Coup bas

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Je l'ai tout de suite senti parce que le sol a été ébranlé, le sable a frémi, mes ennemis m'ont cerné de plus près et ils ont jeté sur moi des regards de feu parce que leur colère s'était enflammée. On aurait dit des lions avides de déchirer. Et au bizarre déclic qui m'est parvenu, j'ai su que les paris étaient ouverts pour savoir lequel des otages condamnés passeraient le premier l'arme à gauche.
Publié le : jeudi 26 décembre 2013
Lecture(s) : 22
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342017472
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342017472
Nombre de pages : 276
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Harry Williams Green
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Mon Petit Éditeur
 
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IDDN.FR.010.0119210.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
 
Par le sacrifice de Jésus à la croix, je ne suis plus sous la malédiction, mais jen suis sorti pour entrer dans la bénédiction dAbraham, que Dieu bénit en toutes choses.
Jeudi 6 août 2008  21 heures
 
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Je mappelle Jack, Jack Holland. Je suis détective privé. Lhistoire que je vais vous raconter a démarré ici même dans ce bureau. Cétait un soir comme un autre, il y a environ une semaine.
Mercredi 30 juillet 2008  22 heures
Quelques secondes avant la sonnerie du téléphone, je venais décraser ma cigarette au fond du cendrier.  Jack, avais-je dit en décrochant.  Jack, cest moi. Je peux monter ?  Si tu veux. Elle avait raccroché après mavoir indiqué quelle était en bas de mon immeuble et quelle ne portait pas de petite culotte sous sa jupe. Tandis que je reposais le combiné, jai fermé les yeux, savourant à lavance la soirée que jallais passer en compagnie de cette sublime noire que javais levé au Mambo club vendredi dernier. Javais picolé ferme : bourbons, bières, gin-fizz, la totale, quoi. Mais je me souve-nais encore très bien de ce soir-là. Je sentais encore lodeur de son corps parfumé au lait de coco. Je revoyais encore la robe quelle por-tait. Une robe en fourreau lamé, fendue jusquen haut des cuisses. Mais surtout, je me rappelais encore son déhanchement lascif sur le sex machine endiablé de James Brown. Ça me donnait des frissons rien que dy penser. Vers deux heures du matin, elle mavait conduit chez elle dans sa Chevrolet décapotable. La suite de la soirée fut mé-morable. Elle sétait révélée une vraie panthère au lit, poussant des
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rugissements à chaque étreinte. Des filles, jen avais connu. Mais elle était de loin la meilleure.
Jai attendu quelle sonne à la porte. Un coup, deux coups. Je me suis levé, la peau hérissée, du sang battant très fort dans les veines, tel un volcan en éruption, une bite ambulante qui shabituait déjà à la cadence lente dune jument noire que javais surnommée la féline.
Jeudi 31 juillet 2008
Le lendemain, cest un rayon de soleil filtrant à travers la pièce qui a forcé mes paupières. Je me suis redressé, puis jai attendu, assis sur mon pieu. La féline, elle dormait encore, la tête enfoncée dans loreiller. On aurait dit une lionne endormie. Ouais, une lionne noire. Même arrogance, même fierté, même ligne constituée de membres musclés. Chacune de ses expirations créait un soulèvement de sa poi-trine, telle un geyser crachant ses poumons depuis des profondeurs infernales. Putain, quelle fauve ! Ça va chier quand elle sera réveillée. Une demi-heure plus tard. Jen pouvais plus dattendre comme ça ! Allez, je me chauffe un peu. Je lui mets une main dans lentrejambe. Cest humide, poisseux. Mon doigt entame une légère pression sur son clitoris. Elle ronronne, remue, puis ouvre les yeux, des yeux gris acier encore collés par nos ébats de la nuit. Puis pendant un temps, elle reste sans bouger. Moi, jinsiste, je lui frotte la minette, histoire de bien lui faire sentir que joccupe le terrain. Là, elle sétire, puis elle prononce ces mots, comme un feulement venu tout droit de sa gorge.  Jvais partir.  Écuré, je réponds.  Ouais.  Jack ?  Quoi ?  Cétait génial.  Hum, hum.  On remet ça ce soir.  Mmmmm.  Bon, ben, ciao.
