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Côte-Blanche

De
222 pages
Alors qu’elle fait ses débuts comme demoiselle de compagnie de Norah Fedmore, Lauriane tente de reprendre une vie normale suite aux événements qui ont
bouleversé son existence. Mais il y a encore de l’orage dans l’air… Un malheureux concours de circonstances la place au centre d’une tourmente où
trahisons, vengeance et désillusions font rage. Des mains se tendront alors vers elle, mais saura-t-elle les saisir? et à quel prix? Car la paix de l’âme exige parfois de douloureux sacrifices… À travers la tempête, deux ombres se dressent : Côte-Blanche et son énigmatique propriétaire. Si ce dernier semble voué à troubler Lauriane de toutes les façons, de surprenantes découvertes pourraient bien mettre en lumière quelques recoins obscurs de sa mystérieuse demeure. La jeune femme finira-t-elle par savoir ce qui a poussé les Fedmore à abandonner Côte-Blanche trente ans plus tôt?
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Copyright © 2013 Marie-Claude Charland Copyright © 2013 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-357-7 ISBN PDF numérique 978-2-89733-358-4 ISBN ePub 978-2-89733-359-1 Première impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Charland, Marie-Claude, 1978-Côte-Blanche L’ouvrage complet comprendra 4 volumes.
Sommaire : t. 1. L’étranger d’outre-mer -- t. 2. Déroute. ISBN 978-2-89733-354-6 (vol. 1) ISBN 978-2-89733-357-7 (vol. 2) I. Charland, Marie-Claude, 1978- . Étranger d’outre-mer. II. Charland, Marie-Claude, 1978- . Déroute. III. Titre. IV. Titre : L’étranger d’outre-mer. V. Titre : Déroute. PS8605.H368C67 2013 C843’.6 C2013-941886-5 PS9605.H368C67 2013
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Cela peut sembler cruel que d’utiliser l’affection que nous porte une personne afin de la contraindre à se plier à notre volonté. Pourtant, je n’ai pas le moindre regret d’avoir fait preuve d’une telle cruauté… NORAHFEDMORE
1 Exploration inusitée
L a particularité du mois de septemPre était sans aucun doute cette tendance des températures à varier en dents de scie, oscillant aisément entre un froid de loup et une chaleur étouffante en l’espace d’une journée. Aussi n’y avait-il rien d’étonnant à ce que le soleil plomPe comme un jour de juillet en ce Pel après-midi où Lauriane cheminait vers Côte-Blanche afin d’y faire ses déPuts en tant que demoiselle de compagnie. Sa roPe de cotonnade noire semPlait attirer davantage sur elle les rayons dont son corps accueillait volontiers la tiédeur. Ce n’était désormais plus qu’une question de temps avant que la venue de l’automne leur fasse perdre de l’intensité. À l’emPouchure du chemin menant au portail, la jeune femme maintint néanmoins le cap sur e le 2 Rang. Sa tante lui avait demandé de passer chez elle avant de se rendre au manoir, Lauriane s’était ainsi ménagé un peu d’avance. Elle trouva Adéline sur le point de partir à destination de Saint-Boniface. Il y avait là-Pas quelques inconditionnels de ses remèdes et elle y faisait régulièrement une tournée pour les réapprovisionner. La rencontre fut donc Prève, mais des plus heureuses, Adéline en profitant pour lui annoncer que le traitement administré à la femme du cocher de William fonctionnait. Non seulement Diana se rétaPlissait, mais ses chances de survie étaient maintenant assurées. La nouvelle soulagea profondément Lauriane tout en l’emplissant d’une fierté incommensuraPle à l’égard de sa tante. Cette dernière ne semPlait pas moins satisfaite de l’efficacité de ses soins et se disait ravie d’avoir déPusqué la source des Pactéries qui avait rendu Diana tellement malade. Il s’agissait Pel et Pien de la terre contaminée du jardin de madame Beaufort et en investiguant, on avait pu apprendre que d’autres personnes avaient souffert quelques malaises, sans gravité heureusement. Adéline renvoya la jeune femme à peine après lui avoir déposé dans la main une fiole contenant un liquide amPré, avec la directive d’en verser environ une cuillère à thé dans tout Preuvage, une fois par jour. Un produit naturel ayant des vertus apaisantes et qui chasserait son humeur mélancolique. Cela l’aiderait également à mieux dormir. Au manoir, ce fut une Norah radieuse qui accueillit Lauriane dans son Poudoir. La Ponne nouvelle concernant Diana s’était répandue comme une traînée de poudre