Beau-fils

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« La porte s’ouvre et, c’est tellement bête à dire, je sui surprise, étonnée de ne pas chanceler sur place, de rester toute entière. Je le reconnais, c’est tout. Sa présence aussitôt efface toute image intimidante et folle, ce n’est pas un dragon à sept têtes, ce n’est pas Superman enveloppé dans sa cape bleue, c’est juste Matthias qui sourit, vêtu de son short en jean et d’un T-shirt rayé :-Salut, Lili… Je dérange ?Absolument normal, aussi normal qu’un autre, juste plus beau qu’un autre, peut-être, et je le regrette un peu. Pour que ma maîtrise soit parfaite et durable, il aurait mieux valu qu’il soit laid. Mais bon… »Lili n’est plus aimée de son Marien, qu’elle décide de quitter. Que reste-t-il alors des liens noués avec Matthias, le fils adolescent de Marien qu’elle a pris sous son aile comme s’il était le sien ? Va-t-elle entretenir l’illusoire filiation ? Ou franchir la barrière en imitant Éva, qui, elle, semble succomber au charme du jeune homme ?Avec subtilité, élégance, cruauté aussi, Ariane. Le Fort décrit la naissance d’une passion.
Publié le : mardi 11 juin 2013
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EAN13 : 9782021066944
Nombre de pages : 176
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BEAU-FILS
Du même auteur
L’eau froide efface les rêves Régine Desforges, 1989 Ancrages, 2000
Comment font les autres ? Seuil, 1994
Rassurez-vous, tout le monde a peur Seuil, 1999
ARIANE LE FORT
BEAU-FILS
r o m a n
ÉDITIONS DU SEUIL 27, rue Jacob, Paris VIe
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Cet ouvrage est publié sous la direction de René de Ceccatty
ISBN978-2-02-106695-1
©ÉDITIONS DU SEUIL,JANVIER2003
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À Françoise Blaise
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Hier soir, je suis descendue le retrouver dans la cave. Il était assis, me tournant le dos, vêtu de son bleu de travail dont il avait coupé les manches : il avait perpétuellement les bras et les mains enduits de terre humide. Mes pieds nus sur le sol étaient froids, rencontraient la poussière et la terre séchée, je me suis approchée de lui, je me suis glissée der-rière son dos tranquillement courbé sur son tour. C’est effrayant, un homme qui ne vous aime plus et qui travaille en silence. L’espace d’une seconde j’ai failli poser une main sur son épaule, c’était comme une réminiscence, et ça aurait pu aider, qui sait ?… Peut-être les hommes travaillent-ils pour oublier qu’ils sont tristes. Mais
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non, Marien n’était pas triste. Je crois même qu’il était parfaitement content. Il a éteint le tour, qui fai-sait un bruit de frelon, a glissé un mince fil de fer sous l’assiette terminée avec cette précision qui m’impressionnait toujours, puis il s’est levé pour poser l’assiette molle et luisante à côté des autres sur l’étagère et j’ai compris que j’aurais mieux fait de rester au fond du lit en affichant chaque nuit la même impassibilité que l’armoire de la chambre, plutôt que d’être là, debout et bras croisés, dans la poussière qui m’asséchait les pieds. Même pas indésirable. À l’aide d’un chiffon, il a frotté les bords de l’assiette, très légèrement. Puis il en a essuyé une autre, lissant le pourtour du bout du doigt. Il allait peut-être faire ça pendant une heure, en feignant de ne pas me voir, postée à un mètre de lui. Mais non, malgré la satisfaction qu’il semblait éprouver à faire ce petit travail il s’est tout de même tourné vers moi. Il n’était pas très grand, assez trapu et large, et sa combinaison amputée des deux man-ches le faisait paraître plus large encore. J’avais toujours aimé son corps compact et ferme, ses mains rugueuses et épaisses, ses fesses étonnam-
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