Cœurs meurtris au sud de la France et...

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Ils étaient trop passionnés par les joies de l'existence pour souffrir du manque de leurs amis. Ils étaient encore tellement jeunes pour mourir. Ils étaient bien trop innocents pour perdre leurs parents et pourtant... Les criminels n'expriment aucune pitié pour les victimes, dont les espoirs d'avenir sont définitivement avortés. L'odeur nauséabonde du crime rôde dans les quartiers de la Croisette pendant que de l'autre coté de l'Atlantique, des assassins bouleversent la vie de Julie, une jeune femme aux ambitions démesurées dans l'événementiel. La pire tourmente pour les survivants est d'ignorer l'identité de leurs assassins. Il faudra multiplier les investigations policières avant de mener les bourreaux à l'échafaud.


Publié le : vendredi 2 octobre 2015
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EAN13 : 9782332958846
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ISBN numérique : 978-2-332-95882-2
© Edilivre, 2015
Prologue
Les familles plongées dans le désespoir chercheront par tous les moyens de rebondir au malheur qui les accable d’un chagrin insoutenable. Il n’existe pas de potion magique pour ressusciter les morts. La disparition des êtres chers ayant succombé dans des conditions épouvantables pétrifie le temps du deuil ces familles en un marbre noir inaltérable. Il parait inconcevable à une mère, un père, un enfant, un mari, une femme d’enterrer l’un de ceux qui occupe quotidiennement le noyau de leur existence car leurs espérances en l’avenir gravitaient autour de la personne aimée. Le deuil durera le temps nécessaire pour chacun d’apaiser son affliction avant de renaitre des cendres du défunt afin de s’épanouir à nouveau selon leurs objectifs fixés. Les plus affectés n’apaiseront leur douleur qu’au fil des années et le chagrin se commuera en souvenirs juste supportables. Pourtant la vie ne s’arrête pas pour autant et chacun doit à sa façon poursuivre le cours de son existence. Il leur faudra alors à tous ces endeuillés se focaliser sur l’avenir. Les défunts laisseront en héritages d’édulcorées souvenances sous forme de pensées, de photos et de sentiments immuables. Mais qu’il a-t-il de plus douloureux que les incertitudes ? Le doute sur les circonstances d’un décès ne doit pas subsister, c’est la raison pour laquelle les interprètes de ce roman policier s’acharneront à découvrir les motifs qui ont conduit des personnes à l’origine certainement respectables à se transformer en d’abjects assassins.
Chapitre 1 Sandra, Melody, Kevin, Marc, Marie et les autres…
Une jeunesse érodée par un drame survenu bien trop tôt dans la spirale infernale de la vie. Une embryonnaire vie d’adulte altérée subitement suite au décès de leur meilleure amie. Une enfance spoliée de la tendresse maternelle. Un ancien amant ravagé par une peine assombrie par l’absence. Des amis anéantis par la perte de leur amie. Des parents dévastés par un chagrin permanent vivant dans un état de mélancolie résolument ancré dans leur quotidien. Plusieurs familles endeuillées suite à la disparition d’une jeune femme à l’avenir prometteur. La vie volée, dans des circonstances dramatiques, de la joviale Katleen Houston assassinée sauvagement à Cannes dans la nuit du 31 décembre 2009. Sandra, Marc, Alex, Melody, Julie, Mick, Angie, une bande d’amies aux individualités différentes mais bénéficiant de destins providentiels. Ils embrassaient des carrières éclectiques et percevaient tous des émoluments leurs assurant un train de vie confortable. Une véritable spéculation de futurs nantis. Les années se déversent dans l’univers en se dispersant dans une fuite en avant suivant une trajectoire sans retour comme l’écoulement des fleuves dont les courants empêcheraient la déchronologie des évènements. La vie ne s’articule pas autour d’une caméra dont les techniques permettent le recours aux flash-back utilisés dans certains films afin de créer des effets d’associations d’idées pour informer le spectateur des causes validant la résolution instaurant un jeu d’acteur. Ces êtres témoins malgré eux des accidents de l’existence comme la liquidation de leur amie Katleen ne sont pas des acteurs de cinéma mais simplement les