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Jeux Virtuels

De
436 pages

Dans un futur proche, Cameron Ferring apprend que sa propre mère, officiellement décédée quinze ans plus tôt et enterrée au Château de Ferring, vivait en France pendant tout ce temps et y avait créé un institut pour jeunes filles.
S’engage alors une enquête sur ce parent disparu, qui conduira Cameron à découvrir le passé d’une femme mystérieuse et à mettre au jour certains secrets de famille que son père, le Comte Ferring, ne tenait pas à voir ressurgir.
À la fois intrigue policière et roman érotique, Jeux virtuels entraînera le lecteur dans un tourbillon d’aventures pour finir par d’étonnantes révélations sur les personnages.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-72058-0

 

© Edilivre, 2014

Dédicaces

Ecrire est un acte solitaire et personnel dans lequel l’imagination en est le moteur unique. Heureusement, des amis et des proches sont toujours disposés à vous aider dans cette entreprise. Aussi je tiens à remercier ici, toutes celles et tous ceux qui m’ont apporté leurs conseils et avis pendant la réalisation de ce premier roman.

Tout d’abord, un grand merci à Jean-Renaud. Grâce à lui, j’ai remanié complètement une première version qui aurait été bien décevante si elle était restée dans l’état. Pendant plus d’un an, Jean-Renaud m’a éclairé de ses remarques dont j’ai tenu compte et j’ai toujours été attentif et friand de ses commentaires avisés. Je remercie également Christophe qui m’a donné quelques idées sur certains personnages et j’ai fait tout mon possible pour les y intégrer. Jean-Marie, par ses conseils sur le rythme des phrases et les expressions. Je remercie aussi mon épouse, Patricia qui a su me diriger pour mieux appréhender les réactions féminines, car un homme ne peut aucunement se glisser dans la peau d’une femme. Je tiens aussi à remercier Melissa, qui par son caractère exacerbé et à fleur de peau m’a inspiré quelques fois.

Un grand merci à tous ces aimables lecteurs qui ont apprécié mes écrits sur internet et m’ont décidé à me lancer dans cette aventure…

Yann.

Chapitre 1
Lian

Février 2011 : Chine, Shanghai.

Lian détale à travers le labyrinthe des plantes entremêlées de la jungle qui n’en finissent pas de lui barrer le chemin. Le soleil décline lentement, semblant se noyer dans l’horizon. Cela fait une éternité qu’elle patauge dans ces marécages fétides. Les hurlements des chiens résonnent au lointain. Il est évident que, quoi qu’elle fasse, les hommes lancés à sa poursuite n’abandonneront pas la recherche. Haletante, elle continue de courir, insensible à la fatigue qui la gagne. Leur échapper lui semble de plus en plus improbable. Ses compagnons ont disparu l’un après l’autre et elle reste la dernière survivante alors que la nuit s’empare peu à peu du relief.

*
* *

Les quatre adolescents s’étaient réveillés deux jours plus tôt au bord d’une rizière, hagards et complètement nus. Perdus au milieu des champs, ils ne comprenaient pas comment ils s’étaient retrouvés là. Leurs souvenirs étaient confus, leur mémoire ne leur donnait aucune indication. Ils étaient incapables de se rappeler d’où ils venaient, ni qui ils étaient vraiment. Ils se regardaient, interdits, muets de stupeur. Que leur était-il arrivé ?

Lian était la seule fille du groupe. Âgée de seize ans, son corps filiforme et musclé lui donnait un air gracile et plaisant. Elle était assise face à ses amis, projetant son regard de l’un à l’autre. Ses yeux en amande brillaient comme deux billes noires au milieu de son visage triangulaire. Ses petits seins étaient dressés par le froid. Trop ébahie, elle ne cherchait même pas à se couvrir à la vue de ses compagnons.

Chang avait dix-sept ans et était certainement le plus téméraire d’entre eux. Moins grand que les autres, avec un corps rond et peu habitué aux longs efforts physiques, il était naturellement maladroit et trébuchait régulièrement à la moindre aspérité du sol. Plus jeune, ses formes rondelettes faisaient de lui la risée de ses camarades d’école. Même son visage ressemblait à un ballon, dont seuls, ses petits yeux rapprochés émergeaient de curieuse façon au-dessus de son nez tout plat.

Zou était plus longiligne. Âgé de quinze ans, ses interminables jambes aux articulations fines lui donnaient un air dégingandé. Même sa tête d’où s’échappaient deux minuscules oreilles toutes plates, était taillée en forme de lame de couteau. Il avait toujours aimé l’athlétisme et la course à pied, jetant dans ce sport toute l’énergie dont il était capable. Il semblait être totalement dérouté de se retrouver ainsi au milieu des champs et restait immobile à contempler ses amis et les collines qui les entouraient.

