…Et le monde tremblera !

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Un dictateur ambitionne de modifier la géographie politique d'une partie du monde en tentant, avec ses capacités de nuisance nucléaire, d'intervenir sur les volcans, les tremblements de terre et autres tsunamis.
Amateur de bons mots et de whisky, le commandant Hu des services secrets français, parviendra-t-il avec ses divers(es) partenaires à perturber le déroulement de ce projet machiavélique qui se déroule, sous le manteau, à Paris, à Lyon, en Virginie, à Tokyo, à Wien, à Pékin et en Corée du Nord ? Avant le 19 décembre prochain ? Le compte à rebours est lancé.

Ce roman est une fiction géopolitique où personnages, situations et faits réels s’entremêlent avec d’autres plus imaginaires.


Publié le : jeudi 7 janvier 2016
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EAN13 : 9782334047289
Nombre de pages : 332
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ISBN numérique : 978-2-334-04726-5

 

© Edilivre, 2016

Citation

 

 

« A force de parler de choses horribles,
elles finissent par arriver ! » (W.C. Fields)

 

28 octobre 2010

La scène se passe dans l’une de ses multiples résidences où l’attendent en permanence médecins, infirmières, cuisiniers, masseuses, danseuses et autres gardes du corps.

Kim Jong Il, le “suprême leader”, le “cerveau parfait”, le président du Comité de la défense nationale, le président du Parti du travail, le chef suprême de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC) depuis 1994, date à laquelle il avait succédé à Kim Il Sung, son père, est confortablement installé sur un imposant canapé en cuir, de style chesterfield, avec des incrustations de faux diamants Swarovski.

La pièce où il trône est aussi grande qu’un court de tennis, empreinte d’une majesté amortie par de lourdes tentures et partiellement redécoupée par de riches paravents. Mais une ambiance pesante et solennelle y règne que vient renforcer un décorum pompeux et plutôt sinistre. Deux larges fauteuils et une table basse en marbre de Paros, ornée de kimjongilias rouges – une variété de bégonias développée en son honneur par l’horticulteur japonais Kamo Motoderu – lui font face, selon un agencement adapté aux rares réceptions de chefs d’Etat ou de personnalités, accompagnés de leurs interprètes. Sur sa gauche, un jacuzzi d’une capacité de douze places, est ceint d’un promenoir surélevé comme pour des défilés de haute couture. Sur sa droite, un plateau de scène avec tout l’équipement ad hoc, sons et lumières, où se produisent spectacles et exhibitions.

Ce fan d’opéra – il en aurait écrit six – est obsédé par les femmes et plus particulièrement les danseuses. De quoi alimenter une solide réputation de bon vivant et de coureurs de jupons, peut-être un peu amortie aujourd’hui après une hémorragie cérébrale qui lui a laissé en août 2008 un bras inerte et une jambe boiteuse, tandis que des médias étrangers lui prêtent un cancer du pancréas.

Mais, dans ce pays qui cultive le secret et le culte de la personnalité de ses dirigeants, quantité de rumeurs parfois extravagantes circulent à propos de sa biographie et sur sa santé. Déjà, sa naissance a fait l’objet de versions diversifiées. Officiellement, Kim Jong Il est venu au monde le 16 février 1942 dans un “milyong” (camp secret), sur les flancs du Mont Paektu, un volcan situé sur la frontière sino-coréenne. En ce jour d’une naissance quasi divine, sur cette montagne considérée elle-même comme sacrée, sur ce point culminant de la péninsule coréenne, le grand glacier à son sommet aurait émis un son mystérieux, pour ensuite se briser et laisser échapper un double arc-en-ciel, découvrant ensuite la plus haute étoile dans le ciel. Pour d’autres sources occidentales et sud-coréennes, nécessairement malveillantes, il est né sous le nom de Youri Irsenovitch Kim le 16 février 1941 dans le petit village de Viatskoïe, dans un camp militaire près de Khabarovsk, en Sibérie. Et plutôt que 1941, on aurait choisi 1942 pour s’harmoniser trente ans plus tard avec la naissance le 15 avril 1912 de son père Kim Il Sung, fondateur de la RPDC, le 9 septembre 1948. En revanche, ce qui ne pourra être contesté, c’est que Kim Jong Il mourra dans presque deux ans, le samedi 17 décembre 2011, d’une crise cardiaque due très officiellement « à un grand épuisement mental et physique », « un surmenage pour sa patrie » et que c’est son fils, Kim Jong Un, qui lui succédera.

