Il fera jour très longtemps

De
Une jeune adolescente doit apprendre à vivre et à partager son espace avec sa grand-mère, tout en ayant des difficultés avec son copain. Se sentant coincée dans sa petite ville, elle rêve de Montréal et de liberté.
Il fera jour très longtemps porte sur le fragile passage de l’adolescence à l’âge adulte, du besoin de s’affirmer et de briser le carcan des conventions sociales ou amoureuses.
Publié le : mercredi 12 septembre 2012
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782923107516
Nombre de pages : 91
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS J U L I E D E S L A U R I E R S
Il fera jour très longtemps ROMAN
Extrait de la publication
JEANPIERRETRÉPANIERCOLOMIA
Extrait de la publication
Il fera jour très longtemps
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS
Les Éditions Sémaphore 3962,avenue HenriJulien Montréal (Québec) h2w 2k2 514 2811594 info@editionssemaphore.qc.ca www.editionssemaphore.qc.ca
isbn : 9782923107127 (papier) isbn : 9782923107509 (pdf) isbn : 9782923107516 (epub) © Les Éditions Sémaphore et Julie Deslauriers,2009 Dépôt légal : BAnQ et BAC, troisième trimestre2009
Diffusion Dimedia www.dimedia.com/
Distribution du NouveauMonde www.librairieduquebec.fr/
Couverture : MarieJosée Morin mj.morin@entrep.ca
Photographie de la couverture : MarieÈve Demers
Éditions électroniques : Jean Yves Collette jycollette@vertigesediteur.com
Extrait de la publication
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS J U L I E D E S L A U R I E R S
Il fera jour très longtemps ROMAN
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS
Extrait de la publication
Merci à David Pellerin MarieÊve Demers Opale Lavigne FélixAntoine Richer Élaine Bérubé Rachel Lapointe Annik Baillargeon JeanFrançois Lacoste Véronique Déry et Catherine Bélanger Sabourin
Extrait de la publication
JE M’APPELLE FLEUR.seize ans. J’ai conçu le projet d ’écrire mon J’ai journal parce qu’une f leur, c’est éphémère. Si mon nom de famille était de Plastique, je pourrais espérer durer plus longtemps. Mes parents ont choisi ce nom pour être originaux, c’est évident. Ils répètent que je suis spéciale et que, pour cette raison, ils ont opté pour un nom unique.
J’habite depuis toujours mon petit village. Il n’y a pas grandchose à faire, ici, et rien ne se renouvelle vraiment : la preuve en est que les commerces sont restés intacts depuis mon enfance. Les habitants de SainteMarie semblent se fondre dans le décor homogène de la région, tant et si bien qu’ils en deviennent invisibles. Mes parents font partie de ce phénomène d ’effacement qui se manifeste lorsqu’on se résigne à incarner notre propre petit rôle sur la grande scène du quotidien. J’aime beaucoup leur rappeler à quel point je les trouve ordinaires, car ça les fâche vraiment. Lorsqu’il est offusqué, mon père hausse les épaules en soupirant. Ma mère, elle, crie et devient rouge.
Les gens disent que je suis uneemoparce que je m’habille souvent de noir. En fait, si je m’habille de cette façon, c’est parce que je trouve tout le monde hypocrite avec leurs styles au goût du jour et leurs sourires ahuris. C’est comme quand tu manges du spaghetti en écoutant les nouvelles de six heures ; guerre et sauce tomate font un très mauvais mélange. La couleur et la lucidité, c’est pareil. Je ne suis pas toute seule à penser ainsi. Fred et Randi s’habillent en noir, eux aussi, et ça ne fait pas d ’eux desemos. Quand on se promène dans les rues, les gens nous trouvent étranges et nous, on les trouve insipides. Fred, c’est mon amour depuis presque un an. Au primaire, Randi se faisait tabasser dans la cour d ’école, et Fred venait l ’aider à se défendre. C’est comme ça que nous sommes devenus des amis, parce que moi, j’étais celle qui apportait des mouchoirs, pour essuyer le visage couvert de sang de Randi.
9 Extrait de la publication
JULIEDESLAURIERSILFERAJOURTRÈSLONGTEMPS
Mes parents, Céline et Michel, se sont mis en tête de m’envoyer à l ’école privée, l ’année prochaine, parce que mon rendement scolaire n’est pas satisfaisant, selon eux. Je leur ai répondu que je ne suis pas la petite bourgeoise qu’ils veulent que je devienne, et que je n’irai jamais dans une école de folles endoctrinées. Maman s’est mise à pleurer et mon père a secoué la tête en regardant vers le ciel. Ce sont tous deux des professionnels instruits, et ils ne veulent pas que je ternisse l ’image de carte postale de leur famille. Je déteste m’engueuler avec eux, mais je n’ai pas le choix.
3
L’avantage d ’être enfant unique, dans une grande maison, est que l ’on a de l ’espace pour être seule. Moi, j’ai aménagé le soussol pour qu’il soit mon royaume. C’est ici que Fred et moi faisons l ’amour en secret ; on a l ’habitude de s’aimer en silence, en faisant jouer les vieux vinyles de mon père. Je crois que j’aime Fred plus que tout au monde – mais j’essaie de ne pas lui démontrer. Parfois, je suis jalouse de Sarah, sa voisine, avec qui il écoute des films. Je ne la connais pas beaucoup, mais je sais qu’elle est belle et qu’elle a les mêmes goûts que lui, en matière de cinéma. Je comprends que je ne peux pas tout partager avec Fred, et c’est pourquoi je me réserve du temps, seule avec Randi quelquefois. Il est tellement drôle. On peut délirer sur à peu près n’importe quoi, ensemble. Hier, on a bu du cognac vieux de vingt ans, dans le bar de son père. On était complètement saouls et on a écouté le canal de « soap latino »en faisant du doublage, avec le volume à zéro. C’est juste avec lui que je peux faire ce genre de chose. Je crois que Randi est gai et qu’il ne veut pas se l ’avouer. L’autre jour, je lui ai posé la question, et il a éclaté de rire. Ensuite, il est demeuré silencieux pendant plusieurs secondes.
10 Extrait de la publication
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

J'étais si bien

de les-editions-semaphore

Heureux qui comme Ulysse

de les-editions-semaphore

Marie et les deux François

de les-editions-semaphore

suivant