Xun avait quatorze ans et était originaire du même village que Lian. Ils se connaissaient depuis leur plus jeune âge. Plus grand qu’elle et d’un caractère enjoué, il avait toujours un mot pour rire ou une blague à faire. Il était recroquevillé, couché en chien de fusil et faisait semblant de dormir. Ses longs cheveux étaient rabattus et formaient comme un rideau de soie noire sur ses yeux. Sa tête reposait sur son bras replié et il n’avait sans doute pas encore réalisé où il se trouvait.

*
* *

Ayant pris naturellement le commandement, Chang leur proposa de trouver des vêtements pour se couvrir. Ils secouèrent Xun qui se releva en titubant et en riant avant de se mettre en route. Ils marchèrent plus d’une heure avant d’apercevoir les toits de quelques maisons. Ils s’approchèrent du village accroché à flanc de colline. Tout semblait désert. Les jeunes se séparèrent pour avancer en silence jusqu’à la première habitation. Lian se dressa sur la pointe des pieds pour jeter un coup d’œil par la fenêtre. La pièce était vide et elle fit signe aux autres de la rejoindre. Chang ouvrit la porte et entra. Il ressortit deux minutes plus tard avec des fruits et quelques boulettes de viande. Les enfants passèrent à la seconde maison. Encore une fois, ce fut Chang qui fouilla les placards. Il y trouva quelques habits qu’ils s’empressèrent de se partager avant de s’enfuir en courant. Lian avait récupéré un short noir et une chemisette verte. Chang avait enfilé une veste kaki et un pantalon de toile qu’il accrocha avec une ficelle en guise de ceinture. Xun et Zou écopèrent de simples débardeurs troués et de bermudas trop grands.

Sans se retourner tout en dévorant leurs provisions, ils empruntèrent un chemin pour s’éloigner du village. A peine avaient-ils parcouru une centaine de mètres qu’ils aperçurent des hommes qui venaient dans leur direction. Immédiatement, ils quittèrent la piste pour emprunter un sentier qui montait à travers la végétation. Ils le suivirent un moment pour se cacher, le temps que le groupe de paysans les dépasse. Les gamins étaient morts de peur en observant les hommes passer si près deux. Ils attendirent de ne plus les entendre pour sortir de leur cachette, redescendre sur le chemin et s’enfuir en courant sans demander leur reste. Un peu plus loin, ils trouvèrent une rivière qu’ils traversèrent à gué. L’eau leur arrivait au niveau de la ceinture et ils s’aidèrent mutuellement pour franchir le torrent. Une fois de l’autre côté, les gosses montèrent au sommet de la colline pour suivre la crête vers le sud. C’est là qu’ils se rendirent compte qu’ils étaient poursuivis. Les hurlements d’une meute de chiens résonnaient dans la vallée en contrebas.

*
* *

Lian développe maintenant toute la puissance de ses longues jambes musclées. Ses cheveux noirs battent en cadence sur ses tempes. Ses habits déchirés laissent apercevoir sa peau luisante sous la transpiration. Elle repense à son ami Chang. Depuis des heures, il avait de plus en plus de peine à les suivre et les ralentissait. Cela devint encore plus pénible lorsqu’il fallut gravir ce chemin à flanc de montagne où ils avaient bien du mal à trouver l’équilibre sur ces pierres glissantes. Ce fût encore plus difficile quand le sentier se réduisit à un minuscule espace où ils durent s’accrocher à la paroi pour continuer d’avancer. C’est sur ce chemin que Chang glissa. Son hurlement déchire encore les tympans de Lian. Ils essayèrent de descendre le long du précipice en se faisant une chaîne main dans la main. Mais les multiples éboulis de pierres les obligèrent à renoncer à le secourir. Impuissants, ils ont observé son corps disloqué en contrebas avant de continuer leur route. De toute façon, il était trop tard pour lui venir en aide. Accablés par la disparition de leur ami, ils repartirent la tête basse, toujours sous la menace de plus en plus présente de leurs poursuivants.

Un peu plus tard, Xun s’est brutalement effondré. C’était le plus faible du groupe. Un peu frêle, il peinait de plus en plus pour suivre le rythme imposé par Lian et Zou. Quand il tomba une première fois, ils le relevèrent et l’aidèrent un moment, le soutenant du mieux qu’ils le pouvaient. Ils parcoururent ainsi plus d’un kilomètre. Leurs poursuivants se rapprochaient inexorablement. Alors Xun a rassemblé le reste de ses forces et les a suppliés de l’abandonner. Comprenant que leur ami serait incapable d’aller plus loin, ils l’ont quitté après l’avoir serré une dernière fois dans leurs bras. Une dizaine de minutes plus tard, ils entendirent les chiens hurler et se déchaîner. Ce fût l’ultime combat de leur ami. Lian et Zou repartirent en pleurs. Leurs larmes obstruaient leur vue et leur démarche devint incertaine. Mais les jappements de la meute lancée à leurs trousses les incitèrent à accélérer. Ils coururent, infatigables comme ils le faisaient encore il a si peu de temps, pour le plaisir et la compétition.