auteurs des chapitres de leurs existences. La contingence de la réalité ou de la fiction d’un scénario d’un film ne reflète en aucun cas la véracité de ces mêmes actions dans l’existence de l’humanité. En bref que nous soyons en accord ou pas avec les aspérités des péripéties du passé, il demeure impossible de revenir en arrière. Le temps progresse toujours en avant et ne recule jamais. Nous évoluons selon les règles de la physique dont les phénomènes explicables ème ou encore inexpliqués au XXI siècle ne nous consentent aucune possibilité de renouer avec les épisodes actés de notre progression dans la vie. Donc nous sommes tous soumis à nous responsabiliser de nos actes accomplis. Un criminel souhaitant se repentir de ses actes répréhensibles, punis par la loi et croyant s’être amendé de son passé, ne sera jamais pour autant innocenté intrinsèquement même après avoir purgé sa condamnation. Il gardera toujours dans sa tête le souvenir de cet acte. Ainsi tourne en révolution notre sphère. La localité cannoise arrosée des embruns transportés par le sirocco en provenance directe de l’Afrique du nord poursuivait son chemin de vie sur les rythmes des meetings et autres animations coutumières de la ville. Depuis la disparition cataclysmique de Melle Katleen Houston, telle une tempête en pleine mer ou un véritable ouragan, cyclone, typhon de sentiments déversés, peu importe l’appellation à travers la planète de ces sentiments humains qui avaient bouleversé l’évolution objective des vies de ses contemporains les plus bienveillants ; une bouffée de renouveau s’était révélée aux subconscients des familles endeuillées. Certes les plaies causées des chagrins occasionnés par la perte inacceptable d’un proche ne se cicatriseront jamais complètement mais le caractère définitif du décès obligeait les familles à poursuivre leurs activités. Les parents de la défunte, des écorchés vifs, devaient impérativement reprendre gout à l’existence ne serait-ce que pour permettre à leur descendance d’acquérir les initiations nécessaires aux notions élémentaires à leur épanouissement personnel. Une jeune orpheline au prénom de Marie jouait son avenir sur les bienveillances de ses nouveaux parrains de cœur. Ainsi s’enfuit le temps et grandissent les enfants dans le giron de la tendresse de leurs ainés. Au mois de mai 2013, les incontournables animations cinématographiques à Cannes attirent une foule hétéroclite d’individus, rassemblant des gens de diverses nationalités et de
couches sociales antagonistes voire rivales ou en concurrence en d’autres situations banales de la vie courante. En mai, Cannes bat tous ses records de fréquentations festives. La médiatisation de la ville s’étend aux confins de la planète. Cette effervescence humaine déployée dans une dynamique économique médiatisée réjouit les autochtones. Les professionnels du relationnel saisissent ce printemps cinématographique pour faire toute la publicité d’une mercatique appropriée à leur business. Ils s’emploient à diffuser les annonces des prochains films qui seront visionnés pendant le festival de Cannes en faisant une promotion intensive de l’événement. Des affiches gigantesques s’imposent aux regards des passants attentifs venus tout spécialement pour assister aux avant-premières des films engagés dans la course à la Palme D’or. Pendant dix journées consacrées au septième art, la ville de Cannes rayonne d’une notoriété répandue dans le monde entier. Généralement les films récompensés lors du festival sont projetés dans les salles obscures peu de temps après leur nomination à Cannes. Des producteurs, des réalisateurs, des agents artistiques, des acteurs français, des stars internationales et toute une flopée de journalistes installent leur quartier dans les hôtels aux enseignes légendaires. La réputation du festival du film cannois dépasse les frontières grâce à une particularité climatique non négligeable, un ensoleillement quasiment continuel tout au long de l’année. Dynamique, ingénieuse, expérimentée, une journaliste chevronnée et un grain de sel opportuniste, Sandra fut saluée et distinguée par les membres de sa profession. Elle fut gratifiée du titre de la meilleure journaliste de l’année 2010 pour le journal Le Cannois vérité. Elle