Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 4,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Du Miel pour Rocco

De
24 pages

L'oeuvre de Nelson Algren (1909-1981) — Le Désert de néon, L'Homme au bras d'or, Chicago: City On The Make, A Walk on the Wild Side — se situe dans la tradition américaine du réalisme et du déterminisme social. La vie des marginaux et du sous-prolétariat urbain en est son thème principal. Écrivain engagé, il dénonce en tableaux saisissants et vigoureux la misère, la violence, la corruption, l'indifférence qui conditionnent dès l'enfance l'existence des rejetés. Hauts en couleur ou pitoyables, ses personnages se détachent tragiquement sur un fond d'humour grinçant destiné à provoquer la réflexion sociale et politique. Avant de rencontrer Simone de Beauvoir, avec qui il vivra pendant une quinzaine d'années une relation amoureuse passionnée, il écrit plusieurs nouvelles noires semi-autobiographiques. L'une d'elles, He swung and he missed (Du miel pour Rocco), est un récit réaliste et brutal sur le milieu de la boxe. Elle raconte l'histoire de Rocco, boxeur raté mais honnête et orgueilleux. Sur le déclin, au seuil du dernier combat de sa carrière, on le paye pour qu'il se couche devant son adversaire. Pour la seule fois de sa vie, il accepte, car il est éperdument amoureux de sa femme à qui il veut enfin offrir une vie confortable. Il perd le combat, puis apprend que sa femme a misé innocemment tout l'argent sur sa victoire. Cette nouvelle inspirera en partie le célèbre film de Robert Wise, Nous avons gagné ce soir.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Lettres béninoises

de albin-michel

Rafa

de jc-lattes

Nelson Algren
Du Miel pour Rocco
Traduit de l'américain par
Yves Rivière
La République des Lettres
I
Ce fut miss Donahue elle-même qui accorda sa bénédiction à Rocco, alors dans sa quinzième année, le jour où il quitta l'école pour se lancer dans le monde. Depuis qu'il avait eu six ans, elle l'avait vu tous les jours combattre dans la cour pendant les récréations. Au jardin d'enfants, il n'y avait pas de récréations, sans quoi elle aurait commencé à le voir combattre une année plus tôt. Elle lui servit elle-même de professeur pendant quatre années assez éprouvantes, si bien que c'est avec un sentiment qu'on pourrait comparer à de l'enthousiasme qu'elle écrivit sur le livre d'autographes de son élève, le Jour des Prix:À Rocco, sûre qu'il réussira.
Et en fin de compte, c'est bien ce que fit Rocco. A sa façon à lui. Le transfert réel de la salle de classe à celle de boxe s'effectua le jour où il monta sur le ring qui se trouvait derrière leHappy Hour Barpour un combat sans limite de poids et doté, en tout et pour tout, d'une bourse de huit dollars pour le vainqueur.
Rocco fut le vainqueur. Oncle Mike Adler, l'organisateur local, à la suite de ce combat appela Rocco "Rocco le Gosse", et ce nom lui resta. Il se fraya un chemin sur le ring, passa moyen, puis mi-lourd; ses gains s'alourdirent eux aussi, pour arriver finalement à soixante dollars, plus les frais.
Alors qu'il était dans sa dix-neuvième année, Rocco s'arrêta de grandir, les bourses aussi, et il se maria à une fille qui s'appelait Lili. Ensuite, il ne remporta plus tous ses combats, et à vingt-deux ans, il en perdait autant qu'il en gagnait. Il continua à combattre. C'était tout ce qu'il savait faire. Jamais il n'accepta de faire le plongeon; jamais un combat truqué ni du coton dans les gants. Il ne toucha jamais au whisky; il ne jouait pas. La veille de chaque combat il allait se coucher de bonne heure; et il aimait sa femme. Il eut des combats dans tous les coins de la ville, il eut une demi-douzaine de managers, et il alla rencontrer tous les hommes qu'on lui demanda de rencontrer, sans considération de jour ni d'heure. Il fit des remplacements pour des boxeurs de plus...
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin