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Clairs-obscurs à Monaco

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70 pages

Trentenaire célibataire amené à changer de travail et de région, Philippe se retrouve emporté par deux mystères, l’un féminin et l’autre médico-scientifique. Le héros s’engage, presque malgré lui, dans une investigation discrète pour son employeur, à propos d’inquiétantes disparitions en principauté de Monaco.



Et puis Clarisse...



Les rencontres troublantes succèdent aux mystères et Philippe avance sur le chemin de sa nouvelle vie. Les arcanes de la science, des cerveaux humains et d'âmes insondables qui le dépassent, vont le hanter jusqu'au bout.



Mais pourra-t-il mener ses quêtes jusqu'à leurs termes ?

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Résumé

Trentenaire célibataire amené à changer de travail et de région, Philippe se retrouve emporté par deux mystères, l’un féminin et l’autre médico-scientifique. Le héros s’engage, presque malgré lui, dans une investigation discrète pour son employeur, à propos d’inquiétantes disparitions en principauté de Monaco.
Et puis Clarisse...
Les rencontres troublantes succèdent aux mystères et Philippe avance sur le chemin de sa nouvelle vie. Les arcanes de la science, des cerveaux humains et d'âmes insondables qui le dépassent, vont le hanter jusqu'au bout.
Mais pourra-t-il mener ses quêtes jusqu'à leurs termes ?

DU MÊME AUTEUR
La deuxième vie des méduses… aux éditions Sudarènes
Les cris des écrivains aux éditions Sudarènes
Le petit monde aux éditions La Bouinotte

Frédéric Barrès

 

Clairs-obscurs à Monaco

ROMAN


ISBN : 978-2-89717-946-5

editionsNL.info

 

 

 

 

 

 

Monaco : Principauté de 2,02 km2, située au bord de la mer Méditerranée, entre les communes françaises de Cap-d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin, célèbre pour sa famille princière, les casinos et hôtels de luxe.

A défrayé la chronique en 2016 et 2017, avec une série d’événements aussi énigmatiques qu’inhabituels.



Codex : Recueil des médicaments autorisés à la fabrication et la commercialisation.

Ancêtre du livre.

Rien ne me prédestinait à enquêter sur la disparition d’une famille française, au cœur de Monaco.

1. L’immersion

Cent-cinquante. Ils sont cent-cinquante à m’attendre de pied ferme, armés jusqu’aux dents, prêts à en découdre, à faire parler la poudre. Cent-cinquante hommes et femmes de bonne volonté, probablement pères de famille attentionnés, femmes exquises, mais aujourd’hui mués en soldats de la haine. À cause d’une gaffe. Ou pas. Un mot lâché par le directeur des ressources humaines. Un mot chargé de venin pour l’assemblée. Un mot censé me décrire, alors que je n’y accorde aucune importance. Je le juge même réducteur, hors sujet. Je vois bien le résultat. Au moment où ce mot a été prononcé, les trois-cents yeux sont devenus perçants, inquisiteurs, pleins de menaces. Un fossé s’est creusé en une milliseconde, entre eux confortablement installés dans les fauteuils de l’amphithéâtre et moi, qui n’en mène pas large, debout derrière le pupitre transparent. Tout ça à cause d’un malentendu, une guerre de Cent Ans à laquelle je me sens parfaitement étranger.

 

L’enjeu du séminaire, en ce lundi cinq septembre 2016, est tel, que je reste de marbre. Les lustres suspendus au plafond de l’immense salle du Beach Clubby où nous sommes réunis, me paraissent tranchants et leur lumière agressive. Ce n’est pas le moment de divaguer. Je me reprends aussitôt, il me faut affronter cette épreuve inattendue. Trouver le moyen de rebondir, de mettre ces cent-cinquante individus dans ma poche, d’un seul coup d’un seul. Comment faire ? Que s’est-il passé dans la tête du DRH, pour qu’après avoir retracé le début de ma carrière professionnelle, il termine sa tirade en tendant le bras vers ma pomme tout en clamant avec un sourire carnassier « Je vous présente donc, notre nouveau collaborateur, Philippe Danglas, qui nous vient de Paris. »

 

Rien ne pouvait être pire pour me présenter à eux. Et venant du DRH, le propos est encore plus pernicieux. Il faudra que je tire au clair pourquoi il savonne les planches sous mes pieds, alors qu’il a intérêt comme moi, à ce que ma première plénière devant les commerciaux du laboratoire soit réussie et prometteuse. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas annoncer que je suis issu d’une famille monoparentale, faire état de mon carnet de vaccination, détailler les visas de mon passeport ?

