Ce qui manque

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Un personnage clé, Anna, et autour d'elle trois hommes et une femme.Tous ont quelque chose à perdre pour grandir. Un amour, une illusion, la raison.L'un d'eux sera définitivement perdu.Les autres puiseront une vérité dans l'absence : nous sommes ce qui nous manque.Avril Ventura est née en en 1977. Après des études de lettres modernes à Paris et une collaboration aux Inrockuptibles, elle travaille à France Culture. Ce qui manque est son premier roman.
Publié le : mercredi 25 mai 2016
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EAN13 : 9782021336528
Nombre de pages : 224
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COLLECTION « Fiction & Cie » fondée par Denis Roche dirigée par Bernard Comment
ISBN 978-2-02-133652-8
© Éditions du Seuil, février 2008
www.seuil.com
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
À Charly
Anna
Je suis allongée par terre, sur le tapis du salon. Il doit être vingt et une heures. Tu as bu, allongée toi aussi, sur le canapé rouge. J’invente une histoire pour toi, pour faire passer ce temps qui ne passe pas (une fois de plus tu as crevé la poche du temps). Une histoire stupide, quelque chose qui parle vaguement du Mexique, mais quelque chose pour tenter de t’atteindre toi, maintenir un lien dans cette fuite. Alors je déverse les mots, cette suite de mots forcés qui me reviennent sans avoir atteint leur but mais qui sont le seul moyen de te rejoindre, le seul espace où nous sommes encore mère et fille. Je sais que tout peut basculer d’un instant à l’autre, que chaque seconde nous est comptée, je sais que cette histoire ne tient pas debout, comme toi, ne tient qu’à un fil. Un fil qui partirait de mon cœur à ma bouche, de ma bouche à la tienne, qui tire les ficelles. Car c’est encore toi qui sans le savoir mènes le jeu, pas moi. J’ai peur à cet instant précis, dans ce flottement, ce moment à la fois privilégié et douloureux que tu nous imposes malgré toi. Une demi-heure, une heure peut-être volée au bonheur, un compromis, un pacte avec lequel j’ai appris à négocier : je te donne quelques-uns de mes mots contre quelques grammes de tendresse alcoolisée, la promesse d’un ailleurs contre un geste de mère. Deux doigts de mensonge contre un peu de sécurité retrouvée. (On dirait que tu serais mère, que je serais ta petite fille, et que tu pourrais t’occuper de moi. Tu me ferais à dîner, je ferais mes devoirs, peut-être que tu répondrais au téléphone – un ami ? quelqu’un de la famille ? – tu avais des amis avant. On mangerait toutes les deux devant le film du soir. À vingt et une heures trente, je suis une enfant, tu m’emmènerais me coucher. On dirait que je dormirais du sommeil du juste, comme sans doute doivent dormir les enfants, et toi, moi, la maison qui dort, tout autour de nous serait juste.)
*
J’avais souvent cette idée étrange que la vie des autres était linéaire, qu’elle avait un sens, représentait un tout mais n’était pas, comme la mienne, une suite de discontinuités, d’instants, d’actions, d’émotions, de battements de cœur. L’impression désagréable que toutes ces vies avaient un but, une ligne directrice, et que les autres, contrairement à moi, étaient entiers : des corps entiers, des âmes et des pensées entières, unifiées. Je vivais dans une impression constante de temps divisé, impression amplifiée, sans doute, par le jour de ta disparition. Il me semblait qu’à partir de cette date précise quelque chose avait brisé la durée, que ma vie d’avant était une vie rêvée, moi une enfant fantôme. (À cet instant précisément Anna se réveille. Elle repousse la couverture, pose ses jambes à terre, aperçoit de la lumière sous la porte. Elle se lève, s’arrête en chemin, intriguée par l’image que lui renvoie la glace : son corps allongé,
ses bras maigres de jeune fille à l’étroit dans la chemise de nuit qu’elle avait déchirée la veille pour y être à l’aise. Ce choix qui, quelques heures plus tôt, lui avait semblé incongru – passer cette chemise que tu lui avais offerte, enfant – trouve à présent sa justification : c’est maman ?) Ta disparition m’avait fait naître douloureusement à moi-même, m’avait offert un corps dont la matérialité était d’autant plus difficile à assumer que le tien n’était plus. J’allais devoir comprendre que je n’étais pas née de cette unique disparition, que je n’étais pas née d’un vide, mais qu’une infinité d’autres choses m’avaient construite, une infinité d’autres gestes, d’autres paroles, intentions. Voilà ce qu’il me faudrait comprendre pour pouvoir m’approprier mon corps à moi, pour lui donner pleinement le droit à la liberté de respirer, de manger, de marcher comme les autres.
