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In Cloud We Trust

De
272 pages
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Car l’industrie du jeu virtuel explose et avec elle, la course à l’extraordinaire. Exit les parcs à thème et les jeux vidéo ! Les joueurs se pressent dans des décors grandeur nature où ils rejouent en immersion totale la mort du général Custer ou la poursuite de Moby Dick.
Mais lorsque des joueurs disparaissent, comme rayés du scénario, les autorités de contrôle s’alarment. Défaut technique ? Mauvaise blague ? Attentat ? Les consommateurs sont sur les nerfs, et la psychose monte d’un cran lorsque les disparitions se multiplient.
Confrontée à une crise sans précédent, la Major américaine du Gaming virtuel décide de contre-attaquer en tirant profit de la confusion générale : geeks, bandits, maris infidèles, dépressifs et opportunistes s’enrôlent alors pour le grand saut de leur vie...
In cloud we trust n’est pas le récit d’une bande de geeks futuristes. C’est une percée dans la société de loisir de demain, portée par une écriture cinématographique et exaltante (grisante/électrisante). Avec ce roman, Frédéric Delmeulle donne des nouvelles du présent, mais surtout le vertige, celui qui colle dans le dos et fait naître des « et si » au coin des lèvres.
Frédéric Delmeulle sévit depuis « une grande maison de hippies, pleine de livres et de foutoir ». Professeur au lycée le jour, écrivain chaque fois qu’il le peut. Et dans ce foutoir esthétique, il travaille une écriture sans frontière,flirtant avec l’uchronie, le roman feuilleton, le thriller, le cinéma hollywoodien, à la recherche d’un « quelque chose » qu’il espère très visuel. In Cloud We Trust en est l’avatar, et se déguste le cul collé au siège, un glaçon à la main.
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Ouvrage édité par Stéphanie Chabert ©LESÉDITIONSMNEMOS,M ARS2015 2RUENICOLASCHERVIN|69620SAINT-LAURENT-D’OINGTISBN PDF:978-2-35408-497-4 W W W.M NEMOS.COM
FRÉDÉRIC DELMEULLE
IN CLOUD WE TRUST
’homme est assurément trop înIrme pour pouvoîr juger sereînement des choses utérîeures. ï peut goser à ’envî sur tout ce quî pourraît advenîr, ce ne sera que e morne recueî des uturs contîngents. Or, comme e dîsaît monsîeur Corneîe, sî e passé n’a poînt vu d’éternees amours, es sîèces quî vîennent n’en doîvent poînt attendre davantage. e utur n’est que ce quî sera, en somme. Par que coupabe aveugement désîrons-nous tant e parer d’habîts enchanteurs ?
Votaîre Essaî sur l’hîstoîre générale, et sur les mœurs et l’esprît des natîons
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Venant de a côte, on entre en vîe par a porte Marîna, dont es deux arches trouent ’épaîsse maçonnerîe de pîerre banche. a pus petîte est destînée aux pîétons, ’autre aux véhîcues atteés. es raedae, pourtant, ces ourds charîots à quatre roues quî montent du port, n’empruntent jamaîs ce passage à a pente trop orte, débouchant sur une ruee aussî étroîte qu’encombrée. Au rythme paîsîbe de eurs bœus, es convoîs ongent a muraîe pour entrer par a vîa Saînensîs, pus au nord. a porte Marîna n’est aînsî nî a pus majestueuse nî a pus réquentée de a vîe ; pour es cîtoyens pressés de négocîer eurs afaîres, ee est sîmpe-ment cee quî ofre e pus court chemîn vers e orum. Pour ma part, tout en goûtant tranquîement e soeî de Campanîe, j’aî aît hate devant a statue de Mînerve quî garde ’entrée de a cîté, et j’aî promené autour de moî un regard empî d’un bonheur dououreux. Cette petîte vîe est a mîenne, je e ressens au pus proond de mon cœur, j’en connaîs chaque pîerre par son nom, et je saîs aussî qu’î me audra bîentôt a quîtter. Tout cea m’échappera. Bîentôt, je ne seraî pus îcî qu’une étrangère parmî d’autres. Je Inîs par m’engager sous ’arche de gauche, vers ’escaîer atéra quî mène au sommet du rempart. ï y a bîen ongtemps que es pîrates ont déserté a côte. a Pax romana règne partout, et a cîté adossée à sa montagne jouît d’une sécurîté qu’ee croît sans doute éternee. Aussî es muraîes ne sont-ees pus entretenues depuîs des ustres. a pupart des créneaux ont été rasés, es bocs de tu et es énormes pîerres tîrées
