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Au-delà des apparences...

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Un vœu ? Un inconnu ? Un mystère ? Une seconde chance ?
Camille vient de perdre son mari, un mari qu'elle a passionnément aimé mais dont elle s'est doucement éloignée avec le temps, lasse d'être son épouse parfaite, jolie, discrète, toujours d'humeur égale... et trop souvent négligée.
Après les obsèques, elle est abordée par Romain, un homme séduisant avec qui elle noue timidement une amitié amoureuse.
Mais qui est-il vraiment, au-delà des apparences, et pour quelle raison mystérieuse met-il tant de cœur à aider Camille à se reconstruire et à échapper aux conventions qu'elle s'impose ? Sa générosité est-elle parfaitement honnête ?
Le dénouement inattendu donnera la clé de ce roman chaleureux et plein d'humanité qui maintient avec talent un joli suspense.
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MARILYSE TRECOURT Au-delà des apparences...
© MARILYSE TRECOURT, 2017
ISBN numérique : 979-10-262-0044-4
Courriel : contact@librinova.com Internet :www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Prologue
Etienne — Nice, le 9 février, 01 h 30
Trois heures. Trois heures que j’essaie de dormir. Des images défilent dans ma tête. Des images qui n’ont rien d’inquiétant a priori mai s qui m’angoissent, sans que j’en comprenne la cause. Des images de ma femme. Depuis que nous sommes mariés, Camille a toujours été une femme exemplaire, parfai te. La femme que tout homme rêve d’épouser. Une femme convenable. Sensée. Aimable. P etite brune aux yeux bleus, au sourire charmant, discrète, gracieuse. Soucieuse de s conventions. Comme moi, en somme. D’ailleurs, en parlant de somme, ce serait b ien qu’il m’emporte enfin, ce maudit sommeil. Je vais être crevé demain. Et, quand je pe nse à tout ce boulot qui m’attend, j’en suis malade, sans compter la bonne dizaine de réunions qui vont s’enchaîner toute la journée. Il faudra que je dise à Viviane de bloq uer un créneau sur mon agenda pour que je puisse enfin boucler le dossier de la CODETR AV. Peut-être à 19 heures ? Et d’ailleurs, il y a quelque chose qui me chiffonne s ur ce dossier… Mais quoi ? Quelque chose qui a un rapport avec… avec… Camille.
Quoi ? Mais qu’est-ce que je raconte, moi ? Rien à voir. N’importe quoi ! Pourquoi je ramène tout à elle ? On dirait un adolescent bouton neux qui fait une fixation sur la fille de ses rêves. Un ado comme je l’étais. A l’époque, je n’aurais jamais osé, au grand jamais, adresser un mot à une fille, même un regard , cela aurait été trop difficile. Alors, je me réfugiais dans mes rêves. Mes rêves d’évasion , d’avenir, d’aventure. Oh ! pas la grande aventure, bien sûr. Non, ça c’était de la sc ience-fiction. Non, mes rêves à moi, c’était de faire du sport, comme jouer au foot, au tennis, m’éclater sur du break dance ! Un truc de dingue ! Juste comme tous les gamins du monde. Juste faire partie d’une équipe, courir avec les autres, gagner, s’amuser et fêter ça ensemble ! C’était ça, mes rêves… « Des rêves complètement absurdes, Etienne, des rêves de prolétaires, des rêves de va-nu-pieds, des rêves de… rien du tout. » Je revois encore mon père, Monsieur le banquier, me toiser de toute sa petite taille et me cracher tout son dédain à la figure. Pourquoi avait-il fallu que je naisse da ns cette famille, que je vive dans ces beaux quartiers, qu’on m’ait tracé une route trop p ropre, trop bien rangée, trop fade et trop…
Non mais écoutez-le, ce pauvre petit fils de riche ! Ecoutez-le ! Il est né avec une cuillère en argent dans la bouche et il ronchonne p arce que son père ne veut pas qu’il fasse du sport !Les Misérablesà côté, c’est de la gnognotte !