travaillait ardemment sur toutes les enquêtes et les chroniques qu’on lui destinait depuis plusieurs années avec un acharnement qui lui prévalu ce titre honorifique. Elle avait convolé en justes noces avec le brillantissime commissaire Kévin Hansson, l’élite cannoise de la plus haute autorité de Cannes, pour sa détermination à trouver des résolutions de crimes survenus dans la région depuis déjà plus de dix ans. Suite à l’élucidation du crime de Katleen Houston et des conséquences psychologiques dramatiques provoquées chez les familles concernées ; Le couple avait décidé de faire table rase du passé afin de ne pas toujours ressasser les tragédies familiales de ces dernières années en s’éloignant de Cannes. Les amoureux ressentaient le besoin de prendre du recul vis-à-vis de l’enquête qu’ils avaient menée en binôme et également vis-à-vis de leurs amis. Sandra avait été très éprouvée par ces investigations journalistiques lors de cette série de crimes parvenus à Cannes au début de e cette ère nouvelle du XXI siècle. Toutes les tragédies gravitant autour de la défunte Katleen l’avaient malmenée psychologiquement. Elle voulait orienter sa carrière vers d’autres filières journalistiques. Kévin Hansson, dont les états de services lui attribuaient une pléthore d’honneurs, n’eut pas grand mal à accéder au poste de commissaire divisionnaire dans la région Provence Alpes Côtes d’azur. Il fut nommé non loin d’Aix en Provence et sa femme le rejoignit dans le mois suivant sa mutation. Sandra avait été recommandée par un ancien collaborateur à l’agence de presse régionale Le Provençal Aixois où elle occupait le poste de directrice de vérification des articles de presse. Sandra vendit facilement son modeste appartement cannois à l’agencement des pièces extrêmement bien réparties, situé rue Hoche à Cannes, tandis que Kévin avait revendu sa résidence luxueuse située sur les hauteurs de la ville à un prix très intéressant majoré d’une plus-value conséquente. Les comptes bancaires de la journaliste et du commissaire au beau fixe, ils n’eurent que l’embarras du choix pour leur investissement immobilier en région Aixoise. Ils eurent un coup de foudre pour un vieux manoir qu’ils acquéraient en un mois à terme échu. Les transactions immobilières furent réglées en rafales. En trois rendez-vous avec l’agent immobilier qui s’occupait de leurs biens, les ventes et l’achat de leur manoir furent actés. Donc, le couple s’était installé à Aix en Provence où ils coulaient des jours harmonieux, chacun exerçant sa profession avec un enthousiasme et une conscience professionnelle immuables. Évidemment, Sandra restait en contact régulier avec ses deux frères et ses belles sœurs. Elle apprit très vite la désunion inattendue du couple de tourtereaux dont le soupirant était son frère Marc. Julie, depuis des années la meilleure amie
et confidente de Sandra avait quitté Marc sans préavis d’explications, relégué à renouer avec le célibat et d’une façon peu conventionnelle à l’image d’un licenciement abusif. Julie n’avait pas même envisagé une solution passerelle pour rompre avec son conjoint. La rupture fut menée d’une impulsion expéditive. Des raisons obscures avaient influencé Julie à s’envoler vers d’autres cieux au-delà de l’atlantique. Julie était partie précipitamment pour s’installer en Californie. Au caractère affirmé et de surcroit carriériste, elle avait gravi un nombre conséquent d’échelons dans sa société en constante ascension du secteur de l’évènementiel. Sa nouvelle nomination ne se fit pas attendre, elle avait été propulsée directrice de plusieurs agences outre Atlantique. Classée parmi les premières femmes de sa promotion, elle fut nommée directrice d’agence du réseau World Stars. Elle avait le choix de la destination de sa mutation. Une proposition de poste au sein du célèbre quotidien le « San Francisco Chronicle » s’était présentée et elle dut se libérer des carcans des frontières de son emploi pour lequel elle s’était employée tant d’années. A sa grande surprise, elle figurait sur la liste des candidats sélectionnés sur un poste vacant dans un secteur festif de la rubrique célébrités. Professionnelle patentée dans l’évènementiel, elle n’avait pas hésité à refuser l’offre de ce quotidien au profit du