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Blind Eagle Tome 1

De
466 pages

Kyle et Nathan sont des jumeaux tout à fait antagonistes. Élevés dans les hautes sphères de la Grosse Pomme, ils suivent des chemins différents : l’un devient astronaute, l’autre homme d’affaires. Suite à un assassinat en plein New York, toute l’histoire prend une nouvelle tonalité et ce sera dans une ambiance où l'amour, l'aventure et le meurtre s’enchevêtrent que Skinner et Blind Eagle vont s’affronter.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70479-5

 

© Edilivre, 2015

Dédicaces

 

 

A ma fille Firdaws
pour laquelle j’aimerais briller

autant que brille Blind Eagle, comme l’unique espoir de tout un peuple.

 

 

Tout d’abord, si les noms des membres du F.B.I. et de la C.I.A. utilisés dans ce roman sont similaires à des personnages réels, ce ne serait que pure coïncidence.

L’aventure qui suit est des plus troublante car, malgré ses quelques éléments de fiction, le roman est essentiellement basé sur des faits historiques et réels dans divers domaines ; d’ailleurs, l’un des faitségratigne quelque peu l’histoire de certains membres des services de la C.I.A. qui agissaient en Asie du Sud-est durant la guerre du Viêt Nam.Le cours du roman est ainsi basé sur de nombreux faits réels, comme la chronologie de l’aventure spatiale américaine, dont les dates et les lieux ne sont pas inventés ; de même pour la vie de la communauté des Arawaks, même s’il y a une certaine liberté d’interprétation concernant leurs croyances et leur pratique pseudo religieuse, afin d’accroitre la part de mystère de mon personnage Blind Eagle, issu totalement quant à lui de mon imaginaire.

Ainsi, l’action de notre aventure, saupoudrée de surnaturel épique, démontre que tout est possible lorsque l’on croit en ses rêves de justice…

Citation

 

 

Et le Seigneur dit à Caïn :

« Où est Abel ton frère ? »

Et il dit : « Je ne sais pas,

 Suis-je le gardien de mon frère ? »

Genèse 4 :19

Prologue

Le monde dans lequel nous vivons est des plus impitoyable qu’il soit. L’évolution dans son lot d’innovation a engendré de nombreuses déconvenues. Certes, le progrès dans la médecine par exemple est assez positif ; mais lorsque l’on regarde plus intensément ce qu’a provoqué l’avancée technologique dans le cadre des armes de destruction massive, on relativise tout de suite les bienfaits de l’évolution technologique. Ainsi, le cœur de chaque concitoyen semble assombri au fil de l’évolution de l’espèce humaine. L’Amérique qui est la première puissance mondiale semble désormais dépourvue d’émotion. Il n’y a plus l’euphorie d’entant sur l’Eldorado que représente l’Amérique. Certains pays du globe la détestent. Il y a eu trop d’actes par des hommes puissants qui ont impliqué la mort de plusieurs centaines d’autres. Lorsque l’on regarde en plan aérien l’ensemble des villes américaines, on a l’impression qu’un horizon de béton se profile à l’infini. Tout y parait si obscur. Les valeurs sociales qui furent jadis les fondements de notre monde semblent irrémédiablement appartenir à un monde en ruine datant d’une époque passée. Il y a une distorsion très ancrée entre les différentes villes, les différentes banlieues. Les gens ne vivent pas de la même manière à Malibu ou dans les bas-fonds de Détroit. Dans les bas quartiers, la notion de survie existe. Elle est de plus en plus croissante dans notre siècle. Jadis, il n’y avait pas une telle fracture sociale mettant à rude épreuve des parents voulant faire le maximum pour élever leurs enfants. On pense toujours que le lendemain sera meilleur, et malheureusement ce n’est pas le cas pour la majorité des gens issus de la classe sociale moyenne. Ils passent le plus clair de leur temps à essayer de vivre avec leur lot quotidien de soucis, où se partagent les factures, les incidents, les problèmes de travail, toutes les turpitudes de la vie qui font de nous ce que nous sommes. Nombreuses sont les injustices. Il est fréquent de voir des gens faire fortune dans l’illégalité sans jamais se faire arrêter. Le nombre d’escrocs de grande envergure ne se compte plus. Que dire des plus riches, qui par des pirouettes administratives arrivent à ne pas payer leurs impôts sans avoir le moindre souci avec l’état, alors que le vulgum pecus est tout de suite majoré s’il ne respecte pas les délais et verra même son compte bancaire gelé, bloqué par l’état. Il y a deux poids deux mesures, il y a une justice pour les pauvres et une justice pour les riches et autres célébrités du moment. C’est de ce monde de chaos, de ce monde où les émotions humaines semblent réduites à l’état de téléréalité, où des bimbos assurent des simulacres de ressentis, qu’est né Blind Eagle. Pourtant, il avait beau ignorer les difficultés sociales rencontrées par la plupart des habitants de notre monde. Mais il fut, à ses dépens, l’instrument de la vie, lors du jour fatidique où il dut prendre conscience de ses dures réalités. Lui aussi était du côté paisible de la vie. Dès qu’il souhaitait quelque chose, son père le lui fournissait sur un plateau d’argent. Certes, la vie lui a donné un sacré retour de bâton. Comme on dit dans la justice du ciel, c’est souvent les descendants qui payent pour leurs ainés. Blind Eagle n’a jamais pu s’en rendre compte, mais il est vrai que son père avait acquis certains territoires de silicium de façon plus que douteuse. Mais la vie a facturé a Blind Eagle les pêchés de son père, narcissique au cœur de glace. Il a subi une terrible aventure qui l’a conduit dans la jungle amazonienne, mais dont il est sorti beaucoup plus fort mentalement. Il y a vécu une expérience hors du commun. Depuis cette épreuve, il a décidé pour le bien de tous de devenir l’instrument de la justice, mais celui de la vraie justice.