Zou était son dernier compagnon et c’est par amour qu’il se sacrifia pour elle. Il s’arrêta brusquement, la regarda dans les yeux puis fit demi-tour sans un mot. Quelques minutes plus tard, elle entendit les chiens se battre et les hommes brailler pour les maîtriser. Puis le silence envahit l’espace.

Maintenant, l’esprit vif de Lian cherche à élaborer un plan pour se soustraire à ses poursuivants. Ses muscles, douloureux à force d’être sollicités, ne répondent presque plus mais ses nerfs surexcités décuplent sa perception. Elle déboule le long du petit sentier qui serpente au flanc de la falaise pour se retrouver dans un espace touffu et verdoyant. Son short, lacéré en plusieurs endroits laisse apparaître sa peau meurtrie. De larges estafilades sont visibles dans les lambeaux de sa chemisette. Ses vêtements sont en loques à force d’être déchirés par les ronces et les piquants acérés des arbustes. Au bord de l’épuisement, elle cherche désespérément un moyen de leur échapper alors que les marais sont là, hostiles et profonds. Chaque bruit la fait sursauter et elle sent la meute se rapprocher. Elle sait qu’elle ne pourra plus tenir longtemps à moins d’un miracle. Sans hésiter, elle se jette dans la lagune. Elle progresse difficilement. L’eau lui arrive à la taille et elle se déplace presque en nageant. Ses hardes lui collent à la peau et ses pieds nus s’enlisent dans la boue fétide alors que des parasites s’agrippent un peu partout sur elle. Si elle parvient à rejoindre ces roseaux, peut-être a-t-elle une chance de leur échapper…

Dans un effort surhumain, elle écarte les longues tiges alors qu’elle découvre en contre-jour, les hommes et les chiens déboucher sur l’autre rive. Le plus doucement possible, Lian s’avance entre les hautes branches flexibles, casse l’un des roseaux et se laisse glisser au fond de l’eau…

*
* *

Dans le laboratoire baigné d’une lumière vive, deux chercheurs s’activent auprès des appareils de contrôle pendant qu’un autre s’approche des corps inertes des quatre adolescents allongés sur leurs couchettes. Un casque à la visière opaque recouvre intégralement leur tête. Des cordons y sont raccordés et serpentent jusqu’aux ordinateurs situés derrière eux. Le médecin-chef vérifie une fois de plus le branchement des perfusions. Les courbes des moniteurs de surveillance des trois premiers sont pratiquement plates. Seule, la jeune fille paraît encore résister mais ses capteurs révèlent son extrême faiblesse et ses heures semblent comptées.

Par la vitre sécurisée face au laboratoire, un homme corpulent en costume blanc observe les gestes minutieux des spécialistes en tenue protectrice et hermétique dont la buée s’amoncelle sur la visière en plexiglas. Cela fait des mois qu’ils tentent de mettre au point ce procédé. Il leur faut impérativement réussir. Maître Cheng s’y est engagé auprès de la firme anglaise dont ils doivent tester le nouveau processeur. Aucune de leurs expérimentations n’ont encore abouties et cette dernière tentative ne semble pas plus concluante que les précédentes. Même si les nouveaux nanocytes fonctionnent parfaitement, ils finissent par épuiser les cobayes et les anéantir.

Mais cette Lian semble déployer une aptitude certaine pour déjouer tous les pièges qu’ils sèment sur sa route. Sur l’écran géant, ils ont suivi sa progression depuis deux jours. Elle résiste à toutes les embûches. C’est une survivante ! Il est tout à fait possible que pour la première fois, l’expérience soit concluante. Il semblerait que les nano-capsules se soient correctement accordées à son système nerveux. Mais il faut encore la sauver et l’extraire du champ virtuel dans lequel elle se débat encore.

De l’extérieur, Cheng Shui Khan fait un signe au médecin-chef. Le biologiste l’aperçoit et lui répond qu’il le rejoint tout de suite. Une fois dans le sas, le chercheur se débarrasse de sa combinaison et de son masque pour retrouver Maître Cheng qu’il salue et suit jusqu’à son bureau.

– Où en sommes-nous ?

– La fille se défend, comme vous avez pu le constater.

– Il faut impérativement la sauver. Nous devons comprendre pour quelles raisons elle résiste. Faîtes la sortir !