 

Ce laboratoire pharmaceutique monégasque s’est forgé une identité forte, revendiquant une capacité d’innovation unique, un statut indépendant des multinationales, des lignes de recherche et développement originales. Volontairement à l’écart des mastodontes de la région parisienne, tous copies conformes. Il s’est spécialisé dans les thérapeutiques destinées aux femmes. Me qualifier de parisien dans le contexte, c’est signer mon arrêt de mort. Je trouve que cette perspective est prématurée, pour deux raisons. La première c’est que j’ai envie d’un avenir chez Biorila, la deuxième c’est que je ne suis pas vraiment parisien, voire pas du tout. Je suis né en Berry, dont la plupart ici, ne soupçonnent même pas l’existence. Le DRH se réfère à trois années où j’ai œuvré au marketing d’une entreprise pharmaceutique des Yvelines, d’où l’aiguillon assassin de celui qui ne sera jamais mon ami. Il me faut sortir de l’impasse. Je me penche au-dessus du micro et d’une voix assurée lance à l’assistance « Mon pays authentique, celui qui fait palpiter mon palpitant, c’est le pays du soleil, des oliviers, de la Riviera. C’est le pays universel d’une meilleure santé pour toutes les femmes. C’est le pays de nos ambitions, de toutes les victoires que nous allons gagner ensemble. Mon pays, c’est aussi le vôtre… »

 

Je crois que j’ai fait mon petit effet. Les révolvers sont rangés dans les attachés-cases, les fléchettes au cyanure dans les sacs à main, au moins pour un temps.

 

Pour comprendre la situation, il faut remonter plusieurs mois auparavant. Aux vacances de Noël, je me suis offert une escapade dans le Var. Ma condition n’était guère favorable. Je venais d’être plaqué par Agathe, une hôtesse d’Air France. Nous nous étions rencontrés à bord d’un Airbus A330 de la ligne New York-Paris. J’étais en plein jet lag et je ne sais pas ce qui m’a pris. Je lui ai dit que son scotch était le meilleur de la galaxie ; au lieu de hausser les épaules, elle a souri et est revenue plus que de coutume pour s’assurer que je n’avais besoin de rien, cacahuètes, serviettes, magazines et toutes ces sortes de choses. Nous avons vécu ensemble près d’une année, en pointillé à cause de ses fréquents déplacements. C’est justement suite à un déplacement, qu’elle me décoche, ses valises à peine déposées « Philippe, il ne faut pas m’en vouloir, mais je viens de rencontrer l’homme de ma vie. » Sur le coup, je lui en ai beaucoup voulu. J’ai vite compris qu’il était pilote de ligne, plein aux as et beau garçon. La lutte était trop déséquilibrée. Implacable. Mon job dans les Yvelines commençait à devenir routinier. Je m’ennuyais. J’avais besoin d’air frais. Quoi de mieux qu’une cure de Méditerranée ? D’où mon choix pour un hôtel façon bastide dans le Var, perché au sommet d’une colline de chênes verts, à mille kilomètres d’Agathe et zéro mètre de ma conscience sereine à retrouver. Pour faire le point, dans le calme de l’hiver, et envisager l’avenir autrement.

 

Un après-midi, j’ai longtemps nagé dans l’eau translucide de la piscine couverte. Seul, car les déracinés comme moi étaient partis en excursion, notamment des familles recomposées. Et pour d’autres, j’ai supposé qu’ils s’adonnaient aux plaisirs de la sieste crapuleuse. L’eau de la piscine était al dente, et juste après, une bonne douche froide m’avait ragaillardi. Dans ma chambre, j’ai tapé sur Google, emploi, sud, laboratoire. Plusieurs réponses se sont affichées, pour la plupart hors d’âge. Mais une autre a retenu mon attention : « Laboratoire français indépendant, basé à Monaco, cherche chef de gamme pour étoffer son service marketing. Lancement d’un nouveau produit dans l’année ». Ça avait de l’allure. Trois heures plus tard, à la nuit tombée, je me fendais d’une belle lettre de motivation et joignais mon curriculum vitæ refait à neuf. « Enter ». Je suis allé dîner.

