Gravesend

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Gravesend, un quartier de Brooklyn pauvre peuplé de Russes et d'Italiens. Il ya 16 ans, Duncan, le frère aîné de Conway, a été renversé par une voiture alors qu'il tentait d'échapper à un gang de jeunes animés par la haine homophobe. Aujourd'hui, le chef du gang est en prison, mais il va bientôt sortir. Conway l'attend de pied ferme pour se venger. Mais sa vengeance va tourner court et Alessandra, son amour de jeunesse, va réapparaître dans le quartier... Désir, fantasme, désespérance et noirceur sont les maîtres mots de ce roman à la profonde humanité.  


Publié le : mercredi 30 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743635459
Nombre de pages : 350
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couverture
Présentation

Gravesend, une enclave italienne au sud de Brooklyn. Conway y vit avec son père et, depuis seize ans, il pleure son frère Duncan, renversé par une voiture alors qu’il tentait d’échapper à Ray Boy Calabrese et à sa bande de petites frappes. Depuis seize ans, Conway attend que Ray Boy sorte de prison afin de lui infliger la seule condamnation valable à ses yeux : la peine de mort. Mais la vengeance ne prendra pas le tour attendu et, dans ce quartier hanté par la mélancolie et les fantômes, la colère, la frustration et les regrets vont faire leur œuvre au noir…

 

Avec Gravesend, William Boyle signe un premier roman inoubliable, sombre et poignant comme un film de James Gray.

 

« Des échos de Lehane et Pelecanos, mais une musique bouleversante qui n’appartient qu’à Boyle. » Megan Abbott

pagetitre

Remerciements

Ce livre n’existerait pas sans l’aide, le soutien et les encouragements des personnes suivantes : mon épouse Katie Farrell Boyle et notre fils Eamon ; ma mère Geraldine Chiappetta ; J. David Osborne ; Alex Shakespeare ; et Jimmy Cajoleas.

Pour Joseph et Rosemary Giannini,
mes grands-parents.

Quand un homme sait qu’un autre homme

Le cherche

Il ne se cache pas.

Frank Stanford,

Everybody Who is Dead

 

 

Où que tu ailles, tu débarqueras dans cette même ville. Il n’existe pour toi ni bateau ni route qui puisse te conduire ailleurs. N’espère rien. Tu as gâché ta vie dans le monde entier, tout comme tu l’as gâchée dans ce petit coin de terre.

C.P. Cavafy, La Ville1

1. Traduit du grec par M. Yourcenar et C. Dimaras, Éditions Gallimard, 1958.

1

C’était la mi-septembre et Conway avait laissé McKenna l’emmener dans un stand de tir à Bay Ridge pour lui apprendre à se servir d’un flingue. McKenna avait été flic pendant six ans avant qu’il ne descende quelqu’un dans l’exercice de ses fonctions et se fasse débarquer avec une retraite à 75 %.

– J’arrive pas à croire que Ray Boy est sorti, dit Conway. Qu’il est libre. Qu’il peut se balader tranquillement.

Il pointa le flingue et tira sur la cible en papier. La balle passa bien à côté.

– Mec, dit McKenna en ôtant ses protège-tympans, t’as vraiment intérêt à mettre ce truc.

Il tendit un casque à Conway.

– Je risque quoi, de devenir sourd ? fit ce dernier.

Il entendait un léger bourdonnement dans ses oreilles, mais c’était comme une lointaine musique.

– Au moment d’appuyer sur la détente, tu dois te sentir plein d’assurance, expliqua McKenna. Et là t’as aucune assurance. Vu comme tu laisses le flingue te secouer, tu louperas toujours la cible.

– Je risque pas de louper quand j’enfoncerai le canon dans le bide du type.

– Y a peu de chances que tu te retrouves dans cette situation-là.

