Bombe glacée

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Pour ce premier roman, l'auteur a voulu emmener le lecteur dans une course contre la montre à travers l'Europe en renouant avec le roman d'espionnage populaire et traditionnel. Soane est agent du Service des Evénements EXceptionnels, le SEEX, mis en place au niveau européen pour réagir face à des situations peu courantes ou de très grosse envergure. Au cours de sa mission, elle devra faire face à un groupe industriel au patron peu scrupuleux, à un vrai faux terroriste international, ennemi numéro un mondial et à un tueur pervers. Elle bénéficiera de l'assistance partielle d'un adjoint mais surtout de celle d'un ange inattendu pour se sortir de l'affaire. Reste à savoir comment et dans quel état ?
Publié le : samedi 8 avril 2006
Lecture(s) : 326
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EAN13 : 9782748162165
Nombre de pages : 233
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Bombe Glacée
Laurent LEYMONIE
Bombe Glacée
THRILLER
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6217-X (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6216-1 (livre imprimé)
L A U R E N T L E Y M O N I E
1982… Au Sud-est de la Syrie, non loin de la frontière avec l’Irak, la contrée d’Abû Kemal était balayée depuis plusieurs jours par une violente tempête de sable. Les animaux se terraient, impuissants sous ce déchaînement, le ciel et la terre étaient unis dans un brouillard ocre, fermant la vue à seulement quelques mètres. Les habitants du coin, peu nombreux, étaient réfugiés chez eux, ayant pris soin de mettre leurs plus grandes richesses, quelques bêtes, à l’abri des rafales offensives du ciel. Quand la nature lâchait sa violence sur la région, il fallait seulement faire le dos rond, courber l’échine en priant pour des moments meilleurs. On ne luttait pas contre un tel déferlement des éléments. A une quinzaine de kilomètres de la ville en allant vers le sud, le village de Smirfa était le théâtre d’un trouble peu ordinaire. Une vingtaine de cavaliers, habillés tout en noir, armés, étaient arrivés au matin avec le vent, les visages enfouis sous des chèches pour se protéger des gifles du sable mais aussi et surtout pour ne pas être dévisagés par les habitants. Ils n’avaient eu aucun mal à capturer hommes, femmes et enfants réfugiés avec leurs quelques chèvres dans leurs misérables habitations de terre séchée. Ils les avaient regroupés dans la cour de la mosquée, seul lieu clos du village suffisamment vaste pour accueillir tout le monde, puis les avaient obligés à se mettre à genoux dans la tourmente et la poussière. Un homme sec, de petite taille, le visage dissimulé, était grimpé sur une caisse qu’avait apporté avec empressement un des cavaliers. Il était vif et se déplaçait rapidement ; il semblait jeune. Il tenait dans sa
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main droite un chapelet de grains d’ambre qu’il égrenait nerveusement. La gauche caressait le pommeau d’un long poignard glissé dans sa ceinture. Quelques-uns de ses cavaliers gardaient les issues, jambes écartées, plantées solidement dans le sable, leurs armes portées bien en évidence. Le reste de la troupe, encerclant les prisonniers dans une même attitude rigide, dévisageait les paysans soumis devant ce qu’ils devinaient être un danger. Le vent était un peu tombé. Un lourd silence s’installa sur la petite foule, brisé de temps à autre par des crachats ou les raclements des gorges desséchées des cavaliers. Après un long moment, l’homme avait parlé du haut de sa tribune improvisée, prenant violemment à partie les villageois. Il criait et avait commencé sa diatribe selon la forme rituelle devenue maintenant banale : - Notre Dieu est grand et miséricordieux. Ecoutez-moi bien, tous ! Je suis l’ayatollah Fatwami. Il laissa son annonce faire son effet et reprit. Je viens chercher une femme d’ici pour rendre la justice de notre Dieu. Je veux Aïcha, fille de Mouamar Ibn Sabir. Elle a bafoué la loi religieuse. Cette femme est mariée à un de mes cousins. Elle a été vue devant le puits de votre village. Elle parlait avec un certain Malouf Dahida, un homme célibataire. Il se tût, son regard fouillant rapidement l’assistance. Il s’exprimait sans accent, il devait être du pays. Les femmes et les hommes du village gardaient le nez dans la poussière. Certains priaient les yeux clos, d’autres tremblaient, s’efforçant de bouger le moins possible. Les plus jeunes des enfants, étrangers au monde des adultes, grattaient par jeu la poussière de leurs petits
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