Épitaphe

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'Tout le monde ici soupire aprčs Paris... Paris que vous vous représentez comme une caverne gorgée de biens... Paris oů le bonheur a son enseigne... Aujourd'hui comme jadis, c'est la męme verroterie qui vous fascine... Non contents d'ętre contemporains, vous voulez ętre modernes... Mais savez-vous ce qu'il en coűte d'ętre moderne? Savez-vous qu'au bout de nos bagnoles qui polluent, de nos télés qui nous regardent et nous possčdent, au bout de tout ce qui se vend, s'achčte, s'use, s'accumule, savez-vous qu'une immense lassitude vous attend, celle qui nous a déjŕ pris?'
Deux jeunes Africains, amis depuis l'enfance, quittent leur pays pour Paris, attirés par les sirčnes de la société d'abondance. Nous les suivons dans cette vie nouvelle qui tour ŕ tour leur offre des scčnes étonnantes, l'argent facile et illicite, les émois du cur et du sexe, les tracas et les avanies ordinaires d'une vie d'immigré... Jusqu'au jour oů la catastrophe survient : l'un meurt, et l'autre se retrouve ŕ convoyer le cercueil de son ami défunt dans leur pays d'origine oů une guerre civile vient d'éclater...
Publié le : lundi 23 novembre 2009
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EAN13 : 9782072023873
Nombre de pages : 172
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c o n t i n e n t s n o i r s Collection dirigée par Jean-Noël Schifano
L’Afrique — qui fit — refit — et qui fera.
Michel Leiris
A n t o i n e M At H A
Épitaphe
r o m a n
c o n t i n e n t s n o i r sg a l l i m a r d
©Éditions Gallimard, 2009.
La solution la plus simple serait, bien sûr, de laisser l’âme dans sa cage… ne plus désirer que la nourriture, le couvert, les vêtements. é Z é C H I E L M P H A H L E L E
Par qui commencer ton Évocation? Par le gisant qui m’offrit, ultime leçon, une vision modernedes vanitÉs? Par le malade qui m’a donnÉ à vivre l’Épreuve la plus douloureuse de mon existence? Le sapeur, plein aux as, tirÉ à quatre Épingles toujours? L’ami fidèle, qui m’a longtemps offert le gîte et le couvert; l’ami dÉvouÉ, qui m’a libÉralement accordÉ le loisir de vivre? Le rÉparateur de vÉlomoteurs qui grugeait ses clients? L’adolescent sans repères, qu’un aînÉ du quartier, dÉ­pourvu de scrupules, utilisait à sa guise? Le petit garçon, Étrange coïncidence, nÉ le même jour que moi, la même annÉe, et qui fut de tous mes mÉfaits d’enfance? La vie est un banquet où la foule innombrable des valets mène en carrosse ses maîtres. Moi, j’ai choisi de prendre dans l’un des carrosses une place qui ne m’Était pas rÉservÉe. Ancien enfant de chœur, ÉlevÉ dans la contem­ plation des anges et l’effroi des fins dernières, dressÉ par la fÉrule d’un père instituteur à rÉvÉrer la culture et le diplôme, mes ambitions n’Étaient pas tes ambitions. Mais nous Étions liÉs: un même rythme nous faisait marcher du même pas, à la même cadence. Je t’aimais et tu n’es plus, aujourd’hui. Me voici avec ces
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souvenirs, pour dire celui que tu fus, sans rien travestir, et nos annÉes communes, la mort qui nous a sÉparÉs, la douleur dans mon cœur. Pour payer ma dette.
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