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Du passé faisons table rase

De
352 pages

Jérôme Bertin, un père de famille sexagénaire, est abattu un soir devant chez lui près de Strasbourg.
Quelques jours auparavant deux ex-membres comme lui d’un groupe de sympathisants communistes, ont également été assassinés.

Un séjour de l’autre côté du rideau de fer, durant la guerre froide, semble avoir durablement perturbés ces militants d’un autre âge. Qu’ont-ils vu ? qu’ont-ils fait ? à quoi ont-ils assisté lors de ces années de plomb ?
C’est en Lituanie que l’inspecteur Marie Sevran et une jeune criminologue espèrent trouver quelques réponses. Leur voyage les plonge dans un passé sulfureux et fait ressurgir un certain Markus sanguinaire patron de la police secrète...

L’inspecteur Marie Sevran nous entraîne avec ses acolytes dans une enquête chargée d’histoire, de non-dits et de renoncement. Communisme, rideau de fer, police secrète, argent, amitié, amours et meurtres sont les maître-mots de cette originale et historique descente aux enfers.


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DU PASSÉ FAISONS TABLE RASE
La douleur lui fit presque perdre connaissance. Durant quelques secondes, il fut persuadé qu’un fou furieux lui découpait méthodiquement la cage thoracique à l’aide d’une tronçonneuse. Allongé dans l’herbe humide, Jérôme Bertin songea tout d’abord à une crise cardiaque avant d’apercevoir ces geysers rouges jaillir de sa poitrine, telles de minuscules éruptions volcaniques. C’était quoi, ce bordel ? Il essaya d’appeler Hélène, mais à la place de la voix familière n’émergea de sa bouche qu’un gargouillement rauque au goût acide. Il se remémora une scène de guerre dans laquelle le héros agonisant chuchotait à l’oreille de son meilleur ami :Dis à ma femme que je l’aime et prends soin de mes enfants !était lui aussi en train de mourir ! À soixante ans. Mais cela faisait un bail Il qu’il n’aimait plus sa femme, et ses enfants ne lui adressaient quasiment plus la parole alors… Mais au lieu du film de sa vie qui aurait dû défiler devant ses yeux, il ne revit que sa dernière heure. Jérôme Bertin avait quitté un peu plus tôt l’usine dans laquelle il confectionnait des pièces pour automobiles depuis trente ans. Comme chaque soir, il avait garé sa voiture devant le garage de leur modeste pavillon. Il avait couru pour éviter d’être trempé par cette satanée pluie, s’était essuyé les pieds sur le «Bdu » Bienvenue du paillasson avant d’ouvrir avec sa clé.C’est moi, Jérômecrié, rituellement, avant de avait-il s’observer dans le miroir de l’entrée qui lui renvoya son visage grisâtre avec sa longue moustache qui ressemblait de plus en plus à de la laine effilochée. Lorsqu’il était jeune, les femmes disaient qu’il était le sosie de Clark Gable. C’était il y a bien longtemps. Son épouse, Hélène, avait demandé :Tout va bien ? et il avait répondu mécaniquement,Tout va bien ! Et peu importait qu’il soit heureux comme un jeune homme se rendant à son premier rendez-vous ou déprimé comme un vieillard en fin de vie. Une odeur de viande grillée et de pomme de terre lui était parvenue de la cuisine. Il s’était rapidement séché les rares cheveux qui subsistaient sur le dessus de son crâne avant de se diriger vers le salon. Le téléphone avait sonné à ce moment-là. C’était Albert Daroussin, le voisin. Ils ne s’étaient plus adressé la parole durant une éternité. Il ne s’en rappelait même plus la raison. Mais ce couple sans enfant vieillissait et avait de plus en plus besoin d’aide. Surtout depuis qu’Angélique, une véritable teigne, était alitée et alternait les séjours à l’hôpital et en maison de repos. Jérôme et Hélène avaient donc passé l’éponge et accepté de rendre de menus services. Albert avait demandé à Jérôme s’il pouvait rapidement faire un saut chez lui pour l’aider à porter Angélique jusqu’à l’ambulance qui ne devrait pas tarder. La vieille acariâtre ne supportait pas que des étrangers pénètrent dans sa chambre à coucher. Jérôme avait remis son imperméable et crié :Je sors, je vais chez les voisins aider à descendre Angélique, sans savoir si Hélène l’avait entendu ou non. Dehors il avait distinctement perçu un bruit de tonnerre lointain. Il s’était aussitôt affalé dans l’herbe mouillée, comme si ses jambes avaient été brutalement sectionnées. Il pensa à nouveau à cette famille massacrée en Lituanie presque vingt ans auparavant. Certes, ce n’était pas lui qui avait achevé les gosses à coups de pelle et