*
Pas envie de me souvenir de toi. Pas envie que tu sois là, à rôder, comme une bête affamée de moi. Pas envie qu’il y ait un lien, toujours, entre toi et les choses parce que ce n’est pas vrai tu n’es pas toujours là, et l’idée que je n’aime pas en réalité c’est que c’est moi la bête affamée de toi, que c’est moi la bête qui rôde à toujours te chercher là où tu n’es pas, surtout là où tu n’es pas. Parce qu’un souvenir douloureux parfois on s’y accroche sans bien savoir pourquoi – ou plutôt si, on sait, comme à une bouée de sauvetage –, on cherche le pourquoi du comment qui expliquerait tout, et cette idée stupide, finalement, que les choses ont une place, devraient en avoir une et que les mères aussi : un petit tiroir pour vous ranger au chaud, une jolie boîte bien carrée, avec un intérieur rose en papier froissé, dans laquelle vous iriez vous couler, sagement – en rang les mères, chacune se tenant la main, ne répondant que quand on les appelle – peut-être même qu’il y aurait des couleurs, des chemises de classement en carton avec des couleurs pour chacune d’entre vous, et l’élastique qui vient vous claquer sur la gueule pour vous remettre à votre place. Des boîtes à mères comme il y a des boîtes à chocolats, qu’on oublie sur des étagères et qu’on n’ouvre plus, on pourrait vous laisser pourrir comme ça, vous laisser vous périmer comme des chocolats, peut-être même que les boîtes ça nous donnerait bonne conscience, de vous savoir là, près de nous, mais qu’on n’y mettra pas la main, on aura décidé de ne plus y mettre les mains, nos petites mains d’enfants frêles, avec notre air de ne pas y toucher, pour nous laisser le temps de grandir et de vous oublier, parce que c’est à ça que servent les boîtes, à oublier les choses dedans, à croire qu’on en a pris soin et se donner bonne conscience. Et peut-être même que toute la famille y passerait, dans les boîtes, en rang sur les étagères, ou plutôt dans un placard, parce qu’il faut qu’il y ait des portes dessus à refermer, qu’on garde la possibilité de ne pas les voir. Boîtes à chiffons, boîtes à couture, boîte à magie, boîte à chapeaux encore, qu’est-ce qu’on va faire de vous, des petits carrés de tissus avec des fils de couleurs, des foulards magiques avec des colombes dedans, des confettis ? On pourrait faire de vous des confettis, de joyeux confettis, légers, gais, qu’on garderait au creux de nos mains avant de souffler dessus pour vous éparpiller, vous regarder vaciller puis retomber, lentement, en feu d’artifice. Une explosion de mères, une véritable fête avec des paillettes et des serpentins, et peut-être même qu’on vous ferait des gâteaux, des gros gâteaux au chocolat comme pour les goûters d’anniversaire qui n’en finissaient pas, et on les mangerait sans vous, et on vous regarderait joncher le sol, lamentables à présent, lamentables petits confettis écrabouillés sur le parquet après votre heure de
gloire, une courte minute de gloire en fait, parce que la gloire est plus courte à l’échelle des confettis.
*
Je fermais les yeux, passais les mains tout le long de mon corps, des pieds à la tête, puis recommençais mon geste en sens inverse. Il fallait faire crisser la peau avec la paume, la faire parler des cuisses jusqu’aux pieds, des pieds jusqu’aux cuisses. Puis remonter, lentement mais fermement (plus l’angoisse était forte, plus j’appuyais et plus le geste était répété), sur le buste et le cou, passer sur le sommet du crâne et le visage, les paupières, et quelque chose en moi se calmait dans ce geste sans cesse recommencé. Quelque chose comme une justification, une preuve de mon unité. Parfois ma langue venait caresser mes dents, les frottait inlassablement de gauche à droite sans que je puisse vraiment me contrôler. Là encore, à cet endroit précis, il y avait sans doute quelque chose à réparer, et sans chercher à élucider le mystère de mon geste, j’accomplissais ce rituel salvateur jusqu’à l’épuisement. À certains moments sentir mon corps m’était insupportable. Et chaque fois, inlassablement, je devais redéfinir les frontières de ce corps meurtri qui m’échappait, en redessiner la cartographie. Je n’en supportais pas les creux et les angles, j’aurais voulu n’être que rondeurs. C’était des formes de femme que je recherchais, quelque chose qui m’aurait confirmé que je n’étais plus la petite fille que j’avais été. Alors j’arrondissais : moi, mes membres, mes pensées, mes gestes, mais aussi les choses qui m’entouraient. De mes doigts j’accomplissais un rituel effréné de caresses pour arrondir les angles, adoucir les objets. Mon corps, la table, la tasse sur la table pareillement étaient ainsi préparés à ma réinscription dans le réel. Le monde me récupérait.