Celle du talion. Car la justice, par sa représentation symbolique de la femme dont la vue est cachée par une draperie, est malheureusement mal interprétée. Elle est considérée maintenant comme aveugle face aux malversations existant dans les différentes procédures judiciaires. C’est parfaitement démontré, lorsque certaines personnes payent des dessous de table pour éviter des procédures qui n’en finissent plus, ou tout simplement pour avoir un verdict favorable. La justice gardera les yeux fermés ; et cela n’est pas acceptable pour une certaine personne vivant dans l’ombre protectrice de la population new-yorkaise. Il est clair que nous vivons une triste époque, les gens commencent à perdre espoir ; il est difficile pour beaucoup d’entre eux d’admettre qu’il existe une réponse à leurs attentes. Ils ignorent encore qu’il va y avoir une chose extraordinaire qui a pour nom « Blind Eagle ». Celui-ci ne veut plus que la veuve et l’orphelin soient les instruments de puissants hommes malsains et vils. Il ne veut plus qu’une jeune femme se fasse violer et qu’elle ait pour seul commentaire, en pleine audience : « Vous n’aviez qu’à vous habiller moins sexy, il ne vous aurait pas violée ! ». Tout cela c’est fini ! Blind Eagle et ses puissants volatiles sont là pour vous aider ; pour vous protéger ; pour agir. Heureusement, car une menace impitoyable pointe à New York ; une menace qui par n’importe quel moyen veut acquérir un pouvoir absolu, et ce en apportant souffrance et désolation. Cette menace a un nom qui à lui seul fait frémir toute personne l’entendant. D’ailleurs, vous aussi, faites attention de ne pas rencontrer Skinner ou l’un de ses hommes de main !

Sauf si Blind Eagle est à vos côtés !