de hache. Il n’était même pas présent d’ailleurs. Cette histoire avait ressurgi dans sa mémoire depuis peu. Depuis qu’il avait pris conscience qu’il aurait peut-être pu éviter ce carnage. Sa respiration se fit soudain plus difficile et sa gorge se remplit d’une substance aigre et grasse.Putain, je vais crever. Le ciel s’éclaircit subitement comme si le soleil ne perçait les nuages que pour lui rendre un ultime hommage.
1
Marie se souvint de l’époque bénie où les fumeurs imposaient encore leur loi. Aujourd’hui, elle était obligée de se mordre la langue et tripoter le briquet dans sa poche pour se calmer en attendant que le commissaire Magnard termine sa réunion du jeudi soir. Une petite dizaine d’hommes et de femmes l’écoutait sagement, ou faisait semblant. – Chevallier, où en sommes-nous du braquage de l’hôtel Hilton ? Magnard marchait de long en large, observant son public comme un comique de stand-up ménageant ses effets. Il avait une voix éraillée qu’il essayait de rendre la plus virile possible, recherchant au fond de ses amygdales des intonations masculines. Marie vit Arsène Chevallier, son collègue de la Crim, se lever prestement de sa chaise, manquant la renverser. Malgré son mètre quatre-vingt-dix et son poids approchant le quintal, il paraissait toujours impressionné par le patron, pourtant fluet. – Pas d’informations supplémentaires depuis la semaine dernière, balbutia-t-il. Magnard trépigna sur place. Visiblement, il s’amusait de voir ce mastodonte, qui l’aurait sans aucun doute collé au mur après un éternuement un peu appuyé, se fondre devant son regard. – Faites-moi un résumé de l’affaire, Chevallier, afin d’en faire profiter vos collègues. Arsène se racla la gorge et prit ses notes. – Le Hilton de Strasbourg accueillait une exposition de bijoux. Entre nous, ce n’était pas très intelligent car ils ne sont pas vraiment équipés côté sécurité. Ou alors la direction n’avait pas conscience de la valeur des pierres. Toujours est-il que le 26 octobre dernier, juste avant la fermeture, quatre individus cagoulés ont pénétré dans les locaux et fait main basse sur le trésor. Deux autres, d’après les témoins, les attendaient à l’extérieur dans une ambulance. Tout s’est déroulé en une vingtaine de minutes. Les caméras de surveillance ont été désactivées, les employés étaient allongés le nez collé au sol. On n’a aucun indice exploitable. Plus de huit cents mille euros de bijoux ont changé de mains. Si ça se trouve ils sont déjà à l’étranger, dans un de ces foutus pays de l’est. Marie songea que depuis quelques années les ex-États communistes avaient pris le relais des pays africains côté boucs émissaires. – Et vos deux collègues chargés de vous seconder dans cette affaire, ils se sont remués un peu ? Depuis que Magnard avait pris les rênes de la division, il organisait ce qu’il appelait des triumvirats pour les affaires importantes. Chaque responsable d’enquête était secondé par deux collègues. Il était persuadé qu’un échange d’idées, de méthodes, de points de vue ne pouvait être que bénéfique. Il n’avait pas tout à fait tort. Les collègues en question étaient Rachid Hamidi, à peine vingt-cinq ans, lieutenant ambitieux, bosseur mais un poil lèche-bottes et elle-même, commandant Marie Sevran. Marie prit la parole : – Nous avons interrogé nos indics habituels. Aucun n’a eu vent du braquage. Les bijoux ne sont pas réapparus. On a mis les receleurs sous surveillance. Mais rien de rien. Le braquage a eu lieu le dernier jour de l’expo, l’équipe s’était un peu relâchée, certains vigiles avaient même déjà quitté l’hôtel. – Et que comptez-vous faire ? lança Magnard en reprenant sa marche. Marie se surprit à constater que si avec l’âge, beaucoup d’hommes prenaient du ventre, Magnard lui, prenait du cul. Bizarre !