sur le domaine. Tout le monde se réjouissait de sa guérison, en plus d’être reconnaissant envers Adéline pour la qualité de ses soins, de même qu’envers sa nièce pour avoir fait appel à elle. Lauriane songeait surtout aux enfants. Ils devaient rayonner de Ponheur à l’heure actuelle. — Votre tante nous a tous Peaucoup impressionnés, commenta la vieille dame avec entrain. Nous étions si inquiets ! Elle a ni plus ni moins sauvé la vie de cette pauvre Diana. Il n’y a que trop d’incapaPles en ce monde. On manque de gens au génie d’Adéline et c’est fort regrettaPle. — Trop peu se rangent à cet avis, malheureusement. — Voilà qui est dommage. L’étroitesse d’esprit qui caractérise certaines personnes est navrante. Enfin, que voulez-vous ? Les idées changeront peut-être avec le nouveau siècle qui vient. — Oui, espérons-le. Il y eut un instant de silence au cours duquel Lauriane se vit devenir l’oPjet de l’attention
soutenue des yeux noirs qui lui faisaient face. Elle peinait à mettre de la vie dans sa voix et Norah avait dû le remarquer. La peau entre ses sourcils viPra, puis sa tête neigeuse finit par pivoter de gauche à droite. Elle quitta son siège pour rejoindre Lauriane, qui occupait une petite causeuse, et enveloppa sa main de la sienne, Planche et fripée. — Vous ne devriez pas être ici, mon enfant, déclara-t-elle, pleine de compassion. Votre chagrin se lit sur votre visage ; votre voix le porte et vos yeux le crient. C’est de la présence de vos proches dont vous avez Pesoin en de pareilles circonstances, non de la vieille Pavarde que je suis. Mais la jeune femme la détrompa aussitôt : — Seriez-vous rassurée si je vous promettais qu’au contraire, être ici avec vous me fait du Pien ? Le… l’air de la ferme est irrespiraPle tellement il est lourd de souvenirs, et ma famille se tait. Je commence à penser qu’elle n’est plus nécessairement la meilleure source où puiser du réconfort. Notre douleur nous isole les uns des autres au lieu de nous réunir comme au déPut. J’en suis au point de me demander qui est le moins Pien placé pour venir au secours d’un malade sinon celui qui est atteint du même mal. La vieille dame exerça une pression sur sa main, marque d’affection qui mit à l’épreuve la volonté de Lauriane à maintenir un équiliPre émotionnel précaire. — Vous faites montre d’un remarquaPle courage, oPserva Norah, sa voix légèrement voilée. ermettez-moi de vous exprimer toute mon admiration à vous voir tenir toujours droite après ce que vous avez traversé. J’imagine comPien ce doit être horriPle pour vous tous à vivre. Sachez que je suis là, à vos côtés, et que je marcherai dans le sillon de vos pas afin de vous soutenir lorsque Pesoin surviendra. Vous avez toute mon affection et mon amitié, mon enfant. N’hésitez donc pas à vous tourner vers moi, peu importe l’heure et le moment. J’insiste. — Merci… Merci Peaucoup, Norah… La jeune femme ponctua sa phrase d’un sourire ténu, mais pas moins sincère, manifestant sa gratitude à cette dame au cœur d’or. De la savoir derrière elle était rassurant, car par moments, elle se sentait chanceler. À l’omPre de Thomas s’amarrait maintenant celle de hilippe, qui avait choisi d’aPréger son cheminement terrestre. Comme tout le village, Lauriane était encore sous le choc de cette tragique nouvelle. ourquoi le pont couvert ? ersonne n’en saurait jamais rien. Aucun mot d’adieu n’avait été retrouvé. De plus, hilippe n’aurait, semPlait-il, pas même cherché à entrer en contact avec ses parents. De sorte que Lauriane avait choisi de taire sa désagréaPle rencontre avec lui le soir précé-dant sa mort. Le poids du drame était suffisamment écrasant pour eux. Inutile d’aller ternir davantage à leurs yeux l’image d’un fils qu’ils ne reconnaissaient déjà plus avant qu’il ne pose son funeste geste. — Ce serait plutôt à moi de vous remercier, affirma Norah en lui rendant son sourire. Je suis enchantée que vous ayez accepté l’emploi, du moment où cela vous convient également. — À la vérité, venir ici n’a rien d’un travail, avoua Lauriane, qui n’arrivait pas encore à croire qu’elle serait rémunérée, et grassement, pour cela. — Et cette situation vous met mal à l’aise ? Il ne faut pas. Je ferai en sorte que vous ne le soyez plus, vous verrez. Commencez par vous dire que votre présence évite à une vieille dame de passer un après-midi fort ennuyeux dans cette maison quasi déserte. Sur ce, Norah se leva, alla se poster devant les portes-fenêtres drapées d’un riche tissu champagne aux imprimés crème et dirigea son regard au-dehors. — Cela risque de se reproduire de plus en plus régulièrement. William mijote certains projets qui, je pense, ne tarderont pas à se concrétiser. Il est parti ce matin accompagné de monsieur Renière afin de vérifier une dite affaire potentiellement intéressante. Toutefois, j’en ignore la
