d’une bande passante de 1 Ghz et utilisant le système
d’exploitation Microsoft XP Pro ainsi que les logiciels
Office XP au complet. Columbéchar quant à lui, avait
installé un jeu Pacman qui fonctionnait sous système
DOS 3.3.
Ces superbes machines avaient été installées
dans les bureaux de la D.S.T. à peine trois semaines
avant, et une semaine avant les élections. Cela devait
permettre aux agents de la D.S.T. d’améliorer leur
rendement dans leurs dossiers d’enquêtes.
Malheureusement, 90% des effectifs ne savaient taper
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sur le clavier qu’avec un doigt, sans compter ceux qui
ne savaient pas taper du tout, sauf sur les
suspects…Seul parmi tous, Robert Seau, tapait avec
sa tête, vu qu’il avait perdu les deux bras en Indochine
à la bataille de Bao Thaï, et la c… gauche en Algérie
lors de son passage dans un bordel militaire de
campagne… Bref, ces ordinateurs fonctionnaient à
plein régime.
De toute manière, les imprimantes prévues
n’avaient pas été livrées, ce qui faisait que les procès
verbaux ne pouvant être imprimés, certains officiers
de police consciencieux tapaient méthodiquement
leurs P.V. sur leur ordinateur avant de les retranscrire
à la main sur les imprimés prévus à cet effet soit les
B7, C4 et E3, coulé !!! Selon la réglementation n° 254
du 14 janvier 1954 modifiée le 2 février de la même
année et annulée le 26 du même mois. Bref, on se
serait cru dans le privé…
Columbéchar décapsula sa première canette de
bière de la journée et posa les pieds sur le bureau afin
d’être dans la position adéquate pour discuter avec
son collègue.
« Dis donc Lecoeur, t’as vu le journal hier soir à la
télé, le truc de la secte où tous les gars ont trouvé la
mort. Bizarre tout de même…
- Ben, hier soir, j’ai pas vraiment regardé le journal,
fallait que je termine Rocco et ses frères. J’avais pas
fini de le voir ce week-end…
- Rocco et ses frères ? Tu regardes les films de
Visconti maintenant rétorqua Columbéchar surpris.
- ? Ah non. Celui là, il est de Marc Dorcel
avec Rocco Siffredi. Mais j’ai bien aimé la scène avec
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la blonde quand il la prend contre le mur et qu’il
l’oblige à…
- Bon ! Bon ! Ok, ça va, j’ai compris !! »
Au même moment, le téléphone de
Columbéchar sonna, ce qui est assez rare pour un
téléphone en dehors des périodes d’accouplement qui
durent, pour ceux qui sont intéressés, de mars à avril.
Il s’agissait du commissaire Arien, son supérieur qui
lui demandait respectueusement sur un ton, qui
rappelait celui d’un obersturmführer SS à un juif dans
le camp d’Auschwitz, de se rendre dans son bureau
pour une affaire urgente.

Excusez-moi encore, mais j’interviens à cet
instant du récit afin d’apporter les précisions qui
s’imposent, et ceci à la demande du professeur
Culbute. Le professeur Culbute, chercheur au
C.N.R.S., au M.I.T. ainsi qu’au S.E.R.P., au
D.A.I.P.O., à la F.E.A.P., à la S.N.C.F., à l’E.D.F. et
à l’école maternelle de mon fils, est en effet un
spécialiste du mode de reproduction des téléphones,
des portables et autres instruments permettant la
communication entre nous : les humains. Le
professeur Culbute tient à signaler qu’il est
absolument nécessaire de décrocher lorsque le cri de
reproduction du téléphone se fait entendre. Sous
peine de voir ce dernier se ruer sur le téléphone de
votre voisin, ou pire - c’est déjà arrivé ! - sur un fax.
Pour plus d’explications, le professeur Culbute vous
conseille la lecture de deux de ses ouvrages les plus
populaires soit : « La reproduction des téléphones et
la vie sexuelle des nouvelles technologies » aux
éditions P.U.F., ainsi que « Le téléphone s’enfile,
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pourquoi pas vous ? » aux éditions Libertaires de
Droite. Ces ouvrages peuvent également être
commandés directement au domicile du professeur
Culbute, qui dispose d’un stock encore important, en
envoyant votre chèque, vos billets, votre carte
bancaire – avec le code – ou votre femme à l’adresse
suivante : « 11, rue de la prise RJ 65423 Jouy-en-
Jossas-ça-sera-toujours-mieux-que-tout-seul ».

Lorsqu’il entra dans le bureau du commissaire,
celui-ci le pria de s’asseoir et attaqua tout de suite
dans le vif du sujet…
« Columbéchar, vous avez vu les infos hier soir ?
- Et vous, vous n’auriez pas la cassette de Rocco et
ses frères ? Parce que finalement, durant les soirées
d’hiver…
- Rocco et qui ? Qu’est que vous me chantez là,
lieutenant ! Je vous parle du journal télévisé d’hier
soir, vous l’avez vu ?
- Oui, j’en parlais justement avec Lecoeur. L’histoire
de cette secte… Tous morts… C’est étrange !
- C’est très étrange… Mais le plus étrange, et c’est
pour cela que je vous ai fait venir ici, c’est que parmi
les victimes se trouve un ancien agent de la D.S.T.
- Toujours en fonction ?
- Ben non ! Sinon je ne vous aurais pas dit « ancien ».
Columbéchar, vous lisez de temps en temps le texte
qu’écrit l’auteur ???
- Et bien justement, s’il n’est plus en fonction, qu’est
ce qu’on vient faire dans cette enquête ?
- Vous connaissez notre devise : A la D.S.T., un jour ;
à la D.S.T. pour toujours… Euh… Non, celle-ci c’est
celle des Navy Seals, mais peu importe. A un haut
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