Chantier, j'écris ton nom ! Suivi de : Pour en fi

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A force de ne rien faire, on se réveille un jour avec l'énergie d'un jeune bûcheron. Séance tenante, on irait abattre un arbre ou refonder le monde. Mais par où commencer ? C'est ainsi que Laurent Laurent décide un beau matin de rénover son appartement.


Son chantier sera total ou ne sera pas. Il subira les sarcasmes des habitués du bar d'en face, la lâcheté de ses amis intermittents du spectacle, la sournoiserie des vendeurs de produits de bricolage et même la rébellion des outils.


Il croisera le doute, la fatigue et la faim. Mais il vaincra, aussi, de façon très personnelle, avant de poursuivre sa quête métaphysique dans d'autres magasins...


Dans les papeteries, par exemple, à la recherche d'une recharge pour stylo Bic à quatre couleurs. Mais c'est une autre histoire...


Publié le : mercredi 27 août 2014
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EAN13 : 9782021186604
Nombre de pages : 155
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Chantier, j’écris ton nom !
suivi de Pour en finir avec la papeterie
DU M Ê M E A U T E U R
Six Mois au fond d’un bureau roman Seuil, 2001
LA U R E N TLA U R E N T
Chantier, j’écris ton nom !
suivi de Pour en finir avec la papeterie r é c i t s
SE U I L
ISBN9782021199338
© Éditions du Seuil, février 2001
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
www.seuil.com
Chantier, j’écris ton nom !
À cette époque j’étais en train de ne rien faire depuis dix ans. Les aprèsmidi, je sortais lire le jour nal du soir en teeshirt aux terrasses de café. J’allais acheter des disques. Je déambulais massivement. Je pouvais prendre le taxi et aller au restaurant à midi. Je m’intéressais à la création artistique pour laquelle je commençais cinq projets par jour. Les mois s’écoulaient comme du lait concen tré sucré. J’étais trop tranquille ! Cela ne pouvait plus durer même si j’adorais cette vie de dilettante. Un besoin de violence vint en moi. Le temps m’était compté et le pays n’avait que faire d’oisifs. Je n’avais rien fait depuis dix ans. Plus aurait été de l’exagération.
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CHANTIER,J ÉCRIS TON NOM ! Je ne savais pas encore qu’une partie de l’his toire du monde ne se jouerait pas là.
Que faire ?disait Lénine. Enfant, j’avais eu envie de conduire un Caterpillar. Mais ça dérape. Faire de la prison ? Je me serais ennuyé. Non. J’avais envie de donner un coup de pied dans ma vie. Quelque chose de fort, mais d’utile. Alors quoi ? Tourner un longmétrage ? Trop facile.
Comme je m’intéressais à la politique, j’eus l’idée de faire un stage ouvrier. J’étais impatient de commencer. Mais où ? Je n’avais pas de qualification. Je ne pouvais attendre de passer un CAP. Et, avec la conjonc ture, faire des candidatures spontanées aurait rebondi. Je voulais simplement être ouvrier six mois.
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