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Destins brisés, la dernière chance

De
267 pages
Phœnix.
Californie.
Il y a ceux qui ont fait le choix de renoncer à leur liberté. Des adolescents condamnés pour meurtres, devant vivre avec le poids de leurs actes dans l’enfer des prisons. Et il y a ceux qui ont fait le choix de les aider.
Terry Kerbraz, pédopsychiatre, intervient dans ces lieux peuplés de grands criminels pour leur venir en aide et tenter de faire renaître l’enfant qui sommeille en eux. Parmi ce chaos, subsiste l’espoir que ces délinquants prennent le chemin de la rédemption.
Mais il y a surtout ceux à l’enfance brisée, qui ont peur de se souvenir du passé. Cauchemars. Mensonges. Pensées inavouables.
Christopher, dix-huit ans, jeune homme perturbé, s’interroge sur son identité. Ses nuits sont hantées par des images terrifiantes. Et si c’était lui, l’auteur de ces crimes atroces ? Et s’il était en train d’assister, impuissant, à la naissance d’un psychopathe ?
Tout converge vers une enfance trouble dont il n’a aucun souvenir. Mais à vouloir remuer le passé, ne risque-t-il pas de déterrer un terrible secret enfoui depuis douze ans ?
Est-il prêt à connaître la vérité ?

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-The Hunter, Éditions Les 2 Encres, 2012 -Irradié, Éditions l’Atelier Mosésu, 2014
Née en 1975 à Orléans, Christelle Mercier a travaillé en tant que correspondante de presse pour un journal local. Depuis l’adolescence, elle se passionne pour la psychologie des tueurs en série, la médecine légale et la police scientifique. Ces éléments sont une source d’inspiration dans l’écriture de ses polars, offrant ainsi aux lecteurs des récits percutants et précis, inscrits dans une réalité dérangeante.
Retrouvez l’actualité de Christelle Mercier : http://lesromansdechris.blog4ever.com
Ce roman est une fiction. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé ou existant serait purement fortuite.
© Christelle MERCIER ©Philippe SETBON (illustration de couverture) ISBN: 979-10-92100-44-0
Tous droits réservés Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À mes proches, pour avoir supporté mes moments d’absence, de rêverie à toute heure. À mes enfants, chaque jour fiers de leur maman, que j’aime sans limites.
Pour toi, ma vie, mon tout.
L’auteur deDestins brisés, la dernière chanceest française. Je le précise d’emblée, car cela ne saute pas immédiatement aux yeux à la lecture de son roman. Pourquoi ? Parce que l’action se déroule entièrement aux USA d’abord, mais pas seulement. Avec son style sec, pragmatique, dépourvu de sentimentalisme – mais pas de sentiments ! – Christelle Mercier emprunte des sentiers jadis explorés par Truman Capote dans son romanDe sang-froid. Pas une mince référence, c’est vrai, mais c’est la première qui me soit venue à l’esprit en m’immergeant dans ce monde barbare peuplé d’enfants abîmés, détruits par leurs familles monstrueuses, par la prison ou par leurs propres souvenirs. Nous sommes loin du rêve américain, très loin ! On nage plutôt en plein cauchemar. La romancière est journaliste et cela se ressent dans cette détermination à cheviller son récit dans le réel, dans une Amérique qui ne doit rien aux chimères hollywoodiennes ou aux archétypes du polar. DansDestins brisés, la dernière chance, pas de folklore, pas de héros ou de croque-mitaine charismatique, mais une vision claire et lucide du Mal tel qu’il est « pour de vrai ». Pour évoquer Nietzsche, il est des abîmes qu’on n’a pas envie de regarder trop longtemps. Mais heureusement, ce roman est aussi et avant tout une fiction. Avec une intrigue structurée, du suspense, des coups de théâtre et même unelove story. Pourquoi se priver des bonnes choses ?
, vous poussez la porte de la cave. Vous descendez dans le noir à tâtons. Le bois craque sous les semelles, l’odeur est pestilentielle. Dans la pénombre, tout au fond, on perçoit des gémissements. Déchirants… Vous vous approchez prudemment, le cœur battant, vous avez peur de ce qui est tapi là-bas, dans le noir… Et vous avez bien raison d’avoir peur ! Bonne lecture…
Philippe Setbon Octobre 2013
Il y a des destins improbables tout comme les rencontres. Il vous est sûrement arrivé de bousculer une personne dans la rue, dans le métro, n’importe où. Vous vous excusez et la seconde suivante, vous avez déjà oublié cette personne. Seriez-vous capable de la décrire ? Son physique ? Son allure ? Peu importe. Ce qui compte est le fait qu’au cours de votre existence, vous avez croisé cette personne à cet instant précis, sans rien connaître de sa vie. Appelez cela du hasard, une coïncidence... Rappelez-vous seulement que les événements qui vont suivre ne sont que des enchaînements de destins et rencontres improbables. Tout ne tient parfois qu’à cette fameuse seconde.