réseau World Stars où elle pouvait s’accomplir magistralement dans ses rubriques de prédilections. Aussi, elle avait signé un contrat pour exercer au-delà de l’Atlantique sur les côtes du Pacifique à San-Francisco, la troisième ville de l’état de Californie. Les ambitions de Julie l’avaient détournée de ses sentiments envers Marc. Le bellâtre, pour sa défense, innocemment crédule en amour, avait voulu précipiter leur romance en demandant expressément la main de Julie. La jeune femme effarouchée par l’ardeur des sentiments de son fiancé et le semblant d’injonction formulée par la demande d’épousailles de ce dernier, avait tout bonnement pris la fuite vers un autre continent. Certes, une douleur sentimentale la saisissait et lui nouait l’estomac quelquefois le soir, seule devant son écran plat, mais elle n’agonisait pas de souffrances nostalgiques. Aussi, elle était persuadée d’avoir abordé le sujet de sa rupture en tout état de causes et elle se persuadait avoir opté pour la meilleure solution en se séparant de Marc. Puis l’exaltation de découvrir la troisième ville de Californie au nom illustre de San-Francisco où l’on traverse en un seul état autant de paysages citadins, ruraux, escarpés et méridionaux avait captivé la demoiselle. À chacun de ses passages motorisés sur Golden-Gate Bridge (pont du Golden-Gate), Julie bouillonnait d’une excitation incompréhensible, indescriptible voire inexprimable par les mots, toutefois bien réelle par les frissons des sensations éphémères mais renouvelables qui lui traversaient le corps à plus de quatre-vingt kilomètres heure au volant de son bolide. Elle logeait rue de Post, non loin du centre commercial, hôtelier et culturel l’Union Square. Cet endroit lui semblait adéquat à ses besoins tant dans le domaine du quotidien que dans le domaine de ses loisirs. Cette situation géographique lui alliait l’utile à l’agréable, un véritable Éden pour une jeune femme volontaire et dynamique. L’époque où Sandra et Julie cohabitaient un appartement modeste dans le ème 9 arrondissement de Paris était révolue. Ce chapitre de leur vie en collocation semblait s’être déroulé à un autre siècle où leurs appétences professionnelles convergeaient toutes vers la soif de la réussite sociale. Ces deux demoiselles autrefois aux ambitions exacerbées et revendiquées, avaient surmonté tellement d’épreuves sur le ton d’une atmosphère de saine solidarité dans l’ouragan d’intensités d’heures de travail presque insoutenables, qu’elles avaient précipitamment souhaité tourner cette page de vie. Elles avaient puisé dans leurs plus spéculatives énergies pour atteindre leurs objectifs professionnels. Désormais, elles revendiquaient leur statut d’adultes confirmées ou plus exactement de futurs managers confirmés. Leur amitié si constructive par le passé et indéniable de véracité perdurait mais différemment au vue des distances qui les séparaient désormais. Elles maintenaient entre elles un contact téléphonique cyclique fixé sur des règles de régularités constantes selon l’équation suivante d’un appel au moins une fois par mois avec la réciprocité d’un rappel imposé à l’interlocutrice. L’effet boomerang en quelque sorte ! Dévasté par la rupture sentimentale et se sentant totalement esseulé suite au départ de Julie, Marc accusait la
séparation avec quelques difficultés d’acceptation non dissimulées. Alors comme remède à sa peine, Marc s’était focalisé exclusivement sur son ascension professionnelle. Hissé désormais au statut d’avocat des affaires internationales auprès des hauts fonctionnaires de l’état français, Marc ne perdait pas l’espoir de retrouver sa tendre Julie. Il envisageait même, à moyen terme, d’officier sa profession aux États-Unis d’Amérique et pourquoi pas en Californie. L’amour demeurant un sentiment d’une force herculéenne, Marc suspectait Julie de lui avoir gardé au fond de son cœur, une place de choix, une lueur de tendresse et pourquoi pas quelques étincelles d’amour. Les migrations de ces jeunes gens évoluaient au fil des opportunités de chacun et de chacune. Cependant, aucun d’entre eux n’avait pu effacer de leur mémoire la tragédie survenue à Katleen Houston. Ce crime odieux et a priori aux causes au demeurant encore impénétrables avait terni l’effervescence