Le stand de tir se trouvait dans un entrepôt, à côté d’une usine de textile abandonnée et juste en face d’un restaurant-dancing russe. De l’extérieur, on aurait dit le genre d’endroit où l’on tourne des snuff movies. Mais les dingues de la gâchette, flics ou autres, connaissaient le lieu et venaient tirer sur des silhouettes en carton et des cibles en papier, au bout de longues rangées baignant dans un éclairage marron. Sur certaines cibles, on voyait des clichés de joueurs de base-ball : des Mets ayant mal tourné, des Yankees en perte de vitesse. Conway possédait une vieille coupure de presse avec une photo de Ray Boy, et il l’avait punaisée sur sa cible. Le problème, c’est qu’il n’avait pas encore réussi à la toucher, alors qu’il s’agissait carrément d’une grande double-page du Daily News : Ray Boy à l’époque, venant de se faire arrêter, en route pour le commissariat du Sixty-Second Precinct. Portant des lunettes de soleil, l’enfoiré.

McKenna s’était approché de Conway, lui montra comment tenir le pistolet.

– T’as les mains aussi molles qu’un poisson, mon vieux. Replie les doigts.

Conway serra plus fort et appuya à nouveau sur la détente. La balle passa à droite de la cible.

– Peut-être que c’est pas le bon type d’arme, lâcha-t-il.

– T’y connais que dalle en flingues. Fais-moi confiance. Un .22, c’est ce qu’il te faut.

– J’ai besoin d’un fusil à canon scié.

– Ça, c’est au cinéma. Débrouille-toi avec ce que je t’ai dégoté.

Conway tira encore quelques coups de feu – atteignant une fois le bord extérieur de la cible, mais ratant systématiquement la photo de Ray Boy – tandis qu’une certaine frustration semblait gagner McKenna.

– Peut-être que je viendrai avec toi.

– Pas question que Marylou te perde à cause de moi, dit Conway. Si ça se passe mal, pas question que tu sois dans les parages.

– Et Pop ? Qu’est-ce qui va lui arriver, à lui ?

– Ça, c’est mon affaire.

– Il est censé t’appeler quand, Bunker ?

– Cet après-midi.

Bunker était un détective privé de Monticello que McKenna avait mis en relation avec Conway par le biais d’un flic à la retraite établi à Forestburgh. Grâce à un autre contact, un State Trooper1 qui connaissait un type qui connaissait un gardien de la prison de Sing Sing, McKenna avait découvert qu’à sa sortie, Ray Boy s’était installé dans les environs de Monticello. Où exactement, ils n’avaient pas pu le savoir, mais Bunker prétendait être sur le coup.

– Tu vas trop vite, dit McKenna. Je te comprends. Mais si tu comptes vraiment le faire, tu devrais attendre. Quelques jours. Quelques mois. Un an. N’y va pas avant d’être bien préparé.

– Chaque jour qu’il passe en liberté est un jour de trop, répliqua Conway.

La vérité, c’est qu’il n’avait pas envie d’être préparé. Il avait envie de sauvagerie.

– T’as intérêt à continuer de t’entraîner, dit McKenna avant de se détourner de lui.

Conway braqua le flingue sur la cible et tâcha d’imaginer Ray Boy tentant de s’enfuir devant lui. Ça ne se passerait pas comme ça, Ray Boy reculant dans sa ligne de mire, mais voilà ce qu’il devait visualiser s’il voulait montrer à McKenna qu’il était capable de viser correctement. Il tira à nouveau. Effleura la cible. Bon, c’était un début.

 

Bunker appela à quinze heures. Conway était assis dans le bus qui le ramenait à Gravesend, avec à ses pieds un sac de sport contenant le pistolet enroulé dans des serviettes.

– Il se débrouille bien, ce Ray Boy, dit Bunker. Je sais que c’est pas ce que vous avez envie d’entendre.

Conway remua sur son siège. Essaya d’imaginer Ray Boy menant la belle vie.