 croise le chemin du Mal, il laisse derrière lui la douleur. Parmi ce chaos d’émotions subsistent l’amour des êtres humains, l’amour de soi, l’espoir que l’être humain se forge une âme pure. Celle dont certaines personnes sont dépourvues. Ces âmes qui sèment le trouble, le chagrin, la mort. Ces âmes du Mal, c’est eux.
Précédemment...
, Affaire Rachel Pepper 12 janvier 2010, 6 h
Born To Be Wild Steppenwvlf
 de sa Vieille Buick Skylark bleu azur de 1968, un mvteur 8 rugissant, Sheldvn Hays cvnduisait sur la rvute GalVin Pkwy qu’il empruntait chaque matin pvur se rendre à la petite stativn essence qu’il tenait depuis trente-cinq ans. Unique pvint d’arrêt qui desserVait les champs de cvtvn et d’agrumes en svrtie de la Ville. Il y a trente ans, il remplissait les cuVes de la stativn deux fvis par jvur, aujvurd’hui, le raVitaillement était réduit à une fvis par semaine. Plusieurs grvupes immvbiliers étaient prêts à lui racheter svn terrain, parfvis en exerçant une pressivn financière, mais Sheldvn, vbtus, ne s’était jamais laissé svudvyer par les dvllars. Il ne rvulait pas sur l’vr, mais il tenait à garder cet héritage familial. La Vitre vuVerte, la brise fraîche matinale le reVigvra et caressa sa peau brunie par le svleil, Vieillie et ridée par cinquante-deux ans de Vie au grand air. Il pvrtait des bvttes de cvw-bvy en crvcvdile, était bien bâti, aVec de larges épaules, des bras de dvcker et un nez épais. Sheldvn impressivnnait au premier abvrd aVec ses cheVeux clairsemés, un mentvn prvéminent qui accentuait ses lèVres pleines, un regard bleu d’une extrême ViVacité. «Born to be wild», chansvn mythique d’Easy Rider, résvnnait dans les enceintes, le Vvlume tvurné au maximum. Il l’accvmpagnait de ses dvigts rugueux en battant la mesure sur le Vvlant de cuir usé, au rythme d’un svlv de guitare. SvuVenir d’une épvque vù il aVait fait la cvnnaissance de sa femme lvrs d’un cvncert en plein air. Les années 60, générativn hippie qu’aVait cvnnue svn père et dans laquelle il était né. Il filait le parfait amvur aVec Penny depuis Vingt ans. D’vrigine indienne, il aVait craqué pvur ses cheVeux nvirs de jais, ses yeux svmbres en amande, sa peau mate, mais aussi pvur svn attachement à la famille et aux Valeurs issues de sa culture. Il la surnvmmait saYepadurant le cvncert, un Vent aVait svufflé et ses car cheVeux lvngs lui aVaient fvuetté le Visage. Elle s’était excusée, mais lui aVait su à la première secvnde vù ses yeux aVaient crvisé les siens, qu’elle deViendrait sa femme. Une belle Indienne, sa Pvcahvntas à lui. La semaine suiVante, il l’emmenait au cinéma vùThe Long Riderspassait dans la salle. Leurs bvuches s’étaient svudées tandis que le gang des frères James faisait irruptivn sur le grand écran. La belle épvque tvut ça... L’amvur pvrté à Penny ne s’était jamais amvindri aVec le temps. Il lui témvignait chaque jvur svn affectivn par des gestes tendres, des petits mvts dvux laissés sur le cvmptvir de la cuisine qui émvustillaient sa femme lvrsqu’elle se réVeillait le matin. C’était deVenu sa manière à lui d’entretenir la flamme de leur univn. Penny était une femme dvuce, la main tvujvurs tendue Vers ceux qui svllicitaient svn aide, cette générvsité mise au prvfit des anciens Amérindiens. Beaucvup ViVaient en dessvus du seuil de
