Jason et les internautes

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À la fin de Marée Noire au sommet, troisième épisode des aventures de Larchet et de son fidèle coéquipier canin Édison, l’inspecteur se trouvait en fâcheuse posture, en tête-à-tête avec un dérangé du cerveau tendance gravement fêlé.

Pendant que ce brave Adrien tente de se sortir de ce mauvais pas, un tueur en série d’un nouveau genre sévit dans la cité paloise.

Des femmes qui disparaissent, un commissaire qui fulmine, une jeune femme aux prises avec son passé, et un ado qui se croit dans un film de Tarantino, encore une fois, la police paloise va avoir fort à faire pour finalement découvrir une vérité… inattendue !
Publié le : lundi 25 avril 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782374531496
Nombre de pages : 94
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Extrait
— Alors, l’artiste, une idée ?
— Ta gueule ou j’te balance !
Adrien fit mine de ne pas relever et poursuivit :
— Alors là, je suis déçu, déçu, déçu ! Moi qui croyais qu’avec un slibard en matière extensible et deux épingles à nourrice, tu nous fabriquerais un parachute en deux coups de cuillère à pot, vraiment, je suis tout désappointé !
Coincés depuis plusieurs heures au sommet de la grande aiguille d’Ansabère, l’inspecteur Adrien Larchet et son serial killer commençaient à sentir les effets du froid. Adrien avait beau tenter la carte de l’ironie pour donner le change, la vérité était qu’il n’en menait pas large du tout. Mais plutôt crever que de laisser paraître une quelconque émotion au taré qu’il avait face à lui.

De son côté, la première intuition du Commandant Altolaguirre du PGHM1 de Laruns avait été la bonne, lorsqu’il avait envoyé dans la matinée un hélico faire un premier tour des sommets et découvert le seul rescapé, de justesse, de cette folie, Patrick Eyheraburu. Il avait alors compris que si les deux premières victimes avaient été retrouvées, l’une au Balaïtous, l’autre au Grand Gabizos, le tueur était peut-être un de ces serials killers d’un nouveau genre qui tentait de rentrer dans les annales du crime en innovant dans le choix du lieu.

  La nuit allait bientôt tomber et Adrien priait pour que sa disparition ait été remarquée et que la gendarmerie ait l’idée d’envoyer un autre hélicoptère refaire le tour des sommets.
— Dis-toi bien que si t’es encore en vie, c’est uniquement parce que tu peux encore me servir ! grogna Bouvier junior, sur un ton qui trahissait une certaine angoisse.
— J’te préviens, je suis pas comestible ! répondit Adrien en grelottant. Je suis bourré de viandes aux hormones, de maïs transgénique et de potatoes au ketchup. Ah oui ! Et aussi de beurre de cacahuètes, de Nutella graisseux et de Coca bien sirupeux !
Foutu pour foutu, Adrien avait opté pour une discussion décalée sur un ton narquois, histoire de finir sur une note pleine d’ironie et de non-sens, à l’image de son existence tout entière.
Il pria tout de même pour qu’Edison, son fidèle boulet canin resté enfermé dans son quaquatre, use suffisamment ses cordes vocales pour donner l’alerte, parce qu’en matière de volume sonore, le labrador n’avait pas son pareil pour ameuter la population, alors si pour une fois, ça pouvait servir à autre chose qu’à lui attirer des ennuis… À lui sauver la vie, par exemple…
Le tueur des sommets semblait quant à lui avoir perdu de sa superbe. Recroquevillé sur lui-même, il marmonnait, donnant l’impression de réciter sa dernière prière.
— Oh ! L’écolo déglingué ! l’apostropha Adrien, tu nous fais quoi, là ? Tu pleures ton portable que t’as flingué tout à l’heure ?
Lorsqu’Adrien s’était rué sur lui quelques heures plus tôt, faisant tomber tous les cordages dans le vide, le premier réflexe de Bouvier junior avait été de sortir son portable, sans doute pour appeler son paternel, le grand Bouvier faucheur d’OGM, à la rescousse. Il s’était alors liquéfié sur place en constatant que l’écran de son appareil était brisé et que les touches ne répondaient plus.
Adrien sourit en regardant la nuit envelopper doucement les sommets alentour.
— Au départ, tu me faisais plutôt gerber, avec tes airs de donneur de leçon, adepte du « faites comme je dis, pas comme je fais », mais finalement, quand je te regarde, là, maintenant, franchement, t’aurais pas laissé tous ces innocents crever de froid, je te plaindrais presque.
L’autre ne broncha pas et continua à psalmodier.
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