– Vous savez que c’est impossible, on ne peut pas interférer…

– Créez une porte ! Trouvez une solution, ramenez là ! Son examen est primordial.

– Maître Cheng, j’entends vos ordres. Nous allons la récupérer. Créer une porte semble être une bonne idée. Je vais lui en présenter une qu’elle pourra emprunter. Nous allons la sauver. Je leur communique tout de suite cette géniale idée. Heng s’empare de l’intercom :

– Tsaï Shen, Maître Cheng vient de suggérer de générer une porte pour l’aider à franchir le concept.

– Ce n’est pas impossible. Il faut faire vite, ses paramètres chutent rapidement.

– Arrêtez immédiatement la traque ! Laissez-lui du répit. Elle doit absolument s’en sortir. Nous devons l’examiner pour comprendre pourquoi elle est encore en vie.

Heng raccroche le combiné et retourne vers le sas du laboratoire. Par la grande vitre, Cheng observe Tsaï Shen se pencher sur l’ordinateur pour y entrer une série de données. Sur l’écran, les hommes et les chiens disparaissent alors que le calme de la nuit envahit le marais.

*
* *

Sur la berge, une cabane de pêcheur apparaît progressivement dans la brume. Il faut peu de temps pour que la tête de Lian sorte de l’eau. Un rapide coup d’œil en direction de la rive opposée lui fait comprendre que ses poursuivants ont rebroussé chemin. Non loin de là, elle distingue les murs de bambou d’une cabane. Elle ne se rappelle pas l’avoir vue quand elle s’est réfugiée dans les roseaux. Mais peu importe, peut-être y trouvera-t-elle de quoi manger et boire. Avec d’infinies précautions, elle sort de l’eau putride. De la boue lui colle à la peau. Ses pieds s’enfoncent profondément quand elle sort du marécage. Elle se débarrasse rapidement des parasites qui se sont collés à ses jambes et, épuisée, gagne la cabane dont elle pousse la porte.

A l’intérieur, s’entassent pêle-mêle des filets et des accessoires de pêche, lui rappelant son enfance. Ses yeux scrutent l’espace dans l’espoir d’y découvrir de quoi se restaurer mais elle ne trouve rien. Au bord de l’évanouissement, elle retourne à la fenêtre pour guetter ses poursuivants, mais ils ont disparu. Même les chiens se sont tus. Seul le piaillement incessant des oiseaux vient déchirer le silence de la jungle dont la nuit s’accapare chaque branche de végétation de plus en plus voracement. Malgré sa fatigue, elle décide de fouiller chaque recoin de la baraque. Dans le foyer éteint, elle trouve des restes de porc, mélangés avec quelques bouts de charbon de bois imbibés de graisse. N’y tenant plus, elle ramasse ces miettes et lèche comme une friandise les morceaux de bois tout en surveillant d’un œil, le moindre mouvement suspect par la fenêtre. L’ombre a envahi les abords pour laisser la place à une nuit opaque. Dans le fond de la cabane, elle remarque une autre porte. Avec prudence, elle se dirige vers ce qui pourrait être une réserve. Lian s’évanouit au moment où elle ouvre la porte sur un tout autre univers…

Le premier appareil combinant ADN et monde virtuel fonctionne enfin. Lian serait la première à surmonter la liaison des nanocytes avec le système nerveux mais il restera à comprendre pourquoi elle, y a survécu…

*
* *

Lian est une survivante. Lorsqu’elle avait quatre ans, son village a été détruit à la suite du séisme qui a secoué la province de Quinghai. En quelques minutes, un torrent de boue a balayé toutes les maisons. Son école, la bâtisse la plus robuste du village, n’y a pas résisté. Elle a vu son toit se plier et disparaître, emporté par le flot jaunâtre qui dévalait de la montagne. Les autres maisons, plus petites et construites en bambou ont été englouties dans les flots. Elle les a regardé se tortiller, s’effondrer et disparaître. Les bêtes et les hommes suivaient, entraînés par les flots, apparaissant de temps en temps à la surface pour être avalés un peu plus loin par les tourbillons. Eux, ont eu beaucoup de chance. Leur classe, emmenée par leur maîtresse Li Mei, était sur la rive opposée pour une sortie d’étude naturelle. Lorsque le grondement sourd de la terre en colère s’est fait entendre et que la vibration du sol s’est amplifiée au point de devenir une multitude de secousses continues qui les ont fait tomber, ils n’ont pas tout de suite compris qu’ils avaient affaire à un tremblement de terre. A quatre ans, on ne peut pas imaginer ce qui se passe. Ils sont restés plusieurs heures à attendre que la terre se calme et que le torrent de boue s’apaise. Dans l’après-midi, alors que le sol vibrait encore faiblement par moment, ils sont redescendus dans la vallée. Il ne restait rien de leur village. Les maisons avaient toutes disparu et les champs n’existaient plus. Le bétail n’était plus là. A leur place, une boue brune et collante recouvrait tout. A la tombée de la nuit, Li Mei et les onze enfants ont ramassé tout ce qu’ils ont pu trouver pour se faire un abri. Les plus jeunes, à peine âgés de trois ans ont cueilli des pousses et des baies. Li Mei a fait du feu pour les réchauffer et éloigner les prédateurs. Le lendemain, quelques survivants les ont rejoints. Ils avaient été emportés à plusieurs kilomètres de là et avaient miraculeusement survécu. Ils avaient tout perdu.