Rachid Hamidi se leva à son tour et répondit : – Nous avons pensé fouiller du côté des cités et notamment la cité des primevères, la plus remuante. C’est peut-être une bande de petites frappes inconnue du grand banditisme qui a tenté et réussi un coup qui la dépasse. – Ça expliquerait pourquoi les bijoux ne réapparaissent nulle part, reprit Chevallier. Peut-être ne savent-ils pas comment les écouler. – Par ailleurs, continua Marie qui ne voulait pas être en reste, les armes utilisées, des kalachnikovs, sont très prisées des bandes des quartiers. Magnard se gratta le menton en souriant, signe que les réponses le satisfaisaient. Mais, étant incapable de faire un compliment, il se hâta de rajouter : – Prévoir de faire c’est bien. Faire c’est mieux. Pourquoi n’y avez-vous pas pensé plus tôt ? Trois mois se sont écoulés. Bougez-vous. Dans son petit bureau du troisième étage, Marie relisait les rapports. Il était dix-neuf heures et elle se demandait si elle allait rentrer ou discuter de cette affaire avec Rachid et Arsène qui se trouvaient dans des locaux attenants. Elle n’avait jamais été fana du boulot, loin de là. Elle s’était présentée un peu par hasard au concours d’entrée de la police nationale puis, une fois reçue, avait facilement grimpé quelques échelons. Mais elle n’avait pas vraiment la vocation comme Rachid. Personne ne l’attendait chez elle. Son mari, Patrick, l’avait quittée depuis quatre mois maintenant. Ils avaient été mariés dix-huit ans avant qu’il s’aperçoive que la voisine du dessous, une jeune blonde d’un mètre soixante-dix aux jambes interminables, correspondait plus à ses goûts qu’une petite brune prenant ostensiblement du poids. Ce lundi-là, il y avait exactement cent dix-neuf jours, elle était rentrée exceptionnellement au milieu de l’après-midi pour se doucher, après une perquisition effectuée dans une ferme abandonnée censée cacher du matériel volé. Elle s’était immédiatement aperçue que les lourds rideaux du salon étaient tirés alors qu’elle les ouvrait chaque matin, avant de remarquer de la lingerie qui traînait par terre. Elle n’était pas maniaque mais n’aurait jamais oublié une culotte au milieu du salon. Et puis cela faisait quelque temps qu’elle ne rentrait plus dans du 36 ! Elle ne portait pas non plus de socquettes blanches et n’avait jamais eu de tee-shirt avec la fameuse langue des Rolling Stones. Elle avait machinalement ramassé ces fringues, et entrouvert la porte de la chambre. Ils étaient en pleine action. Pourquoi ne les avait-elle pas surpris avant en train de discutailler ? Ou après, en train de dormir ? Patrick soufflait comme un vieux bœuf fatigué. Les jambes de Laura, la Barbie du dessous, pointaient vers le plafond comme si elle voulait absolument le toucher. Elle avait de belles guiboles, la salope ! Les petitshi hi hi qu’elle murmurait devaient l’exciter, ce grand connard. Elle se demanda pourquoi les hommes aimaient tant les films pornos. La scène qu’elle voyait lui semblait plus ridicule et pathétique qu’affriolant. Voir ces grosses fesses poilues se soulever comme un cœur qui bat, ces testicules sombres et moites se balancer dans tous les sens tels des kiwis ramollis, n’avait rien de sexy. S’apercevant de sa présence, son mari se lança dans une lamentable tentative : – Je t’assure, Marie, c’est la première fois. C’est elle qui a insisté. Les petits mots qu’elle trouva plus tard dans ses poches de veste et de pantalon prouvèrent au contraire – elle était enquêtrice tout de même ! – que l’affaire durait depuis un petit moment. Elle le mit dehors. Patrick s’installa un temps chez Laura. Ils se croisaient dans les escaliers comme
