Gone, baby, gone

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Les deux héros, Kenzie et Gennaro, sont chargés de retrouver une petite fille de 4 ans, Amanda, qui a mystérieusement disparu.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743624767
Nombre de pages : 560
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Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme travaillait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son « employée » ? Cette quatrième aventure de Kenzie et Gennaro distille une petite musique déchirante et se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante. Gone, baby, gone a été porté à l’écran par Ben Affleck avec Casey Affleck, Michelle Monaghan, Morgan Freeman et Ed Harris.
Dennis Lehane
Gone, Baby, Gone
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet Collection dirigée par François Guérif
Titre original :Gone, Baby, Gone ÉDITIONS PAYOT & RIVAGES 106, boulevard Saint-Germain 75006 Paris www.payot-rivages.fr Couverture : © Miramax. Tous droits réservés. © 1998, Dennis Lehane © 2003, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française ISBN : 978-2-7436-2476-7 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
À ma sœur Maureen, et à mes frères Michael, Thomas et Gerard : merci de m'avoir soutenu et supporté. Ça n'a pas dû être facile. Et à JCP, qui n'a jamais eu la moindre chance.
REMERCIEMENTS
Mon éditrice, Claire Wachtel, et mon agent, Ann Rittenberg, ont une fois de plus réussi à sauver un manuscrit de la débâcle, me faisant ainsi paraître bien meilleur que je ne suis en droit de l'espérer. Mal, Sheila et Sterling ont lu les premiers jets et ont longuement discuté avec moi des difficultés. Merci aussi au sergent Larry Gillis, de la police d'État du Massachusetts, Département des Affaires publiques ; à Mary Clark, de la bibliothèque municipale Thomas Crane à Quincy ; et à Jennifer Brawer chez William Morrow et Francesca Liversidge chez Bantam UK pour d'innombrables services rendus.
NOTE DE L'AUTEUR
Tous ceux qui connaissent Boston, Dorchester, South Boston et Quincy, ou encore les carrières de Quincy et la réserve de Blue Hills se rendront compte que j'ai pris des libertés considérables dans la description de leurs particularités géographiques et topographiques. Je l'ai fait à dessein. Bien que ces villes, ces lieux et ces régions existent réellement, ils ont été modifiés de façon à répondre aux exigences de l'histoire, ainsi qu'aux caprices de ma propre fantaisie, et devraient donc être considérés comme entièrement fictifs. De plus, toute ressemblance avec des personnes ou des événements réels serait purement fortuite.
Port Mesa, Texas
Octobre 1998
Bien avant que le soleil n'atteigne le Golfe, les chalutiers s'éloignent dans les ténèbres. Ce sont surtout des crevettiers, auxquels se joint parfois un bateau en quête de makaires ou de tarpons, et il n'y a pratiquement que des hommes à bord. Les rares femmes embarquées avec eux restent le plus souvent entre elles. Sur le littoral texan, ils sont si nombreux à avoir connu une mort terrible en deux siècles de pêche que leurs descendants et amis survivants estiment fondés leurs préjugés, leur haine des concurrents vietnamiens, leur méfiance envers toute représentante du sexe opposé prête à accomplir ce travail repoussant, à manipuler dans le noir des câbles épais et des crochets capables de déchirer la chair. « Les gonzesses, lance un pêcheur dans l'obscurité précédant le lever du jour, alors que le capitaine réduit les gaz pour laisser tourner le moteur à faible régime et que la houle agite la mer d'ardoise, elles devraient toutes ressembler à Rachel. Elle, c'est une vraie femme. » « Mouais, une vraie femme, confirme un de ses collègues. Ça, c'est sûr. » Rachel s'est établie depuis peu à Port Mesa. Accompagnée de son petit garçon, elle est arrivée en juillet au volant d'une vieille camionnette Dodge, elle a loué une petite maison au nord de la ville puis ôté le panneau CHERCHE SERVEUSE derrière la vitre du Crockett's Last Stand, le bar à marins perché sur un vieux ponton s'affaissant vers la mer. Des mois entiers se sont écoulés avant que l'on apprenne son nom de famille : Smith. Port Mesa attire des tas de Smith. Quelques anonymes aussi. La moitié au moins des crevettiers sont remplis d'hommes qui fuient quelque chose. Allant se coucher quand presque tous les autres se réveillent, travaillant quand presque tous les autres dorment, passant le reste du temps à boire dans des bars où seuls de rares étrangers se sentent à l'aise, ils suivent le rythme imposé par les saisons et la faune sous-marine, poussent à l'ouest jusqu'à Baja California, au sud jusqu'à Key West, et se font payer en liquide. Dalton Voy, propriétaire