Une semaine plus tard, les secours et l’armée prenaient le relais. Certains d’entre eux ont été dirigés vers les centres d’accueil où les plus chanceux ont retrouvé leurs familles. Lian et deux de ses amis, Xun et Zou, sont partis pour l’orphelinat de Feng Shui. Ils y sont restés une dizaine d’années. Lian servait à la blanchisserie, ses amis aux travaux des champs.

A quinze ans, elle est devenue une jolie jeune fille. Petite, son visage triangulaire est encadré par une adorable chevelure aile de corbeau. Ses yeux en amande, aussi sombres que la nuit, vous détaillent jusqu’au fond de l’âme quand elle ne comprend pas ou qu’un doute lui vient.

Six mois plus tard, deux gros véhicules tout-terrain se garaient à l’entrée de l’orphelinat et les emportaient vers une destination inconnue.

Chapitre 2
Le comte ferring

Mars 2010 : Angleterre, Château de Tylney.

Assis derrière son bureau style empire, l’homme âgé d’une quarantaine d’années, semble indécis sur ce qu’il doit entreprendre. Ses cheveux blonds sont soigneusement coiffés alors que ses tempes attestent de quelques pointes plus claires. Son visage harmonieux et aristocratique dégage une force tranquille. Ses yeux sont d’un bleu très clair presque translucide et scrutent les papiers étalés devant lui. Habillé d’un costume de velours beige côtelé dont les coudes sont recouverts d’une protection de cuir, il porte un sous-pull blanc à col montant, fermé par une broche en or. Il note quelques remarques dans la marge d’un épais document d’une écriture fine et soignée de son stylo-plume Mont-blanc. Le Comte Ferring n’a jamais pu s’habituer aux rollers ou aux stylobilles et il aime entendre le crissement de la plume sur le papier. Il examine avec une attention toute particulière les notes concernant le consortium de Shanghai. Un détail concernant leurs derniers investissements le laisse perplexe. Leur budget a explosé avec l’achat de matériel informatique et de processeurs haut de gamme. Rien, dans les comptes prévisionnels ne le laissait présager. Le Comte se lève pour aller contempler par la grande baie vitrée, le jardin à la française encore noyé dans la brume matinale. C’est tout juste si l’on aperçoit les jets d’eau du bassin central. Tout en réfléchissant, il se rend compte qu’il s’est toujours méfié de Cheng Shui Khan, le patron de la firme de Shanghai. Bien qu’ils se soient rencontrés à plusieurs reprises, le courant n’est jamais passé entre eux. Il a fallu toute la diplomatie de Lord Kingsley et de John Stanford pour que les négociations entre leurs compagnies aboutissent.

Lors de leur dernière entrevue, Cheng s’était engagé à fournir deux prototypes d’holo-net, le nouveau système qui révolutionnera la communication mondiale. Il est même question que l’on en ressente les émotions et les sensations. Les ingénieurs de la Net-Corporation y travaillaient depuis plusieurs mois sans grands résultats. Leur accord porte sur le nouveau processeur ultra rapide que la Net-Corporation a mis au point et dont les calculs sont deux cent fois plus rapides qu’avec un calculateur standard.

Las de son examen du jardin, le Comte se tourne vers son bureau et saisit son mobile. Rapidement, il compose le numéro de son fidèle ami et enquêteur de la Net-Corporation.

– Alvin, Je parcours votre rapport. Pouvez-vous venir rapidement ?

– …

– En fin de matinée. Onze heures, parfait. J’aimerais que vous vous expliquiez devant Kingsley et Stanford au sujet de Shanghai.

Le Comte reste pensif, puis appelle John Stanford, le patron de la branche informatique et communication de la Net-Corporation. Rapidement, les deux hommes se mettent d’accord. John sera là dans moins d’une heure. Quant à Lord Kingsley, c’est une autre affaire. Il n’est pas joignable. L’heure matinale y est certainement pour beaucoup. Déçu, le Comte lui laisse un message. Kingsley fait pourtant partie du conseil d’administration, mais l’homme préfère les festivités et use sa vie par les deux bouts. Ne ménageant jamais ses peines pour les femmes, l’alcool et la bonne chair.

