Ces Français qui valent de l'or suivis de Le remake et L'auto-stoppeuse

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Ces français qui valent de l'or

Ce qu'il veut, c'est une famille !



Le remake

Un conte de fée version Kubrick.



L'auto-stoppeuse

Cherchez la femme...





Publié le : jeudi 11 octobre 2012
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782823804485
Nombre de pages : 9
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couverture
Gérard MOSS

Ces Français qui valent de l’or
 suivis de
 Le remake
 et
 L’auto-stoppeuse

12-21

Ces Français qui valent de l’or

Franck Mallet est photographe pour la presse d’entreprise mais c’est un artiste. Son travail personnel peut être acheté dans une galerie près de la rue Mouffetard où il réside, à Paris. Cependant, la quasi-totalité de ses revenus provient de ses clichés pour la presse d’entreprise. Franck Mallet excelle dans les portraits d’imposants entrepreneurs, d’employés du mois ou de cadres fraîchement promus.

Il est sensible à la réussite et à l’argent.

Sur le bateau qui les mène à Rose Bay, Australie, Franck Mallet savoure sa chance. À Hambourg le mois dernier, le voici à Sydney pour photographier un entrepreneur qui a réussi dans l’informatique. Le papier s’intitule « Ces Français qui valent de l’or ». Il est accompagné d’un journaliste qui lui demande de le prendre avec, comme décor, l’opéra – cliché, l’Harbourg Bridge – cliché et la baie de Port Jackson – cliché.

Tous deux portent des tongs aux pieds car la chaleur est insoutenable. On est en décembre.

Le journaliste ne parle pas anglais, ni aucune langue sinon la sienne. Il est insupportable comme un Français à l’étranger. Franck fait abstraction, shoote aussi pour lui, pour son projet personnel. C’est un fan de Blow up, le film d’Antonioni. Il rêve d’une photo qui révélerait ses secrets après développement.

Voici la maison, magnifique, grande, neuve, entourée d’une végétation luxuriante. Le journaliste souhaite poser devant, comme s’il en était propriétaire. « J’espère que tu joues au loto », murmure Franck – cliché.

On sonne, on ouvre, on fait les présentations. L’entrepreneur est singulier, le cheveu crépu et le regard animal. Un prédateur. Franck Mallet prend quelques clichés au naturel. Il cherche, dans la pose et les yeux, le goût de l’argent, et du pouvoir.

Puis le journaliste propose une photo de famille : l’homme qui a réussi, sa jolie femme et leurs trois enfants clairs à cause du soleil qui décolore tout. « C’est important pour vous, la famille », embraye le journaliste qui a branché son magnéto. « Très ! Je leur dois tout ! » L’homme regarde sa femme qui regarde l’objectif avec une intensité malsaine. « Graine de star », ironise Franck en silence.

Pendant toute l’interview, l’entrepreneur tient à garder sur ses genoux son enfant le plus petit, un nourrisson. Ce qu’il raconte est assez rébarbatif, plein de lieux communs, mais les questions le sont tout autant.

Cliché de la maison, du jardin, de la terrasse en teck où pousse un magnifique Kangaroo Paws géant aux fleurs rouge corail. Cependant, malgré les teints hâlés, la générosité de la nature et l’abondance du soleil, quelque chose chiffonne le photographe. Impossible de préciser quoi. Un bad feeling (il parle anglais, lui !).

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