des exaltations et des enthousiasmes légitimes accordés à leur jeunesse. Malgré l’enfermement de la seule et unique personne inculpée pour le meurtre, mademoiselle Jennifer Enzo, des incertitudes planaient au sujet du mobile réel et sérieux du meurtre. Mil questions ne cessaient de tourmenter Sandra. Comment cette frêle demoiselle, présumée amante de la victime aurait-elle pu recourir à tant de violence alors qu’elle était fragilisée par une entorse de la cheville. Quoi qu’il en soit, tous avaient dû se résoudre à accepter les aveux de Jennifer. Les parents de la défunte, Mr et Mme Houston, très éprouvés par le décès de leur fille ainée, regagnèrent dans l’année suivant ce drame les États-Unis d’Amérique où ils vivaient depuis leur première rencontre du temps de leurs jeunesses insouciantes aux idéologies libertaires. Sarah Clara Houston, native de l’hexagone, plus souvent appelée Clara par ses proches, avait fondé sa famille outre atlantique en suivant son mari d’origine américaine. Ensemble ils avaient parcouru et traversé les États-Unis pour s’établir à Philadelphie, ville de Pennsylvanie située au nord-est des USA. L’étymologie du nom Pennsylvanie regroupe deux sens forts dont l’amour fraternel. Depuis le décès de leur fille ainée Katleen, le nom de cette ville heurtait la sensibilité de Clara. Un malheur en suivant un autre, seulement deux mois après leur retour au bercail, le mari de Clara mit fin à ses jours. Les médecins lui avaient diagnostiqué un début de la maladie d’Alzheimer. Ne voulant pas devenir un fardeau pour sa femme et encore sous le choc de la disparition de sa fille ainée Kathleen dans des conditions dramatiques, il avait ingéré à l’insu de sa tendre moitié Clara, le poison mortel qui l’avait envoyé directement vers d’autres cieux. Mr Houston avait refusé de faire subir à sa femme, avec laquelle il avait partagé les trois quarts de son existence, la problématique d’une fin de vie disloquée entre les souvenirs restants et les perturbations de sa mémoire altérée. Alors, il avait pris la décision de se suicider. Avec la complicité de sa femme Clara, ils avaient convenu de la méthode qu’il emploierait pour mettre fin à ses jours sans alerter les pouvoirs publics. Son décès fut donc maquillé en suicide ce qui contrecarrait toutes éventualités de poursuites judiciaires à l’encontre de son épouse. Mme Houston mère se retrouvait donc abandonnée à son triste sort de veuve éplorée dans un pays qu’elle avait apprécié par le passé mais où elle n’avait plus de raisons de rester désormais. Elle décida donc de se faire rapatrier délibérément, non sans regret, dans sa patrie d’origine la France. Retour aux sources pour une femme éperdument concernée par le départ anticipé de l’homme de sa vie. Clara profiterait donc à temps plein de sa fille Melody et de sa petite fille Marie. D’autres membres de la famille Houston résidaient toujours aux États-Unis dont une belle-sœur à Clara qui élevait un adolescent de quinze ans, au prénom de Peter, le petit cousin de Marie. Il semblerait qu’elle serait tombée enceinte à la quarantaine bien assumée et qu’elle aurait renoncé à un avortement. En réalité, Peter était le premier enfant de Katleen qu’elle avait mis au monde alors qu’elle était encore une adolescente. Afin d’éviter les rumeurs au sujet de cette grossesse, le bébé avait été adopté par une tante apparemment stérile donc sans enfant. En fait, cette tante Whitney avait subi une hystérectomie totale, suite à un cancer de l’utérus. Les seules personnes tenues au secret de cette naissance se résumaient aux parents de Katleen et à Whitney la tante qui prit en charge l’éducation de Peter. Même Katleen, la génitrice n’avait
