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Compte à rebours

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32 pages

« Gilbert était de mauvais poil ce matin. C’est de ma faute. Je l’ai réveillé en lui apportant son café, comme tous les jours, mais quand je l’ai servi, j’étais distraite et je l’ai sucré deux fois. Il a calmement reposé sa tasse sur la table de nuit, puis il m’a attrapé par la gorge en me traitant de salope, avant d’ajouter que je l’avais fait exprès et qu’il s’occuperait de moi en rentrant du travail. Ensuite il m’a giflée en m’annonçant avec un sourire : dans cinq heures, ce sera ta fête, je vais te faire manger tes dents, vieille pute. »


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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-22718-6

 

© Edilivre, 2016

5 !

Gilbert était de mauvais poil ce matin. C’est de ma faute. Je l’ai réveillé en lui apportant son café, comme tous les jours, mais quand je l’ai servi, j’étais distraite et je l’ai sucré deux fois. Il a calmement reposé sa tasse sur la table de nuit, puis il m’a attrapé par la gorge en me traitant d’idiote et de salope, avant d’ajouter que je l’avais fait exprès et qu’il s’occuperait de moi en rentrant du travail. Ensuite il m’a giflée en m’annonçant avec un sourire : je rentrerais plus tôt, la ville est un désert en ce moment, pas un client, alors dans cinq heures ce sera ta fête, je vais te faire manger tes dents, vieille pute.

J’ai bafouillé des excuses. Je n’aurais pas dû, ça l’énerve encore plus quand je pleurniche en essayant de me justifier. En plus, lui faire ça un jour où il travaille, il a assez de soucis comme ça. Je suis vraiment une conne. C’est ce qu’il a dû penser aussi lorsqu’il m’a dévisagée, avant de crier : 5 !

Ça faisait un moment qu’il ne m’avait pas fait le coup du compte à rebours. Je préfèrerais dérouiller tout de suite, prendre ce que je mérite et pouvoir passer à autre chose. L’attente de la punition est pire que la punition, et pourtant les punitions de Gilbert sont gratinées. Je vais compter les heures et les minutes jusqu’à ce que sa clé tourne dans la serrure, que j’implore une dernière fois sa clémence, qu’il me fasse mettre à genoux devant lui et que le premier coup de poing s’abatte sur moi. Là, sur le cou, sous le menton. Nulle trace, je perdrai seulement le souffle, je tousserai, asphyxiée par le choc, puis le premier coup de pied dans le ventre me fera rouler au sol, et cela continuera jusqu’à ce qu’il se calme, et enfin retrouve la paix… J’ai cinq heures d’attente avant le dénouement de ce drame dont je suis responsable.

Je dois me ressaisir, ne pas y penser, ça ne change rien. Les coups feront aussi mal que je les redoute ou qu’ils me prennent par surprise. Maintenant que Gilbert est parti, il ne me reste qu’une seule chose à faire : passer chez mon fils, Rémi, en espérant que briquer du sol au plafond me fera oublier mon angoisse. Il est parti très tôt pour éviter les embouteillages. Il m’a appelé avant de prendre la route. Il a toujours été attentionné. Peu démonstratif mais très attentionné. Je ne dormais pas, il était à peine cinq heures : j’avais les yeux rivés sur les chiffres verts de la pendule électronique, sur la commode, au pied du lit. Je me suis précipitée sur le téléphone pour que la sonnerie ne dérange pas Gilbert. Il était rentré tard. Quand il s’est glissé dans le lit, je me suis réveillée, mais j’ai fait mine de dormir, pour ne pas l’agacer. Il aurait pu penser que je l’espionnais. Sitôt couché, il s’était mis à ronfler et moi à veiller. Les fenêtres étaient ouvertes, mais il n’y avait pas de courant d’air, et la nuit n’avait pas rafraichi notre chambre.

Rémi va retrouver sa copine sur la Costa Dorada, à Salou, comme chaque été depuis quatre ans. Il nie et dit qu’il n’a personne dans sa vie, mais une mère sait. Une mère sent ! Chaque fois qu’il courate, j’en profite pour nettoyer chez lui. Je fais l’appartement à fond, je lave ses rideaux et tout son linge de maison. S’il lui vient l’idée de rentrer d’Espagne avec sa petite amie, ce sera tout propre. Je repasserai un coup juste avant son retour. D’abord, aérer l’appartement : il ne le fait jamais, et avec cette chaleur… Ça pue. Rémi habite rue Maurice Bouchor, un HLM juste derrière le Pôle Emploi, au premier étage, côté garages et parkings. Impossible de laisser les fenêtres ouvertes quand on s’absente : il y a trop de vols dans le quartier. Le camp de romanichels n’est...