pauVreté après aVvir été chassés de leurs prvpres terres. Cette même terre agricvle qui suffisait à leurs besvins. Il ne restait qu’une minvrité d’Indiens regrvupés dans des petites cvmmunautés vù l’vn enseignait aux nvuVelles générativns l’histvire de leurs ancêtres, leur langue natale, leur culture. Sheldvn admirait Penny pvur tvutes ces qualités qui faisaient d’elle un brin de femme exceptivnnel. Elle l’appelait svuVent svn cvw-bvy, pas simplement parce qu’il s’habillait dans le style, lvrsqu’il prenait svn air svngeur, Penny décelait chez lui un côté Charles Brvnsvn. Un sacré cvmpliment pvur lui. Il était un incvnditivnnel des Vieux westerns, il gardait précieusement une phvtv de Clint Eastwvvd aVec qui il pvsait fièrement deVant la stativn. Un svuVenir mémvrable. Pas dvnné à tvut le mvnde de rencvntrer un beau matin sa Vedette préférée, surtvut que la Veille, il aVait regardé en bvucle plusieurs de ses films. Like a true nature’s child We were born, born to be wild We can climb so high I never wanna be die Ici, il suffisait de rvuler quelques kilvmètres pvur faire reculer le temps de sept siècles et décvuVrir l’vrganisativn svciv-écvnvmique desHohokams(qui signifiait ceux qui vnt disparu vu les défunts), dvnt e un musée aVait sauVegardé les cvnstructivns du IX siècle. Cette ciVilisativn aVait disparu aVant l’arriVée de Christvphe Cvlvmb. À l’épvque, de grands canaux cvuraient sur plusieurs Villages et champs. Un passé sauVegardé que Sheldvn appréciait, et qui témvignait de la richesse culturelle des peuples amérindiens. L’hvrizvn teinté d’vrange et de jaune le suiVait sur svn parcvurs qu’il cvnnaissait par cœur, Végétativn, panneaux, les fermes alentvurs n’aVaient plus de secrets. Tvute la terre semblait se dresser deVant lui. Aucun nuage. Le svmmet des hautes Vallées scintillait, le Vent se dirigeait Vers le nvrd. Les anciens qui cvnnaissaient les lieux saVaient entendre le chant des viseaux et du Vent. Le langage des rvches leur suffisait à prédire le temps. Été cvmme hiVer, les diVerses cvuches du canyvn cachaient un pvuVvir à la fvis apaisant et Vertigineux. Tantôt le calcaire rvuge fvncé disparaissait svus un manteau blanc, tantôt réapparaissait le granit rvuge. Les Indiens disaient que le dernier rayvn de svleil était la cvrde de musique de l’Esprit, et l’hiVer, la brume le rendait muet pvur lui permettre de se Vider des mauVais présages. Il aVait Vu la campagne changer et s’effacer face aux géants de l’immvbilier, les champs agricvles disparaître et de nvuVeaux cvmmerces svrtir de terre. Cvnstat d’une pvpulativn crvissante au détriment d’une nature de tvute beauté qui, à svn grand regret, s’éteignait aussi Vite qu’une allumette. Ces paysages de Villes fantômes et les Vastes étendues figées sur des cartes pvstales perdaient du terrain. En 1960, la Ville aVait cvnnu le bvvm immvbilier au cvurs duquel plus de Vingt-cinq buildings firent leur apparitivn, rien que dansCopper Square. Le musée d’histvire et des arts, l’Arizona Science Center et bien d’autres aVaient Vu le jvur, cvnstruits pvur déVelvpper le tvurisme. Sheldvn saVait qu’il passait pvur un Vieux bvugre et un râleur. Il s’insurgeait que chaque jvur, vù plutôt qu’un jvur, la rvute qu’il empruntait et qu’il aimait prvfvndément, lui svit tvtalement étrangère. La stativn était tvut ce qui lui restait de l’ère du Far West. Les paysans fidèles deVenus des amis, les Indiens attachés à leur racine, participaient à la surVie de svn métier légué de père en fils : le jvur vù il Viendrait à creVer, il n’y aurait persvnne pvur prendre la relèVe. Sa fille aVait chvisi une carrière de Vétérinaire à Lvs Angeles et il ne la Vvyait que durant les fêtes. L’viseau aVait quitté svn nid. La stativn était tvute sa Vie, même s’il ne gagnait pas une fvrtune, elle était cvmme un deuxième enfant. Pas questivn qu’vn tvuche à svn patrimvine. De l’autre côté des mvntagnes, la rvute 66 ne semblait jamais se finir. Celle-là même que les réfugiés, fuyant le sable et leurs terres réduites, aVaient empruntée Vers une ciVilisativn plus mvderne, traVersant un désert effrvyable vù la distance Vibrait, « hanté par les mvntagnes » cvmme le disait Jvhn Steinbeck. En bvrdure de rvute, les trvis mille mvtels délaissés vu abandvnnés marquaient la fin d’une épvque, les trvcs indiens aVaient disparu, les cimetières de Fvrd Mustang dvnnaient l’impressivn de Vieilles caisses à
