Gildas de Gaétan ou Le Crime de la Maison Blanche

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Gildas de Gaétan ou Le Crime de la Maison Blanche, encore un nouveau-né dans le Nid de l'Aigle ? Oui. Mais qu'est-ce-que c'est que ce Nid de l'Aigle ? Celui de Napoléon ? Celui d'Hitler ? Non. Rien de politique ni d'historique dans ces polars. Le Nid de l'Aigle est une série d’enquêtes concernant des crimes perpétrés dans différentes villes ou régions, mais il ne s'agit pas de thrillers noirs. L'histoire part toujours d'un fait divers réel, qui est romancé par l'auteur et écrit avec humour. Ce Nid est le commissariat de policiers toulousains. Surnommé ainsi à cause du regard perçant du commissaire Gary et de ses aiglons Robin et Romy, auxquels rien ni personne n'échappe. Cette enquête les amène à résoudre le mystère d'un crime commis sur la Côte d'Azur, plus exactement dans une maison blanche de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Intraitables, incorruptibles et volontaires, ils résolvent les affaires les plus sordides en débusquant les coupables, même les plus intouchables.


Publié le : vendredi 4 janvier 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332524423
Nombre de pages : 120
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-52440-9

 

© Edilivre, 2014

 

 

L’illustration de la première de couverture
est la reproduction d’un tableau à l’huile du peintre PAT’LS alias Draïna de Montalban

Chapitre I
L’appel fatal

Gildas de Gaétan, assis dans son confortable fauteuil Ministre de cuir fauve, fume son havane en contemplant le magnifique parc au milieu duquel trône la Romaine fontaine de marbre au profond bassin. Près du bassin, dans l’attente sans doute d’être ornée de fleurs, est posée une superbe amphore de terre cuite. Mariette, vaque à ses occupations sur la terrasse de la princière villa. Il la regarde lustrer la table de marbre blanc aux fauteuils et bancs assortis. Elle dépose en son centre un rutilant kumquat nain aux petits fruits de couleur orange pendant sur les branches à la manière de boucles d’oreilles. Il trouve qu’il a de la chance d’être tombé sur une perle aussi rare qui prend les affaires du ménage vraiment à cœur.

C’est un homme grand, sportivement vêtu, le teint mat, le crâne bien garni, les ongles soignés, âgé d’une cinquantaine d’années mais n’en paraissant que quarante. Tout le monde reconnaît la forte personnalité et la fermeté de ce milliardaire, au travail depuis l’âge de vingt ans, arrivé au sommet de la hiérarchie industrielle à la force des poignets. Généreux avec son personnel, il sait distinguer les gens de valeur des coquins. Il est aimé par tous ceux qui le connaissent bien.

Ce jour, de l’an 1998 année mémorable pour l’équipe de France de foot, samedi 20 juin on dirait qu’il attend quelqu’un. Son œil noir et vif, ne quitte pas l’horloge solaire fixée au mur face à lui. On frappe à la porte de son bureau.

– Entrez !

Sa secrétaire apparaît.

– Monsieur Léonce Martial vient d’arriver.

– Merci Mademoiselle Gwladys, faites-le entrer.

Petite moustache, cheveux grisonnants, coiffure lissée, pantalon et chemise blancs, col ouvert et petit foulard bleu marine à pois blancs autour du cou, blazer bleu roi, un homme d’une quarantaine d’années se dirige vers le bureau d’un pas décidé. Il se campe face à de Gaétan.

– Que se passe-t-il ? Quelles raisons vous ont poussé à me convoquer ?

– …

– Je vous ai me semble-t-il posé une question ? Qu’attendez-vous pour y répondre ?

– Je vous regarde.

– Suis-je votre genre ?

– Je me demande… ?

– Si je suis votre genre ? Vous, pas du tout.

– Si j’étais ma femme peut-être.

– Que me racontez-vous là ? Où voulez-vous en venir ?

