Houlgate, l'énigme du Kursaal

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Été 1938. À Houlgate, station balnéaire du Calvados, une dame du meilleur monde s’éprend d’un séduisant employé saisonnier. En septembre 1939, le jour même de la déclaration de guerre, un pêcheur retrouve le corps de la malheureuse, abandonné sur la plage au voisinage du kursaal. L’enquête démarre dans l’ambiance de la "drôle de guerre", ralentie par l’absence de nombreux hommes mobilisés. Des difficultés supplémentaires vont se présenter avec l’arrivée des troupes d’Occupation en juin 1940. La victime ayant eu antérieurement à son service une jeune Allemande, la possibilité d’une affaire d’espionnage vient en outre compliquer la donne. Enfin la petite Simca de la victime avait été volée la nuit du drame, peut-être en relation avec le meurtre. Beaucoup de pistes donc seront passées au crible avant que soit enfin faite la lumière complète…
Publié le : jeudi 2 février 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748376302
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748376302
Nombre de pages : 116
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Marcel Miocque
HOULGATE, L’ÉNIGME DU KURSAAL
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117099.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
1 Comme chaque année, la grande Épicerie Centrale dHoulgate avait rassemblé son personnel. Quatre ou cinq sai-sonniers étaient recrutés chaque été afin de faire face à lénorme accroissement temporaire de lactivité commerciale. LÉpicerie Centrale, chez Peyret comme disaient les gens du pays, faisant référence au nom du propriétaire, occupait un emplacement stratégique à lintersection de la rue de lÉglise et de la rue des Bains, deux artères vitales de la station. Lorganisation visait avant tout à satisfaire la clientèle. Les commis de saison étaient logés dans un petit dortoir aménagé pour sept ou huit garçons, jeunes pour la plupart, mais parmi lesquels on trouvait également deux ou trois habitués dont le calendrier était organisé en fonction de ce séjour laborieux que certains jugeaient pénible mais qui était malgré tout apprécié, car il permettait un séjour dans une station balnéaire agréable. Certes le confort du dortoir laissait à désirer mais il y régnait une atmosphère sympathique et souvent festive. En ce début dété 1938, la nouvelle équipe sétait organisée autour de quelques anciens connaissant parfaitement les lieux, les habitudes, les particularités du travail mais aussi les tradi-tions, telle la création dune cagnotte pour acheter quelques bouteilles de mousseux et louer un électrophone pour la durée du séjour. Il fallait aussi acquérir un petit choix de disques car on ne se lassait pas découter Tino Rossi chantantMarinella, Rina Ketty roucoulantJattendrai et Jean Sablon murmurantIci lon pêche.
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Malheureusement pour le voisinage, les refrains étaient sou-vent repris par des churs improvisés pas toujours appréciés ! Toutefois les vedettes de ces concerts spontanés et bruyants avaient au moins un mérite : leurs journées étaient rudes et cha-cun tenait à ne pas se coucher trop tard : pas après 10 heures du soir en général pour pouvoir se lever sans difficulté le lende-main dès 5 heures du matin. Les plus ardents trouvaient tout de même le moyen de se dé-fier dans des courses de triporteurs. Ces triporteurs de livraison étaient des tricycles équipés dune caisse destinée à livrer parfois de lourdes charges : il fallait déployer une vigueur certaine pour les faire rouler rapidement et une grande prudence lors des des-centes de côtes comme celles de Caumont ou du Sporting, vu le caractère rudimentaire du système de freinage. Comme on ne saurait arrêter le progrès, on vit apparaître cette année-là des triporteurs équipés dun moteur. Les virtuoses furent naturelle-ment tentés de saffronter dans des compétitions qui durent être rapidement abandonnées en raison de leur nuisance sonore et de leur caractère dangereux. Les habitants du pays voyaient ces jeunes un peu turbulents avec une certaine indulgence. Leur présence dans le pays était le symbole de la belle saison revenue, cette saison qui égayait le pays et lui apportait la prospérité :  Cest les commis à Peyret Que voulez-vous, ils sont jeunes Il faut bien quils samusent Au sein de leffectif de cet été 1938 figurait une nouvelle re-crue : Albert Maurin. Dentrée de jeu il sétait singularisé en nacceptant pas de coucher chaque nuit au dortoir commun. Bien quil y eût son lit comme tous les autres commis, il avait loué une pièce bien individualisée avec entrée séparée, chez des retraités houlgatais. Il sagissait dune très modeste chambre qui