du Crockett's Last Stand, paie Rachel Smith en liquide. Il la paierait volontiers en lingots d'or si elle le lui demandait. Depuis qu'elle a pris place derrière le bar, les affaires ont augmenté de vingt pour cent. Aussi étrange que cela puisse paraître, les bagarres sont également moins fréquentes. En général, lorsque les hommes rentrent au port, ils ont la chair et le sang échauffés par le soleil, ce qui les rend irritables, prompts à mettre un terme à une discussion en balançant une bouteille au bout de leur bras ou en brisant une queue de billard. Et s'il y a de jolies femmes dans les parages, Dalton le sait d'expérience, eh bien, ce n'est pas pour arranger les choses. Ils sont encore plus prompts à rire, mais aussi à se vexer. Or il y a quelque chose chez Rachel qui calme les hommes. Et les avertit. C'est là, dans ses yeux – une lueur fugace, sournoise et glaciale, qui traverse son regard lorsque quelqu'un s'avise de franchir la limite, de lui frôler le poignet trop longtemps, de lancer une blague cochonne dénuée d'humour. C'est là aussi sur son visage, dans le dessin des rides qui y sont gravées, dans la beauté de ses traits burinés laissant supposer une vie avant Port Mesa qui a connu plus de petits matins sombres et de dures réalités que celle de la plupart des crevettiers. Rachel cache un pistolet dans son sac. Un jour, Dalton Voy l'a vu par hasard, et la seule chose qui l'ait surpris au moment de cette découverte, c'est de ne pas avoir été surpris, justement. D'une certaine façon, il l'avait toujours su. D'une certaine façon, tout le monde l'avait toujours su. Aucun homme n'aborde jamais Rachel sur le parking après son travail, ou ne tente de la faire monter dans sa voiture. Personne ne la suit jusque chez elle. Mais lorsque cette dureté disparaît de ses yeux, lorsque cet air distant quitte son visage, bon sang, Rachel illumine littéralement les lieux. Elle évolue comme une danseuse derrière le comptoir ; chacun de ses mouvements, qu'elle se détourne, pivote ou incline une bouteille, paraît gracieux et fluide. Quand elle s'esclaffe, c'est la bouche grande ouverte et les yeux pétillants de
gaieté ; alors, tous les clients du bar ne pensent plus qu'à lancer une nouvelle blague encore plus drôle, juste pour éprouver de nouveau le frisson suscité en eux par son rire. Et puis, il y a son petit garçon. Un adorable blondinet. Il ne lui ressemble pas du tout, mais lorsqu'il sourit, leur parenté est évidente. Il a peut-être aussi hérité de l'humeur maternelle quelque peu changeante. Ses yeux expriment parfois une sorte de mise en garde pour le moins étrange chez un enfant aussi jeune. Tout juste en âge de marcher, mais déjà en mesure de faire comprendre au reste du monde : Ne me cherchez pas. C'est la vieille Mme Hayley qui le garde quand Rachel part travailler, et elle a confié un jour à Dalton Voy qu'on ne pourrait rêver d'un enfant plus sage, plus débordant d'amour pour sa maman. Elle est persuadée qu'il deviendra un jour quelqu'un de spécial. Un président, qui sait, quelque chose comme ça. Ou un héros de guerre. « N'oublie pas ce que je te dis, Dalton. N'oublie pas… » Un soir, au cours de sa promenade quotidienne, Dalton surprend la mère et le fils à Boynton's Cove. Immergée jusqu'à la taille, Rachel, qui tient le garçonnet par les aisselles, le baigne dans les eaux tièdes du Golfe dont la surface semble dorée et soyeuse à la lueur du couchant. Dalton s'imagine alors qu'elle purifie son fils dans le plus précieux des métaux, qu'elle accomplit quelque rituel ancestral pour le revêtir d'une armure capable d'empêcher sa chair d'être transpercée ou déchirée. Tous deux éclatent de rire dans la mer d'ambre, tandis que le disque rouge du soleil s'enfonce derrière eux. Rachel embrasse son fils dans le cou, puis le cale sur ses hanches. En sécurité dans les bras maternels, l'enfant se recule légèrement. Ses yeux se rivent à ceux de sa mère. Et Dalton de se dire qu'il n'a sans doute jamais rien vu d'aussi beau que cet échange de regards. Rachel ne s'aperçoit pas de sa présence ; quant à Dalton, il n'agite même pas la main pour la saluer. Au fond, il se fait l'effet d'un intrus. Tête basse, il rebrousse chemin. Quelque chose se produit en vous lorsque vous assistez au spectacle d'un amour aussi pur. Vous vous sentez soudain tout petit. Vous vous sentez soudain laid, vil, indigne. Après avoir contemplé cette mère et son enfant en train de jouer dans les flots orangés, Dalton Voy est alors frappé par une révélation d'une froide simplicité : de toute sa vie, personne ne l'a jamais aimé ainsi, ne serait-ce qu'une seconde. Un amour pareil ? Bonté divine ! Une telle perfection, c'en est presque criminel.
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