Journal d'un corps

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Mercredi 18 novembre 1936
Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d'autre chose.
(13 ans, 1 mois, 8 jours)
Jeudi 10 janvier 1974
Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d'abord aux femmes. En retour, j'aimerais lire le journal qu'une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin du mystère. En quoi consiste le mystère? En ceci par exemple qu'un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l'encombrement de leur sexe.
(50 ans et 3 mois)
Lundi 26 juillet 2010
Nous sommes jusqu'au bout l'enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.
(86 ans, 9 mois, 16 jours)
De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.
Publié le : jeudi 27 février 2014
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EAN13 : 9782072526350
Nombre de pages : 452
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Daniel Pennac Journal d’un corps
c o l l e c t i o n f o l i o
DàîÉ PÉàç
Jôûrà ’û çôrps
é d i t i o n a u g m e n t é e
Gàîàr
©Éditions Gallimard, 2012 et 2014.
Couverture : Dessin de Tardi réalisé pour une montre éditée par la Galerie Papiers Gras à Genève.
DàîÉ PÉàç, É sô vràî ô DàîÉ PÉàççhîôî, És  Ér É 1 çÉbrÉ 1944 â Càsàbàçà, àû Màrôç. I És É qûàrîÉ É ÉrîÉr ’ûÉ rîbû É àrÇôs. Sô prÉ És îîàîrÉ. Là àîÉ É sûî às sÉs pàçÉÉs â ’ràÉr – ArîqûÉ, AsîÉ, EûrôpÉ – É É FràçÉ, ôàÉ às É vîàÉ É Là CôÉsûrLôûp, às És ApÉsMàrîîÉs. Qûà î vôqûÉ sô prÉ, î ’àssîîÉ â à ÉçûrÉ : « Pôûr ôî, É pàîsîr É à ÉçûrÉ És î àû rîÉàû É ûÉ ô ô prÉ s’Éôûràî pôûr îrÉ sÉs îvrÉs. E î ’àÉàî qû’ûÉ çhôsÉ, ç’És qû’ô vîÉÉ àûôûr É ûî, qû’ô s’îsàÉ É qû’ô îsÉ àvÉç ûî, É ç’És çÉ qûÉ ôûs àîsîôs. » DàîÉ pàssÉ ûÉ pàrîÉ É sà sçô àrî É îÉrà, É rÉrà çhÉz ûî qû’É î É rîÉsrÉ. DÉ sÉs àÉs ’çôÉ î ràçôÉ : « Môî, j’àîs û àûvàîs vÉ, pÉrsûà qûÉ jÉ ’àûràîs jààîs É bàç. » TôûÉôîs, ráçÉ â sÉs àÉs ’îÉrà, î à prîs ôÛ â à ÉçûrÉ. O ’y pÉr Éàî pàs àûx Éàs É îrÉ, çôÉ î ’vôqûÉ àsComme un romanE sôrÉ qûÉ îrÉ àî àôrs û àçÉ sûbvÉrsî. À: « à çôûvÉrÉ û rôà s’àjôûàî ’Éxçîàîô É à sôbîs sàçÉ… » SÉs ûÉs É ÉrÉs É É â ’ÉsÉîÉÉ, É 1969 â 1995, É çôÉ pûîs É yçÉ, â Sôîssôs É â Pàrîs. Sô prÉîÉr îvrÉ, çrî É 1973 àprs sô sÉrvîçÉ îîàîrÉ, És û pàphÉ qûî s’ààqûÉ àûx ràs yhÉs çôsîûà ’ÉssÉîÉ û sÉrvîçÉ àîôà : ’àî, à vîrîî, à àûrî. I ÉvîÉ àôrs DàîÉ PÉàç, çhàÉà sô ô pôûr É pàs pôrÉr prjûîçÉ â sô prÉ. E 1979, DàîÉ PÉàç àî û sjôûr É Éûx às àû Brsî, qûî sÉrà à sôûrçÉ ’û rôà