– Je croyais voir en vous un ami et je me suis lourdement fourvoyé.

– Mais je suis votre ami voyons !

– L’ami de ma femme certes, je le crois.

– Votre femme, votre femme, mais je me fous de votre femme ! Elle ne me plaît pas du tout.

– Ce n’est pas ce qu’on raconte dans mon entourage.

– Que peut-on vous raconter sacrebleu !

– Que vous faites à ma femme une cour très serrée.

– Quelle est cette rumeur ? Si vous vous amusez à écouter les commérages, et si vous accordez crédit aux colporteurs d’informations diffamatoires vous n’êtes pas encore sorti de l’auberge.

– Vous niez donc ?

– Absolument !

– Je vois pourtant ma femme changer. A chacune de vos rencontres je la surprends à plaisanter avec vous, à vous sourire en vous regardant dans les yeux, je l’entends rire pour un rien… elle a un mouvement de tête que je lui connais bien.

– Votre femme est une coquette voilà tout ! Flattée si elle sent qu’un homme beau comme moi s’intéresse à elle. Elle agit de même avec Jean-Michel Grog, et Georges Vaem.

– Je m’en suis aperçu. Mais vous, vous essayez de la troubler par votre regard, par l’humour. Vous vous amusez à la séduire en provoquant son rire, en transformant des moments sérieux en distraction, en redevenant grave l’instant d’après afin de chatouiller sa curiosité à vouloir vous connaître de façon plus intime. Vous pensez qu’un homme énigmatique séduit davantage les femmes qu’un homme franc et sincère.

– Vous divaguez mon pauvre ami.

– Vous connaissez la tactique et chacun sait que vous trompez votre femme sans scrupule, que vous en êtes à votre dixième ou onzième aventure sinon plus.

– Vous voyez ! Vous n’en connaissez même pas le nombre.

– Il est vrai que vous changez souvent par la force des choses. Vos conquêtes vous laissent royalement tomber. Trompées par l’apparence que vous vous donnez, lassées de vos simagrées, de votre fatuité, elles découvrent votre lamentable fond et vous saluent bien bas en tournant les talons. Alors vous cherchez un nouveau gibier, vous repartez en chasse, mais revenez assez souvent bredouille. Vous avez une femme pourtant très aimable avec vous et si indulgente. Ce n’est certes pas une beauté mais elle connaît toutes vos fredaines et vous pardonne toujours.

– J’ai choisi précisément une femme moins belle que moi pour avoir l’esprit tranquille. De ce fait, moi, je peux séduire mais pas elle, et elle tient à moi. On dirait à vous entendre que vous me jalousez.

– Vous jalouser ? Faut pas rêver Martial ce serait vous faire trop d’honneur ! Je vous suis supérieur sur beaucoup de points. J’ai tout ce que je veux. De l’argent comme un chien des puces, de belles maisons dont celle-ci, une superbe femme, et je suis séducteur moi aussi, j’ai du charme et je le sais. Mais cela ne m’intéresse pas. Ma femme me suffit. Maintenant, si elle vous choisissait, elle me décevrait beaucoup. Cela signifierait que je me serais trompé sur ses goûts, qu’au fond d’elle-même elle serait comme vous, et qu’elle cachait bien son jeu. Dès lors, je vous l’abandonnerais sans regret.

– Mais je n’en veux pas de votre femme, elle a mauvais caractère d’après votre personnel, elle vous fait des scènes pour un rien. La mienne est douce et tendre. Elle fait tout ce que je veux.

– C’est bien ce que je dis. Je la plains cette pauvre femme. Elle aurait mérité quelqu’un de mieux que vous.

– Vous par exemple.