Pourquoi faut-il que je repense à tout cela mainten ant ? Ce n’est pas ça qui va m’aider à dormir ! Pourquoi maintenant ? Je n’y ai plus pensé depuis au moins trente ans. Je n’en ai même jamais parlé à personne. A quo i bon ? Pour qu’on me rie au nez ? Qu’on se moque de moi ? Peut-être que Camille aurai t compris… C’est un ange. Ses patients l’adorent. Elle garde toujours le sourire. Elle supporte tout, même sa chef, une vieille fille aigrie et peau de vache.
01 h 58. Je n’ai pas du tout sommeil. Je me sens én ervé, sous tension. Comme si j’avais bu des litres de café. Je peux même entendr e mon cœur battre fort, très fort. Je me demande si nous avons des somnifères ici… Ça m’é tonnerait. Camille n’en prend pas, elle est d’un tempérament calme et n’a sûremen t pas besoin de ces cachets pour dormir.
C’est Lisa qui a du mal à s’endormir en ce moment. Elle est vraiment très différente de sa sœur. Emilie est calme, timide, patiente, obé issante, disciplinée. Lisa, c’est son opposée. Elle est comme un feu follet. Elle réagit à l’instinct, sans se soucier des
conséquences. Elle est libre. Trop. Et la liberté n’est pas envisageable ici. Pas dans ce monde.Trop de liberté, c’est l’anarchie ! Mais tais-toi donc ! On croirait entendre ton vieux con de père.
J’aime bien l’observer, en douce, quand elle joue a u petit chef avec ses copines, quand elle fait tourner sa sœur en bourrique ou qua nd elle regarde sa mère, les yeux émerveillés, lui raconter une histoire. Elle lui po se souvent tout un tas de questions a priori naïves et puériles, mais pas tant que ça, fi nalement.
Comme ce soir. Je les ai entendues discuter en pass ant dans le couloir. De quel conte il s’agissait, je n’en sais rien. D’une histo ire de prince charmant sans doute.
— Elle est bête, la princesse ! affirmait Lisa.
— Pourquoi tu dis ça ? — Comment ça se fait qu’elle soit restée aussi long temps enfermée dans la tour ? Pendant tout ce temps, elle n’a pas réussi à faire un plan pour s’échapper ? — A quel genre de plan tu penses ?
— Eh ben, elle aurait pu faire croire au dragon qu’ elle était devenue sa copine, qu’elle préférait dîner avec lui, et paf, au moment où il ne s’y attendait pas, elle aurait pu l’assommer et s’enfuir !
— Oui mais, si elle avait fait ça, elle n’aurait ja mais rencontré le prince charmant qui est venu pour la libérer.
— C’est pas grave, elle aurait sans doute rencontré quelqu’un d’autre, plus tard. Parce que tu sais, le prince charmant, on dit qu’il est gentil et tout ça, mais ça ne veut pas dire qu’il va s’entendre avec n’importe quelle fille ! Peut-être que lui aime le chocolat et elle, les fraises, et peut-être que, s’ ils n’étaient pas dans un conte, ils n’auraient jamais fini ensemble.
J’ai vu Camille éclater de rire. C’est vrai qu’à se pt ans Lisa a souvent des réflexions d’adulte. Je m’attendais à entendre Camille lui dire qu’il fallait croire au prince charmant et en l’amour avec un grand A. Mais, au lieu de ça, elle s’est penchée vers elle et lui a répondu à voix basse :
— Tu as raison, Lisa, quand on aime, il faut toujou rs croire en soi et se faire confiance. N’écoute pas les autres. Fais ce que tu as envie de faire. Quand tu rencontreras un garçon qui te plaira vraiment, écou te seulement ton cœur, pas ta tête. Si tu sens comme un feu d’artifice dans ton cœur, a lors fonce et ne te pose aucune question. C’est le seul moyen de trouver le bonheur.
