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Dans les yeux d'Ophélie

De
318 pages
« Et la blanche Ophélie flotte comme un grand lys ». Habité par le vers de Rimbaud, Guillaume, jardinier paysagiste à Marseille, apprend en lisant le journal que le corps d’une jeune femme a été découvert dans le lac du Parc Borély. Il est persuadé d’avoir aperçu Ophélie-Camille flottant sur le lac. Hanté par cette vision, il veut résoudre l’énigme de ce meurtre, décision qui va changer sa vie. Avec Les yeux d'Ophélie, son premier roman, Guy Lhomme, dans la tradition du polar marseillais, réussit à captiver le lecteur jusqu’à la dernière page.
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Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit. Toute reproduction est strictement interdite. © Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010ISBN : 978-2-304-03572-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304035728 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03573-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304035735 (livre numérique)
6
Dans les yeux d’Ophélie
PREMIERE PARTIE
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JE SUIS JARDINIER PAYSAGISTE.
J'ouvre la fenêtre. Il fait presque beau, juste quelques touffes de brumes blanches gorgées d'amertume parce qu'un anticyclone les empêche d'aller gêner les gens du nord. C'est ainsi, j'ai l'habitude, mais ils sont tellement malingres et désabusés, ces clones de nuages, qu'ils ont oubliés de prendre des formes incongrues, comme dans mon enfance. Mais j'en fais mon affaire, je suis devenu grand et perplexe. Une accumulation de gouttes d'eau peut-elle prendre la forme d'un navire ou d'un ogre? Je ne suis plus certain de rien. Je suis jardinier paysagiste, dans la plus grande ville du sud de la France.
Ce matin, juste avant d'aller chercher mon tram, j'ai rencontré Daniel, un mec gentil à qui j'ai dit qu'il allait faire beau aujourd'hui et qui m'a expliqué judicieusement qu'il fallait mettre tous les arabes à la mer et à qui j'ai renoncé d'expliquer que nous étions tous les arabes de
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quelqu'un. Mais bon, il a une excuse aggravante, son père est pied-noir, qu'il s'est retrouvé un jour dans le port de Marseille, après avoir été ouvrier dans un pays qui ne lui appartenait pas, avec l'identité nationale et le droit de faire la prière catholique. Après avoir affectueusement serré la main de Daniel, à qui je souhaite mentalement de ne pas faire de mauvaises rencontres, je vais chercher mon tram, à pied. C'est mon activité sportive de la journée, trente minutes le matin, trente cinq minutes le soir, parce que je suis un peu plus fatigué. Bon, jardinier-paysagiste, c'est pour la frime, c'est comme technicien de surface, car la plus part du temps je fais un tango avec mon balai, rendant aux aspirateurs les feuilles mortes en fin de cycle automnal. Mais j'aime bien cette rue mouvante des petits matins. C'est à ces moments là qu'elle se porte le mieux, pleine d'odeurs éphémères, pas encore boucanée par les pots d'échappements et les fritures de tous genres. Mes copains de travail sont multicolores, multilingues, ils drainent des accents plus qu'il ne compte de pays dans ce monde. Et c'est la fraternité roublarde et bon enfant, on balaye un pan de boulevard puis on va se boire un café au bar national, haut-lieu de rassemblement, et on discute, on discute de
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