 

La semaine suivante, de retour à Rambouillet, je reçois un appel sur mon portable. Le numéro qui s’affiche me paraît exotique. Je décroche. « Bonjour, ici Jack Salter. Je suis le DRH des laboratoires Biorila. Nous avons reçu votre candidature et nous sommes intéressés. Vous êtes nombreux à postuler, aussi veuillez bien vous conformer à la marche à suivre pour entrer dans le processus de recrutement… »

 

Commence un itinéraire infernal qui me fait rencontrer successivement trois consultants cacochymes d’un cabinet prestataire de recrutement, un psychologue d’entreprise avec une batterie de tests tous plus tarabiscotés les uns que les autres, pendant une journée entière. Deux semaines plus tard, le verdict tombe sur un courriel « Vous avez réussi la première étape. Des neuf candidats retenus au départ dans le process de sélection, n’en restent plus que trois, dont vous. Merci de venir lundi prochain à dix heures précises pour rencontrer nos décideurs. Les frais seront à notre charge. »

 

Me voici donc à Orly, dans le premier avion à destination de Nice. S’agissant d’un vol domestique, je ne risque pas d’y croiser Agathe. Sur le court courrier, point de scotch, surtout à cette heure. À la verticale de Dijon, je savoure un jus d’orange bien frais. La vue à l’approche de l’aéroport de Nice est imprenable. Sur la gauche la chaîne des Alpes, dentelée et blanche avec ses pointes orangées sous l’effet du soleil levant, et à droite le bleu profond de la mer, à perte de vue. Nice, me voilà.

 

Le laboratoire n’a pas fait les choses à moitié. Plutôt qu’un taxi pour aller jusqu’à Monaco, il a réservé une place dans l’hélicoptère qui fait la navette entre le tarmac niçois et la principauté. Ce jour-là, le vent souffle fort. Ce vent vient de l’est et charrie avec lui des cumulus noirs menaçants. Les falaises érodées et les roches du bord de mer s’offrent à mes yeux dans un ballet de couleurs irisées de Nice à Cap-d’Ail. Je suis assis derrière le pilote qui parle fort dans son micro à la tour de contrôle. Je crois surprendre le mot « météo ». Les vibrations sont énormes, mais rien dans la conduite du pilote n’indique si elles lui semblent habituelles ou anormales. Les passagers à mes côtés regardent la piste, en contrebas. Nous avons tous envie que ce baptême de l’air à pales se termine rapidement, et si possible, dans d’excellentes conditions.

 

L’hélicoptère se cabre devant la micro piste d’atterrissage. Survient subitement une secousse, suivie d’une deuxième. Les vagues se fracassent violemment contre le ponton et l’écume est propulsée vers l’embarcadère. Des phares rouges alignés y clignotent. L’engin s’incline face aux bâtiments de l’héliport. Je ne donne pas cher de ma carcasse. Puis tout s’enchaîne. Le pilote crie « On y va ! » Il se pose en quelques secondes sur une arête, puis d’un mouvement brusque redresse l’appareil de l’autre côté, et finit par se stabiliser à l’horizontale. Nous sommes enfin à plat, au sol. Je suis vert, mais vivant. Je pose ma main sur l’épaule du pilote et le gratifie d’un « merci » aussi sonore que sincère. En sortant, par réflexe, je baisse la tête pour éviter de me faire décapiter. J’aurais voulu qu’Agathe soit là pour me glisser des mots tendres à l’oreille. Le plus dur reste à faire. Après les aléas atmosphériques, la cavalcade des entretiens pour le poste. Je marche vers l’immeuble blanc de Biorila « Les cactées mexicaines », véritable prouesse urbanistique. Coincé entre un centre commercial et la nouvelle gare, il offre l’apparence d’une tour d’habitations, anonyme et sans histoire. Je me suis préparé à une cinquantaine de questions qui pourraient truffer les entretiens, tout en me doutant que des surprises sont hautement probables. Les dés sont jetés, j’entre dans la gueule du lion…

ISBN : 978-2-89717-946-5
2e édition

editionsNL.info

Crédit photo couverture : Andrey Kiselev

Tous droits réservés
FRÉDÉRIC BARRÈS
et Numeriklivres, Paris, France, 2016

eBook design : Studio Numeriklivres
Nous joindre : numeriklivres@gmail.com

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