2 000 jeunes filles sont spécialement sélectionnées pour faire partie des “groupes de plaisir”, toujours prêts à satisfaire les désirs du « Suprême Leader », pour ses massages ou plus, ainsi que de multiples groupes de chants ou de danses. Aujourd’hui encore, pour entrer dans la troupe de chanteuses et danseuses qui œuvrent au service personnel de son fils et néanmoins maître de la Corée du Nord, il est impératif d’avoir une plastique parfaite, la peau claire et une virginité intacte. Selon le quotidien conservateur sud-coréen Chosun Ilbo, cette dernière obligation serait de plus en plus délicate à satisfaire, la proportion de jeunes femmes chastes ayant une fâcheuse tendance à diminuer sous « l’influence négative ducapitalisme ». Le journal explique que, lors de l’examen médical avant la conscription obligatoire à 16 ans, plus de 60 % des jeunes Coréennes apparaissent aujourd’hui comme ayant déjà eu une expérience sexuelle. « Les difficultés économiques et l’affaiblissement du régime conduisent à l’augmentation de la prostitution, de la consommation de drogue et du trafic d’êtres humains en Corée du Nord », se hasarde à expliquer ce journal.

Pourtant Kim Jong Il veille tout particulièrement sur ses troupes de danse, allant jusqu’à épouser en troisième noces une danseuse d’origine japonaise, Ko Yong Hui, laquelle lui a donné son futur successeur, Kim Jong Un, avant de mourir des suites d’un cancer du sein en 2004, à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, dans le Val-de-Marne. Il organise régulièrement des spectacles privés pour les hauts dignitaires du régime et fait venir spécialement des troupes de danseuses russes, voire des charters de Suédoises, sous couvert d’« échanges culturels ».

Derrière le visage austère d’un dictateur oppressant, affamant ses concitoyens, consolidant une véritable dynastie, se cache en fait le visage d’un bon vivant, aimant les mets raffinés et luxueux, demandant que les grains de riz de son repas soient sélectionnés un à un par une noria de femmes. Son ancien cuisinier, Kenji Fujimoto, a raconté qu’il faisait venir chaque jour par hélicoptère du poisson frais pour ses sushis qu’il dévorait avec des baguettes en argent, métal supposé permettre la détection d’un éventuel poison, des homards frais de Russie, du caviar d’Iran ou d’Ouzbékistan, ou encore du porc danois. Ses dépenses annuelles en vins et spiritueux avoisinent le million de dollars comme en témoigne son impressionnante collection de grands crus de Bordeaux et de Cognac. Son péché mignon est le cognac Hennessy XO. Il est justement en train d’en déguster un verre quand une jeune fille entreprend de le masser, en commençant par les pieds.

Si l’on n’est pas obligé de croire ses prouesses telles qu’affichées dans sa biographie officielle – il aurait marché à l’âge de trois semaines, parlé à huit, surpassé les autres enfants à l’école par ses questions incisives, écrit pas moins de 1500 livres, il serait doué comme un mécanicien hors pair, un stratège génial, capable dès son premier essai au golf de scores dignes de records mondiaux, etc. – Kim Jong Il a suivi les enseignements de l’école Namsan de Pyongyang, fréquenté par l’élite Nord-Coréenne, avant d’obtenir un diplôme en économie politique à l’université Kim Il Sung. Madeleine Albright, Secrétaire d’État des États-Unis entre 1997 et 2001 sous le second mandat du président Bill Clinton, l’a dépeint comme quelqu’un de « très décidé et doué d’un grand sens pratique ». Il n’est pas avare d’idées nouvelles qu’il recherche méticuleusement dans des publications étrangères et des rapports de ses services de renseignements.

Aujourd’hui, il se concentre sur la lecture de l’un d’entre eux racontant une éruption volcanique survenue très récemment… en Islande : « Après une période de repos de 187 ans, l’Eyjafjöll, un volcan culminant à 1 666 mètres d’altitude, s’est réveillé dans le sud de l’Islande. Cette éruption volcaniquequi a débutéele 20 mars 2010 pour ne prendre fin qu’hier, a été précédée d’une importante crise sismique détectée par les sismographes qui ont enregistré 860 séismes entre 1991 et décembre 2009. Une première phase éruptive s’est manifestée par des fontaines et des coulées de lave qui se sont taries le 12 avril. Deux jours plus tard, la lave réapparaissait dans la caldeira du volcan : ellea provoqué une importante fonte de la glace laquelle a généré des inondations glaciaires brutales et destructrices, ainsi que la formation d’un important panache volcanique composé de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de cendres, qui s’est élevé entre 4 300 et 11 000 mètres d’altitude. Poussées par les vents dominants, ces cendres qui constituent un danger pour la navigation aérienne parce que susceptibles notamment de provoquer un arrêt des réacteurs des avions, se sont alors déplacées au-dessus de la mer de Norvège en direction du sud-est pour atteindre l’Europe continentale le 15 avril. Dès l’arrivée du nuage, Belgique, Norvège, Danemark, Irlande et Royaume-Uni fermaient partiellement ou totalementleurs espaces aériensaux vols commerciaux civils, une mesure qui a affecté plus de 6 000 vols. Le lendemain, la majorité des pays – de la France à la Russie –leurs emboitaientpréventivement le pas, déclenchant des perturbations à l’échelle mondiale. Cinq jours après le début de l’éruption, le nuage de cendres, alimenté en continu par le volcan se dirigeait d’abord vers l’Europe continentale, où il se scindait en deux branches, respectivement en direction de la Sibérie et de l’Amérique du Nord ; malgré sa persistance sur une bonne partie de l’Europe, son altitude alors inférieure à quatre kilomètres permettait aux avions volant à des altitudes supérieures de redécoller. Et, à partir du 20 avril, l’Union européenne rouvrait progressivement son espace aérien favorisant ainsi un retour progressif à la normale. À partir de cette date, l’activité éruptive, devenue moins explosive, s’est maintenue à un niveau soutenu avec notamment la formation d’une nouvelle coulée de lave. La fin de l’éruption n’a été annoncée qu’hier. Si l’on n’a pas eu à déplorer de dégâtsimportants, l’Association internationale du transport aérien a estimé à 1,7 milliard $ (soit environ 1,27 milliard €), le préjudice financier subi par les compagnies aériennes, sans comptabiliser les autres retombées, notamment sur les activités humaines, l’environnement et l’économie. »

