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I love Lyon

De
41 pages
Avec ses lunettes noires, son rouge à lèvres cerise et son fourreau noir très près du corps, Miléna fait vraiment bonne impression. Tous les auteurs de polar invités pour un week-end de signatures engageraient bien la conversation avec cette romancière prometteuse. Ils devraient se méfier. Car la jeune Roumaine au passé sulfureux a d’autres projets, et ces écrivains n’en font pas partie.
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I Love Lyon
Chantal Pelletier IllustréparLoustal
Édité par la Société éditrice du Monde – 2015 80, boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris. Éditeurs : Hervé Lavergne et Pascale Sensarric Coordination éditoriale : Christine Ferniot Assistés par Teva Heuzard la Couture Création et mise en page : Denfert Consultants Coordination technique : Camille Lloret Direction artistique : Didier Hochet ISBN de la collection « Les Petits Polars » : 9782361562007 ISBN I Love Lyon : 9782363154873 Illustrations © Loustal
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Préface
Ouvrir un polar c’est avoir le choix entre plusieurs mondes : marcher sur les routes froides d’Islande en compagnie d’un commissaire qui préfère la réflexion silencieuse aux déductions bavardes. Arpenter les ruelles américaines sur les traces d’un tueur en série. Prendre un thé à l’arsenic avec une vieille Anglaise permanentée qui semble si charmante. Mais c’est aussi découvrir une ville, un lieu inattendu, historique ou actuel, grâce à des romanciers qui ont décidé d’en faire le décor parfait de leur nouvelle intrigue. Roman noir, suspense, thriller, enquête ou énigme, le polar est tout cela à la fois. Un terme générique, né dans les années 70, pour réunir les différentes couleurs du Noir. Cette année, neuf grands auteurs et illustrateurs de « Petits Polars » se sont installés dans l’Hexagone, entre Marseille et La Baule, Lyon et Le Touquet, Paris et Montpellier, Lille, Biarritz et Colmar. Ils ont investi les lieux, envisagé des intrigues, visité les quartiers, les jardins, les bâtiments, pour imaginer, chacun à leur manière, un polar inédit, illustré par un dessinateur qui les suit pas à pas, adaptant librement leur univers. Voici une quatrième saison qui scelle également la complicité entreLe Mondeet SNCF, décidés à marier la fiction policière et l’illustration contemporaine. Ce tour de France très particulier est aussi une manière de fêter les quinze ans du PRIX SNCF DU POLAR*, né en 2000. Un prix du public pour ce genre littéraire qu’on appelait autrefois « roman de gare ». Aujourd’hui, les prix de ces catégories se sont multipliés : roman toujours, mais également bande dessinée et court métrage, pour révéler chaque année de nouveaux talents. Desœuvres pour amateurs éclairés et simples curieux, des fictions inédites pour tous ceux qui aiment voyager avec « la crème du crime ». Nouveauté 2015, chaque nouvelle illustrée située dans une ville française est suivie d’une « échappée » journalistique et touristique au sortir de la gare. Rassurez-vous, avec ces nouvelles noires, il ne s’agit pas d’une simple promenade de santé !
SAISON 4 • Jérémie Guez & Jacques Ferrandez –Là-bas, c’est Marseille suivi d’une échappée à MARSEILLE • Emmanuel Grand & Pierre Place –Pavillon rouge à La Baule
suivi d’une échappée à LA BAULE • Chantal Pelletier & Loustal –I Love Lyon suivi d’une échappée à LYON • Karim Miské & Florence Dupré la Tour –Les Filles du Touquet suivi d’une échappée au TOUQUET • Tito Topin & Vincent Gravé –Bloody Paris suivi d’une échappée à PARIS • Antoine Chainas & Anthony Pastor –Le soleil se couche parfois à Montpellier suivi d’une échappée à MONTPELLIER • Michel Quint & Pozla –Si près du malheur à Lille suivi d’une échappée à LILLE • Ian Manook & Hervé Bourhis –Retour à Biarritz suivi d’une échappée à Biarritz • Nicolas Mathieu & Florent Chavouet –Paris-Colmar suivi d’une échappée à COLMAR * Suivez le PRIX SNCF DU POLAR toute l’année sur polar.sncf.com, #PolarSNCF
I Love Lyon, dit Chantal Pelletier, et tout le monde veut la croire. Mais la ville aux deux fleuves, la cité du saucisson et de la quenelle, réserve bien des surprises sous sa plume. Par exemple, un Japonais amateur de poissons ou des voisins d’immeuble qui préfèrent rester entre amis. Marchons dans les rues lyonnaises en compagnie de ces drôles de personnages magnifiquement illustrés par Loustal.