– Moi, je ne donne pas l’apparence d’un homme aimable toujours souriant, facile à vivre, enjoué envers les amis et les étrangers autrement dit à l’égard de tous ceux que vous désirez conquérir. Ma personnalité est ce qu’elle est. Je suis direct et transparent. On m’aime ou on ne m’aime pas. Vous, dans le fond, vous êtes un personnage hypocondriaque exigeant, capricieux avec les membres de votre famille, votre femme et vos enfants. Quelque peu paresseux, volage, instable, égocentrique, narcissique, possessif, égoïste, vous offrez l’image d’un petit garçon fragile, se plaignant d’avoir toujours mal ici ou là. Votre épouse, je devrais dire votre esclave vous dorlote, vous coucoune jusqu’au jour où qui sait de guerre lasse, tout peut arriver, elle vous quittera.

– J’ai écouté avec un grand intérêt le portrait que vous tracez de moi. Je vous félicite, il se révèle tout à fait exact. Vous êtes dur, vous ne mâchez pas les mots, mais j’aime ça. Je suis tout à fait votre opposé. Je me flatte d’essayer de tomber toutes les femmes sans exception y compris la vôtre, en me présentant comme un petit garçon fragile afin de faire vibrer leurs fibres maternelles, et ça marche. Ma volonté de puissance s’assouvit de la sorte.

– Vous exploitez la naïveté et la tendresse féminine. Pourquoi ?

– Elles sont sottes. Qu’y puis-je ? C’est une façon de me venger de l’omnipotence maternelle et je jouirai sans modération le jour où je séduirai une femme mariée, où j’arriverai à séparer le couple. Ensuite je l’abandonnerai et j’en soumettrai une autre.

– Quel plaisir y trouverez-vous ?

– Je réaliserai ainsi mon rêve de gamin : séparer mes parents, prendre sa femme à mon père. Les femmes célibataires ne m’intéressent pas, ni les femmes faciles et libérées d’ailleurs. J’aime la difficulté de la conquête. Je n’aime que les aventures. Je ne suis pas un romantique. Je n’ai jamais aspiré au grand amour. J’aime ma femme à ma façon, je ne veux pas en changer, elle est faite pour moi, elle est parfaite, elle m’adore, elle ne veut pas me perdre, elle m’aime et moi, je n’aime que moi mais je ne veux pas qu’un autre touche à ma femme. Me couver, c’est la manière dont ma mère m’a aimé et j’ai trouvé une femme-mère en quelque sorte puisque je suis un homme-enfant.

– Belle tirade en vérité mon cher ! Vous êtes un être abject. En conclusion, allez donc exercer votre pouvoir de séduction ailleurs que sur ma femme !

– Je n’exerce pas mon pouvoir de séduction sur votre femme. Elle n’est pas du tout mon genre et vous devriez mener l’enquête dans d’autres directions.

– J’avais oublié deux autres de vos précieuses caractéristiques : menteur et lâche. Vous avez dit vous-même tout à l’heure votre projet de l’attirer dans vos filets et vous niez vos propres paroles.

– C’est elle qui me court après. Elle me fait les yeux doux.

– Je connaîtrai bientôt la vérité de cette histoire. Je vais lui en glisser deux mots et lui demander ce qu’elle vous trouve.

– Stop ! Vous me fatiguez de Gaétan ! Vous commencez à m’échauffer les oreilles.

– Vous avez de l’estomac Martial ! Vous êtes un vrai frelon, vous vous comportez comme un Casanova ou un Don Juan, vous passez votre vie à vouloir charmer toutes les femmes et à les voler à leurs compagnons, vous vous en flattez et c’est moi qui vous échauffe les oreilles !

– Salut, de Gaétan ! Je m’en vais avant de vous casser la figure !

– Vous avez raison ! Vous êtes incapable de vous battre vous êtes trop pleutre pour cela. Vous prenez vos désirs pour la réalité.

Léonce Martial vocifère quelques insanités et sort en claquant la porte.

Il est quatre heures de l’après-midi.