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du Sarno se déchaussent entement de eur mortîer de terre gaîse. Des herbes oes poussent sur e arge sentîer de ronde où es amoureux sont désormaîs es seues sentînees. Pîne m’attend à, comme à chacune de mes vîsîtes, ace à a mer quî étae jusqu’au bout du monde ses grands à-pats de beu. e jeune homme a croîsé es bras, yeux mî-cos, queques mèches agîtées par e vent chaud. ï tourne a tête à mon approche. « Saut à toî, ô puea. » Je me contente de uî rendre son sourîre. J’aîmeraîs préserver encore un peu cet înstant ragîe, avant que a paîx ne s’envoe pour toujours. Maîs déjà, e vîsage de Pîne trahît ’înquîétude. « es sîgnes se sont mutîpîés, Juîa. Nombre d’habîtants ont quîtté a vîe. — Je ’aî comprîs en voyant toutes ces amîes quî embarquaîent dans e port. On m’a dît que ton once aaît aîre appareîer pusîeurs quadrî-rèmes de a Lotte statîonnée au cap Mîsène, pour pouvoîr voer à notre secours sî es dîeux ’împosaîent. — On ne t’a pas mentî. e vîeî ours commandera uî-même ses vaîs-seaux. Tout cea n’aura que peu d’utîîté. — Pourquoî dîs-tu cea ? — Ceux quî vouaîent partîr ’ont déjà aît. ï ne reste pus îcî que es optîmîstes încurabes, et îs sont nombreux, ou bîen ceux, encore pus nombreux, quî sont trop attachés à eurs bîens pour accepter de tout abandonner… ï s’agît rarement des cîtoyens es pus rîches, d’aîeurs : non que ces dernîers connaîssent mîeux a vaeur reatîve de a ortune, maîs eur rîchesse ne dépend pas de a vîa qu’îs possèdent îcî. — ï reste es pauvres et es escaves. — Ceux-à ne compteront guère. Ce n’est pas pour eux que mon once dépace a Lotte. » Je n’însîste pas. Comment s’étonner de cette réponse ? « Ques sont ces sîgnes dont tu me paraîs ? — a terre a trembé à pusîeurs reprîses dans es journées quî ont précédé es îdes d’août. De aîbes secousses, sans autres conséquences que queques murs ézardés. Maîs es pus ancîens se sont souvenus de a grande coère de Jupîter… — e séîsme d’î y a dîx-sept ans ? » Pîne acquîesce.
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« e jour des nones de évrîer, 815 Ab Urbe Condîta. — Quee mémoîre… — C’est e jour quî m’a vu natre, Juîa, une uneste journée pour es cîtoyens de cette vîe. ïs ont mîs des années à a reever de ses ruînes… Aussî es trembements du début de ce moîs ont-îs aîmenté es conver-satîons et suscîté ’înquîétude que tu îmagînes. es présages, d’aîeurs, n’ont pas tardé à se mutîpîer : pusîeurs sources et de nombreux puîts se sont tarîs, comme autant de témoîns du mécontentement des dîeux. Voîcî quatre jours, un efroyabe grondement s’est aît entendre des pro-ondeurs înernaes, tandîs que a terre trembaît encore et que a mer s’agîtaît de ourdes vagues. Certaîns airmèrent avoîr aperçu ’ombre des Géants se dresser de nouveau sur a montagne. Depuîs, a cîté se vîde de ses habîtants. Tu en as vu beaucoup s’embarquer. D’autres se sont contentés de rejoîndre eur vîa au mîîeu des champs, en s’îmagînant que es secousses et ’efondrement des bâtîments étaîent es seus maux quî nous menaçaîent. — Et ce n’est pas ce que tu croîs ? » Pîne Iche son regard dans e mîen. « Moî, je ne croîs rîen. Maîs je craîns paroîs que e monde ne soît proche de sa In et que es Cycopes ne s’éveîent. Je craîns que Vucaîn n’ouvre bîentôt devant nous es portes du royaume de Puton… Aors, nous dîsparatrons peut-être. » Je ne réponds pas. Bîentôt, ouî… Nous sommes e neuvîème jour avant es caendes de septembre et e soeî quî approche de son zénîth va marquer sous peu a septîème heure. « J’aî à aîre chez Antonîa Feîx. M’accompagneras-tu ? » J’acquîesce sans rîen dîre, et nous redescendons jusqu’à a vîa Marîna, quî me parat ort came. Sous es auvents, des boutîques restent ermées. es acheteurs sont peu nombreux autour des queques éventaîres. Un boucher débîte des côteettes de chevreuî sur son éta, entre deux îèvres et un pâté de pouet. ï brade égaement un reste de tétîne de truîe quî commence à aîsander, et dont a senteur puîssante aît putôt presser e pas. ï n’y a que de rares cîents au comptoîr des tabernae de a rue, et ’atmosphère y sembe tendue, aourdîe te un drap mouîé sur e marbre roîd d’une statue. e orum uî-même est entré en éthargîe orsque nous e traversons dans sa argeur. À ’approche du mîdî, a chose est cependant normae :
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