des voisins en froid. Le mois dernier un panneau À LOUER apparut sur l’une des fenêtres. Marie comprit que leur histoire appartenait définitivement au passé. Sans enfant – elle ne connaissait toujours pas les raisons, tous les tests qu’elle avait effectués prouvant que tout était parfaitement en état de fonctionner dans son organisme –, sans frères ni sœurs, des parents décédés, elle se retrouvait à quarante et un ans, seule, appréhendant les dimanches déprimants et redoutant les habitudes de vieille fille qui s’installaient subrepticement. Plongée dans ses pensées, elle mit quelques secondes à réaliser qu’une fébrilité soudaine traversait l’étage. Comme si des éléments statiques se mettaient soudain en mouvement. – Il faut que tu viennes, Marie, ordre du patron. C’était Hamidi avec ses grands yeux sombres et son complet de la même couleur qui la lorgnait, penché sur son bureau. – Un meurtre, rue Saint-Vincent, dans le secteur pavillonnaire du quartier de la Meinau, rajouta-t-il, une excitation non dissimulée dans sa voix. Les pompiers sont sur place. Un homme abattu par balle devant chez lui. Chevallier t’attend dans la voiture. Marie réalisa qu’il s’agissait peut-être de la première affaire d’homicide pour Rachid. D’où son emballement. – J’arrive, lança-t-elle, un peu contrariée à l’idée de rater sa série préférée avec cet acteur américain mal rasé qui la faisait fantasmer. Dans les films, lorsque l’inspecteur en charge de l’enquête arrivait sur les lieux d’un crime, des dizaines de véhicules, gyrophares allumés, illuminaient la zone comme une fête foraine battant son plein. Des policiers, sortis d’on ne sait où, prévenus par on ne sait qui, avaient déjà pris toutes les dispositions, sécurisé les lieux, trié les témoins. Le héros goguenard et détendu se contentait de déambuler tranquillement et rechercher des indices capitaux que ses subalternes incultes n’avaient pas été en mesure de déceler. Un médecin légiste bougon et mal réveillé, à l’humour macabre, était déjà capable d’évaluer l’heure et la cause du décès. L’affaire était quasiment bouclée. La réalité était tout autre. Un malheureux camion de pompier les attendait. Les soldats du feu trépignaient, impatients de déguerpir, et deux véhicules de patrouille arrivèrent en même temps qu’eux. Chevallier ordonna aux hommes de boucler les lieux et appela le bureau pour faire venir le légiste et les experts. – Il est décédé, affirma un jeune pompier, la pluie coulant de son casque comme le long d’une gouttière percée. Mais il est encore tiède, le décès ne doit pas remonter à longtemps. – Qui d’autre dans la maison ? demanda Marie qui en profita pour allumer une Gitane. – Sa femme. Enfin, sa veuve. Il désigna une grande femme aux cheveux châtains qui retombaient sur ses épaules en une cascade de boucles serrées. Malgré l’imperméable qui la recouvrait presque entièrement, elle était trempée. Ses yeux hagards cherchaient quelqu’un à qui parler, un soutien, une réponse ou simplement une épaule compatissante. Marie s’approcha d’elle en lançant à Hamidi :Je vais parler à la veuve, tu vas voir les maisons voisines s’ils ont vu ou entendu quelque chose. – O. K pour le porte-à-porte. – Hélène Bertin ? Commandant Sevran. Peut-on se parler à l’intérieur ? Le pavillon était surmeublé comme ces maisons habitées depuis trop longtemps. Plusieurs époques cohabitaient. Deux armoires en chêne d’une tonne, des tapis