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 Ciao. Une fois partie, je me suis levé en attrapant les premiers vêtements qui me sont tombé sous la main ; une paire de jeans et un T-shirt. Dans le placard de la cuisine, jai déniché un Jack Daniels et me suis versé un verre. Dhabitude je ne fais jamais ça, jamais avant le café. Ce matin, jen avais besoin. Il fallait disloquer le bloc de béton que je baladais entre mes cuisses. Et puis merde, ça changeait de lordinaire !
Comme tous les jours, jai profité de ma matinée pour faire du rangement dans mon bureau et mettre à jour mes papiers et mon calepin. Jai réglé les notes de lélectricité et du téléphone, préparé mes honoraires puis jai appelé Scottie pour lui dire quil était une tête de con. Cétait pas vrai, cétait juste histoire de le faire rager. Vers midi et quart, je commençais à avoir les crocs. Jai mis le ré-pondeur en marche, raflé mes lunettes de soleil, les clés de la maison puis jai filé à pied dans un petit resto antillais situé dans Clematis St. Jai dégusté dans lordre un planteur, un excellent colombo de poulet, une Karib et un café. À treize heures trente, jai réglé laddition puis jai vidé les lieux sous le regard compatissant de Lulu, le patron, un gars carré comme un camion de dix-huit tonnes. En chemin, jai pos-té mon courrier puis je suis rentré chez moi sous un cagnard qui avoisinait les trente-deux degrés à lombre.
Dix-huit heures trente. Le temps file à une vitesse ! Un coup sourd, puis un coup sec contre la porte. Je nattendais aucune visite. Jai écrasé le mégot dans le cendrier et il ne ma fallu que quelques secondes pour massurer que mon.38 était bien posé dans le tiroir, machinalement, comme je fais à chaque fois que lon frappe à ma porte. Je me suis calé dans mon fauteuil et jai prié dentrer. La porte sest ouverte en grand et jai observé attentivement lhomme aux traits épuisés qui me faisait face depuis lencadrement. Race blanche, un mètre quatre-vingt environ, approchant de la qua-rantaine, cheveux blonds, un brin trop long et clairsemé sur le dessus et des yeux bleus délavés.
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Pendant un moment, il est resté planté là à me reluquer, les yeux hagards. Moi, je me suis contenté dattendre en me demandant com-bien de temps ça allait encore durer avant quil nouvre la bouche. Lorsquil a repris ses esprits, il sest dirigé vers mon bureau, a lais-sé tomber son corps fatigué sur la chaise et sest adressé à moi. « Monsieur Holland ? »  Jack, Jack Holland. Que puis-je faire pour vous ? Il sest présenté sous le nom de Sam Garlow et ma dit que sa femme avait disparu. Bordel de cul ! Encore une histoire de gonzesses. Men serais dou-té. La nana se barre, le mec perd les pédales et remue ciel et terre pour la retrouver. Quest-ce que je me marre ! Mais quest-ce que je me marre !
Sam Garlow attendait une réponse, toujours les yeux rivés sur moi. Faire court, autant que possible.  Attendez un peu, elle va revenir. Pour être court, cétait court. Mais ça ne lui convenait pas. Il a attendu encore. Je lui ai demandé donc : « Quand a-t-elle disparue ? » Il a croisé ses mains tremblantes sur ses genoux et a tiqué des lè-vres. « La dernière fois que je lai vue, cela remonte à cinq ans. Cétait le jour de notre premier anniversaire de mariage. » Ce bouffon ne me faisait pas marrer du tout.  Avez-vous prévenu la police ? Pas brillant, je sais, mais quest-ce que vous vouliez répondre à ça ? Sa mâchoire sest mise à trembloter. Lorsque jai rencontré Verna en 2003 à New York, je venais de fêter mes trente-quatre ans. (Il sarrête, se racle la gorge pour adoucir sa voix, mais on sent bien quil a du mal). Elle navait pas encore at-teint ses vingt-deux ans. Je me souviens de cette première rencontre comme si cétait hier, Mr Holland. Cétait lors dune soirée chez un ami. Parmi les invités qui se trouvaient à ma table, je fus assez surpris
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