A cette lecture, Kim Jong Il repousse vivement du pied la jeune masseuse qui tombe en arrière et s’enfuit terrorisée, sans demander son reste. Ultra concentré, il relit certains paragraphes tandis qu’une idée machiavélique commence à germer dans son cerveau. Il est vrai que le “Suprême Leader” n’est jamais chiche en « impulsions décisives ». Et il s’écrie avec une telle violence que conseillers et gardes du corps sont tentés de se porter à son secours, ce dont ils se gardent bien, habitués qu’ils sont à ses éclats : « ils n’ont qu’à bien se tenir !… ils n’ont qu’à bien se tenir !… Et le monde tremblera ! ». Il halète, en proie à l’excitation et répète sans discontinuer « ils n’ont qu’à bien se tenir !… Et le monde tremblera ! ». Chaque phrase est ponctuée d’un rire spasmodique, à la limite de la suffocation. Il reprend peu à peu son souffle, affichant alors le visage de quelqu’un d’irrémédiablement satisfait de son génie. Et, comme pour se décerner un trop rare satisfecit, il se fait aussitôt servir un nouveau verre de cognac Hennessy XO.

Puis, sa respiration et ses couleurs étant revenues à la normale, il intime l’ordre qu’on vienne sans attendre le masser et qu’on fasse appeler son fils, Kim Jong Un, alors son successeur présumé car il a été préféré à ses deux frères : Kim Jong Nam, arrêté en 2001 à l’aéroport de Hongkong, pourvu d’un faux passeport alors qu’il tentait de se rendre au Disneyland de Tokyo, avait alors été banni de la succession et vivait à Macao fuyant les représailles de son père qui aurait tenté de le faire supprimer en 2004, à Vienne, et en 2009 à Pékin. Quant à l’autre frère, Kim Jong Chol, né en 1981, on lui reprocherait d’être efféminé et de raffoler des jeux vidéo. Aussi, dès le 28 septembre 2010, lors de la réunion du Parti du Travail de Corée, Kim Jong Un a-t-il été promu général quatre étoiles et vice-président du Comité de la défense nationale, « l’organe suprême du pouvoir d’État pour la direction de la défense nationale », d’après l’article 106 de la constitution de la RPDC. Et depuis le 8 octobre dernier, il exerce les fonctions de “commandant suprême” de l’armée populaire de Corée.

Kim Jong Un entre dans la pièce, accompagné de son oncle, Jang Song Taek, mari de Kim Kyong Hui, la sœur de son père. Ils s’inclinent tout deux respectueusement, suivant les préceptes du Confucianisme pour qui l’adhésion à des hiérarchies strictes est essentielle pour l’harmonie sociale et l’épanouissement personnel selon cinq relations clefs (souverain et sujet, mari et femme, parent et enfant, frère ainé et plus jeune, ami et ami). Ainsi, le respect des anciens et de la hiérarchie sociale basée sur l’âge demeure aujourd’hui la clef de voute de la culture coréenne, au Nord comme au Sud.