ILyOn
JIL Nous avons très peu tué l’été dernier, il faut dire que Gaby n’était pas de bonne humeur et qu’il a fait moins chaud que d’habitude. Cette année nous sera plus favorable : France Bleu n’arrête pas de radoter ses alertes à la canicule en nous bassinant de boire beaucoup d’eau, et une température de barbecue colle ma Volvo au goudron dans le troupeau empêché de transhumer vers sa télé. Dix minutes que j’ai coupé le contact, dans ma prochaine vie, je militerai pour les transports en commun, c’est sûr ! Comme j’en ai ma claque, je sors, histoire de mesurer l’étendue du désastre. Pas la peine de se raconter des histoires, ça bloque au pont Clemenceau ! Au carrefour avec le quai Jaÿr, je vois notre Taïkan slalomer entre les bagnoles,ILYONgrosses lettres rouges sur son en tee-shirt blanc ! 32 °C à l’ombre et il fait son jogging au soleil ! Ce Japonais est aussi timbré qu’un Colissimo pour la Nouvelle-Zélande, mais je ne veux pas dire de mal du plus fidèle client de notre B&B, que je vois entrer dans notre immeuble, la vache ! À ce salopard la douche et le rosé bien frais. Rien à faire, dans tous les domaines, les Asiatiques nous battent haut la main ! Je me recale le postérieur sur le Skaï scandinave de mon break suédois, dégoûté. Dieu sait si d’ordinaire je ne manque pas d’enthousiasme. « Pessimiste mais enthousiaste », c’est ma devise. N’empêche, notre Nippon, qui a l’air d’un Chinois peut-être parce que sa mère est Coréenne, m’inquiète. Avant-hier, il n’est pas allé aux halles acheter son poisson quotidien. Une passion pareille, incompréhensible dans nos contrées à quenelles et à saucissons à cuire, est paraît-il répandue au Japon où, d’après ce que je comprends, ils n’ont pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. Ils vont même jusqu’à manger de la baleine, et, sans être bouddhiste – loin de là –, je suis contre cette pratique : ces mammifères chantent trop bien pour finir si mal ! Que Taïkan manque à son habitude la plus chère est mauvais signe. Je n’ai jamais constaté pareille défaillance de sa part depuis trois ans qu’il loue notre chambre avec lavabo et vue sur la Saône pendant trois semaines entre juin et juillet. Un coup de déprime ? Il en a marre de nous ? Je n’en ai pas parlé à Gaby, je déteste l’inquiéter, mais j’ai cru qu’on était en train de perdre ce dingue de poiscaille qui, j’en suis sûr, court le long de l’affluent du Rhône uniquement parce qu’il y a du poisson dedans. L’obsession de Taïkan pour tout ce que la flotte offre de mangeable, des algues aux yeux de poisson, suscite chaque année notre admiration. La première fois qu’il a transformé des arêtes de sardines en biscuits à apéritif, on est restés sans voix ! Quel spectacle de le voir écailler la bestiole, l’ouvrir pour en sortir l’arête entière, bien propre, joliment ponctuée par sa queue ! « C’est un acrobate des mains », s’est exclamé Gaby. Ça nous a fait rigoler, mais elle n’a pas tort. Ses doigts cavalent tellement vite ! Quand il a posé sur la table un mug d’où dépassaient des trucs marron bizarres, on s’est demandé ce que c’était. Des sticks au sel ? Des minigressins ? Comme souvent, Gaby s’est décidée la première, a brandi l’arête et la queue impeccablement raideson a tous fait : « han ! » C’était tellement net qu’on aurait dit du faux. Tous aussi sceptiques les uns que les autres, on s’est pourtant régalés : goûteux, croustillant, et léger avec ça ! Même moi qui manque d’appétit, je n’arrêtais pas, pire qu’avec les cacahuètes ! « Mais tellement meilleur pour la santé », a radoté Jack. Il nous a pris la tête