Il pleut sur Oetz

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Belgique : Un sombre trafic de frites va entraîner un inspecteur de la D.S.T. à enquêter sur un réseau d’espionnage soviétique en France. Puis de fil en aiguille, à pénétrer dans le passé pour comprendre un assassinat ayant eu lieu dans les années 50 en Autriche. Et remonter jusqu’à la période de l’Occupation et des luttes entre la Gestapo et les réseaux de Résistance. Que va-t-il y découvrir ? Et qui se cache derrière le pseudonyme de « Verveine » ?
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 268
EAN13 : 9782748131048
Nombre de pages : 97
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Il pleut sur OetzPatrick Hebrard
Il pleut sur Oetz
POLAR© Editions Le Manuscrit, 2003
ISBN: 2-7481-3105-3 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-3104-5 (pour le livreimprimé)CHAPITRE I
Août 1944 en France occupée. Un petit village
du sud ouest, Ambrenac. Dans une des maisons,
Gaston, un résistant de la quatrième heure, attend
anxieux. Il s’agit d’un des responsables régionaux
du réseau "Le jambon blanc". La veille au soir, il
avaitreçudelapartdesonagentdeliaison,lagrosse
Bertha, un message des plus mystérieux… Pour-
rions-nous dire des plus étranges : "Si vous voulez
connaîtreletraîtreduréseau"Auguste",rendez-vous
à Ambrenac dans la maison, au portail vert, aux fe-
nêtres rouges et au bout de la rue. Soyez présent à
15 heures 60 ou, au mieux, à 16 heures.".
Gastonn’avaitpastendanceàréagirrapidementà
ce type de message. Il n’avait pas tendance à réagir
dutoutd’ailleurs. Autantmêmedirequ’iln’avaitja-
maiseuaucuneréactionàquoiquecesoit. Làpour-
tant,sonsourcilgaucheavaitfrémiplusqu’àl’habi-
tude. Le fameux traître du réseau "Auguste", toute
la résistance le recherchait et désirait connaître son
identité…Etlui,Gaston,pouvaitdevenirlehérosde
larésistance,celuiquiauraitdémasquéletraître,ce-
lui qui l’aurait liquidé. Les consignes habituelles de
sécuriténeseraientpasrespectées,iliraitseulàAm-
brenac.
Il était 16 heures précises dans cette maison
d’Ambrenac. Gaston attendait maintenant depuis
deux bonnesheures dans une pièceoù la lumière ne
7Il pleut sur Oetz
pénétraitqueparlesfentesdespersiennesrabattues.
Il avait sur lui un revolver qu’il avait apporté au
cas où… Il finissait un vieux saucisson datant de la
débâcle de juin 1940, lorsqu’il entendit un bruit à
l’étage inférieur…
Dans un silence bruyant - environ 0,80 décibels
- une voix se fit entendre, venant de l’entrée de la
vieille bâtisse.
« - Y’a quelqu’un ?
- Non ! répondit Gaston qui craignait que l’on
remarque sa présence. »
Despasrésonnèrentalorsdansl’escaliers’appro-
chant de plus en plus de la pièce dans laquelle il
se trouvait. Des gouttes de sueur perlaient sur son
front gras, et il s’essuyait maintenant régulièrement
les mains, humides de transpiration. La porte en
bois s’entrouvit légèrement et Gaston se cacha dans
l’ombre, tenant serré dans son poing son revolver.
L’ombrequiseprofilaitsurlemurressemblaitétran-
gement à une ombre se profilant sur un mur. Pour-
tant, quelque chose semblait familier à Gaston. Il
relâchalechiendurevolverquandilreconnutdequi
il s’agissait.
«- Bon sang ! Mais c’est toi qui… »
Gastonn’eutjamaisletempsdeprononcerlasuite
desaphrase. Ileutàpeineletempsdevoirlecanon
de l’arme que l’autre pointait sur lui. La première
balle l’atteignit à l’épaule lui faisant faire un quart
de tour sur lui-même. La deuxième lui traversa la
poitrine et il tomba surle sol. Son revolver lui avait
échappéetalorsqu’iltentaitdelerécupérer,ilsentit
le canon de l’arme s’appliquer sur sa nuque.
«- Ma vengeance est enfin accomplie ! »
Après ces mots, l’homme appuya sur la détente,
achevant Gaston d’une balle dans la nuque.
Laguerrecontinuaencorequelquesmoispuisvint
laLibération. Etlesannéespassèrententerrantdans
l’oubli la mort de Gaston…
8Patrick Hebrard
Treizeansplustard,unjeunehommede25ansse
trouvait en Autriche dans un petit village du Tyrol,
à la recherche d’un ancien agent de la Gestapo qui
pourraitluidonnerdesrenseignementssurl’homme
qui avait abattu son père en 1944, et vendu le ré-
seau "Auguste" aux allemands. La journée avait été
chaude et le jeune homme se reposait sur le balcon
de sa chambre d’hôtel où il résidait maintenant de-
puis deux jours. Il sirotait une bière avec délecta-
tion, les nouvelles étaient bonnes. Ses contacts lui
avaient permis de prendre rendez-vous pour le len-
demain avec l’homme dont il attendait tant.
Il posa son verre et s’accouda à la rambarde du
balcon. L’église du village, perchée sur une petite
colline rocheuse sonnait six heures du soir. A part
les chants des oiseaux et le bruit du vent dans les
arbres, il n’y avait aucun autre bruit.
Il n’y eut pas plus de bruit lorsque l’impact de la
balle le fit vaciller, l’atteignant en plein front. Le
meurtrier avait utilisé un silencieux. Le bruit sourd
du corps tombant sur le balcon aurait été la seule
chose perceptible dont les voyageurs de l’hôtel au-
raient pu s’émouvoir. Mais, ce n’est que le lende-
main matin quela femme de chambreaperçut le ca-
davresurlebalconetavertitlapolice. Aucunmeur-
trier ne fut jamais arrêté
Comme vous le voyez cher lecteur, le début de
ce soi-disant roman policier est aussi gai qu’une
porte de prison ou que le nez de mon beau-frère.
Malheureusement, l’auteur a voulu essayer de
faire dans le sérieux - dans le pathétique oui ! -
pourune autre enquête de l’inspecteur Columbé-
char. Il m’a donc donné comme mission de vous
rafraîchirlamémoiresurlesépisodesprécédents
et de vous présenter l’état des lieux.
En 1992, donc, l’inspecteur Columbéchar est
monté à Paris. Après la triste affaire du C.I.D.
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