Chapitre 1 
La rencontre

Vendredi 7 décembre 2012

23h 30

A New York, alors que la nuit est tombée sur la ville depuis longtemps, l’orage vient de s’arrêter, laissant l’asphalte recouvert d’eau de pluie refléter les différents bâtiments et autres enseignes lumineuses du quartier. Une femme, la trentaine, plus précisément trente-six ans du nom de Patricia Velasquez, discute dans la bonne ambiance calfeutrée d’un bar rétro, au comptoir de zinc donnant l’illusion de sortir d’un vieux film de Coppola. Mais assez populaire et, comme bon nombre d’endroits new-yorkais, considéré comme branché. Alors que l’un des écrans LCD montre le dernier match de base-ball concernant les qualifications des Red Sox de Boston, les collègues composés de Claire, Marcus, Tony et Isabella taquinent Patricia sur sa façon de parler en public lorsqu’elle est persuadée qu’on néglige ses propos. Seule parmi ses collaborateurs manque Karen Longoria, mais un vendredi sur deux elle ne vient pas car, étant célibataire, elle n’aime pas venir en ce lieu où beaucoup d’hommes cherchent l’aventure d’un soir. Cependant, aujourd’hui, celle-ci n’est pas venue au travail, et personne n’a remarqué son absence. Car Patricia laisse beaucoup de liberté à ses employés ; elle pense qu’ainsi, ils effectuent mieux leur travail. Tony Hauptmann, son plus proche collaborateur, se lève même pour mimer ses gestes lors de sa délibération antérieure. En fait, il est en train de faire référence à l’audience que Patricia a eue dans la journée concernant une affaire apparemment banale, concernant une simple escroquerie à l’assurance- maladie d’un jeune ouvrier du bâtiment, qui cumule plusieurs emplois sans être déclaré. Le petit comité d’amis ne peut s’empêcher de rire. Surtout que le rire de Claire, la principale collaboratrice de Patricia, est des plus communicatif. Du coup, même si l’on n’est pas au courant de l’histoire, on est obligé de rire. Même Stan le barman, qui a l’habitude de les voir tous les vendredis, rigole de l’autre côté du comptoir. Un petit groupe d’hommes célibataires, habillés tous les trois en costume-cravate, les observent. La chose amusante c’est que les hommes ont des physiques radicalement différents. Il y a un homme noir ayant les traits similaires à Denzel Washington, un blond vénitien au visage d’un Ryan Gosling et un brun à la physionomie de Ben Affleck ; ils sont situés à quelques pas de Patricia et ses amis. L’homme au visage de Ryan, trouvant Patricia à son goût précise à ses copains :

« Ce soir, les gars, je me lance, je pense que je peux avoir une chance avec cette sexy girl ! »

En même temps qu’il prononça sa phrase, il se lève en direction de Patricia. Tandis que ses potes ricanent. L’homme noir lui précise même :

« Gaffe au vent mon frère ; ça fait vraiment mal dans un lieu public ! »

Ryan bis se retourne et dit :

« Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien ! »

Stan le barman, ayant un œil dans chaque recoin de son bar, remarque tout de suite le Ryan bis qui va aborder Patricia. Il a un petit sourire car, depuis qu’il connait Patricia, il a vu bon nombre de prétendants se faire ridiculiser dans son bar. Connaissant Patricia, il sait que c’est une femme inabordable. Il pense même au fond de lui qu’elle a dû avoir une liaison amoureuse compliquée, qui l’a rendue aigrie quant à l’éventualité de construire une relation durable. Et du fait de son statut, il est clair que Patricia n’est pas une femme à vouloir une liaison d’un soir.

L’homme s’approchant de la table où Patricia et ses amis discutent a un léger moment d’hésitation, qui provoque tout de suite un blanc dans la discussion des amis. Tony s’adressant à Patricia :

« Pat, je crois que c’est pour toi ; un Roméo de plus est intéressé par toi. »

Ryan bis, à ces mots, a un sourire et entame la discussion :

« Mademoiselle, cela fait cinq minutes que je vous observe, et je suis stupéfait qu’une aussi belle femme que vous n’ait aucun homme qui lui ait proposé de danser. »

Patricia, répondant avec un sourire à la fois tendre et malicieux :

« Peut-être qu’il y a cinq minutes je dansais avec mon mari qui est actuellement aux toilettes ! »

Ryan bis :

« Je ne pense pas, car cela fait trois vendredis que je vous observe et, outre le fait que vous ne portez pas d’alliance, je vous ai toujours vue partir seule d’ici pour rentrer chez vous ».