Kim Jong Il entreprend de leur fait part de ses réflexions et de son projet machiavélique naissant. « Le 9 octobre 2006, nous avons procédé à un essai nucléaire de 1 kilotonne, puis le 25 mai 2009, nous avons procédé à un deuxième essai nucléaire avec une puissance explosive de 2 kilotonnes. Ces essaisnous ont placésdans le cercle très restreint des puissances nucléaires. Nous moquant de l’opprobre internationale et du train de sanctions injustes qui l’accompagne, nous allons poursuivre notre développement dans ce domaine ainsi que nos efforts deminiaturisation des charges pour permettre leur placement dans nos fusées. Mais tout ceci est trop long, malgré notre collaboration avec nos amis iraniens. C’est pourquoi il est impératif que nous intensifions notre recherche de nouveaux moyens de pression en direction de nos ennemis historiques que sont la Corée du Sud, le Japon, les Etats-Unis, voire la Chine qui s’est permise de s’associer au dernier vote du Conseil de sécurité de l’ONU. »

« Mais les Chinois demeurent nos principaux soutiens » se permet de relever timidement son beau-frère, Jang Song Taek.

« Quelles sont les nouvelles pistes auxquelles vous pensez ? » interroge à son tour Kim Jong-un.

Feignant d’ignorer son beau-frère, le “suprême leader” répond à son fils : « Il nous faut imaginer de nouvelles armes, des armes qu’ignorent nos ennemis. Un exemple récent nous ouvre des voies inexplorées. Un petit volcan qui s’est réveillé ces derniers jours en Finlande a provoqué des dégâts considérables sur toute une partie de l’Europe avec un impact financier de plusieurs milliards de dollars. Je veux qu’avec ton oncle, vous exploriez cette piste : peut-on naturellement ou artificiellement faire bouger la surface du globe, modifier la position des continents les uns vis-à-vis des autres, s’appuyer sur les chaines de volcans pour déclencher des catastrophes et faire trembler le monde qui reconnaîtra enfin la puissance de la RPDC et la respectera. Nos ennemis n’ont qu’à bien se tenir !… Et le monde tremblera ! »

I
Le professeur

Vendredi 16 décembre 2011 (an 99 du Juche1)

En Corée, le nom de famille d’une syllabe est placé en tête, puis suivi du prénom, généralement composé de deux syllabes. Les parents Shim s’étaient pliés à la tradition qui veut que, dans cette partie de l’Asie, un prénom soit lié au destin de la personne : décider du chemin de son futur enfant, simplement en lui attribuant un prénom, est donc une lourde responsabilité. Et les Shim avaient été particulièrement inspirés puisque, suivant leur instinct, ils avaient appelé leur fils Shim Sang Hoon (qui signifie « un grand professeur »). Aujourd’hui, tout le monde l’appelait simplement “le Professeur”.

Né en 1936, il avait fait parti d’une des premières générations de jeunes qui, à l’issue de la guerre de Corée (juin 1950/juillet 1953), s’étaient vu pousser par leurs parents à entreprendre des études supérieures. Son père n’avait pas eu cette chance, mais sa participation à la guérilla contre les Japonais, sa camaraderie d’alors avec des combattants qui devaient par la suite accéder à de hautes responsabilités dans les instances mises en place pour l’indépendance du pays, puis au sein du Parti, lui avait permis de tisser des réseaux qui s’étaient avérés bien utiles, d’autant qu’aujourd’hui encore demeurait une discrimination plus qu’apparente dans les processus de sélection ouvrant droit à l’examen d’entrée à l’université. Obligatoire pour tous, le service militaire était le préalable indispensable pour s’assurer un avenir, être éligible d’une formation, notamment universitaire, et pouvoir espérer devenir membre du parti. C’est ainsi que, physicien, le Professeur avait déroulé une carrière modeste en sciences de la terre et enseignait toujours à l’Université de technologie Kim Chaek2, située à Pyongyang, sur les bords de la rivière Taedong, dans le quartier central Haebangsan.

Sa stature imposante au regard de ses congénères, le dessin de ses lunettes qui dissimulaient mal des yeux noirs toujours en éveil, son timbre de voix grave, le rythme lent de sa diction lui assuraient l’écoute attentive de ses élèves et de ses interlocuteurs. Quasiment replié sur lui-même, malgré sa grande taille, pour capter le rai de lumière du jour filtrant par la fenêtre de leur petit logement et éclairant faiblement la pièce, le Professeur était concentré sur la lecture d’un livre. Il s’était ménagé “son coin” dans l’une des deux chambres, chichement meublée du lit conjugal, d’un fauteuil bas défraichi, d’une petite desserte servant alternativement de bureau et de table à thé. L’autre chambre était occupée par sa mère, alitée depuis deux ans déjà : atteinte d’un cancer incurable, elle ne la quittait plus. Pour toute décoration, un tapis élimé complétait cet intérieur sans fioritures.