– Vous voulez dire quoi ? Il a du fric ? Une petite amie, déjà ?

– Il a une baraque à Hawk’s Nest, qui appartient à sa famille depuis des années. Il fait des tonnes de pompes. Touche des chèques de sa mère.

– À Hawk’s Nest ?

– C’est à une vingtaine de minutes de Monticello.

– Vous pouvez m’y amener ? demanda Conway.

– Quand vous voulez, répondit Bunker. Vous montez ici, on se donne rendez-vous au champ de courses et je vous indique le chemin.

– On met combien de temps en voiture depuis la ville ?

– Trois heures. Peut-être un peu moins.

Conway replia son portable et promena son regard sur les autres passagers du bus. Une vieille dame avec des cabas. Deux gamins du lycée Our Lady of the Narrows, enlaçant les gros sacs à dos posés sur leurs genoux et écoutant leur iPod. Un type dénommé Hyun – Conway le connaissait seulement de vue, il était chargé de recueillir les paris clandestins pour M. Natale –, en sueur, nerveux, se cramponnant d’une main à la poignée du plafond et serrant dans l’autre un petit tas de papiers. Et il y avait la SDF avec sa jambe artificielle qui passait ses journées à voyager sur les lignes B1 et B64, dans son fauteuil roulant orné de sacs de courses. Aucun d’entre eux ne savait qu’il avait un flingue. Aucun d’entre eux ne savait qu’il allait monter dans sa voiture, rouler jusque dans le nord de l’État et tuer Ray Boy Calabrese. Probablement qu’aucun d’entre eux ne connaissait Ray Boy. S’ils avaient jadis vu son visage dans les journaux, ils l’avaient oublié. Les deux lycéens n’étaient même pas nés, à l’époque. En seize ans, beaucoup de choses avaient eu le temps de s’effacer. Conway pensa à la tombe de Duncan, à tous ces coquelicots en papier déposés lors de ses visites hebdomadaires. Agenouillé là-bas, il avait fait une promesse dont personne dans ce bus ne savait rien.

 

En rentrant chez lui à pied, Conway regarda les pigeons sur le trottoir devant le salon de coiffure pour hommes de Johnny Tomasullo. Il leva les yeux en passant sous une paire de bottes accrochées aux fils téléphoniques. Cette habitude s’était perdue. Il se souvint du jour où, après en avoir fini avec le collège, il avait lancé là-haut les chaussures qu’il mettait pour aller en cours. Puis il s’adossa à un parcmètre et réfléchit à la meilleure façon de procéder avec Pop, son père. Prendre des gants. Mentir.

Poussant le portail, il trouva Pop qui l’attendait sur le pas de la porte.

– Où t’étais ?

– À Bay Ridge avec McKenna. Au gymnase.

– J’ai besoin que t’ailles me chercher mes médicaments.

– Pas maintenant.

– Quand ?

– Peut-être plus tard. On verra. Sinon je demanderai à Stephanie de s’en occuper.

– Non, non, non. Pas question qu’elle se donne tout ce mal. J’irai moi-même. Embêter Stephanie avec ça, c’est ridicule.

– N’y va pas, Pop, pense à ta jambe. Ça la dérange pas, Stephanie. C’est mon amie. Y a que quatre blocs à traverser. Ça la dérange pas.

– C’est ridicule.

Conway entra, prit ses clés de voiture au crochet dans la cuisine et un rouleau de ruban adhésif toilé dans le placard à outils. Il glissa le ruban adhésif dans son sac de sport. Pop ne le lâchait pas d’une semelle.

– Je suis occupé, Pop.

– Mais tu iras les chercher ?

– Peut-être.

– J’y vais.

– O.K., dit Conway. J’irai te les chercher.