*
* *

Alexander, le majordome de la maison, fait entrer John Stanford dans le bureau du Comte. C’est un homme d’âge mûr, plus grand que la moyenne. Une peau mate et un teint hâlé, bien mis en valeur par la chemise blanche sur son costume anthracite. Les tempes sont légèrement grisonnantes et son regard est franc et direct. C’est le genre d’homme qui impressionne beaucoup, sûr que rien ne peut lui résister. Le Comte lui fait signe de s’asseoir dans le fauteuil, face à son bureau. A peine installé, Edward Ferring l’interpelle :

– John, jetez un coup d’œil sur le rapport d’Alvin concernant Shanghai et dîtes-moi ce que vous en pensez en attendant que Lord Kingsley vienne nous rejoindre. J’y ai noté quelques remarques.

Stanford s’empare du document et le parcourt avec attention. En attendant, le Comte retourne se poster devant la porte-fenêtre et contemple les jets du bassin, maintenant sortis de la brume. John repose le rapport sur le bureau et attend qu’Edward se tourne pour lui dire :

– Ces comptes sont-ils vraiment justes ?

– Il semblerait… Alvin nous en dira un peu plus dans quelques instants. Que pouvez-vous me dire sur Cheng Shui Khan ?

– C’est un requin habile et dangereux, doublé d’un singe maléfique ! Je n’ai aucune confiance en lui. Toutefois, il est totalement accro au jeu et surtout aux belles femmes. Son fils Kuan-Ti représente tout pour lui. Je pense que c’est sa faiblesse.

– Quel âge a ce gamin ?

– Dix-sept, peut-être dix-huit ans. Il paraît plus. Très mature et très cultivé. Shui Khan espère lui confier sa succession.

La porte s’ouvre sur le corps rondouillard de Lord Kingsley, visiblement tiré d’une partie de golf. Sa tête ronde est couverte d’une casquette à visière qui dissimule à peine l’opulence de ses cheveux blonds. Il a une quarantaine d’années et son regard vif se pose tour à tour sur Stanford, puis sur le Comte.

– J’espère que la raison de ton appel est suffisamment valable pour me faire abandonner mon treizième trou, alors que je menais devant ce crétin de Fairbanks…

– Bonjour, Charles. Je pense que ta journée est foutue…

Lord Kingsley le regarde d’un œil incrédule, attendant la suite.

– Je crains que Shanghai ne nous pourrisse la vie, confirme le Comte en lui tendant le rapport d’Alvin.

Kingsley repose immédiatement le dossier sur le bureau avec un air de dédain.

– Tu sais très bien que je n’y comprends rien… Qu’en dîtes-vous, John.

– Ils nous cachent quelque chose. Mais quoi ? Répond celui-ci en reprenant le dossier. Plusieurs centaines de dizaines de milliers de dollars pour l’achat de matériel informatique, sans aucune explication. C’est plus que louche. Regardez ce bilan…

Lord Kingsley lui prend le rapport des mains et examine les chiffres que lui montre Stanford.

– Que comptes-tu faire ?

– Attendons Alvin. S’il le faut nous l’enverrons là-bas… Propose le Comte.

– Excusez-moi, les interrompt John, connaissant Cheng Shui Khan, je ne pense pas qu’Alvin puisse nous renseigner. Il faut être beaucoup plus fin que cela. L’autre n’est pas né de la dernière pluie.

– Que proposez-vous, interroge Edward ?

Ils sont interrompus par le majordome qui frappe à la porte du bureau et entre pour annoncer l’arrivée d’Alvin Griffith.

L’homme, d’une cinquantaine d’année est vêtu d’un ensemble en tweed. Il pourrait passer inaperçu dans bien des endroits tant sa physionomie est banale. C’est monsieur tout le monde incarné. Très discret, il salut les trois hommes avant de prendre place, face à eux.

– Alvin, merci d’être venu aussi vite. Je ne te présente pas John Stanford, notre Directeur londonien et Lord Kingsley, mon fidèle et précieux ami de toujours, précise le Comte. Je t’en prie, assieds-toi. Nous parlions de Cheng Shui Khan… Qu’en penses-tu ?

– Un type dangereux, certainement associé à la triade de la bande verte. Je le soupçonne même d’en être l’éventail de papier, le trésorier en quelque sorte. Pour en revenir à ce rapport, ou ces comptes sont faux, ou il nous manipule. Il faudrait savoir à quoi peut bien lui servir tout ce matériel. L’ennui, c’est qu’il me connaît. Il faudrait être plus rusé que lui pour lui tirer les vers du nez. Peut-être prétexter une négociation et…

– Oui… ? Attend le Comte.