Seul élément hétéroclite, trônant au centre du mur, et dominant l’espace en majesté, deux photos officielles. Il lui semblait parfois que ce n’était pas des portraits accrochés au mur, mais des momies dont rien d’attachant ni de protecteur n’émanait. Leurs présences étaient obligatoires dans toutes les pièces à l’exception de la salle d’eau et leur omission – voire leur mauvais entretien – un délit puni d’un exil « à la montagne », euphémisme par lequel on désignait une « disparition forcée organisée par l’Etat » vers ses camps de travail3. La plus grande richesse du couple se résumait à un meuble en escalier, traditionnel, simple face, en bois foncé, avec ses sept marches et cinq tiroirs, ses trois portes et deux panneaux coulissants. Sur les marches de ce meuble, empilés dans un équilibre instable quelques ouvrages qu’il consultait pour la préparation de son prochain cours à l’université. A l’intérieur du meuble étaient rangés, soigneusement pliés, les quelques effets personnels de la famille, qu’il composait avec sa mère et son épouse. Car, le couple n’avait pas eu d’enfant. Heureusement, se disaient-ils fréquemment, sans regrets apparents. L’évolution politique, économique, sociétale du pays n’avait pas été de nature à leur donner l’envie de procréer ! A quoi bon faire des enfants à l’ombre de ce régime centripète et hermétique, cet avatar de communisme qui aurait fauté avec le confucianisme, un régime qui prônait une société égalitaire et sans classes (sans la mettre en œuvre, bien au contraire) basée sur des principes d’autosuffisance économique, d’autonomie militaire et d’indépendance politique, où chacun était censé devenir son propre maître, un régime athé mais sacrifiant au culte de la personnalité au point de faire du père fondateur de la République une sorte de dieu et de ses concitoyens des dévots endoctrinés. Bref, un Etat qui n’avait connu que la guerre permanente, la famine, les arrestations discrétionnaires, les camps de travail… tout le contraire des lendemains qui chantent promis à tous.

Yoon Mi Ran, sa femme, entra dans la pièce d’une démarche hésitante, comme une patineuse fatiguée. A moins que ce soit l’embarras d’une longue jupe qui entravait ses mouvements, mais elle ne la portait plus aujourd’hui qu’à la maison ; si sa génération avait longtemps été condamnée à s’habiller d’un ensemble peu seyant, quasi militaire, veste mao et pantalon droit, la pression s’était un peu relâchée de ce côté là et une certaine variété de formes et de couleurs commençait à voir le jour dans les rues. Elle avait le visage très pâle, presque diaphane, avec des pommettes saillantes et des lèvres très fines, donnant une impression d’extrême fragilité. Son nom qui signifiait la beauté (mi) d’une orchidée (ran) avait longtemps exprimé la réalité de sa splendeur mais celle-ci s’était peu à peu fanée. Avec l’âge bien sur, mais aussi les privations, la peur des autres, l’inquiétude permanente du quotidien…

Aujourd’hui, Yoon Mi Ran était lasse alors même que leur situation pouvait sans doute permettre de les classer parmi les privilégiés : un bon logement, un bon métier pour son mari, un bon songbun. A l’origine, le système politique visait à promouvoir paysans et travailleurs en lieu et place des possédants ou de ceux qui avaient collaborés avec l’administration coloniale japonaise ; ainsi, il avait permis diverses purges des rivaux potentiels du pouvoir pour déboucher finalement sur un dispositif de classement par l’Etat. La population se répartissait selon trois classes (noyau dur, indécise et hostile) avec 51 sous-catégories plus spécifiques, ajustées au jour le jour en fonction de l’estimation de l’allégeance politique au régime et en référence à l’historique et aux actions particulières menées par les membres de la famille (jusqu’à trois générations). Par chance, le Professeur, sa femme et sa mère se plaçaient du bon côté de la frontière entre le “noyau dur” (environ 28 % de la population) et les “indécis”, loin de la classe “hostile” qui comptabilisait presque la moitié de la population. A ce titre, ils figuraient donc parmi les élites autorisées à vivre à Pyongyang, dans la partie la plus moderne de la capitale où marchandises et services publics étaient accessibles, plus généreusement que dans les autres régions. Leur appartement, dans un petit ensemble collectif, constitué de deux pièces et d’un espace faisant office de salle d’eau et de cuisine, bénéficiait de l’électricité à temps partiel et même si sa conception laissait souvent à désirer, il en aurait satisfait plus d’un.