Tony Hauptmann, s’adressant à Patricia : « Là, il marque un point Pat ! »

Ryan bis, ayant l’impression d’avoir acquis une première mi-temps d’un match difficile, ajoute en tendant sa main droite, comme pour l’emmener valser sur l’espace réservé à la danse dans le fond du bar :

« Vous voulez que je demande un air de musique précis ? »

Patricia, faisant mine d’être étonnée :

« Ecoutez mon cher, si comme vous dites cela fait trois vendredis que vous m’observez, et que vous m’abordez uniquement aujourd’hui cela veut dire une chose qui est sûre : soit vous êtes en désespoir absolu, car depuis trois semaines aucune femme n’a donné suite à vos besoins physiologiques ; soit vous faites partie de ces hommes qui manquent totalement de confiance, et auxquels seul un verre d’alcool de trop donne une assurance de circonstance afin d’en mettre plein les yeux à leurs copains. Lequel de ces deux cas vous correspond le plus ? »

Tandis que les copains de Ryan Bis ricanent en agitant les mains pour dire « qu’est-ce qu’il a pris ! », Ryan Bis a un moment d’hésitation dans sa réponse, se sentant littéralement subjugué par Patricia :

« Il faut le voir sous un autre angle ; vous êtes la femme la plus jolie que j’ai vue depuis ma plus tendre enfance et, forcément avant de vous aborder, je voulais être sûr que vous étiez une femme disponible »

Tony Hauptmann précise :

« Parfaite réplique ! »

Claire ajoute, également avec le sourire aux lèvres :

« Là, Patricia, tu te dois de lui accorder une danse, tu ne peux pas nier son excellente réplique ! »

Patricia sûre d’elle :

« Bien sûr que si ! »

Puis s’adressant de nouveau au Roméo de la soirée :

« Vous avez beau avoir fait comme le disent mes amis une excellente pirouette linguistique, vous avez précisé que j’étais une femme disponible. Dans ces termes, on voit tout de suite ce que vous attendez de moi. Or, je ne suis pas d’humeur monsieur. Néanmoins, je fus ravie de tant d’éloges de votre part. Je vous souhaite sincèrement de trouver une femme qui appréciera votre compagnie. »

Puis, Patricia se retourne vers ses amis, laissant le Roméo comme un gamin à qui on a refusé d’offrir un bonbon.

Ryan bis préfère ne plus rien dire et retourne vers ses copains qui ne cessent de ricaner. Une fois assis avec ses amis, l’homme de couleur lui dit en lui mettant le bras sur le haut des épaules :

« Allez, c’est beau d’avoir tenté ta chance, la tournée est pour moi ! »

Claire, de son côté, dit à Patricia :

« Franchement, tu n’as pas été cool avec ce type ».

Patricia, après avoir bu une gorgée :

« Tu sais qu’avec ce que j’ai vécu, je ne veux plus de complication dans ma vie. »

Tony, avec une attitude désinvolte :

« Oui, mais un peu de bon temps ne gêne en rien ! »

Isabella qui était restée silencieuse jusque-là :

« Ah, on voit bien là que tu es un mec ! »

Marcus quant à lui, voulant retrouver la bonne ambiance du début de soirée :

« En tout cas Patricia, tu m’as bien fait rire ; le gars ne savait plus quoi te répondre ! »

A la suite des propos de Marcus, Claire et Tony se mettent à rire ensemble, provoquant un léger hoquet de Patricia qui était en train de grignoter quelques cacahuètes. D’ailleurs, elle en expulse une de sa bouche en direction de Tony, donnant une tournure radicalement cocasse à la soirée.