– Lui mettre un appât dans les pattes… Quelqu’un de doué. Il est, comment dire, très porté sur les femmes, poursuit Alvin.

– Oui, mais où trouver l’oiseau rare. En plus, une anglaise, il se méfierait aussitôt, remarque Lord Kingsley.

– John, quand dois-tu rencontrer les français pour les réseaux de communication ? demande le Comte.

– En principe, les négociations de fusion avec notre branche télécom pour le lancement de l’holo-net en France ne sont pas prévues avant le mois prochain. Nous avons une première entrevue dans quinze jours.

– John, dès la fin de la semaine, tu vas aller là-bas avec Alvin et trouver une personne de confiance. Les françaises sont réputées pour être de jolies femmes. Il faudrait que Cheng Shui Khan soit sensible à son charme.

– Si ce n’est pas lui, on peut toujours tenter avec son fils, propose Kingsley.

– Je contacte Shanghai pour lancer les négociations. Qu’en pensez-vous ?

– Et lui mettre notre espionne entre les mains alors que nous ne l’avons pas encore. Ce n’est pas aller un peu vite ? S’inquiète John.

– Cela nous laisse trois ou quatre mois. C’est plus qu’il nous en faut, dit le Comte en se levant pour se diriger vers la fenêtre et se placer en contrejour, face à ses interlocuteurs.

– Alvin, tu commences les recherches auprès de la firme française et tu fais une sélection de jeunes femmes susceptibles de nous intéresser. John, tu te charges de trouver la meilleure candidate. Ensuite tu l’accompagneras en Chine, ordonne le Comte.

– Et moi ? Demande Lord Kingsley.

– Toi, Charles, tu vas m’aider à préparer la formation de cette fille. Elle doit nous être totalement dévouée en moins de deux mois. Je compte sur toi pour organiser tout ce qu’il faut pour cela. Je te sais assez retord. Tu as quartier libre.

Chapitre 3
Christopher

Mars 2034 : Angleterre, Château de Tylney.

C’est par une agréable journée de printemps ensoleillée que les deux adolescents se sont donné rendez-vous. Leurs chevaux galopent sur la plage déserte, projetant des volées de sable derrière eux. Les sabots soulèvent des nuages d’écume lorsqu’ils s’approchent de l’eau. Voilà plus d’une heure que Christopher essaye de rester à la hauteur de Sophie. Sur sa jument à la robe crème, elle se joue de tous les obstacles. Lui, moins habile sur son hongre brun et noir, a de plus en plus de mal à la suivre. Parfois elle le nargue, l’attendant pour le seul plaisir de le distancer à nouveau. Lorsqu’ils s’arrêtent enfin, Christopher amène son pur-sang contre le flanc du cheval de Sophie pour lui dire un mot. Mais elle se tourne en riant et relance sa monture au galop. Sa chevelure rousse aux boucles dorées bat sur ses épaules. Levée sur les étriers, elle flatte l’encolure de sa jument pour l’encourager à accélérer, tout en jetant des coups d’œil derrière elle pour surveiller son ami. Son blouson cintré fait ressortir la finesse de sa taille et son blue-jean serré, les rondeurs de ses hanches. Elle est déjà loin quand il s’élance enfin.

Elle oblique brusquement en direction de la forêt et disparaît à ses yeux. Il hésite quelques secondes, puis continue la poursuite, mais abandonne rapidement. Voyant qu’il ne la suit plus, elle ne tarde pas à faire demi-tour pour le retrouver.

L’île fait cinq ou six kilomètres de long pour moins de deux de large. La longue plage de sable doré est orientée plein sud, bordée à l’est par une paroi de granite d’une trentaine de mètres et à l’ouest par une falaise abrupte pratiquement infranchissable. Plusieurs chemins s’enfoncent vers l’intérieur mais ils se perdent rapidement dans un dédale végétal pour grimper vers les pics volcaniques qui dominent au nord. L’un d’eux, qu’ils aiment emprunter, se transforme en un simple sentier puis mène à une petite crique enclavée dans la montagne d’où s’échappe une cascade. L’eau forme alors une réserve fraîche et limpide qui s’écoule à travers quelques rochers pour former un ruisseau. De larges pierres plates surplombent le site et miroitent au soleil. En face, une petite plage de sable s’enfonce doucement dans l’eau. Une grotte, pratiquement invisible, se cache sous la cascade et se perd dans la roche pour se terminer par une salle en forme de fer à cheval.