Mi Ran tenait à la main une enveloppe qu’elle remit à son mari avec un sourire forcé et un zeste d’appréhension dans le regard. La dernière fois qu’une enveloppe similaire, avec leur nom calligraphié à la main en petits caractères, totalement écrasés par le logo du Parti, était arrivée, elle avait suivie la voie officielle, cette voie pyramidale qui selon un protocole très établi descendait du sommet jusqu’au responsable de la “surveillance de voisinage” (inminban). Cet îlotier, clone d’une version plus ou moins atténuée en vigueur dans les pays de l’est européen, avant la chute du mur, était notamment chargé pour la quarantaine de logements qui composait ce bout de quartier, de l’enregistrement des résidents, de la surveillance de leurs activités et de leur éducation idéologique, voire de leur mobilisation pour les diverses campagnes d’endoctrinement. A cet effet, il scrutait jour et nuit les faits et gestes de la vie familiale, s’octroyant le droit de visiter les logements à tout moment, même la nuit, pour débusquer la présence d’un visiteur non enregistré, ou, à l’occasion, constater des situations d’adultère et les rapporter servilement aux organes de sécurité. Il s’était alors montré exceptionnellement mielleux en leur apportant cette enveloppe officielle affichant un air de ne pas y toucher, particulièrement détestable. Sans doute savait-il que cette fois-là, il s’était agi, elle s’en souvenait parfaitement, d’une invitation pour une cérémonie de remises de décorations à une brochette de collègues de son mari, pas nécessairement plus compétents que lui mais sans aucun doute mieux notés parce que plus en phase avec la ligne du Parti. Une invitation qu’il n’avait bien sur pas été question de refuser ; on devait s’y rendre, sans discussion et avec empressement, en principe sans trop d’appréhension. Cette fois-ci, l’enveloppe avait échappé à ce bel ordonnancement et avait été apportée directement par un motocycliste, un militaire sans doute, au moins un officier, eu égard à l’équipement sophistiqué qu’il arborait. Pourtant, l’arrivée d’une estafette du pouvoir n’avait certainement pas échappé à l’ilotier qui, admettant mal de n’avoir pas été tenu informé au préalable, ne manquerait probablement pas de venir aux nouvelles, comme un chat humant les plats autour de la cuisinière.

Que contenait donc cette fois-ci cette enveloppe que Mi Ran n’osait pas trop serrer entre ses doigts, tant le sceau officiel suscitait chez elle un respect forcé et une crainte irrépressible ? Elle la tendit à son mari comme une plante vénéneuse, incapable de lui cacher ses sentiments. Avec le temps, elle avait appris à les dissimuler aux autres. Nécessairement ! A tous les autres, mais pas à lui !

Le Professeur posa son livre à plat pour ne pas perdre sa page et enleva ses lunettes. Se frottant les mains pour désengourdir ses doigts, il prit délicatement l’enveloppe en souriant à sa femme avec une infinie tendresse mais aussi pour détendre cette tension qu’il percevait, comme à chacun des événements imprévus de leur déjà longue existence commune.

Incontestablement, cette enveloppe – et son mode d’acheminement – constituaient un événement en soi. Quant à son contenu, il aurait bien été tenté de le découvrir par lui-même mais il ne se sentit pas capable de dire à son épouse de le laisser seul. De toutes façons, elle restait derrière lui, bien campée sur ses pieds, légèrement écartés pour s’assurer un maintien stable. Cette attente dura un temps qui leur parut, à l’un et à l’autre, interminable. Pour un regard extérieur, cela aurait pu passer pour un arrêt sur image. Finalement, n’escomptant pas voir fléchir la détermination de son épouse, il commença à manipuler délicatement l’enveloppe, tenta d’en apprécier l’épaisseur pour en imaginer le volume, vérifia qu’elle était bien cachetée, le sceau du Parti attestant, s’il en était besoin, que personne ne s’était risqué à ouvrir cette satanée enveloppe, ni l’officier qui l’avait apportée, ni même le responsable du quartier, pourtant prompt à tout surveiller. A la vapeur ou par tout autre procédé. Satisfait de cet examen, il observa attentivement, même si son épouse l’avait évidemment vérifié avec la plus grande attention, que c’était bien son nom qui figurait sur l’enveloppe. Il ne voulait pas risquer d’ouvrir un pli qui lui serait parvenu par erreur ou… par provocation. Il se défendait d’être plus paranoïaque que nécessaire mais tout était possible, imaginable, envisageable dans ce pays, où régnait sans partage une dynastie de dictateurs, fermement appuyée par une idéologie totalitaire et un endoctrinement permanent, des mensonges constants et leurs corolaires, l’arbitraire, la police politique, la délation, la négation constante des droits de l’homme…

Afin qu’il puisse ouvrir l’enveloppe sur le côté sans endommager le cachet du Parti, son épouse lui tendit son Jangdo. Ce petit poignard fixe coréen, à la fois utilitaire et décoratif, faisait quasiment partie du costume traditionnel sous le roi Sejong, même si seuls les nobles étaient autorisés à en porter. L’objet confectionné de manière symétrique était constitué d’un manche et d’un fourreau, tous deux de même taille et de même forme, et d’une lame en acier au carbone de dix à trente centimètres, souvent gravée de caractères et de motifs, le tout incrusté de matières plus ou moins précieuses (or, cuivre, ambre, jade, corail, laque, ivoire ou bambou, os et bois rares). La coutume voulait qu’on offre un Jangdo quand un enfant arrivait à l’âge adulte ou quand une jeune femme se mariait, le couteau étant alors considéré comme une protection symbolique contre le mauvais sort. Mi Ran le portait dissimulé sous sa jupe, comme de nombreuses femmes qui, en souvenir notamment des violentes invasions japonaises, le considérait comme l’arme du dernier recours, celle qu’on utilise pour se suicider en se tranchant la gorge afin d’éviter le viol et les ultimes outrages.