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lui permettait daller et venir en toute discrétion. Interrogé sur les raisons de ce choix, il avait très vite mis les choses au point :  Ne croyez pas, les gars que je me considère au-dessus du lot. On est tous copains, tous dans le même bateau, mais la ré-alité cest quil marrive souvent de ne pas dormir seul  Ah bon ! Monsieur a emmené son épouse aux bains de mer ?  Tas rien compris. Je suis célibataire mais chaque fois que je vois une jolie fille célibataire ou même mariée, je tente ma chance  Et ça marche ?  Ça marche souvent Il faut attaquer doucement, sans rien brusquer Avec un peu dhabitude, on se rend compte rapidement sil y a des chances de succès  Dis donc, tu ferais bien de nous donner des conseils Organiser des cours du soir Que voulez-vous Cest mon péché mignon et je ne compte pas changer mes habitudes. Voilà pourquoi jai loué non loin du Kursaal, chez le père et la mère Duflot, une minus-cule et très modeste chambre Ne soyez donc pas étonnés si, de temps en temps je ne rentre pas le soir dormir avec vous. Des réactions diverses se manifestèrent parmi les collègues : Ben, mon vieux, tu ne doutes de rien !  Cest vrai quil est pas trop mal bâti  Mais ce quil a surtout, cest du culot ! Sur quoi, Maurin enchaîna :  Dans la vie il faut du culot. Moi, mes parents voulaient que je fasse des études. Jai commencé pour leur être agréable. Mais je ne réussissais pas très bien, vous vous en doutez. Alors je me suis tourné vers la mécanique. Ça marchait plutôt bien, mais voilà quun jour jai couché avec la femme du patron. Elle ne semblait pas trop mécontente de mes services, mais mon patron, dès quil eut appris la chose, fut dun avis contraire. Jai donc été viré. Depuis, je prends des petits boulots, des rempla-
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cements, des travaux saisonniers comme ici et ça me suffit pour vivre correctement.  Faudrait que tu séduises une riche héritière et que tu la maries.  Peut-être mais ça ne se trouve pas tous les jours ! Dautre part, je ne suis pas un parti très enviable et finalement, je nai aucune envie de me marier : je vis sur le commun pour le mo-ment Quelques jours après linstallation des commis dans leur dor-toir et leur prise de fonctions, Maurin ne rentra pas le soir et ne reparut quau petit jour. En dépit de la discrétion de son retour, il se trouva que plusieurs de ses compagnons le remarquèrent et quil dut affronter leurs plaisanteries :  Toi, tas pas dû passer la nuit tout seul !  Non bien entendu. ,  Peut-on savoir le nom de la nouvelle élue ?  Écoutez-moi bien, les gars. Lorsquune femme me fait le cadeau de maccorder ses faveurs, j ai pour habitude de ne rien révéler de son rang social, ni de son physique, ni même de clai-ronner son prénom. Cest ma façon à moi de respecter mes amies de passage. Sachez seulement que pour marquer cette agréable rencontre et aussi parce que je vous ai à la bonne, je rapporte une bouteille de Vouvray mousseux qui va rejoindre celles de notre fonds commun.  Ça, cest sympa et on apprécie ton geste ! Mais, dis donc, si tu continues comme ça à payer une bouteille chaque fois que tu rencontres une fille et que tu arrives à tes fins, ta paie de lété ny suffira pas En tout cas, merci. On boira à la santé de Bé-bert le Tombeur En réalité, Albert navait pas le physique dun Don Juan. Blond aux yeux clairs, il savait seulement se montrer agréable, souvent souriant et il était capable de conserver son calme même dans des circonstances peu agréables. Cest sans doute pour cela quil était apprécié
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