Mais il n’avait aucune intention d’y aller. Il quitta la maison, descendit la rue et trouva sa Civic garée devant la P.S.101, l’école du quartier. Il ouvrit son téléphone et appela Stephanie. Lui demanda de déposer ses médicaments à son père. Lui suggéra de passer un coup de fil avant, histoire de ne pas faire peur à Pop. Appuie plusieurs fois sur la sonnette, lui dit-il. Parfois Pop ne l’entend pas. Stephanie était contente de rendre ce service, ravie de quitter son comptoir. Et Pop aurait un peu de compagnie pour se distraire, ne serait-ce que quelques minutes sur le pas de la porte. Stephanie était marrante, elle avait des cheveux tout crépus, comme ces personnages de BD, et un accent qui puait le quartier, mais elle était gentille, surtout avec les vieux.

Roulant le long de Benson Avenue en direction de la rocade, Conway essaya de ne pas penser à Pop assis dans leur salon déprimant avec le crucifix poussiéreux sur le mur, les calendriers de la Ligue automobile du Sacré-Cœur accrochés partout, l’abat-jour usé jusqu’à la corde. Mais l’image s’imposa quand même : Pop dans un fauteuil inclinable en lambeaux et couvert d’oreillers, tendant le bras vers la télécommande, s’efforçant d’entendre ce qu’ils racontaient à l’écran. Pop plantant régulièrement ses doigts dans son pot de Vicks VapoRub et se massant le cou, la crème lui collant aux poils du cou comme une vieille chrysalide effilochée suspendue dans un arbre. Pop en train d’attendre que Conway rentre avec ses médicaments, c’est tout.

Maintenant, à partir de cet instant précis, Pop n’avait plus rien, plus personne. Conway savait qu’il ne reviendrait pas. Il était arrivé à la fin de quelque chose. Peut-être que Tante Nunzia passerait jeter un œil sur Pop de temps à autre, mais elle avait ses propres problèmes. Un fils ouvrier dans le bâtiment qui perdait au jeu l’aide sociale qu’elle touchait. Des dettes laissées par son mari et qu’elle payait encore. Pop n’avait que dalle. La maison et ses médocs. Les fenêtres par lesquelles il regardait dehors. Les gosses au coin de la rue et dont il aimait se plaindre à la police. Maintenant que Conway était parti, il cesserait peut-être de vivre. Pas au sens où il se tirerait une balle. Non, il abandonnerait, c’est tout. Devant la télé, il arrêterait de respirer.

 

Plumb Beach n’était pas sur le chemin, mais Conway revint d’abord en arrière sur la rocade. La plage n’était accessible que par la petite sortie d’autoroute située après Knapp Street en roulant vers l’est.

Le parking était divisé en deux, une moitié de chaque côté du portail de l’entrée. Conway se gara près d’une petite benne à ordures, à l’emplacement exact où l’on avait découvert la voiture de Duncan. Sur la benne, Conway tenait le compte de ses visites. Il se servait d’une pierre ou de n’importe quel objet coupant à portée de main pour tracer un trait. Depuis seize ans, il venait au moins deux ou trois fois par semaine. Toute une partie du flanc de la benne était recouverte de ses traits profondément gravés. Il se pencha pour en ajouter un avec un guidon de vélo trouvé près de la roue avant de sa Civic.

Ensuite, il fit ce qu’il faisait toujours. Il marcha, passant devant un groupe de toilettes mobiles Rent-a-Throne dans lesquelles de vieux Russes venaient chier, puis contournant le pavillon abandonné, sombre et massif, tapissé de règlements, de décalcomanies de poissons à moitié arrachées et d’une pancarte PÊCHE À LA LIMULE INTERDITE. Une paire de tennis pour enfants pendait à la clôture abîmée qui longeait la plage. Des mouettes picoraient dans le sable crasseux. Des bouteilles vides de Corona, des paquets de cigarettes Newport et des emballages de préservatifs se mêlaient aux algues jonchant le littoral. Conway descendit au bord de l’eau et contempla tour à tour le pont Gil Hodges Memorial à sa gauche, puis le centre universitaire de Kingsborough à sa droite. De l’autre côté de la baie se trouvaient Fort Tilden et le parc Jacob Riis.