Ayant ouvert l’enveloppe, le Professeur déplia avec soin le document qui y était inséré, le lissant avec application du revers de la main. Il s’agissait d’une simple feuille, d’une page, d’une seule page, blanche ou presque, seulement noircie de quelques lignes. Il les parcourut d’abord rapidement sans bien saisir le sens de ce qui y était écrit. Il dut s’y reprendre à trois fois pour s’en imprégner et pouvoir finalement en restituer le contenu à son épouse, toujours solidement ancrée derrière lui dans une attente manifestement angoissée.

« Ce n’est pas une invitation comme l’autre fois, mais une convocation », dit-il se référant à la précédente enveloppe, et ne mesurant qu’avec retard ce que ces termes maladroits pouvaient susciter de panique chez son épouse. « Qui te convoque, quand et pourquoi ? » bredouilla-t-elle, le ton de sa voix ne parvenant pas à masquer son impatience et sa peur. Il poursuivit d’un air détaché qui masquait bien l’incrédulité dans laquelle il se trouvait de cette subite convocation. Lentement et méthodiquement, il décrypta, presque comme un enfant apprenant à lire : « le bureau du secrétariat général du Parti… me prie – il afficha un demi sourire de satisfaction d’avoir subtilisé le verbe “prier” à celui de “convoquer” – me prie donc de participer à une réunion… sans en préciser les participants mais seulement l’objet.… L’ordre du jour est sommairement indiqué ainsi : “état des connaissances en matière de mouvements de l’écorce terrestre et de volcans”. Du côté pratique,… il est précisé qu’un chauffeur viendra me chercher… dans – il regarda rapidement sa montre – deux heures maintenant… que ce chauffeur me communiquera le badge et les accréditations nécessaires pour entrer dans un bâtiment – dont le nom et la localisation ne sont pas préciséset pour y rejoindre une salle où se tiendra cette réunion ».

Prenant un air faussement enjoué, il ajouta à l’intention de son épouse aussi bien que pour s’en convaincre lui-même : « je suppose qu’un fonctionnaire zélé vient de découvrir l’existence de volcans dans notre pays et que, faute d’un accès efficace à internet, même à un niveau aussi élevé soit-il, il veut s’offrir un cours de rattrapage afin d’être en mesure de répondre à une hypothétique interrogation d’un supérieur ». Il se força à ricaner et ce recours à la dérision et à l’ironie devant tant de solennité officielle le fit rire. Avec un peu de recul, il se laissa même aller peu à peu à croire que son interprétation était la bonne et cette “invitation” logique, compte tenu de sa formation et de l’enseignement dont il était encore chargé à l’Université des sciences de la capitale. Pourtant, en y réfléchissant bien, il savait que, faute d’une allégeance suffisamment marquée à l’égard du régime, il ne s’était vu confier jusqu’alors que des responsabilités limitées, ce qui le conduisit à s’interroger encore davantage sur les raisons de cette convocation. En quoi sa connaissance des volcans et des tremblements de terre pouvait-elle susciter soudain un intérêt empressé de la part des autorités, alors que certains de ses collègues – ceux-là mêmes qui avaient été précédemment décorés – étaient plus en vue. Il se rappela qu’en avril 2011, le gouvernement sud-coréen avait proposé la tenue d’une nouvelle session de discussions avec celui de Corée du Nord sur la recherche volcanique. Une première rencontre avait eu lieu dans la ville sud-coréenne de Munsan, où une délégation nord-coréenne de treize membres conduite par Yoon Yong Geun avait rencontré quatre géologues sud-coréens : les deux parties étaient alors convenues de la nécessité d’une étude conjointe des activités volcaniques du mont Paekdu, l’un des trois volcans de la péninsule, celui situé à la frontière sino-coréenne et baptisé par les Chinois Changbaishan. Depuis, aucune nouvelle n’avait filtré. Il n’avait guère entendu à la télévision d’informations selon lesquelles l’un ou l’autre de ces volcans aurait éternué, que la terre aurait tremblé, ou qu’un tsunami aurait récemment ravagé telle ou telle partie des côtes. Peut-être était-ce le cas mais la sélection attentive des informations diffusées par les canaux officiels n’avait rien laissé paraitre, même auprès de spécialistes comme lui !