jamais connu l’existence de son fils. Au moment de son accouchement, on lui fit croire que l’enfant était mort-né. Du haut de la naïveté de ses quinze ans, Katleen déversa toutes les larmes de son corps mais crut fermement les allégations de ses parents et de sa tante. Katleen était morte sans jamais avoir soupçonné ce mensonge tissé autour d’elle la privant de son premier enfant définitivement. Quant à Clara elle supportait douloureusement le poids de ce mensonge auquel elle avait contribué de son plein gré. Malgré les blessures créées suite au choc émotionnel qu’avait subi Marie, la petite fille de Clara Houston, elle poursuivait une scolarité normale dans un établissement scolaire privé de Cannes. Melody l’avait inscrite au conservatoire de musique cannois où la fillette développait un sens artistique incontestable. Marie s’épanouissait au sein d’une famille aimante et d’un petit cousin Dylan d’une tendresse débordante envers elle. Melody prenait régulièrement le temps de lui montrer des photographies de sa maman Katleen et lui parlait de son enfance avec sa sœur ainée avec un discernement de leur vécu sans y apposer d’ambiguïté. Quant à la vie tumultueuse de Katleen il était hors de question qu’elle fut dévoilée à la petite fille. Melody tendait à la préserver de tous les dérapages éventuels de son entourage. Sur la tombe de sa sœur, elle avait juré de conduire sa nièce sur le chemin de la réussite. Elle s’était également engagée de la protéger des rumeurs sur le sujet controversé dénommé Melle Katleen Houston. Certes, dans l’avenir Marie poserait des questions alors elle aviserait des réponses à donner au fur et à mesure de la curiosité de sa nièce. Dès son retour en France, Clara jugea nécessaire d’informer sa fille cadette du secret qui latourmentait depuis toutes ces années. Melody n’était qu’une enfant lorsque sa sœur enfanta de Peter. Elle se souvenait vaguement du climat quasi monacal de cette époque où chaque propos parental était orchestré et esquivé dès lors qu’un enfant surgissait dans la pièce où se tenait la discussion. Aucun débat ouvert n’avait jamais eu lieu sur la soi-disant maladie chronique de Katleen car bien évidemment l’adolescente n’était pas malade mais tout simplement en état de grossesse. Melody insouciante de par son jeune âge, n’avait jamais posé de questions. Elle n’avait jamais connu la véritable cause du mal-être et des malaises physiques de sa sœur. Clara ne pouvait plus taire ce secret qui la tourmentait plus longtemps. Elle culpabilisait du fait que sa fille ainée avait disparue de cette terre, sans même avoir su la vérité sur son accouchement dont le bébé ne lui avait jamais été présenté car déclaré mort-né alors qu’il était en réalité né en parfaite santé. Peter retiré de sa mère conceptrice dès qu’il avait émis ses premiers cris, ne l’avait jamais connue. Katleen ne représentait pour lui qu’une cousine éloignée au même titre que Melody. Alors par un dimanche brumeux de fin d’hiver 2013, Clara rassemblait dans le salon de Melody toute la famille afin de leur dévoiler ce terrible secret. Tous présents et confortablement installés sur les fauteuils et sur le canapé du salon, plongés dans un mutisme cérémonieux, attendaient le discours de Clara. – « Mes très chers enfants. Depuis de nombreuses années, je recèle au fond de mon cœur un secret pathétique concernant Katleen. Je ne sais pas par quelles explications je vais vous le formuler mais je dois apaiser mon cœur du poids de ce secret. Je me sens oppressée à l’idée de vous en parler si tardivement dans vos vies. A postériori, je pense avoir murement réfléchi sur le sujet » – « Si vous ne vous sentez pas prête, nous pouvons remettre cette discussion à une date ultérieure. » répondit Alex loin de se douter du sujet sur lequel voulait s’entretenir Clara. – « Il est hors de question que je fuis encore mes responsabilités et mon devoir de loyauté envers vous tous. Je vais bien parvenir à vous exposer ce secret qui pèse comme un menhir sur ma vie depuis tant d’années. » – « Sommes-nous impliqués dans cette histoire pour laquelle tu sembles t’imputer l’erreur ? » Question ouverte de Melody à sa mère. – « Sans nul doute, vous avez tous joué un rôle dans la vie de Katleen et en parfaite ignorance de votre positionnement familial dans ce secret dont elle est laprincipale protagoniste. Sans jamais avoir été avertis du rôle prépondérant que vous y jouiez, vous le