pûbî vîrôîs às pûs àr :Le dictateur et le hamac. Dàs à SrîÉ NôîrÉ, î pûbîÉ É 1985Au bonheur des ogres, prÉîÉr vôÉ É à sàà É à rîbû És MààûssÉ (ô ô rÉrôûvÉrà É « pÉî » àsKamo,l’idée du siècle). DàîÉ PÉàç çôîûÉ sà ràôîÉ àvÉçLa fée Carabine pûîsLa petite marchande de proseÉMonsieur Malaussène(î y à àjôû ÉpûîsAux fruits de la passion). I îvÉrsîîÉ sô pûbîç àvÉç ûÉ àûrÉ ràôîÉ pôûr Éàs, Éà É sçÉ És hrôs prôçhÉs É ’ûîvÉrs Éàî, prôççûps pàr ’çôÉ É ’àîî :Kamo, l’agence Babel,Kamo et moi,L’évasion de KamoÉKamo, l’idée du siècle. CÉs rôàs sôîs É rûî É sôûvÉîrs pÉrsôÉs ? « Kàô, ç’És ’çôÉ àôrphôsÉ É rêvÉ ’çôÉ, ôû É çôÉ É rêvÉ, àû çhôîx. » À çÉs îçîôs s’àjôûÉ ’àûrÉs ypÉs ’ôûvràÉs : û Éssàî sûr à ÉçûrÉ,Comme un roman; Éûx ôûvràÉs É çôàbô ràîô àvÉç É phôôràphÉ RôbÉr DôîsÉàû ;La débauche, ûÉ bàÉ ÉssîÉ, àvÉç JàçqûÉs Tàrî ;Chagrin d’école, ôû à qûÉs îô É ’çôÉ û pôî É vûÉ É ’vÉ â ràvÉrs à îûrÉ û « çàçrÉ » ;Journal d’un corps, rçî É rÉîzÉ â qûàrÉvîsÉp às É çÉ jàrî sÉçrÉ É ÉrrîôîrÉ çôû qû’És É çôrps ; e Le 6 Continent, ràÉ àîîàôpààîrÉ. I à îs î É 1995 â sô îÉr ’ÉsÉîà pôûr sÉ çôsàçrÉr ÉîrÉÉ â à îràûrÉ. TôûÉôîs, î çôîûÉ ’àvôîr û çôàç àvÉç És vÉs É sÉ rÉà rûîrÉÉ às És çàssÉs.
A V E R T I S S E M E N T
Mon amie Lison – ma vieille, chère, irremplaçable et très exaspérante amie Lison – a l’art des cadeaux embarrassants, cette sculpture inachevée qui occupe les deux tiers de ma chambre, par exemple, ou les toiles qu’elle laisse à sécher pendant des mois dans mon cou-loir et ma salle à manger sous prétexte que son atelier est devenu trop petit. Vous avez entre les mains le dernier cadeau en date. Elle a débarqué chez moi un matin, a fait place nette sur la table où j’espérais prendre mon petit déjeuner et y a laissé tomber une pile de cahiers légués par son père récemment disparu. Ses yeux rou-gis indiquaient qu’elle avait passé la nuit à les lire. Ce que j’ai fait moi-même la nuit suivante. Taciturne, ironique, droit comme un i, auréolé d’une réputation internationale de vieux sage dont il ne faisait aucun cas, le père de Lison, que j’ai croisé cinq ou six fois dans ma vie, m’intimidait. S’il y a une chose que je ne pouvais absolument pas imaginer de lui, c’est qu’il ait passé son existence entière à écrire ces pages ! En état de sidération, j’ai sollicité l’avis de mon ami Postel, qui avait longtemps été son médecin (comme il fut celui de la famille Malaussène). La réponse tomba, instantanée :
9
Publication ! Sans hésitation. Envoie ça à ton éditeur et publiez ! Il y avait un hic. Demander à un éditeur de publier le manuscrit d’une personnalité passable-ment connue qui exige de garder l’anonymat n’est pas chose facile ! Dois-je éprouver quelque remords d’avoir extorqué une telle faveur à un honnête et respectable travailleur du livre ? Vous en jugerez par vous-même.
D. P.
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