*
À quoi tu pensais, toi, avant de basculer ? Tu pensais à la peur. Tu la sentais, à cet instant précis ton corps était là, sans doute jamais aussi présent. Sans doute que c’est lui, qui, à ce moment-là, prenait le dessus. Tu n’avais pas peur, tu étais peur. Et si seule, du moins c’est ce que tu croyais, comme souvent la solitude et la peur sont de bons compagnons. Pourtant j’étais là. Nous étions tous là, chacune de nos solitudes unie à la tienne. La violence imposée à ton corps, tu l’as aussi imposée au mien. Elle continue de faire écho en moi. À certaines heures de la nuit j’ai ton corps brisé qui s’éparpille. Et je dois le rassembler, le caresser, le toucher sans cesse pour qu’il puisse reprendre forme. À travers mon corps je dois réparer le tien. Avec, toujours, l’espoir qu’il devienne enfin une entité propre, qu’il ne soit plus le prolongement du tien. Je suis née deux fois, tu m’as enfantée deux fois. Le jour où tu m’as mise au monde, les années où, petit à petit, je suis devenue femme. À vingt ans je découvrais mes mains, mes jambes, mes bras, tout un corps qui m’inquiétait et que je ne connaissais pas. À certains moments exister m’était insupportable, tant la conscience que j’avais de mon corps devenait aiguë. La contemplation de ma main, la sensation soudaine que j’en avais, pouvait m’occuper pendant d’interminables minutes, et chaque partie de ce corps était une nouvelle énigme à résoudre, chaque battement de cœur une révolution corporelle. Combien de fois aurais-je à renaître avant de m’appartenir ? À combien de morts et de
naissances successives ton geste m’a-t-il condamnée ? Est-ce que la peur au ventre se transmet comme la couleur des yeux ?
*
Le bain est à double tranchant. C’est la mousse que l’on mettait dans nos bains à deux dans la baignoire sabot, celle qui abritait nos rires. Mais c’est aussi quelques gouttes de sang dans l’eau. Dans cette baignoire-là il n’y avait pas d’eau (que le vide de ton angoisse à toi), l’eau est venue après, par le jet de la douche, pour arrêter le sang. Je n’ai rien vu, juste entendu. J’ai simplement remarqué les bandeaux sur tes poignets, quelques jours plus tard en partant à l’école. (Dis maman, tu n’as pas essayé de te faire du mal ?) Il arrive encore que je bascule dans l’eau, passe de l’autre côté. Parfois il n’y a rien, parfois il y a toi. Tu es même capable d’être au-dessus de l’eau, sur mon corps inquiet, dans ma tête, sur mes poignets. Tu appuies sur mes poignets. Tu pèses de tout ton corps sur mes poignets bleuis par le froid.
*
Ce n’était plus pour elle que je pleurais, c’était enfin pour moi, pour l’enfant qui avait attendu qu’on vienne la chercher. Pour l’enfant qui chaque soir, dans le noir de sa chambre, voyait ses sens se décupler, était à l’écoute du moindre geste, du moindre soupir ou chuchotement qui aurait pu signifier une fuite ou une menace de sa part – toutes ces fuites qu’elle savait inventer la nuit. Parfois je me réveillais seule dans l’appartement vide. J’attendais son retour, inquiète, qui jamais pourtant ne signifiait l’apaisement. Je savais maintenant qu’il n’y avait pas de plus grandes solitudes que celles qui se vivaient à deux. De ma vie entière je ne retrouverai jamais ce vide si particulier qui prend sa source dans la présence de l’autre, dans ses paroles, ses colères, ses défaillances. Je pleurais du matin au soir et cherchais des bras que j’aurais pu forcer pour venir m’y blottir, cherchais la consolation qui me revenait de droit. Les pleurs allaient venir réparer quelque chose en moi, mais il me fallait des témoins. Ceux-là mêmes qui avaient manqué à l’époque, ceux-là mêmes qui n’avaient pas pris de décision pour moi, avaient préféré croire que ma place était là et qu’il n’y avait rien à faire. Ceux-là mêmes qui m’avaient laissée repartir avec elle ivre, une nuit, alors qu’elle était venue me tirer du sommeil en criant. Ceux-là mêmes qui n’avaient rien dit, pas bougé, pas cherché à me retenir. Ta place est là, la vie en a décidé ainsi. Tu n’es pas une enfant, tu ne l’as jamais été. La preuve en est que tu ne te conduis pas comme telle. Tu ne parles pas, n’agis pas, ne penses pas comme telle. Nous ne pouvons rien faire pour toi. Nous avons nos propres enfants à épargner. Des vrais enfants, qui ont leur enfance à vivre.