viviez au quotidien à votre insu et c’est justement cette situation dans laquelle on vous a attribué vos rôles qui me mine le cerveau. Afin que je puisse développer cet épisode douloureux et que je vous relate explicitement les causes de la dissimulation de ce secret, je vous prierai, s’il vous plait, de ne pas m’interrompre dès lors que je commencerai à vous dévoiler toute l’histoire. » Rétorquait Clara soumise à un état de panique démasqué par les signes nerveux de pincement de lèvres et de clignements des yeux. C’est à ce tournant du monologue de Clara qu’intervint, innocemment, la petite Marie. – « Dis mamie tu nous avais bien promis de nous parler de ma maman ! Alors qu’est-ce qu’elle a fait ma maman ? Elle va revenir me voir ? Moi je croyais qu’elle était morte ! » Une lueur d’espoir dans les yeux de Marie reflétait ses pensées. C’est alors que Melody fit grimper Marie sur ses genoux. Elle lui réexpliqua pour la énième fois le départ de sa maman au ciel pour l’éternité vers les anges qui veillent sur elle chaque jour. Puis elle envoya Marie jouer dans sa chambre en compagnie de son cousin Dylan en faisant mine de lui laisser la responsabilité de la surveillance de son petit garçon. Avec la discipline qui la caractérise, la petite fille fut enjouée par cette mission qu’elle aborda avec un déploiement de tendresse inconditionnel envers son cousin. Les enfants écartés du champ visuel de Clara, la grand-mère put débuter son monologue au sujet de Katleen sans la crainte d’éveiller de quelconques sentiments de tristesse chez Marie. Pendant plus d’une heure, Clara s’égosilla en essayant de démêler tous les points obscurs du mensonge concernant la première maternité de Katleen. Personne dans l’assemblée n’osait interpeller la grand-mère quasiment aphone à la fin de son monologue. À peine audible, Clara concluait son discours en s’excusant auprès de sa famille de leur avoir dissimulé si longtemps ce secret de famille. Elle rajouta comme pour se disculper de son silence, que son mari ne voulait en aucun cas divulguer la vérité au sujet de Peter. Puis elle s’adressa en ces termes à sa fille Melody. – « Au moment de la naissance de Peter, ton papa pensait le protéger des rumeurs en agissant de la sorte. Comme sa sœur cadette Whitney était devenue stérile suite à une intervention chirurgicale et qu’elle se lamentait de ne pouvoir obtenir de priorités quant au dossier en vue d’une adoption, alors le choix des nouveaux parents de Peter ne se posa plus. » Peter était parfaitement intégré dans cette famille qu’il croyait fermement être la sienne et pour cause il était éduqué par la sœur de son grand-père dont il ignorait le lien de descendance. Tout naturellement, Peter pensait que son grand-père et sa grand-mère étaient son oncle et sa tante. Il se méprenait donc sur l’identité de sa véritable génitrice. Par voie de conséquence, il ne faisait pas le rapprochement du lien de fraternité existant entre lui et Marie vivant en France. Mais depuis qu’il traversait sa crise identitaire, passage logique et presque obligé de l’adolescent dans le tunnel de la maturité le conduisant vers le monde des adultes ; Peter posait certaines questions de plus en plus problématiques à sa mère d’adoption, Whitney. Que nenni, personne de son entourage ne l’encourageait dans ses investigations de « curiosités inutiles », comme disait son père adoptif afin de faire cesser les discussions dérangeantes. Peter n’étant point d’un naturel belliqueux, il n’insistait pas et il repartait se divertir des occupations distrayantes de ses quinze ans. Clara pourrait désormais aborder ce sujet avec sa famille. Elle se sentait soudainement soulagée par cet aveu qui lui avait gangréné la vie de remords durant des années. Alex, mari attentionné de Melody était bluffé. Quant à Melody, elle restait médusée, les yeux fixés sur sa mère et les lèvres tremblotantes d’émotion. Pendant plusieurs minutes, Melody ne cessait pas de passer ses longs doigts effilés dans son interminable chevelure couleur d’ébène avant de s’affaler dans son fauteuil. Puis, le manège de ses doigts dans sa toison emmêlée prenant fin, elle tentait de réagir aux propos tenus par sa mère. – « Comment avez-vous pu cacher à ma sœur l’existence de son garçon ? Comment avez-vous pu déjouer les questionnements du voisinage ? Comment avez-vous osé nous duper pendant toutes ces années ? Était-ce à ce point si honteux d’être mère à seize ans ? »