Pourquoi lui a-t-elle dit ça ? Et surtout, pourquoi avait-elle ce regard désabusé ? Pourquoi ses mots résonnent-ils à mes oreilles comm e des reproches à mon égard ? Ces mots ne me concernaient pas, après tout. Camill e et moi, on s’est mariés parce qu’on s’aimait. On s’aimait… avant… enfin je crois, et maintenant… on s’aime… bien.
C’est horrible, je viens de réaliser que ma femme e t moi, on s’aime bien. Comme on aime bien son chien, ou sa secrétaire qui vous appo rte le café, ou son marchand de journaux qui vous metLes Echos de côté tous les jours. C’est tout. « C’est rien d u tout », comme dirait mon père. Il me lancerait même : « Et alors, tu aimes bien ta femme, estime-toi heureux, mon garçon, c’est rareme nt le cas dans un couple ! » Mais moi, je ne veux pas de ça, je ne veux pas d’un amou r juste « bien ». Juste comme il faut. Et d’abord, j’en ai marre de toujours tout fa ire comme il faut, juste bien. Je veux plus, maintenant. Je vais avoir quarante-deux ans, merde ! Je veux vivre plus fort. C’est sans doute pour ça que mon cœur bat si vite, il veu t me faire comprendre quelque
chose. Que je dois me réveiller et que je dois reco nquérir ma femme ! Mais oui ! C’est ça désormais mon objectif ! C’est de retrouver son amour et de la rendre heureuse ! Et ce n’est pas « rien du tout » !
Vous m’entendez, père, que ça vous plaise ou non, q ue vous soyez au paradis ou je ne sais où, je vais enfin réaliser mon rêve, le plu s beau de tous ! Oui, mais comment ? Comment faire renaître nos sent iments ? Comment pourrait-elle tomber ou retomber amoureuse de moi, maintenan t ? Qu’ai-je encore à lui offrir ? Si j’étais une femme, je ne serais certainement pas at tirée par un mec comme moi, un contrôleur de gestion, aux tempes grisonnantes, à l a bedaine qui pointe et au sens de l’humour discutable. Pourtant, je peux changer tout ça. Je ne sais pas e ncore par quel coup de baguette magique mais je vais y arriver. Pour elle. Pour nou s. Mais aussi pour moi, pour être enfin celui que j’ai toujours eu envie de devenir. Je sais que j’ai raison car tous mes sens sont en alerte, je ne me suis jamais senti aus si vivant et aussi… tendu. C’en est même violent. Ces coups dans la poitrine commencent à me faire vraiment mal. Ce doit être l’exaltation. Je n’ai jamais éprouvé de tels s entiments.
Tiens, le jour se lève déjà ? Mais quelle heure est -il ? Je n’arrive pas à voir le réveil. Je ne vois plus rien, d’ailleurs. Juste une lueur b lanche qui s’intensifie, de plus en plus. Elle m’éblouit et m’attire en même temps. Ça doit f aire ça, quand on décide de vivre vraiment…
Camille — Le 9 février, 7 h 30
— Etienne, éteins ton réveil !
1
Pourquoi il ne se lève pas ? Même avec l’oreiller s ur la tête, j’entends la voix de Marc Fiorentino débiter sa litanie d’informations é conomiques comme si sa vie en dépendait. On s’en fout ! Je veux encore dormir ! P our une fois que je commence à 10 heures… Je remplace Colette aujourd’hui… Ça va l a gonfler la chef, la mère Michard. Elle n’aime pas qu’on se rende des service s… Je la revois encore se planter devant moi, hier matin :
— Camille, devinez ce que j’ai vu sur le bras du nu méro 212 ? Hein ?
Comment veux-tu que je le sache, vieille peau ?
— J’ai vu un hématome. Comment expliquez-vous cela ?
Eh bien, je me demande comment tu aurais réussi à l a perfuser, toi ! Elle se débattait comme une lionne ! — Vous vous rendez compte, Camille ? Que va penser sa famille ? Non mais elle est gonflée, quand je pense qu’elle d onne des somnifères à tour de bras à tous ceux qui voudraient discuter un peu tro p avec nous !