Christopher prend le chemin qui mène à la cascade. Il attache le licol de son cheval à un arbre et s’engage à pied sur la sente. Il entend Sophie arriver quand il tourne au premier virage. Pour jouer, il continue encore quelques mètres. Bientôt, elle le rejoint et se jette à son cou. Ils s’embrassent et montent en courant jusqu’à la cascade où ils plongent après avoir jeté leurs habits. L’eau fraîche les saisit et ils nagent le plus rapidement possible jusqu’à la rive pour monter sur les rochers et se faire sécher au soleil.

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Ils se sont rencontrés deux mois plus tôt au Liberty. C’est là que la jeunesse se retrouve pour faire la fête. Ce soir là, Sophie s’était laissée convaincre par sa meilleure amie de l’accompagner.

Elles sont nues toutes les deux dans le petit vestiaire aux parois grises et froides d’où elles viennent de se matérialiser après s’être connectées. Laurianne présente à Sophie une petite robe faite de plaques métalliques sur laquelle danse un ciel rempli d’étoiles. Conquise, elle la passe aussitôt. Son amie opte pour une minijupe jaune citron et un top aux couleurs arc-en-ciel changeantes au gré de ses mouvements. Une paire de bottines à semelles compensées complète sa tenue. Sophie préfère des ballerines argentées, mieux assorties à sa robe. Une fois prêtes, les deux amies franchissent l’écran-porte du vestiaire qui se dissipe sur leur passage pour réapparaître dès qu’elles se retrouvent de l’autre côté. Une multitude de gens arpente le couloir en tous sens. Ils sortent et rentrent, disparaissant ou apparaissant par les portes-écran, soit pour retourner chez eux, soit pour se diriger vers la salle centrale du Liberty. La cohue y est bruyante et disparate. Laurianne et Sophie suivent le flot des visiteurs et arrivent face à quelques marches qui montent vers un sas d’où fuse de la lumière et du bruit. Une fois les portes battantes franchies, ce que découvre Sophie est sidérant. L’espace est impressionnant : Un gigantesque dôme transparent recouvre l’espace où des milliers de personnes se bousculent et dansent, entraînés par une musique assourdissante. Un balcon de plus d’un kilomètre de circonférence fait tout le tour de la salle et des d’ascenseurs en verre y montent et y descendent, emportant des grappes humaines dans leurs flancs. Des scènes de spectacle sont régulièrement réparties et sont assaillies de monde. Un bar de la forme d’une énorme étoile occupe le centre de la salle. La musique incite les gens à danser tandis que des flashs laser et des éclairs multicolores zèbrent l’espace. D’immenses hologrammes des chanteurs sont projetés dans les airs. Les deux amies traversent la cohue pour accéder au bar en se faisant bousculer. Elles arrivent tout de même à trouver un petit espace libre et s’assoient sur les hauts tabourets, attendant qu’on les serve.

Le Liberty est un lieu où tout est permis. Aucune règle, chacun s’adonne à ses envies, ses débauches ou débordements en tous genres. La musique y est assourdissante et les gens dansent sous les lumières laser et spots multicolores. Certains sont même pratiquement nus, peut-être par pure provocation.

C’est le lieu de débauche de Virgocity, la ville du monde virtuel que la Net-Corporation a imaginée et conçue. La discothèque regorge d’un monde bariolé et bruyant. Des scènes, des cages de verre ou de métal, des rampes, des barres sont occupés par danseurs et danseuses pratiquement nus. Sur la mezzanine se trouve des portes aux couleurs chamarrées. Chacune d’elle débouche sur un univers différent où tout y est possible. Ici, on se bat à mort sur un ring, galvanisé par les cris et les encouragements des spectateurs. Ailleurs, on se massacre à coup d’armes à feu qui ont depuis longtemps disparues ou à l’aide d’armes du moyen-âge. Derrière cette autre porte se trouve la salle des drogues sous toutes leurs formes. Ailleurs, des bandes s’affrontent à mains nues sur d’immense matelas ou des paris sont engagés par des bookmakers. Derrière cette autre porte, se trouve une immense salle salle où l’on y joue des scènes historiques, souvent sanglantes. Ou encore celle-ci, où l’on sacrifie des filles dans un délire paranoïaque. Mais d’autres peuvent déboucher sur des univers féériques ou merveilleux. Chaque porte a une couleur bien définie qui permet de s’y retrouver. C’est un endroit de folie, que le Comte Edward Ferring, le patron de la Net-Corporation, était certainement loin d’imaginer en concevant l’holo-net, le communicateur virtuel. D’habiles hackers ont confectionné cet univers qui ne peut plus être annihilé. A chaque fois que les ingénieurs de la Net-Corporation essayent de le détruire, Liberty renaît, plus fou et fantasque que la fois précédente. C’est le rendez-vous mondial de la jeunesse. C’est là qu’on se rencontre. C’est là que l’on y découvre les plaisirs, la vie, la mort. C’est là que Christopher a rencontré Sophie.

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Elle est assise...