Toute cette petite scène de joie et de gaieté est visible de l’extérieur. De l’autre côté de la rue, un homme portant un sweatshirt sombre – non pas par sa couleur naturelle qui est gris clair, mais par le fait qu’il attend que Patricia Velasquez sorte du bar depuis une petite heure, et comme il a plu, ses vêtements sont assombris par la pluie. L’homme ne détache pas son regard de la jeune femme. De ce fait, il ne remarque pas qu’au-dessus de lui se trouve un épervier perché sur l’un des toits des bâtiments bordant la rue. Le volatile n’a de cesse quant à lui de regarder l’homme qui, par la lueur d’un réverbère, laisse apparaitre une fine barbe sur un visage anguleux, aux traits d’un homme issu d’un gang portoricain. A l’angle de l’intersection avoisinante, se trouve ce qu’il y a de plus étonnant en cette ville moderne qui ne cesse de vivre quelle que soit l’heure. Tapi dans le peu d’ombre, du fait du flot incessant de véhicules sur la rue, un homme tout de noir vêtu est debout appuyé contre le mur. On peu voir des sortes de gaines tubulaires parcourir l’ensemble de ses jambes. Quant à son visage, il n’est pas définissable du fait qu’il se retrouve enfermé dans une sorte de casque d’ancien gladiateur, mais occultant apparemment toute possibilité de vision. La vision de ces deux individus et du volatile qui sont tous les trois aux aguets ne laisse présager rien de bon. Soudain, la jeune femme ayant reçu un appel téléphonique sur son BlackBerry – qu’on pourrait appeler WhiteBerry, puisqu’il est blanc – doit laisser ses amis finir la soirée entre eux. L’appel venait de chez elle. Plus précisément, de sa mère qui est chez elle pour les périodes de festivités de ce mois de décembre. Elle vient de lui faire une remarque légèrement désobligeante par rapport à l’heure qu’elle considère comme incongrue pour sa fille, qu’elle estime irresponsable d’être restée dehors à une heure si tardive. Malgré que ce coup de téléphone ait interrompu sa soirée entre collègues de travail, elle ne démontre aucun signe de contrariété. Elle garde son magnifique sourire sexy à la Eva Mendes. D’ailleurs, elle a un corps très similaire à la sexy cubaine star américaine. Une fois qu’elle a mis son pardessus de très grande marque, elle sort de l’endroit, prenant un souffle d’air glacé à sa sortie. Il est si saisissant que Patricia plisse légèrement les yeux, le temps de s’adapter à la froideur hivernale de l’extérieur. Elle prend la direction du métropolitain, mais sans descendre les escaliers qui y conduisent, car celui de la neuvième avenue lui ferait faire une série de détours rallongeant trop son trajet pour rejoindre son domicile. La ligne de métro correspondant à son trajet se trouve dans la rue se trouvant de l’autre côté des bâtiments. Derrière la rue, les deux individus attendent dans le noir, incognito. La jeune femme prend son chemin en mettant les écouteurs de son IPod ; elle aime bien écouter les ballades de Michael Bolton. Etant célibataire, souvent en l’écoutant elle s’imagine se promener dans central Park à ses côtés. Tandis que l’orage refait surface, Patricia sort de son sac à main un parapluie noir, pas essentiellement pour se protéger de la pluie, celle-ci étant fine, mais surtout pour ne pas abimer son brushing. Elle se l’était fait elle-même, laissant de fines odeurs de brûler dans son appartement. A cinq, six mètres derrière elle, l’homme en sweatshirt l’a prise en filature. Sans trop se rapprocher, car ils sont tous les deux le long d’un axe routier trop fréquenté. La jeune femme ne s’apercevant pas qu’elle est suivie, chantonne même la ballade « One love ». L’aigle quant à lui suit de sa hauteur les deux protagonistes marchant sur le trottoir. Tout à coup, peu de temps après le moment où Patricia rentre dans la petite rue permettant l’accès à sa station de métro, l’homme au sweatshirt sort un couteau ayant une lame de vingt centimètres. Il lève son bras droit à la manière d’un Anthony Perkins pour le planter entre les omoplates de celle-ci. A cet instant précis, l’homme au casque de gladiateur saute sur le tueur, le propulsant contre un bloc de poubelles métalliques dans un fracas si bruyant que Patricia se retourne, stupéfaite à la vision des deux hommes qui, l’un sur l’autre, sont en train de se battre. L’homme au sweatshirt en se débattant donne de nombreux coups de poing sur le casque de fine épaisseur de son adversaire. Celui-ci se défend habilement, mais n’a pas la même force que le tueur. L’homme au sweatshirt, dans son corps à corps, remarque le nombre conséquent de gaines pneumatiques sur l’ensemble de son adversaire. Il ne peut s’empêcher, malgré sa lutte tonitruante, de dire « C’est quoi ce bordel ? » ; il en arrache même quelques-unes ; ce qui immobilise singulièrement le défenseur de Patricia. Le tueur, voulant rattraper le temps perdu, réussi à s’échapper, fonce avec son couteau à la main vers Patricia, qui est là, tétanisée, ne comprenant pas ce qu’il se passe. L’homme au casque de gladiateur, affalé au sol blessé par une incision au niveau du thorax, ne peut se relever. Du coup, il fait un geste de sa main droite gantée de cuir noir en direction de l’aigle. Le volatile, à ce moment précis, fonce sur le tueur, le lacérant sévèrement à l’aide de ses griffes. Sous la douleur insurmontable, l’homme au sweatshirt lâche son couteau le faisant tomber par terre. Patricia quant à elle tombe bêtement sur ses fesses. A peine le tueur reprend-il ses esprits, que l’aigle refait un passage agressif, essayant de toucher les yeux ; ce qu’il parvient à faire sur le droit. Celui-ci se retrouvant crevé. L’homme hurle, attirant les différents regards indiscrets des habitants des immeubles juxtaposant l’endroit de l’agression. Nombreux sont les appartements qui s’allument, ajoutant une clarté à la scène crépusculaire. L’homme est tellement pétri de douleur qu’il prend la fuite. Au moment où il s’écarte du lieu en courant, Patricia remarque que ses chaussures n’ont rien de normal pour un homme apparemment issu d’un quelconque gang. Car, ce qui est loin d’être anodin, le tueur porte une paire de rangers en cuir noir, alors qu’avec l’ensemble survêtement qu’il porte, il devrait avoir une paire de baskets ; ce qui lui permettrait même d’avoir une sacrée pointe de vitesse. Malgré que le tueur soit devenu cyclope, il réussit à s’échapper en quelques secondes de l’horizon de Patricia Velasquez. Celle-ci se rapprochant de l’homme au casque de gladiateur qui est blessé, a les yeux légèrement terrorisés après ce qui vient de se produire à son encontre, mais ne peut s’empêcher de vouloir savoir qui est l’homme qui vient de lui sauver la vie. Parallèlement, l’épervier se pose rapidement avec un atterrissage en douceur aux côtés de son maitre, en remuant de gauche à droite sa tête de façon à mieux regarder l’expression faciale de son maître. Lors de cette scène, il est aisé de se l’accompagner mentalement d’une douce mélodie dans le style de « Freeside » de Danny Elfman. Patricia voyant le rapport entre l’aigle et l’homme blessé, meurtri, elle ne peut s’empêcher de prononcer :