Je n’ai rien répondu. J’ai baissé la tête et je l’a i maudite en silence.
* * * — Etienne, lève-toi et éteins ce réveil, s’il te plaît !
Qu’est-ce qu’il fait à la fin ? Il doit vouloir gra ppiller quelques minutes de sommeil… C’est vrai qu’il a l’air fatigué en ce moment. Il r entre de plus en plus tard du travail. L’autre jour, je me suis même demandé s’il n’avait pas une maîtresse. Mais cette idée m’a vite fait sourire. Etienne ? Quelle femme voudrait de lui ? C’est loin d’être Brad Pitt ! Avec ses pantalons de costume toujours froissés, sa calvitie naissante et ses lunettes démodées, je me demande ce qu’une femme lui trouver ait. Peut-être qu’une gamine de sa boîte ou une divorcée flanquée de deux gamins po urrait être attirée par sa position sociale ? C’est l’associé du directeur, après tout. Mais oui… Mais non ! Pas Etienne, pas lui. Il est trop… trop convenable pour faire ça , trop conventionnel, trop raisonnable. Je suis sûre que ça ne lui traverse jamais l’esprit . En plus, il n’est pas vraiment attiré par le sexe en général. Il ne l’a jamais été. Avec lui, c’est une fois ou deux par mois et toujours dans l’obscurité. Mais j’avoue que j’aime aussi faire ça dans le noir. Ça me permet de rêver, de m’imaginer dans le corps d’une autre femme, une femme sexy, sensuelle, entreprenante, aguicheuse. Une femme lib re de faire et de ressentir ce qu’elle veut sans rougir de honte, mais plutôt de p laisir ! Ce n’est pas très varié, ni très créatif, mais c’est bon, juste bon. Dans ces moment s, on est en phase tous les deux, et c’est réconfortant. Dans ces moments où je suis vra iment moi-même et où Etienne est tous les hommes possibles, on est en communion, aus si bizarre que ça puisse paraître. Ce sont les seuls moments où personne ne me regarde , où personne ne me juge. Où je peux être la femme que je veux être, pas celle que je suis devenue.
— Etienne, tu vas vraiment finir par être en retard !
Je crois qu’il a besoin de vacances. A quand remont ent nos derniers congés ? A deux mois, pour les fêtes de fin d’année… Il ne s’é tait pas vraiment reposé, d’ailleurs. Lors du repas de Noël, il avait réussi à se conteni r devant sa mère et face à ses réflexions pernicieuses. « Lisa est adorable… même si elle ne mange pas de légumes. Oh ! eh bien maintenant, c’est vrai, les mœurs ont changé. De mon temps, on ne demandait pas leur avis aux enfants… » Ou encore : « Vous avez acheté une voiture allemande ? Eh bien, c’est sans doute une bonne voi ture, bien sûr, mais heureusement que ton père n’est plus là pour voir ça… » Toutes c es remarques prononcées d’un ton égal, d’une voix douce et charmante, pleine de comp assion et de tendresse. C’en est effrayant. Comment peut-il exister un tel écart entre ce qu’elle dit et la manière dont elle le dit ? Elle me fait penser à l’incarnation simult anée du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Oh ! elle aime son fils, bien sûr, mais à sa façon, très particulière. Peut-être ne peut-elle concevoir de prononcer une phrase simplement gentil le. Elle a besoin de conclure par une petite taloche derrière la tête comme pour dire : « Tu y as cru au compliment ? Eh ben, t’aurais pas dû, crétin ! » L’image qu’elle a de son fils a toujours été négative, calquée sur l’opinion de son défunt mari. Du jour o ù Etienne est sorti des traces de son père et a refusé de prendre sa succession à la tête de la banque, il était perdu… Peu importe qu’il ait réussi à intégrer une société pre stigieuse et à en devenir le numéro deux. Il ne sera jamais à la hauteur des attentes d e sa mère.
Un pour Un
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