*
J’ai porté la cuillère à ta bouche, comme on fait pour les petits enfants. Je ne me souviens plus si j’avais, à ce moment-là, comme tant d’autres fois auparavant, eu envie de te frapper pour te faire réagir, envie de fuir ce regard vide et ce visage mou, ces gestes mous et ce souffle lent. Tu fondais littéralement, tu dégoulinais sur le canapé rouge, toujours sur le canapé rouge, rien pour te retenir tu débordais de partout quand j’aurais voulu que tu aies la tenue et la solidité du métal de la cuillère portée à ta bouche. J’essaye de te retenir, de te rassembler avec ma petite cuillère, seul élément solide dans la pièce qui nous entoure, de reformer une maman solide, aux contours
définis et au regard soutenu (les frontières, toujours ces frontières à redéfinir et ces corps qui débordent).
*
Comme d’autres doivent apprendre à parler, j’apprends à me taire. Ces mots qui autrefois ont été ma défense, ces mots vomis, dégueulés, jetés à la face des gens à ne plus savoir qu’en faire, ces mots susurrés, soufflés, murmurés dans ma tête pour appeler au secours, j’apprends à les délier. J’aurais pu frapper, fuguer, disparaître mais non, c’étaient les mots. Les mots dits et redits sans cesse, les mots chamboulés, les mots emmêlés qui cherchent une issue. Des tas et des tas de mots en bataille pour dire sa bataille à elle et celle qui fut la mienne, pour que jamais le silence ne règne entre nous. Toi et moi nous sommes ensemble un tas de mots dans un tiroir. J’ai gardé toutes tes lettres et les miennes, écrites pendant tes absences répétées.
*
Je suis dans ma chambre, en boule sur le tapis, je sors du bain. C’est la première fois qu’elle me tape. Je n’ai d’ailleurs pas le souvenir des coups, elle ne tapait pas fort. Elle me traite de salope. Je suis la cause de tout, c’est à cause de moi qu’elle a mal. Dix ans plus tard, une autre baignoire. Je suis devant, plantée devant, courbée, les larmes en nœuds dans ma gorge, je n’arrive pas à prendre ma douche. J’ai envie de vomir. Envie de la vomir elle, de rage. Mais qui pourrait la recevoir ? Sur qui je pourrais venir la déverser ? Je ravale mon vomi. Aujourd’hui n’est plus le temps de l’amour. Je lui dis que c’est une salope. Et je répète ce mot rauque sans cesse, sachant qu’il n’atteindra que moi. Mais qui sait, peut-être qu’elle peut m’entendre ? C’est une salope. Je lui dis qu’elle est la cause de tout, que c’est à cause d’elle que j’ai mal. Cette nuit j’ai rêvé de nous. Je venais te prendre par la main et nous allions voir ta mère. Puis nous la prenions par la main et nous allions voir sa mère. Nous la prenions par la main et nous allions voir sa mère. Elles étaient des milliers, et chacune je les prenais dans mes bras jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que chaque petite fille en mal d’amour soit réparée, jusqu’à ce que nous ne soyons plus qu’une seule et même force, qu’un seul et unique amour. Je me suis réveillée à l’aube, sous mes fenêtres encore aucun bruit. Je me suis fait couler un bain pour arriver au matin.
*
Depuis que tu es partie, chaque nouvel amour est déjà parti. Et chaque histoire, invariablement, commence par sa fin. À seize ans j’avais déjà le corps vide, j’avais vécu ma seule et unique passion. Je l’ai vécue comme seules se vivent les vraies passions, malgré moi, elle m’a été imposée (comme elle t’a sans doute aussi été imposée à toi). Mathieu est dans le monde en ce moment même, et je n’y suis pas. Mathieu parle à quelqu’un d’autre, pense à quelqu’un d’autre quand je ne vois que lui. Il est la mère, il est toutes les mères à la fois et je suis l’enfant qu’il n’entend pas (j’ai beau me raisonner, l’angoisse est plus forte, il doit me voir, quelque chose de notre complicité doit renaître). À cet instant précis plus rien n’est acquis. Aucune trace de son amour, rien n’a été construit. Chaque seconde est un nouveau temps, et tout est à refaire.
Antoine ne viendra pas inverser le cours des choses, il ne me ramènera pas à l’origine de l’amour. Sans doute aurai-je, lui aussi, peur de le perdre démesurément. Certains soirs il sera inaccessible, et son rire et sa joie partagés seront une torture, je le sais. J’en perdrai l’appétit, j’en aurai la nausée. Je recommencerai la cérémonie des dents, je creuserai ma taille avec la paume de mes mains à défaut de pouvoir creuser la sienne. Mais j’ai vu les mains d’Antoine sur mon corps, comme il saura en remodeler les contours, faire siffler ma peau. J’ai vu comment son ventre plaqué sur mon dos saura trouver sa place, comme la mesure de son corps à lui saura s’accorder avec le mien.
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