« Blind Eagle ! Vous n’êtes pas une légende, vous existez vraiment ! C’est fou ! »

Puis, se rapprochant en parlant dans un étonnement complet, elle accentue son acuité visuelle sur la moitié de visage qui apparaît au niveau où le casque est comme déchiré. Là, c’est la cerise sur le gâteau, l’étonnement total, car sa vision ne parait pas probable. Même dans la teneur de ses propos cela se ressent, car soudainement elle prend une voix tremblante :

« Kyle ? C’est toi ? »

Puis, elle met un genou à terre pour enlever avec sa main gauche le reste du casque de gladiateur. Alors que son visage bouge légèrement à cause des petites ondulations du corps, elle a un choc visuel accompagné d’un choc émotionnel. C’est la confirmation visuelle de ce qu’elle croit voir. La stupéfaction prend place en ses propos :

« Oh mon Dieu ! Mais c’est toi ! Kyle Reese ! ».

L’homme devant Patricia, tremblant et transpirant abondamment, ne prononce aucun mot. Patricia quant à elle sort un mouchoir en papier de l’une des poches de son manteau d’hiver. Tout en lui essuyant le front, elle lui dit :

« C’est fou ! C’est donc toi Blind Eagle ! Je n’aurais jamais pu l’imaginer. »

Au fur et à mesure qu’elle lui essuie le front, son corps semble vibrer sous l’impulsion pneumatique non contrôlée de son équipement. Cela provoque des gestes saccadés sans être trop brusques. La vision de cet homme affalé, avec ses légères excitations corporelles est semblable à un pantin endommagé échappé de « Blade Runner ». Patricia ajoute une information qui pourrait surprendre toute personne qui entendrait ses propos :

« Mais comment fais-tu Kyle ? Tu es aveugle ! C’est de la folie ! Et puis, je… »

Blind Eagle l’interrompt en lui demandant :