arabes, des danseuses espagnoles sur la télé, des copies de tableaux célèbres et deux fauteuils marron encadrant une table basse en verre, ainsi qu’un canapé rouge saumon, encombraient la pièce principale. Marie enleva son manteau, gênée par la chaleur. – Racontez-moi ce qui s’est passé ? Hélène essuya, de ses doigts boudinés, une larme qui s’échappait vers la commissure de ses lèvres. – Jérôme est sorti pour aller chez les Daroussin, vers dix-huit heures. – Les Daroussin ? – Oui, les voisins. Juste à côté. Elle avait une voix grave de vieille fumeuse sur le retour. Et tremblotante comme si elle émergeait d’une eau particulièrement glacée. – Et il avait l’habitude de se rendre chez les Daroussin tous les soirs à dix-huit heures ? – Non, c’est eux qui ont téléphoné pour lui demander de venir. De la morve s’écoulait maintenant de sa narine gauche, qu’elle fit remonter par un reniflement ferme avant qu’elle s’écoule à nouveau trois secondes plus tard. Marie lui tendit un mouchoir en papier qu’Hélène contempla comme si elle découvrait pour la première fois ce genre d’accessoire, se demandant comment l’utiliser. – C’est vous qui avez décroché ? poursuivit Marie en regardant une grande photo accrochée au-dessus du téléviseur et de la danseuse. Le cliché montrait un couple et deux enfants. Le mari, sourire pincé, moustache arrogante et torse bombé. Hélène dix ou quinze ans de moins, les joues plus rondes, la poitrine plus conquérante, les dents plus blanches. Les deux garçons, sensiblement le même âge, adolescents boudeurs, se demandant ce qu’ils faisaient là, ayant certainement d’autres projets pour cette journée que de poser pour l’éternité. – C’est Jérôme qui a décroché. – Vous avez entendu la conversation ? – Vaguement… À vrai dire, presque pas. Mais elle n’a duré que quelques secondes. – Et ? – Et Jérôme m’a dit qu’il allait chez les Daroussin. Ce devait être Albert qui appelait. Monsieur Daroussin. Il attendait l’ambulance, pour sa femme, Angélique. Il voulait que Jérôme l’aide pour la lever, certainement pour l’habiller, la préparer ou je ne sais quoi. – Ce pouvait également être Angélique Daroussin qui appelait. Marie ne sut pas pour quelles raisons elle posait cette question. Cela n’avait certainement aucune importance. Mais, hormis pour profiter un peu plus longtemps de la chaleur de la maison, elle savait par expérience qu’il valait mieux être précis immédiatement plutôt que de revenir sans cesse sur des détails oubliés. – Angélique n’arrive presque plus à marcher. Elle est alitée la plupart du temps. Et j’ai supposé que c’était Albert qui appelait. Sinon je ne vois pas qui d’autre. Les Daroussin sont assez âgés et seuls. Marie sortit son mobile de sa poche, un de ces appareils anciens, sans photo, ni caméra, ni Internet. Un simple téléphone servant à émettre et recevoir des appels : Rachid… ! Tu passes chez les Daroussin, les voisins…Pause, coup d’œil à Hélène qui murmura « Numéro dix-huit » et reprit:… les voisinsdu dix-huit. Tu leur demandes qui a téléphoné chez les Bertin vers dix-huit heures, et pourquoi… Je t’expliquerai… – Excusez-moi. Donc qu’a fait votre mari ? – Il m’a crié, j’étais à la cuisine :Je vais chez les Daroussin pour aider à soulever Angélique et je reviens de suite. J’ai attendu, j’ai mangé un morceau, allumé la télé, mais je ne le voyais toujours pas revenir. Je n’ai pas entendu d’ambulance non plus.
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