A la manière de...

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Ce premier livre d'une série de cinq à ce jour est un clin d'œil complice et un hommage à F. DARD. Il fit les plus gros tirages de l'après-guerre avec son écriture iconoclaste, gauloise et colorée. Le commissaire TOINON serait-il le fils du célèbre SAN A ? Toujours est-il que ses enquêtes sont aussi pleines d'action que de rebondissements. Les femmes jouent également un rôle important. Il s'en tire toujours avec quelques cicatrices, voit la mort de près mais ne renonce jamais. Cette fois, il a décidé de prendre un peu de vacances mais c'est sans compter sur le docteur Gluten, spécialiste en médecine alternative et en bien d'autres domaines moins reluisants.
Publié le : vendredi 25 mars 2016
Lecture(s) : 11
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026204633
Nombre de pages : non-communiqué
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jacques FEVRE

A la manière de...

MERCI DOCTEUR GLUTEN !

 


 

© jacques FEVRE, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0463-3

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

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Introduction

 

A l’école je n’étais pas un passionné de littérature. La lecture ne m’attirait pas plus que ça. Hermétique aux grands auteurs classiques ou contemporains, seule la bande dessinée avait mes faveurs.

Passé l’adolescence je n’avais lu que quelques ouvrages vertueux dans la pension religieuse où j’avais été incarcéré. C’est alors que je croisais sur mon chemin, par hasard, un volume de San Antonio.

La révélation fut d’importance. Je devins du jour au lendemain un lecteur obsessionnel. Je n’avais de cesse de chercher tous les livres de mon maître.

Frédéric Dard, en effet devint mon maître. Enfin une écriture vivante, imagée, blasphématoire. C’est grâce à lui que j’ai aimé la lecture sans limite. Il a sans doute éveillé en moi l’envie d’écrire. Merci.

Cet ouvrage n’a d’autre but que de lui rendre hommage. J’avais envie de ressortir de mon subconscient toute la verve compilée après la lecture de ses dizaines de polars uniques. Une façon de dire à monsieur Dard qu’il n’est pas mort. Il vit dans la mémoire des gens de ma génération. Pour les jeunes, sortez le nez de vos téléphones, trouvez chez un bouquiniste un vieux San Antonio patiné et savourez. Vous ne risquez pas de mourir, juste d’avoir envie de recommencer.

Et vous, puristes inconditionnels de la prose Dardienne, ne soyez pas offusqué de ma démarche. Je n’ai pas l’intention de copier notre inimitable maestro. C’est seulement un message envoyé au père de San Antonio, là-haut, pour lui dire simplement merci. Merci de ces moments de bonheur, merci d’avoir été là, à côté de Victor Hugo, Pagnol, et tous les autres.

 

 

 

 

MERCI DOCTEUR GLUTEN

C’est le sous-titre…..banane !

 

 

CHAPITRE PREMIER
En dilé-tante

 

Dans mon putain de métier il n’y a pas beaucoup d’occasion de se détendre. Je venais de passer trois semaines à courir après des détraqués en tous genres, assassins découpeurs de grand-mères, obsédés de la prostate, sérials violeurs et autres déjantés du cervelet.

J’étais naze. Ras la casquette Toinon. Roti, pilé.

Dans ces moments, soit je plonge sous ma couette avec une frangine pour jouer à une partie des quatre jambons suspendus au même crochet (ça soulage… !), soit je dégage en solo à la campagne : salut Pantin, bonjour les bois et les champs, à moi les petites fermières !

Mon phone se mit à vibrer comme un serpent à sonnette. La voix perçante de la tante Tinette me vrilla les esgourdes.

— Bonjour mon Toinon ! C’est Tinette. Comment vas-tu mon petit chou ? Toujours dans la maison poulaga ? Tu me manques mon biquet. Tu ne viendrais pas voir ta vieille tante en basse Bretagne, histoire de se remémorer les belles années, avant que je calanche ?

 

Tante Tinette c’est toute mon adolescence. Ce fut une belle femme qui m’a enseigné le b-a-ba des parties de jambes en l’air, une artiste de la copulation no limit, une princesse du plumard. Je dois reconnaitre que sans elle je n’aurais jamais eu les bases pour propulser au septième ciel les gonzesses variées et avariées que j’ai glané au cours de ma carrière. En effet bande, de nazes il ne suffit pas d’être monté tel un âne comme mezig pour les faire crier, les géraldines, il faut aussi maitriser le point et le contre-point, être un virtuose du broute-minou, connaitre le piano, le mezzo et le crescendo, la clé de fa, de dos, de face et de profil. Faire des gammes sur clitoris n’est pas à la portée du premier bandeur venu. Des heures d’exercice. Gymnastique des doigts, des pieds, de la langue. Tout un art ! Ne rêvez pas tas d’handicapés de la bistouquette. Pour être au sommet beaucoup de travail et au départ un professeur comme Tinette qui vous enseigne par l’exemple. Indispensable !

Pendant les vacances, alors que ma pauvre mère savourait sa sieste dans son transat, Tinette m’entrainait à l’étage pour me prodiguer ses leçons d’art appliqué. Tout y est passé : la brouette japonaise, le bilboquet royal, le tourniquet indien, le mettez m’en un double garçon ! La tyrolienne enchantée, la cravate infernale, tout je vous dis ! Nos fesses noz quotidiens risquaient de réveiller le quartier. Heureusement ma mère était dure de la feuille. Elle a toujours cru que je regardais des films de cow-boys pendant ma sieste.

 

— Chère Tinette. Tu ne voudrais pas remettre le couvert, à ton âge…

— Mais non mon Toinon ! Je suis une vieille dame maintenant, je ne suis qu’un vieux volcan éteint, aussi sec que le désert de Gobi. Ne crains rien mon grand.

Je vois juste passer les années, trop vite. Je serais heureuse de te voir.

J’ai toujours aimé ma Tante. J’aime aussi la Bretagne.

Excellent pour les poumons. Exactement ce qu’il me fallait. Taille la route !

 

CHAPITRE DEUX
Tu me tentes, ma Tante.

 

Tinette s’était mise sur son trente-deux pour mon arrivée. Sa tenue de gala à tout pour effrayer un troupeau de zèbres. Sa robe à trois fleurs a des couleurs hallucinogènes entre le bleu électrique et le vert acidulé. Des chaussures fluorescentes avec des talons hauts comme le gode de ma cousine, une coiffure de vampire flippé, couleur lie de vin jaune pipi. Tu rajoutes une paire de lunettes à la Sophia Loren en pire avec des branches pailletées et gondolées. J’allais oublier les trois kilos de bijoutaille répartis des chevilles aux oreilles.

Ah ! Sûr de ne pas la perdre au marché, la Tinette !

Chaleureuses embrassades. Elle me laisse la moitié de son maquillage sur mon polo Lacoste.

C’est vrai, ce n’est plus la starlette que j’ai connu. Le temps est passé par là. Cette saloperie de temps qui va trop vite, qui nous décatit, nous lamine, nous transforme en vieux sans que l’on s’en rende compte.

Tinette a brulé les étapes. Elle est passée de Miss Bretagne à Miss vieille peau en dix ans. Le temps a rattrapé le retard, pour se venger.

Je l’aime. C’est une bonne personne. C’est ma tante, ma chère Tante. Je n’ai plus qu’elle.

Son coquet logis est à la même enseigne que sa tenue. Fleurs en plastique, napperons partout, poupées à la con sur les murs, et summum du top : un chien en peluche télécommandé.

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