Le Professeur supposait que les responsables politiques du pays ignoraient tout des ressorts des séismes, pourtant intimement liés à l’histoire de l’humanité et à son devenir. Pendant longtemps et sous diverses latitudes, les tremblements de terre avaient été attribués à des divinités de tous bords. S’agissant des divinités, il se gardait prudemment, lors de ses cours, de toutes références religieuses, totalement interdites, malgré leur densité sur ce thème. La persécution des chrétiens, bien que démentie officiellement, demeurait d’actualité et était encore menée très officieusement « sans merci ». Alors pas question pour lui de citer la Bible (pourtant, il y est écrit que « les montagnes s’affaissèrent devant le Seigneur » – Juges V4) ni le Coran. Tout au plus, osait-il se référer brièvement aux Grecs (Poséidon), voire aux très superstitieux Romains pour qui les tremblements de terre étaient des prodiges qui manifestaient la rupture du pacte entre les hommes et les dieux. Moins risquée était, selon les circonstances politiques variables, la référence à leurs chers voisins, les Chinois qui tenaient la subversion de l’ordre naturel que représente un tremblement de terre pour un signe que l’Empereur avait perdu le très confucéen « mandat du ciel » ! Près d’un siècle avant J.C., les chroniques historiques (Shi Ji) expliquaient doctement que les tremblements de terre étaient dus au renversement du Ciel et de la Terre, au renversement du QI (souvent traduit par « énergie naturelle », « force de vie », ou « énergie flux », voire gaz, air). Mais il fallait bien se garder de parallèles hardis car si des traces confucéennes, certainement involontaires, du mandat donné aux dirigeants subsistaient dans l’idéologie, il ne s’agissait pas de courir le risque d’une interprétation tendancieuse selon laquelle un tremblement de terre pourrait signifier “une perte de mandat” des dirigeants actuels.

Aussi le Professeur se limitait-il à expliquer à ses étudiants que l’association entre tremblements de terre et volcans, n’avait pas été contestée jusqu’à ce que la théorie actuelle s’impose. Cette théorie avait été confirmée par le grand séisme japonais de Mino-Owari (28 octobre 1891), mais n’était-il pas aussi dangereux de se référer à l’ancien colonisateur, sauf peut-être pour sembler se réjouir des destructions ainsi occasionnées ! Il devait alors se contenter d’expliquer que les séismes étaient, en grande majorité, d’origine “tectonique”, c’est-à-dire dus aux efforts mécaniques dans la croûte terrestre qui se relâchent finalement par rupture d’une zone fragile, en général sur une faille, pour laisser échapper du manteau lave, cendres et fumées.

Perdu dans ses réflexions, le Professeur eut une pensée furtive pour ses chers étudiants. N’était-il pas condamné à leur transmettre un savoir adapté au gré des interdits et/ou des convergences avec les grands principes du régime ? Il se savait enseigner souvent sur le fil du rasoir, au risque d’une interprétation tendancieuse pouvant conduire à une délation. Mais l’heure n’était pas à la nostalgie. Afin de se préparer à se rendre à cette “invitation”, le Professeur invita son épouse à lui préparer son costume, celui qu’il ne portait que dans les occasions officielles : la rentrée universitaire, la remise de diplômes de fin d’année, ou, dans un autre registre, les cérémonies de masse à la gloire du régime, l’inauguration de monuments, certaines exécutions, etc. Il profita du temps qu’il lui restait avant l’arrivée du chauffeur pour rechercher dans ses dossiers le cours qu’il avait présenté aux premières années. Il aimait s’appuyer notamment sur une conférence4 donnée par Jean-Paul Poirier en février 2003 à l’Institut de Physique du Globe de Paris, conférence qu’il était parvenu prudemment à se procurer. Mais, alors qu’il vérifiait dans le miroir de l’entrée si sa coiffure était conforme aux bonnes règles, il se ravisa et retira ce texte de son dossier, craignant qu’on lui en demande la provenance et que son origine extérieure ne l’entraine dans d’insurmontables discussions, interprétations, voire difficultés. Détenir chez soi des documents d’origine étrangère, essentiels à ses yeux à l’enrichissement continu de ses connaissances, alors que tout échange avec les facultés étrangères ou le recours à l’internet demeuraient encore le plus souvent interdits, lui faisait déjà courir le risque d’une découverte lors d’une de ces perpétuelles fouilles impromptues des logements. Le danger était déjà omniprésent, inutile d’en rajouter, se dit-il en remettant ce document dans sa cachette. Il devrait se fier à sa mémoire.

Avant de partir, il passa respectueusement saluer sa mère. Puis il embrassa son épouse avec un sourire qui se voulait rassurant et sortit dans la rue. Le chauffeur et la limousine étaient déjà là : une Mercedes noire, modèle des années 70, avec des appuie-têtes recouverts d’une housse défraîchie, jaunie par le temps.


1  – Le calendrier nord-coréen a...

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