Déraison d'État

De
Publié par

Homme de gauche au service d'un gouvernement de droite, Paul est un haut fonctionnaire atypique, très apprécié au sommet de l'État. Pourtant, depuis peu, il s'ennuie. Les promotions, l'admiration des proches, l'argent ne lui suffisent plus. Écœuré par la vacuité du pouvoir, rattrapé par un vertigineux sentiment d'inutilité, il veut vibrer à nouveau. Quand sa fille se fait sermonner par un inconnu au jardin d'enfants, Paul laisse exploser sa colère. Aussi surpris que fasciné par la sensation de puissance et de renaissance que lui procure cette altercation, il se prend à tester les limites de son impunité. Peut-il vraiment tout se permettre? Jusqu'où aller sans être inquiété? La violence, l'acte gratuit, le meurtre? Fabrice Tassel dresse le portrait glaçant d'un homme dont l'ascension professionnelle s'accompagne d'une descente aux enfers, et sonde les mécanismes d'un monde politique qui dévore peu à peu ceux qui le servent.
Publié le : mardi 15 mai 2012
Lecture(s) : 45
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782207113141
Nombre de pages : 214
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Déraîson d’État
Fabrîce Tasse
Déraîson d’État roman
Ouvrage pubîé sous a dîrectîon de Dephîne Mozîn
© ÉdItIons Denoël, 2012
À Aude, à nos illes En souvenIr du kIlomètre 389 de la A71
1
Je m’aonge auprès d’Angèe, sans dormîr. Je suîs encore tendu, et j’aî ma aux maîns et au pîed droît. Sans doute à cause du parc. J’avaîs réussî à esquîver une réunîon ennuyeuse sur a poîtîque agrîcoe pour aer chercher es enants à ’écoe. ï y a queques jours, j’aî u dans un magazîne qu’un che d’entreprîse en vogue revendîquaît e droît de partîr très oîn chaque oîs qu’arrîvent es vacances scoaîres. ï a raîson. Je vaîs tâcher de aîre pareî. En atten-dant, aujourd’huî, après a sortîe de ’écoe, c’étaît e parc. Hurements d’enants, atmosphère éectrîque. Septembre, î aît encore chaud. Je me suîs înstaé sur un banc avec un journa. Au bout de queques mînutes, j’aî entendu Justîne peurer. Face à ee, un type, petît et brun, uî serraît e bras en crîant : «Tu recommences jamaîs ça, comprîs ? Jamaîs ! » Je me suîs approché. Je n’avaîs encore rîen dît qu’î beugaît déjà : « Votre gamîne a baancé du sabe sur a mîenne, c’est însensé, tenez-a un peu ! » Je uî aî demandé camement s’î n’exagéraît pas. « Vous paîsantez ou quoî, regardez es yeux de ma ie. » J’aî un peu sermonné Justîne, me suîs excusé
9
auprès de ’autre iette, quî ne sembaît pas traumatîsée magré ses yeux rougîs. Je m’éoîgnaîs avec Justîne orsque j’aî entendu : « Connard, pas capabe de s’expîquer…» Une poîgnée de secondes brouîonnes. Un méange de vague rélexîon morae, de crîs d’enants, une zone de sîence dans une autre partîe de mon cerveau, une sensa-tîon de saturatîon physîque, ’envîe de courîr ou de nager, et a certîtude brutae que à, parer ne suIsaît pus. ï ne aaît pus réléchîr. Je me suîs retourné, j’aî avancé de deux ongues ouées, très vîte, es neurones suspendus, et mon bras s’est dépîé. J’aî été étonné de ma vîtesse et de ma orce. J’aî sentî ’os de son nez craquer, sans doute à cause de mes bagues. J’en porte cînq. J’aî recommencé, au coîn du menton et de a bouche, cea m’a aît moîns ma, à uî encore pus. Je ne m’étaîs pas battu depuîs vîngt-cînq ans ; et encore, j’avaîs perdu. ï est partî en arrîère, a ourdement chuté dans e sabe, a tête tapant e so. C’est surtout à ce moment-à que je me suîs surprîs. Les spectateurs, des parents que je connaîs depuîs ongtemps, étaîent tétanîsés. J’aî baancé une sérîe de coups de pîed très précîs tout e ong de ses côtes et dans son ventre lasque, et deux dans son vîsage. L’homme s’est mîs à gémîr en se rouant en boue. Puîs deux autres pères m’ont agrîppé et enin îmmobîîsé. Je n’aî pas résîsté. J’aî regardé Justîne, quî me sourîaît maîs pas comme à un héros ; je connaîs ses regards mîeux que es mîens. Cea m’a gacé e sang. Je suîs partî en a tenant par a maîn, avec cee de Féîx, quî avaît contînué son oot et n’avaît rîen vu, dans ’autre. « Pardon, mon cœur, sî cea t’a aît peur, e
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Le Populisme climatique

de editions-denoel

Le Premier Venu

de editions-denoel

suivant