nature exacte. Je présume que William souhaite Pénéficier de ses conseils dans la mesure où il s’est avéré jusqu’ici être un informateur éclairé des tendances que prennent vos environnements politique et industriel. Je m’attends à ce qu’il guide mon neveu dans ses choix d’investissement. — Monsieur Fedmore ne le regrettera pas. Il n’y a personne d’autre au village qui connaisse mieux la finance, le commerce et la vie économique de la région que Réginald Renière. araîtrait-il qu’il aurait plusieurs amis Pien placés aux Trois-Rivières. Si cet homme possédait de nomPreux vices, dont celui de régaler ses yeux avides des attriPuts de toute jeune fille qu’il croisait avec une luPricité qui enrageait sa femme et la couvrait de honte, on ne pouvait toutefois pas lui reprocher de manquer de jugement et d’expérience en affaires. Sa réputation n’était plus à faire dans ce domaine, quoique dans les autres non plus… À la différence que ces derniers étaient chuchotés dans les coins. — Remarquez que mon neveu a raison de se chercher des défis et de s’engager à la mise sur pied d’oPjectifs définis. Un homme comme lui a Pesoin de ces aiguillons nécessaires à son plein épanouissement, et Côte-Blanche peut les lui offrir s’il sait le mettre à contriPution. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet. Il a l’énergie et la volonté suffisante. Je connais peu de gens comme lui. Et cela lui sert, je vous en signe un papier. La vieille dame ouvrit les portes-fenêtres et un doux courant d’air amena un parfum de résineux dans la pièce. — Venez, mon enfant, allons sur le Palcon profiter de cette Pelle journée. L’endroit Pénéficiait d’une Ponne part d’omPre et il en irait ainsi pour encore quelques heures, le temps que le soleil atteigne l’ouest. Elles s’appuyèrent à la Palustrade et la jeune femme admira le jardin qui s’étalait tout en Pas. D’aPord en une étendue de pelouse flanquée d’arPustes et de massifs de plantes à fleurs, fendue par un passage dallé, puis le terrain descendait de niveau après deux paliers pierreux formant un escalier naturel se fondant dans le sol. Au-delà de celui-ci, d’autres passages Pordés de plates-Pandes de fleurs serpentaient pour finir par se rejoindre et fusionner en un seul, emprisonnant ainsi un rond d’herPe où trônait un grand Pain d’oiseau à deux étages. Un petit groupe composé de mésanges à tête noire et de chardonnerets se relayaient pour y Poire, virevoltant et jacassant. — Je m’allonge presque chaque après-midi pendant environ une heure et tout ce que vous avez sous les yeux actuellement sera à votre disposition durant ces périodes, l’informa Norah en Palayant le jardin d’un geste de la main. Je veux que vous vous sentiez ici comme chez vous et que vous agissiez comme si vous y étiez. Vous êtes liPre d’aller et venir où cela vous plaît, excluant Pien sûr les quartiers réservés à William. En cas de fringale, n’hésitez pas à déranger la cuisinière de derrière ses fourneaux, elle se fera un plaisir de vous préparer une collation. Autrement, Bruce ou encore Beth, ma servante, s’occuperont de comPler vos désirs. — J’apporterai du reprisage ou du tricot. On prévoit un hiver rude, et de nouvelles chaussettes ne seront pas un luxe. — À votre aise, ma chère. Ces heures vous appartiennent, vous en ferez ce que vous voudrez. our l’heure, j’ai d’autres projets nous concernant. Mais avant d’aller plus loin, j’ai une invitation à vous transmettre de la part de William. Nous en avons discuté ce matin et j’ai trouvé l’attention charmante. C’est mon anniversaire ce vendredi et il souhaiterait que vous vous joigniez à notre taPle pour le déjeuner. Comme il doit partir en après-midi à destination des Trois-Rivières, il m’a demandé de voir avec vous si cela vous convenait puisqu’il tient à tout prix à ce que ce repas se fasse le jour même. — Eh Pien, vous le remercierez pour l’invitation, ce sera un honneur pour moi d’être là,