La Promenade des Anglais grouille de monde. Nice la Belle chante sous le soleil éclatant de ce ciel d’Azur merveille de la côte. La fête de la Musique enthousiasme tous les niçois et se prépare dans une liesse bon enfant. La rue Masséna craque sous la poussée humaine. L’animation bat son plein au club du « Pom-Pom ». Les uns jouent au bridge, les autres bavardent sur les équipes du « Mondial » et engagent des paris sur les bleus que la plupart sont loin de considérer comme une équipe gagnante certains s’indignent de la violence des joueurs.

– Le foot est un vrai sport et même c’est un art. On y joue avec les pieds et non avec les mains, les épaules ou la tête. Les footballeurs doivent être aussi agiles de leurs jambes que les danseurs classiques.

– Tu as raison. Quant à notre équipe, elle est mal partie. Depuis 1930 à cinq reprises elle n’a pas été qualifiée.

– Exact et elle a fluctué entre la septième place en 1930, la neuvième en 1934, la sixième en 1938, la douzième en 1954, la troisième en 1958, la treizième en 1966, et puis je ne sais plus.

– La douzième en 1978 si je me souviens bien, la quatrième en 1982, la troisième en 1986…

– Elle n’a pas été qualifiée aux autres rencontres c’est vrai mais en 1998, je parie qu’elle va terminer première, ajoute un autre interlocuteur.

Quelques uns, silencieux, perchés sur les tabourets du bar dégustent, ici le pastis marseillais, là, le punch spécial club. A l’écart, dans une sorte de loge discrète Aline de Gaétan rit à gorge déployée en compagnie de Léonce Martial. Ce dernier en effet, selon son habitude s’exhibe en public pour s’entourer du plus grand nombre de spectateurs possible. Il va, vient, gesticule, s’arrête, raconte une blague plus ou moins grivoise, passe les mains sur la chevelure d’une femme, son bras autour des épaules d’une autre, revient s’asseoir, embrasse Aline de Gaétan, raconte à nouveau une histoire, mais comme sa prestation manque d’attrait et d’esprit, les spectateurs fuient l’artiste en haussant les épaules, vite édifiés sur la qualité du personnage et son côté fanfaron. Le couple termine seul la soirée qui se poursuit selon le rite habituel. Les membres du club achèvent leurs activités ludiques, les garçons s’affairent, organisant la salle pour le repas du soir, plaçant les nappes sur les tables, et disposant les couverts sur les nappes. L’orchestre entre. Les musiciens montent leurs instruments sur l’estrade, s’assoient, ajustent les pupitres, esquissent des accords avec le « la ». Les femmes de ménage lustrent le sol de la piste de danse. Le restaurant attend sa clientèle. Le voile nocturne recouvre maintenant la reine de la côte d’azur. La foule joyeuse parcourt les rues chacun un instrument dans les mains ou à la bouche comme les harmonicas. Ceux qui ne possèdent pas d’instrument chantent en farandoles. La nuit sera chaude sur la promenade jusqu’à la dispersion de cette immense foule. Des Italiens bavardent installés en rond sur des chaises bleues, face à la mer qui joue avec la lune à cache-cache à travers les vagues léchant fidèlement les galets et les rochers. Vers une heure du matin la majorité de ce petit monde rejoindra peu à peu ses pénates.

Les lampadaires luxueux éclairent la terrasse des de Gaétan. Ils se reflètent dans la splendide Fontaine de style Grec. Il est 22 heures. Le téléphone retentit.

Epilogue

Le lendemain matin, les protagonistes se retrouvent gais et pimpants dans la salle principale du commissariat.

– Au travail mes amis ! les invite Charrola. Quel jour et pour quelle heure pensez-vous convoquer madame de Gaétan ?

– Cet après-midi à quinze heures trente, propose Robin.

– Oui, si elle accepte selon ses disponibilités. Qui lui téléphone ?

– Je pense qu’il serait préférable de lui porter une convocation, suggère Romy.

– Excellent. Je la prépare immédiatement.

Dans ce laps de temps, Charly rappelle à Romy qu’elle devait exposer son...

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