Education féline (L')

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Voici l'histoire de Nelson Ollala, fils de Léa la chatte tigrée et de Frankie le formidable matou noir. Couvert de puces, désespérément seul, mais se battant avec courage pour sa survie. Depuis sa naissance tourmentée jusqu'au dénouement ironique que signe son entrée dans l'âge adulte, Nelson inventera les gestes élémentaires de l'existence. Il doit nourrir son estomac et peut-être aussi son coeur, il lui faut retrouver un père et pourchasser les hirondelles.Ce récit picaresque, fortement coloré, constitue au plein sens du terme un roman d’apprentissage, et il n’y a guère de héros plus humain que ce chat sauvage évoluant de son pas silencieux dans l’ombre des hommes, recherchant leur protection et découvrant qu’on ne saurait leur accorder une confiance illimitée.
Publié le : dimanche 25 août 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021065466
Nombre de pages : 144
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L ’ É D U C A T I O N F É L I N E
D U
M Ê M E
A U T E U R
Tous les soleils coll. «Fiction & Cie», 1984, prix Femina et coll. «Points Roman», n° 228
Angelica coll. «Fiction & Cie», 1988 et coll. «Points Roman», n° 369
Rendez-vous sur la terre coll. «Fiction & Cie», 1989 et coll. «Points Roman», n° 454
Bambini coll. «Fiction & Cie», 1993 et coll. «Points Roman», n° 688
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F i c t i o n & C i e
Bertrand Visage
L’ É D U C AT I O N F É L I N E
r o m a n
Seuil 27, rue Jacob, Paris VIe
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c o l l e c t i o n
« F i c t i o n & C i e » DI R I G É E P A RDE N I SRO C H E
ISBN978-2-02-106547-3
© ÉDITIONS DUSEUIL,JANVIER1997
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articlesL. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
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«Si l’on peut croire, comme le croient des cen-taines de millions d’hommes, que nous vivons plusieurs vies, pourquoi ne pas croire aussi que dans chacune de nos vies nous sommes le lieu de rencontre de plusieurs âmes?» PAU LIN ERÉAG E.
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On était en juin et, par une matinée de grande chaleur, une chatte ondulait dans la prairie. Entraînée par le poids anormal de son ventre, elle se déplaçait avec un curieux tangage, donnant l’impression de flotter entre les tiges. Son nez était une petite mouche rose thé, rendue luisante par la fièvre. Elle avait le souffle saccadé, conséquence de la lutte qu’elle venait de livrer pour capturer ce qui serait sans doute sa dernière proie avant le repos: une longue ceinture squameuse qui pendait en point d’interrogation de chaque côté de sa gueule, une couleuvre. Un instant, elle se dressa verticalement au-dessus de la prairie, comme dans un geste de présentation de son ultime trophée, ou simplement pour annoncer qu’elle allait désormais se dédier tout entière aux pré-paratifs de la maternité. Un vent de canicule se leva. La mer et ses poissons
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l ’ é d u c a t i o n f é l i n e
avaient disparu d’un seul coup, étouffés, avalés par la brume farineuse qui bouchait l’horizon. Après s’être tenue toute droite comme une marmotte siffleuse, la chatte retomba en avant et poursuivit sa quête. Elle se dirigeait vers un ancien séchoir à tabac, évoluant avec lenteur, en chaloupant et zigzaguant, lorsque soudain un invisible obstacle, une sensation de gêne, d’hostilité et de froideur la contraignirent à s’arrêter. Étonnée par l’outrage, elle tira d’un coup sec sur la gauche, découvrant en même temps la double mandibule du piège d’où montait cette contracture qui la paralysait jusqu’au genou. La chatte poussa un gémissement, puis elle se remit à tirer, elle secouait et crachait en s’arc-boutant déses-pérément contre le sol. Une heure entière s’écoula de cette façon; ses pupilles étaient maintenant imbibées d’un liquide blanc de frayeur qui évoquait la paraffine. De temps en temps, elle cessait de lutter, regardait cet objet gris qui lui serrait la patte, avalait des gorgées d’air avec un petit spasme comme un cri de mouette, puis elle recommençait à secouer le menton dans tous les sens, mordant les touffes, bavant de rage, évidem-ment sans le moindre résultat. La nuit de juin tomba sur la prairie. Les fantasma-gories du sommeil consolèrent un instant la crucifiée; en dormant, elle croyait voir se réaliser son vœu le plus intense, qui était de faire un pas, puis un deuxième,
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