« S’il te plait, emmène-moi dans mon véhicule avant que la police ne vienne. »

Patricia, prise de court, réalise surtout que si elle est là à discuter avec lui c’est parce qu’il lui a sauvé la vie. Se pinçant légèrement les lèvres elle lui demande :

« Où est ton véhicule ? »

Blind Eagle : « Au bout de la rue ; c’est la Dodge Ram Heavy Duty gris foncé. La clef est dans ma poche droite. La porte latérale est coulissante. »

Patricia, se voulant rassurante :

« T’inquiète, j’y vais, tu peux compter sur moi. Mais il va falloir qu’on ait une discussion. »

Alors qu’un condor décolle du toit de la Dodge en direction du ciel ténébreux, Patricia se lève après avoir pris la clef de contact du véhicule. Tandis que des gens regardent la situation cachés derrière leurs rideaux, la jeune femme ayant enlevé ses talons ; court en direction du véhicule, véritable compromis entre la familiale et l’utilitaire. Elle l’ouvre à distance par le biais du bipeur, puis s’introduit à l’intérieur. Elle a un léger moment d’hésitation, car le véhicule ne comporte aucune commande aux pieds. Dans ce modèle, toutes les fonctions du type accélérateur, embrayage et frein se trouvent au volant. C’est un peu comme les scooters à grosse cylindrée. Heureusement, dans sa jeunesse Kyle lui avait appris à faire du Quad et du scooter. Cependant, à la place du passager conducteur se trouve un écran relié par des membranes en aluminium, jusqu’au tableau de bord qui est lui-même connecté par des sortes de capteurs-ventouses sur le pare-brise. Celui-ci étant légèrement teinté de couleur sombre, Patricia ne voit pas à cent pour cent l’extérieur. Une fois qu’elle a inséré la clef de contact dans l’endroit prévu à cet effet, tous les capteurs dégagent une sorte de lumière verte, donnant un aspect de science-fiction au poste de contrôle du véhicule. Exit la voiture familiale, bonjour l’ambiance à la Star Treck Némésis. Patricia n’a pas assez de temps pour interpréter la façon dont Kyle se sert de son véhicule. Il faut faire vite, car le véhicule étant branché sur la fréquence policière, elle entend distinctement que les forces de l’ordre arrivent au plus vite, sachant qu’il y a une possibilité d’arrêter Blind Eagle. Elle enclenche la première vitesse puis la deuxième afin d’être aux côtés de Kyle au plus vite. Tandis qu’elle a arrêté le moteur, elle descend pour aider son sauveur à intégrer l’intérieur du véhicule. Patricia a quelques soucis pour le porter, car il avoisine facilement les cent kilogrammes, entre le poids de son corps et celui de son équipement. Coup de chance pour elle, un clochard, qui d’ailleurs était en face du tas de poubelles où les deux hommes s’étaient retrouvés en combattant, a assisté à la scène. Le clochard d’un certain âge prend directement le bras droit de Blind Eagle pour se glisser par en dessous, afin de le soutenir en le faisant glisser sur son dos. Patricia, qui était de l’autre côté du corps de Kyle Reese, est soudainement soulagée de la charge pondérale de son sauveur grâce à l’effort effectué par le clochard. Au même instant, les sirènes de police retentissent sur le boulevard principal. Au volume sonore, il est évident qu’il y a plusieurs véhicules. Patricia, avec le palpitant qui accélère comme lorsque l’on fait l’amour à tombeau ouvert, semble ne pas réussir à hisser Blind Eagle dans la voiture ; heureusement, le clochard réussit à le mettre à l’intérieur. Patricia remercie fugacement le vieil homme, qui lui dit :

« Vas-y poulette, je m’occupe des flics. Sauve-le ! Beaucoup de gens considèrent Blind Eagle comme leur unique chance de justice. »

L’instant est très rapide. Patricia démarre sur les chapeaux de roues ; le clochard se retourne vers le boulevard bloquant par sa position le passage des trois véhicules de police arrivant face à lui. Blind Eagle, souffrant de sa blessure profonde, lui dit avec une voix tremblante :

« Emmène-moi chez moi, s’il te plait. »