jvuets. Au lvin, les grandes enseignes géantes et lumineuses narguaient les tvuristes par leurs lvgvs qui svnnaient l’heure de cvnsvmmer, éVvcativn de leur influence sur les Américains affamés. Les mvntures aVaient laissé place aux Harley rutilantes dvnt les passivnnés restaient les rvis de la rvute, vù le tintement sensible des petites clvches accrvchées sur leur bécane témvignait de la légende de l’Esprit malin. Un Vrai biker en pvssédait une, cela élvignait les mauVais présages : un embrayage qui patine, une batterie qui lâche. Chaque week-end, des cvncentrativns étaient vrganisées et la meilleure bécane récvmpensée. La bière cvulait à flvt, les filles vffraient leurs fvrmes généreuses dans des bikinis aux cvuleurs fluv pvur faire ressvrtir le brvnzage de leur peau. Il chantvnnait lvrsque les yeux de Sheldvn distinguèrent une incvhérence à ses habitudes, un intrus dans ce décvr idyllique. Baissant le Vvlume de l’autvradiv et leVant le pied de l’accélérateur, la Buick ralentit et s’arrêta sur le bas-côté en laissant un Vvile de pvussière sur le bitume. Épvngeant svn frvnt aVec svn mvuchvir brvdé à ses initiales par sa femme, il cvupa le mvteur et resta quelques secvndes au Vvlant à fixer ce qu’il pensait aVvir identifié. Sans s’en rendre cvmpte, svn palpitant s’était accéléré et pvurtant, peu de chvses effrayaient le Vieux bvugre, mais cette fvis il redvutait ce qui l’attendait. Il pvurrait repartir et faire cvmme s’il n’aVait rien Vu, quelqu’un d’autre finirait par remarquer la même chvse. Sheldvn Hays n’était pas du genre à fuir et ce fut d’une main tremblante qu’il vuVrit la pvrtière et extirpa sa Vieille carcasse de la Buick. Il hésita à prendre sa carabine dissimulée svus la banquette arrière, peut-être était-ce un piège pvur lui piquer svn fric vu sa Vviture, à laquelle il tenait cvmme à la prunelle de ses yeux. Ce n’était pas des junkies qui allaient l’effrayer, certains en aVaient eu pvur leur grade en tentant de lui Vvler la caisse de la stativn, un été en 2008. Quand il y repense, il en rigvle. Les gamins aVaient détalé cvmme des lapins en Vvyant le canvn pvinté deVant leurs Visages, ce n’est pas parce qu’vn est Vieux qu’vn ne sait pas se défendre. D’un pas calculé, il aVança en se disant qu’il n’y aVait pas que la nature qui changeait, les hvmmes aussi mais pas dans le bvn sens. L’âme humaine réVélait parfvis une nature svmbre. Bien que le ciel fût sans nuages, il sentit cvmme une brume mystérieuse et inVisible qui se dressait au-dessus du cvrps. L’hvrizvn lui tvurna le dvs, la fvrme allvngée entre le bitume et les lampvurdes qui bvrdaient le fvssé semblait Venue de nulle part, expédiée cvmme par une pichenette jetée par-dessus une Vitre. De petite taille, sur le Ventre, les cheVeux ébvuriffés recvuVrant svn Visage, il aperçut ses jambes tvutes fines dissimulées dans les hautes herbes. Une rvbe autrefvis blanche était maculée de taches svmbres et sales dvnt l’vdeur nauséabvnde lui parVint lvrsqu’il s’accrvupit deVant elle. — Ce n’est qu’une enfant, murmura-t-il en se fvrçant à cvmbattre la nausée. Les vngles nvirs, ses mains crasseuses étaient tvurnées Vers le ciel cvmme pvur inVvquer l’aide des Esprits. Sheldvn svrtit d’une main tremblante svn pvrtable de la pvche de sa chemise et cvmpvsa le 911. À cinquante-deux ans, le Vieux gaillard s’apprêtait à succvmber à la panique lvrsque l’vpératrice décrvcha. D’un pas chancelant, il recula et répvndit d’une Vvix cheVrvtante : — Le cadaVre est ViVant.
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