Ray Boy, qui depuis l’école primaire harcelait Duncan sous prétexte que c’était une pédale, téléphona à ce dernier un après-midi, prétendit être un garçon qu’il avait rencontré à Manhattan et lui fila un rencard à Plumb Beach, et Duncan s’y pointa, nom de Dieu. Ayant obtenu son permis deux mois plus tôt, il se rendit à Plumb Beach en voiture, se gara à côté de la benne à ordures, phares éteints, et descendit sur la grève. Dans la tête de Conway, le film de la scène repassait en boucle : Ray Boy et sa bande, Teemo et Andy Tighe, surgissant de nulle part pour plaquer Duncan au sol, le tabasser à coups de poing et de pied, Duncan parvenant à se relever, à s’enfuir, avant de s’apercevoir qu’il avait perdu ses clés, de laisser sa voiture derrière lui pour sauter par-dessus une barrière de sécurité, traverser la rocade en tentant d’éviter les voitures qui l’éblouissaient, sûr que quelqu’un allait s’arrêter pour lui venir en aide.

Conway quitta ensuite la plage et remonta jusqu’à la barrière de sécurité, au-delà de la Civic. Il grimpa sur la barrière et se tint en équilibre, les bras écartés, pour regarder les véhicules filer le long de la rocade. C’est à cent dix kilomètres à l’heure qu’elle roulait, la bagnole qui n’avait pas eu le temps d’éviter Duncan.

Pour le tribunal, il s’agissait d’un crime motivé par la haine2. Et également d’un homicide involontaire. L’Alliance LGBT fit pression, et Ray Boy, Teemo et Andy Tighe écopèrent des peines de prison les plus lourdes que le juge put se permettre de prononcer. Pour Conway, c’était un meurtre de sang-froid, et il savait pertinemment que Ray Boy avait été le meneur. Aujourd’hui, Conway avait vingt-neuf ans, il bossait dans une putain de pharmacie Rite Aid sur Eighty-Sixth Street, vivait avec son paternel qui ne s’était jamais remis de la mort de Duncan, et se demandait ce qui était arrivé à sa mère que l’alcool avait emportée loin d’eux depuis belle lurette. Il voulait le sang de Ray Boy. Cet enfoiré méritait de finir mort au fond d’un coffre de bagnole, enterré dans un trou quelque part sans cérémonie, sans pierre tombale, rien que de la peau et des os retournant à la poussière. Il s’efforça de ne pas se représenter le corps de son frère gisant sur la rocade, une image qui le hantait depuis seize ans. Il descendit de la barrière et regagna sa voiture.

 

Le trajet fut rapide – peu de circulation et Conway ne leva pas le pied de l’accélérateur. Jusqu’à présent, il n’était sorti de la ville qu’en de rares occasions. À Long Island pour se rendre sur la tombe de son frère. Dans le New Jersey pour la confirmation d’un cousin. À Baltimore pour un mariage de merde. En gros, pour lui, Staten Island et le Bronx étaient les deux extrémités de la planète. Le monde qui s’étendait de l’autre côté du pont George Washington lui parut merveilleux. L’autoroute Palisades Parkway. Le parc régional de Bear Mountain. Un rond-point où il suivit le panneau indiquant Central Valley. Des arbres partout. Les feuilles qui jaunissaient. Les voitures avec leur capote baissée. Puis il prit la Route 17. Des magasins d’usine. Des centres commerciaux à ciel ouvert. Des sorties menant à des bourgades affublées du genre de noms qu’on donnerait à son chien : Monroe, Chester.

Conway rejoignit Bunker devant une station-service Shell en face de l’hippodrome de Monticello. Il se gara derrière la vieille Chevrolet Citation du détective.

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