Patricia acquiesce du regard aux propos de Blind Eagle, tout en conduisant tant bien que mal, évitant les regards d’agent de police qu’elle peut croiser en sens inverse sur la route ; car le nombre de véhicules dépêchés sur les lieux de son agression ne cesse d’augmenter. Les policiers arrivent en masse, car le témoin qui les a appelés a entendu Patricia Velasquez dire le nom « Blind Eagle ». Il faut savoir que même aujourd’hui en 2013, les justiciers n’ont pas leur place au sein de la justice américaine. Ils sont même considérés comme des personnes bafouant la loi, se prenant eux-mêmes pour des policiers, pour des juges et malheureusement pour des bourreaux. Aux yeux des tribunaux, ils sont considérés comme les personnes commettant des délits. Car les justiciers ont toujours existé ; certes, aucun n’atteint l’envergure de Blind Eagle. Même outre-Atlantique, son nom est connu des enfants qui se plaisent à l’imiter dans ses déplacements avec ses sept aigles de race différentes. En un mot, les justiciers sont considérés comme des hors-la-loi. Blind Eagle, faisant les gros titres depuis un an, est devenu la proie principale des forces de l’ordre. Cependant, pour une partie de la population, c’est le véritable héros avec un grand « H », et notamment pour les gens issus de la classe sociale plus que modeste, en ces temps difficiles qui furent destructeurs d’emploi à la suite de la crise économique qui débuta en 2007. Pour d’autres, il y a le côté similaire aux différents héros de bandes dessinées tels que Batman, Superman et autres Avengers. Cependant, pour la population Blind Eagle est vraiment différent, car il se fait aider par des tétrapodes et essaye de passer au maximum inaperçu. Il ne souhaite pas de reconnaissance. Il veut simplement la justice. Seuls les criminels ont pu le voir, jusqu’à maintenant.

Patricia essaye au plus vite d’aller chez Blind Eagle, mais sans faire d’excès de vitesse. Elle connait bien son adresse, car elle connait Kyle Reese depuis sa plus tendre enfance. Cependant, le chemin est assez long, car le lieu de l’incident était situé au sein de l’île de Manhattan ; tandis que l’adresse de Kyle se trouve au New Jersey ; il faut de ce fait traverser toute l’île de Manhattan, pour ensuite traverser le George Washington Bridge et rejoindre Newark, où se trouve en bordure une magnifique propriété. Tout en conduisant, Patricia ne peut s’empêcher de lui poser certaines questions :

« Comment veux-tu être soigné chez toi ? » ;

« Est-ce qu’il y a plusieurs personnes qui connaissent ton secret ? ».

Mais Kyle ne lui donne aucun élément de réponse, à part :

« Je t’expliquerai tout, mais une fois arrivés à la maison ; dépêche-toi au plus vite, car tu n’as pas fait attention, mais avant de venir à ta rescousse, j’ai reçu une balle dans l’épaule gauche, ce qui m’affaiblit énormément ! »

A l’annonce de ce paramètre qui était totalement inconnu de Patricia, elle se met à pleurer et n’ose pas poser la moindre question supplémentaire pour le moment. Kyle Reese, ressentant l’émotion qu’éprouve Patricia, ajoute :

« Ne t’inquiète pas ! Sur place, Cathy, ma gouvernante, est infirmière de formation, et c’est elle qui a pour habitude de me rafistoler. Et sache que ce n’est pas ma première balle dans le corps depuis que je suisBlind Eagle. »

Patricia reprenant ses esprits, en tant que procureur, ne peut penser au fond d’elle en écoutant son ami qu’elle est en train d’aider la personne la plus recherchée de New York. Mais surtout, ce qui est le plus gênant dans l’histoire de la révélation de la nuit, c’est que c’est elle qui a la charge de ce dossier. Elle-même qui avait fait une déclaration la semaine dernière à la presse new-yorkaise, affirmant sa volonté absolue de mettre fin aux agissements de ce ’justicier de pacotille’, selon ses termes. Et dire que ce soir, c’est la même Patricia qui est en train de le secourir. Sacrée ironie de l’histoire !

A l’approche de la somptueuse villa des Reese, qui s’étend sur un domaine assez conséquent, Kyle, perdant du sang dans la camionnette, dit à Patricia :