Clara tentait d’intervenir mais n’eut pas le temps de finir sa phrase. « Ma chérie, cela s’est passé à une autre époque où il était tabou de mettre au monde un enfant sans être au moins en couple… de surcroit aussi jeune que l’était Katleen. » – « Non, je regrette, vous n’aviez pas le droit de priver ma sœur de son fils. Comme vous n’aviez pas le droit non plus de lui mentir sur son existence. Katleen avait certes une tonne de défauts, mais elle nous a prouvé à tous sa faculté à aimer Marie et à faire des concessions afin que tous nous puissions participer à l’éducation de sa fille. Non et non, décidemment, toi et papa, que paix ait son âme, vous n’aviez pas le droit de diriger toutes ces vies au nom de votre rang social ! » Melody haussait le ton tant le choc de cette nouvelle la heurtait sincèrement dans son cœur de sœur aimante. Puis Alex, resté sans voix, la prit dans ses bras où elle se blottit pour sangloter quelques flots de larmes de soulagement. Enfin, elle connaissait toute la vérité sur sa sœur décédée. C’est alors que Marie, aux bouclettes rousses et aux yeux outremer comme ceux de sa maman, réapparut dans l’embrasure de la porte suivie par son frétillant cousin Dylan. Le doux visage de la petite fille et l’espiègle frimousse de Dylan firent retomber la tension qui régnait dans la pièce. Melody aperçut aux coins des yeux de sa mère une détresse insoutenable. Alors la jeune femme se calma et elle proposa à sa mère une discussion privée dans sa chambre. Les deux femmes s’éloignèrent du brouhaha des enfants pendant une bonne heure. Lorsqu’elles refranchirent le seuil du salon, elles affichaient toutes les deux un visage serein. Clara appela sa petite fille et la prit avec un élan d’amour dans ses bras tandis que Melody déjouait les clowneries de son farceur de petit garçon. Dylan s’exprimait clairement malgré ses trois ans mais ce bout chou intrépide était d’une vivacité gestuelle infatigable. Clara dans un soupçon de nostalgie versa une bruine de larmes quasiment imperceptible aux yeux de tous sauf de Marie qui lui souffla des mots doux discrètement à l’oreille. – « Ne pleure pas mamie, maman ne serait pas heureuse de te voir pleurer ! N’oublie pas qu’elle nous voit dans son ciel ! Je ne voudrai pas que tu lui fasses de la peine en pleurant. Je t’aime mamie » Clara étreignit la fillette dans ses bras et l’embrassa tendrement. Un point de détail restait à déterminer sur lequel Clara et Melody s’opposaient. Melody voulait absolument dévoiler le secret à Peter, dans la méconnaissance de la vérité sur les identités génétiques de ses parents. Tandis que Clara suggérait de contacter Whitney, la mère actuelle de l’adolescent avant d’intervenir auprès du jeune homme. De l’autre côté de l’atlantique, Peter entretenait de bonnes relations avec ses parents adoptifs qu’il croyait être ses vrais parents. Avant de dévoiler la vérité à un adolescent en recherche de sa propre identité, Clara pensait qu’elle devait soumettre l’idée à Whitney dans un courrier. Elle voulait s’assurer de l’approbation de sa belle-sœur avant de prendre une quelconque initiative de divulgation d’un tel secret qui pourrait occasionner un traumatisme psychologique sérieux à Peter. Un voyage de courtoisie aux États-Unis s’imposait pour traiter de l’avenir de ce secret et des conséquences que la révélation de la vérité occasionnerait pour l’évolution de la famille de Whitney Houston. L’épanouissement psychique de Peter en dépendait et des bouleversements psychologiques en découleraient forcément. Clara avait tant et si bien argumenté sa façon d’aborder le sujet auprès de Whitney que Melody approuva le raisonnement de sa mère. Elle acceptait de coopérer à la lettre adressée à sa tante. Quoi qu’il en soit, elles envisageaient un voyage aux States pour les mois à venir. Melody n’était pas retournée dans son pays natal depuis plusieurs années. Elle serait enchantée de revoir ses oncles et ses tantes pour leur présenter son mari et son fils ainsi que la frêle petite Marie. Mais avant de songer à boucler les valises pour s’envoler à Philadelphie où réside une partie de la famille Houston ; il fallait entreprendre l’écriture conjointe de Clara et Melody afin de confectionner la lettre adressée à Whitney. La tâche s’avérait ardue et délicate. Il s’agissait de raisonner la maman adoptive de Peter afin qu’elle consente à dévoiler le secret de la naissance de son fils. Comment allaient-
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